2.66
APOLLONIUS.
(c) Apol-lon. Epist.dedicator.Libr. II. apudLutocium»
(25) Baillet,Vie de DesCartes,
Tarn, 11 ,
M* 39 .
(26) Lk-mt-me , pag, 101.
(27) Hera-clius, in VitâArchimed.apud Euto-cinm, init.Comment,in Apollo-nii Conica.
(28) Éuto-cius, ibidem •Volez. Clau-de Richard,dans fa Pré-face furApollonius,Sctí. VIL
(29) Volez»la Lettre^Apollo-nius à Eude-mus , au com -mcncemcnt deson 2 Livre.Volez, aussi saLettre à At-taius, aucommencementdu IV Livre .
(30) Pappusin ProoemioLibr. viljysathemat.Collecta
(31) Von ttrouverez, lesparoles dePappus dansla\ernarqi 4 tde C ^Articled’’ Ari-ste'Rle Géomètre.
(32) Vo££us, deScient. Ma-th em. inlAââendis »
L^. 434 °
(a) Pag. 200,& fniv. £-dit . de Bru-xelles.
(b) Tlûlosti.in VitâApollonii,Libr. L
(1 ) C* étoit latroisième Ville
iU tmityiii
M. Des Cartes n’en jugeoit point favorablement (C). Quelques-uns ont cru qu’Apolloniuss’apropria les Ecrits & les découvertes d’Archimede {D). 11 avoit un fils qui s’apelloit Apollo-
nius, St qui fut le porteur du II livre des Coniques à celui à qui l’Auteur l’avoit dédié {c). LesArabes ont été fort ignorans en Chronologie à son égard (E). Mr. Moréri a fait ici bien desfautes ( F).
(C) Mr. Des Cartes ne jugeoit pas favorablement de ses Co-niques. 1 „ II 11e lui paroissoit pas étrange qu’il lé trouvât
„ des gens qui pulìént démontrer les Coniques plus aiie-„ ment qu’Apollonius, parce que cet Ancien est extvéme-„ nient long 8c embarrassé, Sc que tout ce qu’il a démon--, tré est de foi assez facile (15) 11 comparoit ce qu’il
avoir fait en Métaphysique aux démonstrations d’Apollonius-,dans lesquelles il n y a véritablement rien qui ne soit tres-clairC 7 tr'es-certain , lors qu on confidere chaque point à part. Maisparte quelles font un peu longues, ct qu on ne peut y voir lanéccjstté de la conclusion, st l'on ne se souvient exaclement detout ce qui la précédé , a peine peut-on trouver un homme danstoute une ville, dans toute une province , qui soit capable de lesentendre. Néanmoins , fur le témoignage du petit nombre deceux qui les comprennent, Ct qui ajjùrent quelles font vrayes,il n y a personne qui ne les croye (2,6).
(D) On a cru qu’il s'apropria les Ecrits ct les découvertesd'Archimede. ] Heraclius assure qu’Archimede fut le pré-mier qui travailla à des théorèmes coniques, & que sescompositions là-dessus, avant que d’être publiées, tombè-rent entre les mains d’Apollonius, qui les publia commeson Ouvrage (27). Eutocius réfute cela par deux raisons :l’une est qu’Archimede en divers endroits de ses Livresparle de la science des Coniques comme dune chose quin’étoit pas nouvelle ; l’autre est qu’Apollonius ne fe vantepoint d’être l’inventeur de ce qu’il écrit : il fe contente dedire qu’il a traité cette matière plus amplement qu’on n’a-voit encore lait (28). Voilà, ce me semble, une assezmauvaise justification quant au crime de plagiaire; car onpeut fort bien s’aproprier les Ecrits d’autrui > encore que cene soient pas des Ouvrages où l’Auteur prétende ne riendire qui. ne soit nouveau. La gloire d’expliquer mieux quel’on if avoir fait une matière dificile est assez grande , pourtenter un homme de s’emparer d’un Ecrit qui peut lui con-cilier cet honneur. Apollonius scroit dans le cas, commeil paroit par les propres termes de son Apologiste. 