Band 
Tome premier. A - B.
Seite
221
JPEG-Download
 

ANAXANDRIDE. ANCHISE

L2.I

l") Plut.•* Quïst.Ro aianis,H 2»i.

so) VoflìusHist or , ’^tïcis ,t“Z' 50 2.

substituer notre Anaxandride par tout où l'on rencontre celui-là.

au Temple de Delphes. II cite ailleurs (18) un Anaxan-dride touchant les tems où la Prêtresse de Delphes rendoitles Oracles. Au commencement , elle ne les rendoit qu’u-ne fois l’an : long-tems après, elle les rendit une fois lemois. II est très-probable , qu’en ces deux endroits , Plu-tarque a cité le même Auteur , 8c que cet Auteur n’estpoint différent de celui du Scholiaste d’Euripide. La ques-tion est de savoir si son nom est Alexandride , ou Anaxan-dride. Voisins ne fait qu’en penser (19). 11 faut sans dou-te attribuer à ce même Anaxandride í’Ouvrage dont il est

parlé dans le Recueil de Proverbes publié par André Schotfur le Manuscrit du Vatican. L’Ouvrage, dont ce Recueilfait mention, a pour sujet les facrileges commis au Templede Delphes, IJefi zSì Xvi.'oS'srrinv e» A i>\Ç>o 7 ^àvxS-»!/*.ÚTtM, DeAnathematis qu& sacrilegio Velphis suere Jublata , 8c avoirété composé par un homme qui s’apelloit Anaxandride. IIavoir conté une Histoire qui a donné lieu au proverbe Grec,À'v.po-i ?íáSe , kxí (tt/c-ov é'|£(ç , Prenez, le haut , c? vous aurez,le milieu. Consultez Voisins, à la page 310 de ses Histo-riens Grecs.

£0 Home-lUs - Hiado-

L

Impc

yw*.

, 0l aern sJ«ncn s>

*• 133.

HymnÓ'

Ven,

18 S.

Vt! 'Z le

dé

, Ga Mi s e

H

h.

fe

ANCHISE , Prince Troien , iílu de Dardanus, Sc fils de Capys (d) , plut si soft à Venus,qu'elle s’aparut à lui fous la forme d’une belle Nymphe , pour lui déclarer son amour. Elle luidit que son destin la contraignoit à venir s’offrir en mariage : elle l’assûra qu’il la trouveroit bienfille (b) , Sc le conjura de la présenter à sa parenté , afin qu’on dressât bientôt le contrat. An-chise répondit en fort galant homme , que puis qu’elle n’étoit point une Déesse , rien n’étoit ca-pable de l'empêcher de jouir d’elle fur le champ (c). II fut pris au mot ; on se mit au lit, &c.Sur le soir , Anchife s’endormit -, & , à son reveil , il s’aperçut qu’il avoit couché avec une Dées-se. II eut peur de ne vivre pas long-tems après un tel coup (A) ; mais Venus le rassura , Sc luidit qu’elle auroit un fils de lui, qui fe nomméroit Enée ; qu’elle feroit nourrir cet enfant par lesNymphes des bois, jufqu’à l’âge de cinq ans ; Sc qu’alors , elle le lui remettroit entre les mams.Elle l’avertit qu’il prît bien garde de ne fe vanter jamais d’avoir eu la jouiíìance de Venus, Lcque s’il lui arrivoit de manquer de discrétion, il feroit foudroie de Jupiter (d). On prétendqu’Anchife n’eut pas la force de fe taire fur cette bonne fortune (B) , Sc qu’un jour , en buvantavec ses amis, ce secret lui échapa. La menace de Venus eut son effet : il fut frappé d’un coupde foudre ; mais il n’en mourut pas (C). Les uns disent qu’il en perdit seulement la vue (D),

les

(A) Il eut peur de ne vivre pas long-tems, âpres avoir cou-ché avec Venus.} C’étoit une tradition , en ce tems-là , queles mortels, qui couchoient avec des Déesses, n’étoient pasde longue vie. C’est pourquoi Anchife , aiant conu sonavanture , suplia Venus d’avoir compassion de lui.

A ZiAct ce «’JOS çjrjvoç yisvtxfotxui âtytopeaioMjj fie àftetwèt èv dívS-f-ezoícty /«771s

ìHcoietv' «AA eàeccíç esrel d /Zio.SseA/L/05 ccvwçTtyiETUt , ors h-eeeh; eistefserai «A-se-rc-ici (i).

