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Tome premier. A - B.
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(d) IdibusAugusti.

(b) Il écri-vit en cette 'Longue uneLettre a Pier-

(n) Plinius,Historia;Natur. Lihr.XXXVl,Cap. V.

(I) I»'iKTTWltÇ.

i 44 ANTESIGNAN. ANTHERMUS. ANT1NOE. ANTINOUS.

vaincre que c’étoit l’homme du monde le plus patient au travail (D). Je croi qu’il enseigna long-tems dans Lion. L''Epitre de son Terence elt datée de cette Ville , en Août issó (a). II l'a- U' y«i*dresse aux trois freres qu’il enseignoit. Sa Grammaire de la Langue Greque a été imprimée plusieursfois. II entendoit assez bien l’Hébreu (b) pour mériter une place dans la Gallia Orientalis de Co-lomiés, & cependant il y a été oublié.

(D) Ce qtíil publia, fur Terence nous doit convaincre quec étoit l'homme du monde le plus patient au travail. ] II fitimprimer en trois façons les Comédies de ce Poëte. Pre-mièrement , il les publia avec de petites Notes, 8c avecles Sommaires de chaque Scene , & il marqua les accens àtous les mots qui ont plus de deux syllabes : il marqua auffià côté de chaque Vers la maniéré de le scander, lin se-cond lieu , il les publia avec les Notes entieres de presquetous les Auteurs qui avoient écrit fur Terence. Enfin illes publia avec de nouvelles Notes marginales , 8c avec laTraduction 8c la Paraphrase Françoise des trois prémieres.II mit entre des crochets tout ce qui est dans la Traduction,fans être dans l’Original en propres termes : il marqua avec

des lettres tous les renvois de la Version à la Paraphrase.Les varia lefîiones ont auffi chacune leurs parenthèses, 8cleurs marques de correspondance. II est aisé par là de co-noître que notre Auteur étoit bien patient. Notez qu’ilmit dans les deux dernieres Impreffions de son Teren-ce , ce que la prémiere contenoit. Matthieu Bonhom-me , Libraire de Lion , fut celui qu’i] emploia à cettetriple Edition. La date du Privilège du Roi est de l’an1556. La patience de cet Auteur ne paroit pas moinsdans le Traité qui a pour titre Thematis verborum in-vestigandi ratio , 8c dans fa Praxis pr&ceptorum Lingua Gret-ca. Ils se trouvent dans plusieurs Grammaires de la Lan-gue Greque.

ANTHERMUS, Sculpteur, natif de l’Ile de Chio, fils de Micciade, Sc petit-fils deMalas, qui avoient été l’un & l’autre Sculpteurs , laissa deux fils qui furent de la même pro-fession : l’un s’apelloit Bupalus , & l’autre Athenis (A). C’est contre eux qu’Hipponax écri-vit des Vers extrêmement satiriques, pour se venger de la représentation ridicule qu’ils avoientfaite de fa laideur (a). J’en parle plus amplement dans l'Article de ce Poëte. Voiez auísi l’Ar-ticle de Bupalus.

(A) Un de ses fils fe nommoit Athenis.'] C’est ainsi queSuidas le nomme ( 1 ). II étoit nommé Anthermus dansles Editions de Pline ; mais le Pere Hardouïn a fait sau-ter cela, 8c a mis Athenis à la place. Voiez les Remar-

ques (C) 8c (£) de l'Article d’HiPPONAx. Les Dic-tionaires Historiques de Charles Etienne , de Lloyd, deMoréri, 8c d’Hofman , l’apellent Anthermus, en dépitde Suidas.

(--) íalla-dius, Histor.Lauílac.í.-ip. XLV11 ,eipud Tristan,Comment,Histor.

Terni 1,

P a Z- S4I.

( 1 ) Xiphil.in Adriauo.

( 2 ) Tausim.

L-.br. VIII,

P“g- 244 .

fa) On notn-moit tlujjitette VilleCUud’OpoliSeXipliilin. inAdriauo.

fi) Xiphil.in Adriano.

