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Tome premier. A - B.
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•Historia

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ANNIUS. ANSELME. ANTESÍGNAN.

*43

ANNIUS de Viterbe , fameux imposteur. Cherchez Nannius.

ANSELME, Archevêque de Cantorberi, l’un des plus illustres Prélats de íbn siécle,Mourut le 2.1 d’Avril 1109, à l’âge de 76 ans (a). II eût souhaité de vivre un peu plus, afin d’a-chever un 'Traité fur V or if ne de f Ame (A). Son Article est fort long dans le Dictionaire de Mo-téri : j’y renvoie le Lecteur. Les Moines de Lerins , qui ont donné -place dam la Chronologie deleurs Saints (f illustres Moines à ce grand Prélat, font réfutez par l’Auteur (b) d’un Livre qui ^in-titule Les Moines travestis (c). Nous verrons ci-desious qu’il emploia pour l’existence de Dieu unArgument que Mr. Des Cartes a bien fait valoir ( B).

[A) ll auroìt souhaité achever un Traité sur Vorigine del'Ame. ] Cette disposition d’eiprit fait dire à un Docteur deLouvain, que le dogme de la propagation des Ames duroitencore à la fin du XI siécle. Imo , dit-il (1), usque ad tem-pera S. Anselmi , hoc est annum Chrìsti M C, in Occidente du-rasse videtur h&c de animarum traduêìione dubitatìo. Namcttm faul'o soft moriturus S. P’ater decumberet , dixisse scribitfamiliaris z? convìêíor ejus Edinerus (*), ,, Si Tiens malles me,, adhuc inter vos saltem tam diu manere , donec qutftionem,s, quam de anima origine mente revolvo , abfolvere post'em,,, gratiosus acciperem : eo quod nescio > utrum aliquis eam, me„ defiwòle , fit abjoluturus ". Je cite ailleurs (i) ThomasBartholin , qui a fait une Réfléxion fur cette pensée de St.Anselme.

(sf ll emploia pour l’exiflence de Dieu un Argument queMr. Des Cartes a bien fait valoir.J La Lille , que Mr. BaiJ-

let a donnée des Auteurs dont osi prétend que Monsr. DesCartes a été le plagiaire , contient ces paroles : „ L’on met„ auffi Saint Anselme au nombre des Anciens, de qui„ Monsr. Des Cartes ({) a pà profiter pour l’argunlent de„ l’existence de Dieu , qu’il tire. de ce qu’un être très-par-„ fait, ou du moins le plus parfait que nous puissions con-„ cevoir, renferme une existence. L’argument fe trou-„ ve dans le Livre que ce Saint (j.) a écrit contre l'Insensé ,„ pour répondre à un Auteur inconnu , qui avoir écrit„ en faveur de l'Insensé , contre un raisonnement qu’a-,, voit fait Saint Anselme dans son Livre intitulé Profolq-„ giân (3 ) Notez que Mr. Huët observe que Tho-mas d’Àquin a réfuté cet Argument. Celebris illa argu-ment atio .... tota est Anselmi , c? in Proflogto , er in A-pologetko contra Gauniloncm ; eandemque c? exposait ThomasAquinas , cr refellit (4).

Ouvrage à í)âimprimé Paît1698, în 12, .

sc) Moinestravestis ,Tam. 1 ,t“í- 49 .

ft) Tam. tldes Lettres,pag. 27 6 &cí(!) WUIt.LeibnitzEpist. Ms.Tam. 111Oper. An-lilm. Elit.Colonienjis.

(3) Baillet,vie de DesCartes, TomyII, pag.SlO,

S 37 .

(4) HuetiiCens Phi-los Cartes.pag, 204.