Verum te per Jovem oro AEgidiferum ,

Ne me viventem debilem inter hommes [masHabitare , verum mijerere , auonìam non longavusVir est quisquis cum dttabus concumbìt immortalibus.

II semble d’abord que cette pensée des Anciens ne pouvoitavoir aucun fondement ; car cette union intime d’unhomme mortel avec les natures immortelles, ce mélange,cette confusion de principes, devoit passer pour un germed’immortalité , Sc non pas pour une cause de courte vie.Aussi voions-nous que la Cabale la plus rafinée a enseigné,que les habitans des élemens réparent le malheur de leurdestinée , qui les assujétit à rentrer dans le néant ; qu’ils leréparent, dis—je , par l alliance qu’ils peuvent contrarier avecl homme . , . Ainsi , une Nymphe , ou une Sylphide , devientimmortelle , ev capable de la béatitude a laquelle nous aspirons,quand elle efi assez heureuse pour se marier à un Sage .- c?' unGnome , ou un Sylphe , cesse d’eftre mortel , du moment qu’ilépouse une de nos filles (z). Mais si nous éxaminons la chosepar toutes ses faces, nous trouverons une raison spécieusede la crainte qu’eut Anchife , & de la maxime qu’il allé-gua. Les Dieux , selon les idées des Paiens, étoient ja-loux de leur supériorité , 8c donnoient bon ordre quel’homme n’oubliât point son infériorité. Ils le dévoientdonc exclure de la jouissance des Déesses, 8c lui faire com-prendre que ce morceau n’étoit pas pour lui. Ils dévoientlui faire peur d’un châtiment exemplaire, tel qu’est celuid’une mort précoce , en cas qu’il goûtât d’un plaisir de cet-te nature , qu’ils fe vouloient réserver. Ils dévoient nonseulement faire peur aux hommes qui auroient l’audace detenter une Déesse , mais aussi à tout mortel, qui succom-berait aux déclarations d’amour , que lui feraient les Dées-ses ; 8c lors même qu’il feroit persuadé que ce n’étoient quedes femmes. Ne voions-nous pas que les loix humainescondamnent au dernier suplice les valets qui couchent, ouavec la femme , ou avec la fille de leurs maîtres ? Ils ontbeau dire pour leur excuse , qu’ils ont long-tems résisté à lasollicitation , & qu’on leur a fait tant d’avances , & mêmetant de menaces, qu’enfin ils n’ont pu fe garentir de cePiège : la Justice ne laisse pas de les livrer au Bourreau , enmpqfant même que leur excuse est un fait certain 8c in-dubitable. Les Gazettes nous ont apris depuis peu dejours (3) , que l’on a pendu à Paris un Laquais pour un telc as. Et comme l’intérêt public demande en quelques ren-contres , que la rigueur des loix aille au delà de la justice ,Parce que l’iniquité exercée contre un particulier (4) est•uoins un mal , politiquement parlant, que futilité publi-que qui en résulte n’est un bien , je ne croi pas que des Ju-ges animez d’un zèle févére pour la conservation de la pu-reté dans les familles, s’arrêtassent à f apologie d’un laquaistondée fur ce que la fille ou la femme du logis déguisée enlervante le feroit venu trouver , 8cc. II est utile que desaquais n’aient nulle grâce à espérer , non pas même dans4 ^uorance du fait ; car cela est propre à les tenir mieuxca £ ar de, & à ne leur faire envisager qu’avec horreur le

prétendu avantage d’être aimez. Cela peut leur servir deprécaution contre les promesses, contre les menaces, con-tre les ruses du déguisement. S’ils fe promettoient l’itnpu-nité , en cas d’une séduction travestie, ils l’espéreroient encas d’une simple séduction ; 8c s’ils espéraient deehaper, enalléguant véritablement qu’on les aVoit sollicitez , ils au-roient bientôt l’audace de solliciter , pour peu qu’ils vis-sent de dispositions à réussir. II faut donc les tenir encrainte le plus qu’il est possible; car qui ne compte pointfur leur résistance , n’a pas toutes les ressources nécessaires.Or comme on fe figurait dans le Paganisme que les hom-mes du plus haut rang font plus au dessous des Dieux, qu’unlaquais n’est au dessous d’un grand Seigneur , il ne faut pass’étonner que l’on ait pensé que la Jurisprudence céleste ex-posent Anchife à un châtiment, quoi qu’il n’eût joui de Ve-nus , qu’en la prenant pour une femme.