( 2 ) Hege-lippus, apuiEnlebium,Histor. Ec-elesiasticx,Lihr. IV,

Cttp. nu.

(3) ïaufhn.Lihr. VIII,

t*l- 2 44-

( 4 ) Id. Ibid .

(5) Volez,Casaubon,dr Saumaise,fur Spart.Vit. Adrian.{ttg. IZ7-14?,

ANTINOE, ou ANTIN OPOLIS (A) , ville d’Egypte , fur le Nil (B), bâtie ou ^réparée par l’Empcreur Hadrien en l'honneur d’Antinous. Elle étoit la Capitale de la Thebaï- tauLac. »de , si nous en croions un Auteur du IV siécle (a). Cet Auteur ajoute qu’elle étoit si peuplée,que l’on y voioit de son tems jusqu’à douze Monalteres de femmes (h . Ammien Marcellin la mdonne pour l’une des trois plus célèbres Villes de la Thébaïde (c). II n’est pas vrai que Léon ( c ) xanfd’Afrique ait dit qu’elle s’apelle Anthios (C). Voiez la Remarque {D) de l’Article Antinous:vous y trouverez d’autres choses touchant cette Ville. cep. xVU

(A) ANTINOPOL1S.] Mr. Baudrand dit deux foisdans la même page , qu’Ëtienne de Byzance la nommeainsi. Je n'ai point trouvé cela , ni dans l’Edition de Pi-nedo , ni dans celle de Berkelius : j'ai trouvé seulementdans l’une & dans l’autre , que la ville A Antinoia,s’apelloit auffi Adrianopolis. Mr. Moréri n’a pas pris gardeque ce dernier nom, 8c Adrianople, ne font pas deux nomsdifierons : il les donne comme tels.

(B) Ville d’Egypte , fur le Nil.] Dion Caffius marque po-

sitivement , qu’Hadrien la fit bâtir au même heu ou Anti-nous étoit mort. n‘ç h -,û " v ttrah ,

o-motxífcet, òtop cátrcct izzc o'.'Tf. Ut urbem tn eo loto in quo

ille obiijfet , reftitutam ex eo nominari voluerit (1). H venoitde dire que , selon la relation d’Hadrien , ce malheureuxétoit tombé dans le Nil ; puis donc qu Hadrien vouloir quele monde crût qu’Antinous s’étoit noie dans cette Riviere,il faut que la Ville qu’il consacra à ce Favori ait été sur lebord du Nil , 8c proche du lieu où il disoit que ce jeunehomme avoit péri. Pausanias marque expressément quecette ville étoit sur le Nil : £VÌ râl Nsíi-tu zro>.tí AÌyvzrliattViv èzrmvfitn; A ’yziión (z). In JEgypto apud Nilum urbs deAntinoi nomine eft appellata. Concluez de là , que les rui-nes , qui se voient à dix lieues du Nil , selon Moréri, nefont point celles d’Antinopolis. Concluez la même choseencore plus hardiment contre ces ruines de ville que Mr.Baudrand a placées à quarante-neuf lieues du Nil.

(C) Léon d'Afrique ria point dit quelle s’apelle Anthios.]

C’est encore une méprise de Mr. Baudrand. Je ne croi pas. me tromper , si j’en attribue la cause à la liberté qu’on sedonne de paraphraser les Auteurs dont on se sert. Consi-dérez bien ces paroles d’Ortelius, Anthios hoàie dici ex Joan-nis Leonìs Africa Defcriptione deprehendìtur : comparez-lesavec celles-ci de Mr. Baudrand , Nunc in ruinis jacet , An-thios ditla , teste Leone Africano ; vous verrez que si ce der-nier Ecrivain s’étoit scrupuleusement renfermé dans les bor-nes du précédent, il auroit donne beaucoup moins de pri-se. Ortelius pourroit chicaner le terrain , en apliquant lemieux qu’il pourroit ce qu’a dit Léon d’Afrique ; maisMr. Baudrand ne peut pas recourir aux aplications, ni auxconjectures : il faut qu’il montre que ce Léon a dit positi-vement , que l’ancienne ville Antinoe se nomme aujour-d hui Anthios. Or c’est ce qu’on ne montrera jamais ;car Léon d’Afrique ne dit autre chose , íì non qu’Anthiusa été bâtie par les Romains. fur lq Nil, du côté d’Asie, 8cqu’on y volt encore plusieurs Inscriptions Latines fur desmarbres (3). II en parle comme d’une très-belle ville, que (3)10*l’industrie 8c la bonne humeur des habitans rendent très- Afr><»"-considérable ; tant s’en faut qu’on puisse le citer comme untémoin qui dépose qu’elle est tout-à-fait ruinée. Mr. Bau- ^J^vìlhdrand ajoute qu’elle est à quarante-neuf lieues du Nil , vers /,/,«'3 60 *l’Orient. Elle n’est donc point Y Anthios de Léon d’Afrique.