ANSELME, Augustin déchaussé , natif de Paris, fera trop souvent cité dans ce Dictionai-re , Sc il a fourni trop de matériaux à Mr. Moréri, pour ne mériter pas ici Une place. II est mortà Paris, le 17 de Janvier 1694 , âgé de soixante-neuf ans. II en avoir passé cinquante dans undétachement de toutes les charges monastiques, s’apliquant uniquement aux devoirs de la viereligieuse , & à composer des Livres. II étoit prêt de donner une seconde Edition de sonH.ftoire Généalogique de la Maison de France , (st des grans Officiers de la Couronne (A) , avecdes Corrections & avec des Augmentations ausquelles il travailloit depuis long-tems. II avoirauffi entrepris un Ouvrage qui traite des Maisons souveraines , (st des plus illustres Familles de f Eu-rope , & il y avoir déjà mis la derniere main (a). Je ne iai ce qu'on fera de ces Manuscrits :je voudrois qu’on les publiât.

nouvelle Edition revue, corrigée, & augmentée; mais ilest certain qu’ils ont été d’un grand usage , & qu’on ne sau-rait comprendre toute la peine qu’il a falu que ce bon Re-ligieux se soit donnée pour ramasser tant de noms, tant demariages , tant d’enfantemens , & tant de dates. On abeau faire , si la nature nous incline à certaines choses , onn’en guérit pas fous le froc. Le Pere Anselme étoit népour les Recherches généalogiques : le peu de raport q u'el-les ont avec le genre de vie auquel il s’étoit 'voué n’empê-cha pas qu’il ne suivît son panchant. Un de ses Confre-jes, mais qui n étoit pas déchaussé, couroit nuit 3 c jouraprès les découvertes Géographiques (1) : c’étoit son natu-rel ; l’habit d’Augustin ne le changeoit pas.

* ( A ) ll étoit prêt de donner une seconde Edition de son His-toire Généalogique de la Maison de France , arc. J II avoit pu-blié cette Histoire , avec celle des grans Officiers de la Cou-ronne , l’an 1674 , en Ií Volumes in 4. On ávoit déjà vude lui un gros Livre intitulé , Le Palais de Vhonneur , ou lesGénéalogies historiques des illustres Maisons de France , zy deplusieurs nobles Familles de l'Europe. Cet Ouvrage fut im-primé à Paris, fan 1668. On y trouve des Abrégés duneinfinité de choses concernant le Blason , le Sacre des Rois,les Entrées solennelles , les Batêmes des Enfans de France,les Obsèques des Rois , les Ordres Militaires , 8cc. II n’yavoit pas autant de dégagement dans Ce gros Volume , quedans les deux qui le suivirent. Ils ont tous besoin d’une

(a) MercureGalant Aumoide Jan-vier 1694.

Voïe\ auffi lè

Journal desSavans du Sde Février

1694» page.157 .

(1) Le PersLubin. llmourut à.ris 9 le 7 deMars 1695.Voiez, son £-loge dans leJournal desSavans du z tde Mars 16-5^

ANTESIGNAN (Pi erré) natif, si je ne me trompe, de Rabasteins (A), pe-tite ville de Languedoc , ^ au Diocèse d’Albi , a été l’un des meilleurs Grammairiens du XVIsiécle. II prit tellement à cœur son métier , qu’il aima mieux fe rendre utile à la jeunesse cn Rat-tachant à l’explication des choses qui embarrasiënt la prémiere entrée des études, que de chercherde la gloire par V explication des grandes difficultez (B). II ne laissa pas d’aquerir assez de répu-tation , pour s’attirer les morsures de l’envie (C). Ce qu’il publia íur Terence nous doit con-

(Aj Hâtif , fi je ne me trompe j dc Rabafteins.J Cequi me le fait croire est Vépilhete Rapistagnenjis , qu’il fedonne à la tête de ses Ouvrages. Je ne trouve point deVille qui puisse mieux donner ce surnom que celle deRabasteins ; car on la nomme en Latin Rapistanum, ouRapistagnum (i). Je m’imagine que les Imprimeursont fait une faute dans l’endroit où Papyre Masson aparlé de cette Ville : ils ont mis Rupiftagni incolis , au lieude Rapijlagni incolis {T). Les trois Raves, qui font les Ar-mes de Rabasteins (3) , me persuadent que Papyre Mas-son , ou les Imprimeurs, ont mis la lettre u pour la let-tre a.

