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Tome premier. A - B.
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l'autre concerne les Livres qu’il a donnez au public ( E ) > & , quant au relié, jë dirai en généralque le Discours, qu’on a publié fur íá Vie, le représente comme une personne d’un mérite tout-à-

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que de se pourvoir des prémieres Editions. J’aVoue quecelles qu’on fait dans les pais étrangers ne coûtent pas tant;niais sont-dles bien fidelles ? n’y change-t-on rien ? n’yajoûte-t-on rien ? L’Abbé de la Roque ne s’est-il pas plaintpubliquement (30), que les Imprimeurs de Hollandea voient corrompu son Livre ? On ma assuré depuis peude jours, que l’Histoire de Davila, 8c celle de Strada, im-primées dans le Païs-Bas, ne font point conformes aux Edi-tions d’Italie : les Libraires de Flandre aiant suprimé oualtéré certaines choses, par complaisance pour des famil-les illustres. On me dira que l’Auteur corrige des fautesdans la seconde Edition; j’en conviens; mais ce ne fontpas toujours des fautes réelles; ce font des changemens,qu’il sacrifie à des raisons de prudence , à son repos, à Fin-justice de ses censeurs trop puissans. La seconde Edi-tion , que Méierai fit de son Abrégé Chronologique , estplus correcte : il en ôta des faussetez ; mais il eu ôta aulîìdes véritez qui avoient déplu : & c est pourquoi les curieuxs'empreisent à trouver l’Edition in 4 , qui est la prémiere,& la paient un gros prix. Je ne dis rien du profit que l'onpeut faire en comparant les Editions. 11 est fi grand, lorsque c’est un habile homme qui a exactement revu l’on Ou-vrage , qu’il mérite que l’on garde son coup d’essai. Toutceci vous fera comprendre que Mr. Ancillon s’entendoitbien en Bibliothèque.

Parlons maintenant de fa méthode d’étudier. ll ne per-dait aucun moment en des Etudes 'vaines cy inutiles. Il lifoit,a la vérité , toutes sortes de Livres ; même les anciens cy lesnouveaux Romans. Il n y en avoit attc:m , dont il ne crûtqu’on pouvoit faire quelque profit : il difoit /ouvent ces parolesqu on attribue à Virgile, Aurum ex stercore Énnii colligo (3 r).On trouve, difiit-il aujfi quelquefois, dans certains Autheursnégligés, des choies singulières, qu’on ne trouve point ail-leurs; & ne fust-ce que du style, on y trouve toiisjoursquelque chose à prendre. Mais il ne s'y appliquait pas, ilne s attachait proprement qu aux Ouvrages importuns, qu auxchoses sérieuses . . . . Il mettoit une immense différence entrela leíture des Livres qu il ne voyoit, comme luy même le difoit,que pour ne rien ignorer , cy la lecture de ceux qui efloient uti-les à fa profession. Il ne lifoit les uns qu une feule fois , cy èncourant, perfunctoriè, cy comme dit le Proverbe Latin, fientcanis ad Nilum bibens & fugiens; mais il lifoit les autresavec foin c T avec application. Il les lifoit plufieurs fois: la pré-miere, difoit-il, ne servoit qu à luy donner une ìdéè généraledu fui et , cy la seconde luy en faifoìt remarquer les beautez.Les Indices,que d’autres grands hommes ont appelle F Ame desLivres, luy efloient entièrement inutiles, farce qu il les lifoitavec assez d'application, cy affez souvent pour posséder un Ou-vrage , cy que bailleurs il avoit une mémoire fort fidèle, cy enparticulier une mémoire locale très commode aux gens de Let-tres. ll les lifoit éxaíiement; cy jusqu au titre, au nom del Imprimeur, au heu cy à l année de /’ impression, tout avoit d sonavis son usage, ll barroit les Livres en les lisant, cy mettoit diamarge des renvoys d d'autres Autheurs, qui avoient traité lèsmêmes matières, ou qui avoient dit des choses qui se rapportaienta celles qu il lifoit .(32). ll changeoit quelquefois de lec-

