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Tome premier. A - B.
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2 . 2.0

ANAXANDRIDE.

des Lacedemoniens. Le Suplément de Moréri est ici tout plein de bévues ( B ).

(B) Le Suplément de Moréri est ici tout plein de bévuesl]Ajoûtons aux trois fautes de Moréri, que nous venonsd’indiquer, celles de son Continuateur, En I lieu , il n'eiìpas vrai qu’Anaxandride fût fils d’Eurycrate second : il(8) Panfan. étoit son petit-fils (8) , &c fils de Léon. En II lieu, il n'eiì

Libr. m, pas vrai qu’Anaxandride prît la ville de Tegée , avant que

**• les os d’Oreste en eussent été tirez. Ce ne fut qu’après cet-

te translation , que la fortune cessa de favoriser les Tegea-tes : comment donc se pourroit-il faire que leur ville capi-tale eût été prise , avant que les os d’Oreste en eussent ététransportez? La prise de la ville capitale n’est-elle pas laruine entiere de cette forte de petites Républiques ? III, II(?) il /«/«'t n'ess pas vrai que Glycas (9) entra dans Tegée à la fuite

dire Lychas, du victorieux Anaxandride : il y alla comme l’on va en

comme atipa- tems de paix aux villes de ses voisins. IV, Ce ne fut point

ravtmt, j u j f q U j trouva le tombeau d’Oreste , & qui en retira les

os : il raporta seulement, lors qu’il fut de retour à Lacede-mone , qu’il croioit que le sépulcre d’Oreste étoit chez unforgeron de Tegée. Ce forgeron lui avoir conté, qu’en fai-sant un puits à la cour de fa maison, il avoit trouvé untombeau de sept coudées, & reconu en l’ouvrant, que ce-lui pour lequel on l’avoit fait avoit été de cette taille. Ly-chas conclut que c’étoit le tombeau d’Oreste , parce quel’Oracle avoit dit qu’on le trouveroit à Tegée, dans un lieuoù deux vens étoient chassés avec impétuosité, & où sevoit limage d’un combat, & plaie sur plaie. 11 apliqua

ces choses aux soufflets, au marteau, Lc à l’enclume du for-geron. II ne fit que tirer cette conjecture , & la commu-niquer à ses supérieurs , qui fur cela battirent un criminel.

Celui-ci se retira à Tegée , & prit à louage du forgeronl’endroit où le tombeau de sept coudées avoit été décou-vert. II en tira les os d’Oteste , & les transporta à Lace-dernone. V , II est faux que l’Oracle eût dit que pour fai-re cette translation , ll fuioit éloigner les vents , le frapeur ,

C? le frapé , avec la pejle o? lu ruine des hommes. Hérodo-te , cité dans le Suplément, ne dit point cela. VI, 11 nesalut pas éloigner toutes ces, choses , afin de trouver le tom-beau d’Oreste ; car il n’étoit pas fous la forge , mais dansune cour , où l’on avoit voulu faire un puits. VII , Laguerre ne cejfa point dès que les os de ce Prince eurent étéinhumez, à Lacedemone. Hérodote dit seulement que de-puis cela les Lacedemoniens. eurent /avantage dans toutesles guerres qu’ils eurent avec les habitans de Tegée. AVI

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7ù) 7toà iyivovro ot Acíks í'ecvto L êx tempore Lace -

d&monii quoties cum Tegeatibus congreffi funt , superions ex- / IO )Heïo<ttìtere. (10). En Vlllme heu , il n’est donc pas vrai Libr. Lque ceux-ci furent entièrement soumis aux Lacedemoniens, Cap.LM’ 111 'tout aussitôt que les os d’Oreste eurent été inhumez àLacedemone. IX , Neuvièmement, enfin, Plutarque n’a-voit que faire d’être cité ; car il ne dit rien de ce queporte l’Article.

