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APOLLODORE* APOLLON» APOLLONIUS. 2.65
cc Prince dans la plus grande indignation, & qui le poussa à se défaire d’Apollodorc (c). Cettederniere ingénuité étoit infiniment plus excusable que la prémiere. On ne fait pas qui on cho-que, quand on traite avec hauteur les ignorans qui veulent faire les capables en présence desplus grans maîtres. On choque quelquefois celui dont on doit devenir sujet {B j, ou avoirbeaucoup de besoin. Cela me confirme dans ma conjecture touchant les converserions d’ApellesSc d’Alexandre (C).
(B) On choque quelquefois Celui dont on doit devenir sujet (4).]La parenté, qui étoit entre Trajan & Hadrien, pouvoit aver-tir de cela Ápollodore ; mais voilà le détàut de ceux qui secroient nécessaires, 8c que leur grande habileté introduit dansla faveur:ils s’imaginent qu'ils n’ont pas besoin de ménagerles jeunes Princes, 8c que le grand patron leur suffit. Lestems changent, 8c ils éprouvent que leur fierté magistrale8c impitoiable contre tout ce qui ose parler impertinem-ment de leur métier devant eux est une grande sottise.
(C) Cela me confirme dans une conjeèlure touchant les con-versations d’Apelles (sr d’Alexandre.] J’ai déclaré ci-des-sus ( 5 ), que je ne saurois me persuader , que ce grandPeintre ait osé prendre envers ce jeune conquérant uneliberté de le censurer, auffi greffiers que celle dont quel-
ques Auteurs font mention. Je sai bien que ceux qui ex-cellent dans certains Arts, font quelquefois d’une humeursi capricieuse, qu’ils ne font point capables de se contenirdans le respect, lors qu’une boutade les saisit ; mais jesai auffi que l’on attribue à Apelles beaucoup de dou-ceur 8c de politesse. Ce n’est point ma principale raison:la plus forte est celle-ci. Aléxandre, le plus mal endurantde tous les hommes, n’auroit point laissé impunie une cen-sure si méprisante: or nous ne lisons point qu Apelles soitjamais déchu des bonnes grâces de ce Prince. L’argu-ment du plus au moins a lieu ici. Hadrien étoit moinsfier qu’Aléxandre : il n’étoit point Roi quand on l’insulta;8c cependant la censure de l’Architecte fut une offensemortelle.
APOLLON, Divinité Païenne. Cherchez Phoebds,
APOLLONIUS de Pergc, ville de Pamphylie, a été un grand Géomètre (s), sous lerégné de Ptolomée Evergetes, qui s’étend depuis la z année de la 133 Olympiade, jusqu’à l’an3 de la 139. II étudia long-tems à Alexandrie, sous les disciples d’Euclidc ( b ), Sc il composeplusieurs Ouvrages, dont il ne nous reste que celui des Coniques ( A). On en fait beaucoup d’etat,Sc plusieurs Auteurs anciens Sc modernes ont travaillé à le commenter, ou à le traduire {B).
Mr.
(A) ll composa plufieurs Ouvrages,dont il ne nous refile quecelui des Coniques.] Deux livres rrefi xlyu àtrolcu-ìc, deproportionis feílione ; deux iris xapìx , de spatii
feílione ; deux Ptapio/Lévm ro,t!.?ç, déterminais,feítionis; deuxIsrctipôit, taílionum; deux núo-so/v , inclinât ionum; deux tc-~!<jv t 7 cr <réíWv ,planorum locorum ( 1 ) ; huit des Coniques. Onne peut douter qu’il n’y eût VI í I livres dans ce dernierOuvrage : l’Epitre liminaire de l’Auteur , adressée à unGéomètre de Pergame, nommé Eudemus, nous le mon-tre clairement. Le public n’a point vu encore le dernierde ces VIII livres : les quatre premiers font les seuls quel’on ait en Grec; les trois suivans n’ont été traduits en La-tin que fur la Version Arabe. Voiez la Remarque suivan-te. On trouve citez les Livres d’Apollonius de cochlea, cydeperturbatis rationibus (z). Je ne sai s’il ne faudroit pointdonner au même Auteur le Commentaire fur les Phénomènesd'Aratus, qui est attribué par les Anciens à Apollonius leGéomètre (3).