ture, cy cc changement luy tenait lieu de repos (*). ll ne s'oe-cupoit pas tousjours d lire des Livres d’un bout d l'autre; ilétudiait quelque fois des matières d fond ; cy alors , il conful-toit les Autheurs qui.les avoient traitées. ll voyoit souvent lamême chose dans diffèrent Ouvrages ; mais cela ne le dègoutoitpas : au contraire, il difoit que cejloit comme autant de nouvel-les couches de couleurs qniformoientl’Idéequ’il avoit conçue,qui la mettaient dans une entiere perfeéîion. La multituded Autheurs qu il consultait estait cause qu on voyoit ordinaire-ment une grande table, qui eftoit au milieu de fa chambre , cysur laquelle il travaillait, toute chargée de Livres la pluspartouverts Ì33). Le célébré Fra-Paolo , dont je viens de parler,estudioit aùjfi de cette maniéré : il ne difeontinuoit pas, commenous l'apprend l’éxaél cy fidel Autheur de fa Vie , jusques d cequ tl eût tout vu ; c efl-d-dire, jusques d ce qu il eût fait laconfrontation des Autheurs, des lieux, des temps, cy des opi-nions ■. d quoy il s’opiniatroit, pour n avoir plus d'occaston dedouter, cy de repenser d une même chose; cy pour pouvoirprendre parti, cy s’assurer d cette seule sois, autant qu on lepouvoit naturellement. C’eftoit ainsi que Mr. Ancillon étudioitquelquefois, CV on luy a entendu, souvent rendre les mêmes rai-sons de cette maniéré d’étudier qu il pratìquoit. Comme il lifoitbeaucoup, il trouvoit beaucoup de choses dignes de remarqué;

quoy qu’il eût une mémoire admirable, il avoit des Livresdans lesquels il recueillait ce qu il trouvait de plus considérable.— sçavoit bien qtt un Govean ,par exemple, qui ne vouloit pasmerne qu il y eût d’écritoirc dans la chambre oìi il étudiait;un Saumaise, qu un Ménage, cy que plusieurs autres grandsomrnes, ont condamné les Colleélions ; que bien loin qu’ilsa yent considéré ces Recueils comme des ay des qui soulagent lesgens, çy qui facilitent l'acquisition des sciences, ils les ont auc °ntraire regardé comme des obftacles ,qui interrompent le Course la lesíure cy de la méditation, cy qui en font perdre infail-^ tn> ent le fruiki : mais il estimait, que comme, par un mal-jur attaché au fiecle dans lequel nous vivons, il ne suffit passf av oir à plein fond les choses, leurs résolutions, cy les fon-mens de toutes leurs raisons, fi on n allègue des authoritez ,_J ,on ne cite des textes exprès , il eftoit nécessaire d’avoir unf*t comme une veine , ou m filet d' eau, qui condui-

fit sûrement k la fourcè, d’alitant plus , qu ayant à "parler enpublic devant certaines gens, qui efloient plutôt ses Espions queses Auditeurs, cy qui luy demandoient souvent des authoritezcy des preuves de ce qu il avoit avancé ; il eftoit en quelque sor-te nécessaire qu il eût un répertoire qui soulageât sa mémoire ,cy qui le dispensât de chercher long-temps ce dont il pouvoitavoir besoin, selon les différentes conjontlures ou tl fe trouvoit.Voilà des choses, ce me semble, dont plusieurs lecteurspourront tirer du profit. Nous parlerons ci-dessous ( 34 ) deion assiduité à l’étude.

(B) Lès Livres qu il a donnez au publics II fit imprimerà Sedan un volume in 4, c» l’année 1657 , dans lequel toutela matkre des Traditions eft amplement cy solidement exami-née (35). C’est 1a Relation fidelle de tout ce qui s’étoit palîédans k conférence qu’il avoit eue avec Mr. de Bedacier,Doâìeur de Sorbonne, Evêque d’Auguste , cy Suffragant de Mr.