(d) IJgcvTaçeparas xetitraoh-ctatÇ&oçòcq eíç-3íV«*> sv.Lrimus amo-rti , ir ftv-pra uirgmum,introdííxit infcenam. Sui-das.

(b) Chams-leon Hera-cleotes,

Libr. VI, déComoediâ,apud Athen.Libr. IX,f a g. 374 -

(s) Cham,Heracleot.Livr. VI, deComoediâ,apud Athen.Libr. IX,374 -

(i) Dio-gen. Laërt.in Platone,Liér. III,num. 26£dit. 1692 .

( 3 ) Aristot.iChetor.Lipr. III,Cap. XII.

( 4 ) Athen.Libr. IX,í“í- 373 .

{ 5 ) Id. ibid ,t‘ S> 3 74 -

ANAXANDRIDE, Poète Comique , natif de Camire (A) , dans l’Ile de Rhodes, flo-rissoit environ la 101 Olympiade (L). II fut le premier , selon Suidas, qui amena fur 1 a sceneles avantures d’amour , & les disgrâces qui arrivent aux filles quand elles fe laissent ôter leur vir-ginité (a). Je croirois fans peine, qu’on attendit jusqu’à la 100 Olympiade à introduire des rô-les aussi difficiles à soutenir & à ménager , que le sont ceux de semblables filles fur le théâtre ;mais je ne faurois croire qu’on ait différé jusqu’à ce tems-là à mêler l’amour dans les Comé-dies. Anaxandride étoit un homme de belle taille , & de bonne mine : il avoit grand foin de sescheveux , & il s’habilloit magnifiquement ; il portoit une robe de pourpre à franges d’or (b).Cet équipage ne sentoit nullement son Poète. II affectait tellement la pompe , qu’un jour, qu’ildevoit lire un Poème dans Athènes, il se rendit à cheval au lieu de l’affignation , Sc récita unepartie de fa Piéce à cheval. Ces maniérés rendent vraisemblable ce qu’on ajoûte de lui : c’estqu’il sc dépitait extrêmement, lors que ses Pièces ne remportaient pas 1 a victoire (c). II ne fu-ioit pas comme les autres personnes de son métier : il ne retouchoit point, il ne corrigeoit pointses Comédies, afin de les faire entrer en lice une autre fois fous une meilleure forme ; il les en-voioit habiller chez les Francœurs de ce tems-là le poivre & la canelle (d). Cette humeur bourrue& mutine contre les spectateurs fit périr plusieurs belles Comédies qu’il avoit faites. II faut pour-tant que son dépit ait assez souvent cédé à la tendresse paternelle ; puis qu’il ne vainquit que dixfois (e) , Sc que l’on trouve citées plus de vingt de ses Comédies : ( voiez dans les Remarques laréflexion d’Athenée (C) ) il en avoit composé soixante - cinq (f). Les Athéniens le con-damnèrent à mourir de faim , parce qu’il avoit censuré leur gouvernement (D). Le Poète Co-mique Alexandride n’est peut-être qu’une faute de Copiste {. E) : on pourroit donc peut-être

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(A) Natif de Cainire (ï).] Suïdas le dit comme Cha-maeleon ; mais il fait entendre que ce n’étoit point lesentiment de tous les Auteurs. II y avoit partage : les unsvouloient qu’Anaxandride fût Colophonien , & les autresqu’il fût Rhodien.

(B) llflorijjoit environ la 101 Olympiade. ] L’Auteur ano-nyme des Olympiades s’accorde en cela avec Suïdas ; &comme ce dernier remarque qu’Anaxandride assista auxjeux de Philippe Roi de Macedoine , il nous donne unfait qui établit cet âge d’Anaxandride. On fait Tailleursque ce Poète mal-traita Platon (z), & que quelques-unesde ses Comédies ont été citées par Aristote (3). II fautdonc qu’il ait vécu au tems que Suïdas a marqué.