(B) On prétend qu il n eut pas la force de fe taire fur fa bon-ne fortune.} La menace avoit été pourtant bien terrible.

E< ìs y.st ifsrsrjiç tcu) ÈteÓ^ecíi uppovi S-óftq1

E’» tpû-o'rc.t ur/yy.ai svrstpávtfi Kvâ-s^sí-fl.

Zséç o-s %oÁGxrá[Z£ìidç / 3 ocássí TpoÁÓsvrt xsçcovvâj

Si vero rem declaraveris , v te jaâlaveris amenti anima. In amore mixtum esse cum bene coronatâ Cythereâ ,

Jupiter te iratus feriet ardenti fulmine.

Cette avanture est un portrait que l’on copie souvent. LesDames de la plus haute volée , qui deviennent amoureusesde leurs inférieurs, font obligées de faire toutes les avan-ces. Elles éxigent un grand secret, & menacent de punirterriblement fìndiscrétion ; & cependant, le favori ne lais-se pas , quand le vin lui a un peu échauffé la tête , de jaserplus qu’il ne faut. II est même quelquefois si vain , qu’ilcause trop fans avoir bu. Raportons des autoritez fur l’in-diferétion d’Anchife. Pulminatus est Anchife s , quia fe cumVenere concubuisfe jaclabat. C’est ce que dit Servius (6) ; &voici ce que dit Hygin : Venus Anchifam Asfaraci (7) filiumamasse, e? cum eo concubuiste dicitur : procreavit JEneam, ei-que pr&cepìt ne id apud hommes enunciarct. Quod Anchifes in-ter fodales per vinum est elocutus. Ob id a Jove fulmine estiélus (8).

(C) Jupiter le foudroia ; mais il n en mourut pas. ] Ve-nus aiant su qu’Anchife s’étoit vanté des faveurs qu’il avoitobtenues d’elle , en fit ses plaintes à Jupiter, 8c obtint qu’ilferoit foudroié : mais comme elle ne vouloit point le per-dre , 8c quelle n’efpéra pas qu’il pût rechaper d’un coup defoudre, elle eut foin de détourner le coup. Cum inter squa-les exultaret Anchifes gloriatus traditur de concubitu Veneris ,quod cum Jovi Venus questa effet emeruit ut in Anchifem ful-mina mitterentur. Sed Venus eum cum fulmine poffe vidtjfetinterimi , miferata juvenem in aliam partem detorfit. Anchi-Jes tamen affíatus igné coelefti femper debilis vixit (9). Voilàencore un original dont il fe fait des copies dans tous lessiécles. On fe met en colère contre un Galant indiscret :on est bien aise de lui faire sentir sa faute ; mais on nepousse pas les choses trop loin : on donne lieu au retour.

(D) Il en perdit feulement la vue.} C’est de Servius quel’onaprendqu’une exhalaison foudroiante aveugla Anchife,parce qu’il s’étoit vanté des faveurs que Venus lui avoitaccordées : Quod cum jaétaret Anchifes affíatus est fulmine ,oculoque privatus est (10). Le singulier oculo ne doit pasfaire penser qu’il devint seulement borgne ; car Servius,en un autre endroit (n) , sc sert de l'autorité de Theo-crite, pour nous aprendre que ce fut un véritable aveugle-

(c) nrá <rÇ\

sblÀÓsr.ntoiyìiyuittirixa, »»»,'Htts minustibi in amo-rn mifetasfiat t m m:n \Homerus,in HymnoV eneiis.

(d) Idem ,ibid *

(s) Homer,in HymnoVener. fuifin. f. 287,

(s) Serviusin Aîneid,Lìbr. 11 >f. 649 .

(7) Hygineut mieuxfait de luidonner Capyspour per e , à*non pas ^As-faraetiSf qusétoit le perede Capys .

(S) Hygin.Lap.XClV.

(9) Serviusin .Eneid.Lìbr. li,f. 6-ìS.

(ro) Serviusfr ces deuxVers du 1 del’EneïdeTune ilje

j£neas,quem

DardanioAnchifie,Aima Ve-nus genuitPhrygii Si-moentis adundas Sf. 617 .

(n) la

Aîneid.

Lìbr //»

it. «87.