■ l'Evêque de Mets (36). II avoit disputé avec lui, en pré-sence de plusieurs personnes ; premièrement dans la mai-son (37), & ensuite devant une foule d’auditenrs, dansl’F.vêché (38). Tous les articles furent rédigés par écrit,& signez. ll soutint cette grande affaire avec honneur, cy lafinit avec succès. Après avoir répondu avec ordre cy avec mé-thode à toutes les objeéîions qui luy furent faites , il representaque c’efioit à son tour à proposer aussi ses argumens ; maiscomme il avoit donné des coups mortels â l erreur par Jes ré-ponses , on craignit qu’il ne la détruisit entièrement , fi on luydonnoit.la liberté d'établir la vérité, comme il le prétendoit.Mr. Ve Bedacier prit le parti de se séparer ; cy pour couvrir lemotif de fa conduite, il dit qu il valoit mieux contester â la fuitepar écrit, que de vive voix. On demeura d’accord pourtant,qu'on ne feroit point imprimer de part ni d’autre les Aéles decette Conférence (39). II J eut néanmoins un Moine, quis’avisa d’en faire imprimer de faux Actes (40J, & dontY impudence fut fi outrée, que quoy que Mr. Ancillon eut rem-porté de ce combat un honneur éclatant, il entreprit de persua-der au public qu’il avoit esté funeste, cy à fa personne, cy àson parti, cy qu’il avoit esté vaincu fans ressource (41 ). Cefut ce qui obligea Mr. Ancillon à rendre public l’Ouvragedont j’ai parlé. Mr. Hottinger le loue beaucoup, au cha-pitre VI du III livre de Ion Bibliothecarius quadriparti-tus (42). Le P. Olivier, Minime , & Provincial de sonOrdre, voulut entreprendre de réfuter cet Ouvrage, ll fit unLtvre dans ce dessein, qui avoit four titre, Le Fort des Tia-ditions abbatu par les Maximes de Mr. David Ancillon.E)'autres firent quelques Satyres ; mais tous ces Libelles eurentun fort malheureux (43). Les Catholiques Romains eux-mêmes conseillèrent a Mr. Ancillon de n’y pas répondre,comme il l’avoit entrepris ; ils dirent que lui, & son Livre,efloient trop au dessus de ces Ecrivains du commun , pour secommettre avec eux (44). Dès que la Méthode du Car-dinal de Richelieu parut „ il y fit une ample & excellente„ Réponse : mais il sçut que Mr. Martel, Professeur à„ Montauban, en avoit fait une, qui eftoit sur le point de,, paroitre, & que Mr. Claude, qui avoit eu le même des-„ sein; s’elloit abstenu de l’éxécuter, parla même raison;„ comme on le volt présentement par sa Lettre troisième„ du recueil de ses Lettres, dans le tome cinquième de lés,, Oeuvres posthumes. II supprima donc ce, qu’il, avoit„ fait, & il n’en a esté mis au jour que quelques Cahiers,

qui contenoient la Réponse au chapitre sixième de cette,, Méthode; ou plutôt, à proprement parler; une Apolo-„ gie de Luther, de Zuìngle , de Calvin, cy de Beze : auslì„ leur a t’on donné ce Titre dans FEdition qui en a esté„ faite à Hanau, .en l’année 16 66. Mr. Ancillon avoit fait,, la Vie de Guillaume Farel, ou l’idée du fidelle Ministre de„ Christ. Le célébré Monsr. Conrart, qui eftoit un de„ ses intimes amis, Favoit M & approuvé, 8c avoit mis;, de fa propre main quelques Remarques à la marge du„ Manuscrit. C’estoit un Ouvrage digne de paroitre au„ jour: cependant il n’y a pas eu moyen de Fy faire con-;> sentir; & son refus a esté cause qu’on en a tiré une co-„ pie pleine de fautes, qui est tombée entre les mains d’un„ Libraire de Hollande > qui fur k réputation de l’Au-„ tlieur, l’a mis fous 1a presse. On a esté surpris de voir;, une Edition aussi difforme qu’est celle là ; 8c si un jour„ on fait imprimer le même Livre, fur la copie reveué„ par Mr. Conrart doiit je viens de parler, on verra que,; cette Piece est si mutilée, qu’elle n’est pas reconnoissa-„ ble. Quoy que Mr. Ancillon eut expliqué plusieurs Li-,, Vres entiers de FEcriture Sainte , 8c qu’il eut écrit tous,, ses Sermons, on n’a pû jamais le porter à en faire impri-

„ mer.(4;). Tout ce qu’on a de luy en ce gen-

„ re est un Sermon, qu’il prononça à Metz, dans un jour,, de Jeûne. Son Consistoire usa de quelqu’authorité sur,, luy, pour le luy arracher des mains, 8c îe fit imprimer„ à Paris, en Farinée 1676. Ce Sermon fût fait fur les„ versets 18 8c 19 du chapitre III de l’Epitre de S. Paul,, aux Philippiens, 8c il a pour titre Les Larmes de S. Paul.

„ II a fait enfin une excellente Réponse à l'Avertiffement„ Pastoral, aux I.ettres circulaires, c? aux Méthodes , que„ le Clergé addressa aux Réformez de France en Farinée„ 1682; mais il la tint cachée dans son Cabinet, jusqu’à,, ce que des personnes de considération l’ayant obligé de„ la mettre au jour, il l’envoya à Monsr. Turreïìn, Pro-„ feffeur en Théologie à Geneve , qui estoit son ancien

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(34) ËànSla 7? emarepiit

(5).

(35) Dise.íuï la Viede Monsr.Ancillon,pag, 218 .

(z6) Là me-me , pag. 207,208 .

(37) Cà mê-VWìp&g. 212.

(38) Là mê-

™e>pag. 2LZ.

(39) Là mé-mo , pag, z 14.

(40) Là mi-me , pag. 217.

(4*) Là mi-me ypag, 218;

( 42 ) Là me-me,pag* 220^

(43) La Me"*

(44) Là me*

j pag, 2214

( 45 ) Là mi*™*>pag. Z>s*