( B ) Plusieurs Auteurs anciens & modernes ont travaillé a.commenter ou à. traduire fies Coniques.] On dit qu’Hypatia,fille de Theon, fit un Commentaire fur les Coniques d’A-pollonius (4). Nous avons encore celui qu’Eutocius d’AF-calon composa sur les quatre premiers livres de cet Ouvra-ge , avec quelques lemmes 6 c corollaires de si façon. IIpromettoit de commenter les quatre autres: voiez son Epi-tre dédicatoire à Anthemus. Nous avons auffi ($), aunombre de 65 , les lemmes que Pappus disposi 8c arrangeasur les Coniques d’Apollonius. Le Catalogue des Ouvra-ges de François Maurolycus , imprimé à Venise , nousaprend que cet habile Mathématicien a fait un Livre inti-tulé Apollonii conica elementa , libris quatuor cy demonstratio-nibus cy lincamentis opportunis infiaurata (6). Jean BaptisteMemus (7), Noble Vénitien , 8c Professeur en Mathéma-tique à Venise, fit une Version en Latin des quatre pre-miers livres d’Apollonius, qui fut imprimée l’an 1537 (8).Elle ne vaut rien : il n’entendoit pas la matière , 8c celafut cause qu’il ne s’aperçut point des fautes les plus visi-bles du Manuscrit Grec. Eos primus transtidit, c’est Voffiusqui parle 1 9), j han. Baptifia Memmius ; fed ìnfeliciter ,eo quodargumentum operis non intelligerét : unie non vidit fat mani-fejlas Grttci codicis mendas, ac sape pueriliter alucinatur :ficutmonitum Francifco Maurolyco prafatione in Cofmographiamfuam. Frédéric Commandin ( 10) en fit une nouvelle Ver-sion beaucoup meilleure, qu’il fit imprimer à Boulogne,fan 1566. II y joignit la Version du Commentaire d’Eu-tocius, 8c plusieurs Notes. Mais parce qu’il se servit d’unManuscrit Grec, qui étoit tout plein de fautes, il ne putPas siire si Version auffi bonne qu’il auroit voulu : c’estpourquoi, Marin Ghetaldus ( 1 x ) se crut obligé de re-monter jusqu’à la source du mal: il tâcha de corriger leManuscrit selon le sens de F Auteur, 8c de résoudre les pro-blèmes: 8c il crut avoir redonné la vie à cet ancien Géo-■fiiqtre (iz). Voiez le Livre qu’il intitula Apollonius redi-vivus, feu reflituta Apollonii Pergù inclinationum Geometria,8t son Supplementum Apollonii Galli ,f eu exfufcitata Apollonii^ er gai taílionum geometria pars reliqua , imprimez à Venise,
* an 1607 > in 4- Claude Richard , Jésuite de la FrancheComté, 8c Professeur Roial en Mathématique dans le Col-le §e Impérial de son Ordre à Madrid , expliqua dans sesLeçons publiques, en xóqz ,les quatre premiers livres d’A-pollonius, 8c en 1643 , quatre autres livres, dont il étoit1 Auteur, où il supléoit l’autre partie de F Ouvrage de Cetan .cien Géomètre (13). Ce qu’il a fait sur les quatre pre-miers livres fut imprimé à Anvers, Fan 16;;, in folio. IIavoue, qu’après avoir achevé ces deux Ouvrages, il lutavec beaucoup de plaisir 8c d’admiràtion les Coniques de
Claude Middorge (14), 8c la Quadrature du Cercle deGrégoire de St. Vincent, où il y a beaucoup de choses quise reportent aux livres d’Apollonius qui nous manquent. Inquibus (de quadrature circuli duobus tonlis) prater elemen-ta conica peculiari ordine dijpofita , ìnnumera prodit ficuti Mid-dorgìus , qua Jpeííant ad pofiremos quatuor Apollonii libros in-juria temporum jupprejj’os , in lucem revocandos (iç). Ferdi-nand I, Grand Duc de Florence, prit à cœur de faire tra-duire plusieurs Manuscrits Arabes, qui étoient dans si Bi-bliothèque: Jean Baptiste Raimond, qui tenoit le premierrang parmi ceux à qui ce Prince donnoit des pensions pource travail, avoir promis de traduire Apollonius , que l’onavoit en'Arabe dans cette Bibliothèque ; 8c il y a eu desAuteurs , qui ont publié que cette Verfion étoit ache-vée(ió); mais on n’en a rien trouvé parmi ses papiers (17).Enfin le Grand Duc Ferdinand II, 8c le Prince Leopoldde Medicis son frere , j citèrent les yeux fur Abraham Ec-cliellensis, Professeur à Rome aux Langues Orientales, &le chargèrent de ce travail. 