(B) ll aima mieux fe rendre utile à la jeunesse .... quede chercher de la gloire par l’explication des grandes difficultezé]Qu’il nous aprenne cela lui-même : raportons un peu aulong ses paroles ; elles marquent un bon cœur, & peuventêtre une leçon de Morale aux esprits superbes, qui ne son-gent qu’à mériter l’aplaudissement de leurs semblables, 3 cqui ne dirigent point leurs veilles au profit de ceux qui ontle plus de besoin d’être enseignés. II venoit de dire queplusieurs doctes Commentateurs avoient écrit fur Terence;3 c puis il ajoure ; Verùm pueri novitii , ad quos maxime hu-jus laboris fruElus pertinebat , vix ullum ex accuratis ex medi-tatis istorum commentationibus emoluwentum fercipere potue-runt. Vìdentur enim viri illí graves imubuìjse in eam curamCr cogitationem , qua fibi summam dignitatem cr gloriam essetallatura. Itaque ardua tantttm er obscuriora interpretando ex-planajse contenti , minutiora entera , quorum doâìrina cr trac-tatìo prucedere , vel certe conjungi debuerat, leviter attigerunt :ut adolescentuli qui his studiis initiantur , fe ad cognitionem hu-jusrei , quam ex communi quâdam hominum opinìone recondi-tiffimarn arbitrantur , dejperent pojfe pervenire. Ut igitur eosm hujusmodi defperatiom adspem revocarem , ad minima ista

vain-

mc demittere non recusavìneque enim hic difficilia tantitmenoâavimus , sed ne unam quidem totius Terentìi sjllabam reliequimus ïntaèlam , quam ad tinguem non excuffierímus , idqueabsque ulla verborum pompa aut magnificentia , sed nudis lite-rarum notis , c 7 methodo quàm potuimus brevijjima e? facillUma. Doâlrim opinïonem affeSíent alii : ego pro mea virili par-te me puerorum cr firmandis e? promovendts studiis omnemmeam operam addixiffe aperfe <& ingénue fateor (4). Con-férez avec Ceci » je vous prie, le passage de Quintilien, quej’ai cité dans 1 e Projet de ce Diction aire (j) , & joignez-yccs belles paroles d’Erasme : elles fe raportent à la peinequ’il avoit prise d’amplifier un Lexicon. Sciihus hoc laborisgenus este minirne gloriosum , prasertim quum pauci reputantquot autores fint excutiendi , ut votes aliquot ab aliis prueritasJeligas. Verum hoc plus debetur illis gratin qui publicn utilita-tis gratiâ non démêlant ingloriam ac molestia plenam indus-triam ( 6 ).

(C) ll a acquis astez de réputation pour s'attirer les morsu-res de l'envie.J C’elt ce qu’il marque par un lieu communque l’on inséré trop souvent dans les Epîtres dédicatoires.II dit que ceux à qui il dédie fou Terence lui ont paruextrêmement propres à le garantir de la morsure de ses en-nemis. Dìgni maxime atque idonei videbamini qui noftra àmalevolorum morfit fortiter z? indujirïe tutaripostetis (7). JJn’y a guere de complimens qui soient plus faux que ceux-là. Les Critiques n’ont aucun égard à la dignité ni à lacapacité de celui à qui l’on dédie un Livre qui leur semblemauvais. Le Sieur des Accords s’elt bien moqué de cesbelles espérances , que l’on fonde fur la prétendue protec-tion de ceux à qui l’on dédie des Livres (8). D’Aubignétrouva si bonnes les rétléxions de cet Auteur-là , qu’il s’enflt un ornement, après les avoir un peu ajustées dune au-tre maniéré (0).

H h s

(4) PetrusAntesigna-nus, tpist.Dcdìcdtor. Te 5lent. init,

(5) Voiez. Ufin du Para-graphe Vilde ce Projet.à la fin du l]sVolume dc ceDictionaire*

.Erasin.

c* est

fin 1

tur.