(C) Votez, dans les Remarques la rèfiéxìon d'Athenée fur lc

nombre de fes Comédies. ] Aiant cité un Vers du Terée d’A-naxandride , Piéce qu’on n’estimoit pas beaucoup, il prendoccasion de raporter ce que j’ai cité de Chamaeleon , aprèsquoi il demande , avec quelque forte d’étonnement , d’oùest venu que le Terée , & d’autres semblables Pièces dumême Auteur , qui n’avoient pas remporté /honneur dutriomphe , fe font conservées ? II auroit pu trouver la so-lution de cette difficulté dans les paroles mêmes de Cha-maeleon. Elles insinuent clairement qu’Anaxandride ne fitéclater contre fes Pièces le dépit qu’il concevoit du juge-ment des spectateurs , que lors qu’il fut vieux. II avoitdonc laissé vivre plusieurs de fes Comédies vaincues, pen-dant que les cheveux gris ne Zavoient pas encore jette dans/humeur chagrine. TloLhà t%ona xoyfiòíç t-ûv í'pctyá-rm i<pá-ví^s , S'vrx.oÁaisas 20/5 ò'i« ro yîíçuç ($). SpeSlatorï-

bus iratus ob senilem morofitatem elegantes multas fabulas émedio sustulit. t

(iS) Les Athéniens le condamnèrent rt la mort , parce qu ilavoit censuré leur gouvernements 11 s’étoit servi de ce Versdans l’une de fes Comédies :

H* ttoAíç y soy-ots yàfv y.eXei ;

c’est-à-dire,

La Vilk le voulait- ainsi , elle qui ne tient nul compte desLoir..

Ï1 n’avoit fait que changer un mot à ces paroles d’Euripide :

H (périt; êjiisLsS-’ y vóixav sJ'cii yl'Ati (6) ,

La nature , qtû n écoute point les Loix , le vouloit ainsi.

Voiez Eustratius fur le chapitre X du VI & du VII Livrede la Morale d’Aristote. On prétend qu’Ovfde a parléde ce suplice d’Anaxandride , quand il a dit dans son Poè-me contre Ibis , f. 523.

Utque parum ftabili qui carmine fofit Athenas,

Invifus pereas déficiente cìbo.

( E) Le Poète comique Aléxanârìde n est peut-être qu'u-ne faute de Copiste , c/c. ] C’est le sentiment de Ca-saubon (7). H le fonde sur ce que Suïdas ne fait aucu-ne mention d’Alexandride, & fur ce que la même Pié-ce ( 8 ) , qui est attribuée à Alexandride dans /onzième Li-vre d’Athenée (9), est citée fous le nom d’Anaxandridedans le quatorzième Livre (10). Cafaubon ajoûte une troi-sième raison. Pollux , au chapitre VI du Livre IX , citeYAnchife d’Alexandride : or il est certain qu’Anaxandrideavoit fait une Piéce de ce nom : Athenée la cite au chapi-tre XVIII du VI Livre (n). Meurfius est entièrementde l’avis de Cafaubon. II veut que les deux ou trois Piè-ces de théâtre > qui font données à Alexandride dans lesEditions d’Athenée , soient d’Anaxandride. II veut quel’on donne à ce dernier 1 ’Helene (12 ), 8c le Pìsandre (13),qui paraissent dans Suïdas, fous le nom d’Alexandride.Voiez la page 87 de son Traité de l’IIe de Rhodes. Voisinsembrasse le même sentiment (14). Sur ce pied-là , qui estassez vraisemblable , on auroit les citations d’une trentainede Pièces d’Anaxandride. Son Thésée , cité par DiogeneLaërce (15) , a été inconu à Meurfius. On est dans unesemblable confusion à /égard d’un Anaxandride deDelphes. Le Scholiaste d’Euripide l’a cité (16),tyiìiií 0 LíXpòc , touchant la peine qui fut imposée à Apol-lon de servir à gages Admetus, pour avoir tué le serpentPython. Plutarque le cite (17), A’Le^avé'plìí!^ ó àehçòç ,touchant les sommes d’argent que Lysandre mit en dépôt

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