11 traduisit en Latin le V, leVI, & le V 11 livre d’Apollonius, avec le secours d’AI-fonse Borelli, Professeur en Mathématique dans l’Acadé-mie de Pise. Cette Traduction fut imprimée à Florencel’an 1661 , in folio, avec le Commentaire du même Bo-relli , qui soutient dans si Préface, que ces livres ne fontpoint Exposez, mais qu’ils apartiennent véritablement ànotre Apollonius. II répond aux dificultez de Claude Mid-dorge, qui s’imaginoit que les trois livres, que Golius avoitavortez du Levant (18), étoient d’un Arabe qui sëtoit ca-ché fous le nom illustre d’Apollonius. Le Pere Mersennenous aprend cette opinion de Claude Middorge; mais ilne l’aprouve pas: il croit que le huitième livre des Coni-ques d’Apollonius, 8c tous les autres Ouvrages du mêmeAuteur, ceux mêmes que Pappus n’a point citez, existentréellement traduits en Arabe (19). 11 en donne pour cau-tion AbenNedin, qui a fait un Livre de Philosophie Ara-bibus (zo). Notez, I, Qu’à la fin du Manuscrit de Go-lius, on avoit marqué que le huitième livre d’Apolloniusn’avoit pas été traduit en Arabe, parce qu’il manquoit dansles livres Grecs fur lesquels la Version des autres avoit étéfaite (zi). II, Que Je Manuscrit, sur lequel a été faitela Traduction d’Ecchelleníìs, venoit de la BibliothèqueOrientale, qu’Ignace Neama, Patriarche d’Antioche, avoitleguéeau Grand Duc Ferdinand premier (zz). III, Qu’A-balphat Asphahanensis est F Auteur de la Traduction Ara-be, qui a servi d’Original à Ecchellenlîs; 8c qu’il la fit poul-ie Roi Abicaligiar, qui monta fur le trône Fan 371 de l’Hé-gire. Doit il s’ensuit que cette Version n’est point la pre-mière qui eût été faite en cette Langue; car Grégoire Bar-hebraeus remarque que sept livres des Coniques d’Apollo-nius furent traduits en Arabe au tems d’Almainun. OrAlmamun fut inauguré Fan Z03 de l’Hégire (2.3 ). IV,Qu’Abalphat ne laide pas de prétendre que si Version estla prémiere, 8c qu’on n’avoit vu encore que certains frag-mens d’Apollonius, les endroits les plus faciles. Cela peutfaire juger, ou qu’il n’avoit jamais vu la Traduction quifut faite sous Almamun , ou que cette Traduction necomprenoit que quelques fragmens des Coniques d’Apol-lonius (z4'.
Voilà ce que j’ai pu dire pour commenter le Texte decette Remarque. Je 11e parle point de F Apollonius Batavusde Willibrord Snellius , feu exfufcitata Geometria ApolloniiPergat trtft Piasic-fíîvr.q rof/Iic , Ouvrage imprimé à Leide,Fan 1608, in 4: 8cje laisse Vincentio Viviani, Auteur duTraité de Maximis <y Mìnimis , geometrica Divìnatio in quin-tum librum Conicorum Apollonii Pergai , imprimé à Florenceen 1659, in folio.
Ll
(c) Ex XI-philin. inHadnana,
(l) Pappus,in Proœmio
ai Libr Vil
Mathemat.
Collection.
(14) TresConuorum Lì-bros ClaptHiìMiddûrgii ,. onova, mttbodáex sApollonia, -nìs font ìbuspetitos & pro-prto ingentoappojîtè diges-
tes.
CI. Richar-di Prêts, inApollon.
Setl. XI.
(ts) Idem »(ï<S) Com-
me JeromeLunadorus,
dans son Lì~
r^-deRo-manâ Curiâ^Voiez, Borel-li , dans faPréface ,
(17) AbrafuEcchelleníis*in Prtefar.VersionisApollonii.
(18) Le V*
U VI , fr ltVit , desConiquesd’Apollo-nius.
(19) Mer-fennus, Pra>fat. in Apol-lonii Coni-ca, qua funtin ejus
Mathema-
ticá.
( 20 j VoiezíVoffius deScientiisAlathemati
e a i- SS.
(il) Idem ,tbid.
(a) Boiel-Ls, in Prarf,
(D) AbraluKcchellerts.in Prxfat.
(24) Idem,
ibid.