Mr. Moréri ôte trente-neuf lieues à cette distance : On voitses ruines, dit— il, à dix lieues duNil. Nous avons prouvé dansla Remarque précédente, qu’Antinopolis étoit fur ce fleuve.

ANTINOUS, mignon de l’Empereur Hadrien, étoit natif de Bithyne (a) , dans la Bithy-nie. On ne trouve rien touchant ía Famille. Sa beauté embrasa de telle sorte le cœur d’Hadrien,qu’on n’a jamais vu de passion plus effrénée , ni plus extravagante, que celle de cet Empereur pource jeune homme. Cette passion ne sc montra jamais plus furieuse, qu’après la mort d’Antinous,car il n’y eut point d’honneurs divins ( A ) qu’Hadrien trouvât trop sublimes pour cet objet deion amour. Quelques-uns disent qu'Antinous lui avoit donné la plus grande marque d’affection

(A) L’Empereur Hadrien lui rendit toutes sortes <thonneursdivins.] Je ne m’arrête point à ce grand nombre de statues,ou de simulacres, qu’il lui fit faire presque par tout le Mon-de (x). Je dis qu’il lui fit bâtir des Temples, qu’il lui or-donna des Prêtres 8c des Jeux sacrez (z) , 8e qu’il lui con-sacra des Mystères (z). Pausanias dit que la Religion d’An-tinous fut établie à Mantinée , avec un foin tout particulierde cet Empereur , à cause que la patrie d’Antinous étoitune Colonie de Mantinée (4). On y célébrois des jeux,tous les cinq ans, en l’honneur de ce Favori ; mais pour lesMystères qui lui étoient consacrez , on les célébrois tous lesans. Ceux qui apuient fur ce qu’il y a eu des Prêtres d’An-tinoiis qui prenoient la qualité de Prophètes, ceux , dis-je,qui apuient fur cela , 8c qut en tirent la raison de ce qu’ilavoit un Oracle > cherchent des Mystères où il n’y en apoint (5), Ces Prophètes étoient les Prêtres qu’Antinoiis

qu’on

avoit en Egypte dans la Ville qui portoit fon nom (6) : Vil- ( 6 )le , qui étoit Eglise mere , 8e chef d’Ordre , dans cette epednouvelle Religion (7). Or dans les Colleges des Prêtres "

d’Egypte , on nommoit Prophètes ceux qui étoient com- í'î H# ,,me les Doiens 8c les Chefs. Voiez les preuves que le /f)docte Henri de Valois en aporte dans ses Notes furEusebe (8). On a une Inscription , dans laquelle An- jitinous est placé fur le même Trône que les Dieux d’E- ì 8 ^ fí/Agypte , c-óvóçotoí r£t iv A lyorrlcfi ©£®y (9). La dignité C pjbriA’á’AJfejfeur des Dieux étoit de beaucoup inférieure à cel- (9)le-là. Je ne dissimulerai point que le Philosophe Cel- Sp 3 "^.sus avance , ^ que les Egyptiens ne souffriraient pas îíulT á<r.*que l’on égalât Antinous à Jupiter 8c à Apollon (ro). EjOrigene soutient le contraire ; mais j avoue qu’il se oi’i ea 'dit fans preuve, 8c que je n’entens point son raisonne- Ilt ’ment p*i- t}i '