11 y aplus: il se vante quelquefois dans le sommaire général deses VIII livres d’avancerdes choses nouvelles (29). Ju-gez si ce n’étoit pas un puissant motif pour s’attribuer unpareil Ouvrage. Je trouve donc qu’Eutocius k défendtrès-mal, Sc qu’il vaut mieux le justifier par le silence dePappus son censeur, Sc son censeur un peu bien fâché. Etnotez que Pappus, non seulement ne l’accuse point d’étreplagiaire: mais auffi, qu’il le reconoit formellement pourle vrai Auteur des VIII livres des Coniques, quoi qu’ilprétende qu’Euclide avoir déjà fait quatre livres fur ' ce su-jet (30). II prend le parti d’Euclide contre Apollonius,.'qui a remarqué que cet illustre Géomètre avoir très-malréussi dans un certain point. II excuse Euclide fur ce qu’A-pollonius même avoir reconu :■ c'est qu’avant les découver-tes d’Apollonius il n’étoit pas possible de bien traiter cepoint-là. Les principes dont on s’étoit servi auparavant nesuffisoient pas pour y parvenir. II prétend qu’Euclide, pleinde douceur, d’honnêteté, Sc de modestie , s’attacha auxdécouvertes; d’Aristée touchant les Coniques , fans vouloirni les combatte, ni enchérir par dessus, Sc qu’il s’arrêtad’où elles ne pouvoient point le faire aller plus avan.;mais qu’il se garda bien de dire que ce fût le point de laperfection: il auroit été blâmable en ce cas-là (31). Re-marquez en passant, que ceci démontre la fausseté de laprétention d’Heraclius, qu’Archimede fut le prémier quiécrivit touchant les Coniques. Voisins n’a point pris gar-de aux preuves qui renversent cette prétention. 11 observecomme quelque chose de justificatif pour Heraclius, qu’Ar-chimede a renvoié quelquefois à un Ouvrage fur les Coni-ques ; Sc cela, selon le style qui lui est propre quand il ren-voie à ses Ecrits (32). II ajoûte que Guido Ubaldus aprouvé contre Eutocius, qu’Archimede n’ignoroit pas que
les cônes peuvent être coupez par des plans qui ont une in-clinaison diférente au côté du cône (33). Mais que faitcela pour prouver ce dont il s’agit ? Accordons qu’Archi-mede avoit fait fur les Coniques un Ouvrage, bon, beau,excellent : est-ce à dire qu’avant lui personne n’avoit traitécette matière, ou que cet Ouvrage fut volé par le plagiaireApollonius ?
(E) Les Arabes ont été fort ignorans en Chronologie à l’é-gari d’Apollonius.] Ils ont dit qu’il a vécu au teins d’A-chas, Roi de Juda , Sc que ses Ecrits fur les Coniques fu-rent cause qu’Euclide écrivit des Livres long-tems après (34).Cette bévue est si étrange , qu’il y a lieu de s’étonnerqu’Ecchellensis l’ait ménagée avec tant de précaution. IIs’est bien gardé de dire que l’Auteur Arabe , qui a débitécela , s’est abusé : il dit seulement que cette Chronologieparoit fort éloignée de la commune. In hìs longe videturdiferepare Gregorius à communì Chronologorum fententiâ ctopi-nione , qui Apollonium fioruijj'e Jcribunt anno periodi juliana4474 .... dijerepat prœterea ab ïijdem Chronologie in atateEuclidis quem Apollonio juniorem agnojcit, ubi illi eum collocantin anno periodi Juliant 4430 (35). Ecchellenfis vous laissela liberté de choisir entre ces deux opinions: il eût mieuxfait de décider que l’Auteur Arabe fe trompe ; car celaest très-certain. Et notez que son erreur n’elt pas une di-férence de quelques années: Achas commença de régnerl’an 3970 de la Période Julienne. Ptolomée Evergetes,fous qui Apollonius a fleuri, succéda au Roi son pere, l’an4468 de la même Période. L’abus est donc très-grand; ilenferme une diférence d’environ cinq siécles.
(F) Mr. Moréri a fait ici bien des sautes f I. II a donnésimplement & absolument le surnom de Grand Géomètre ànotre Apollonius : il faloit user de restriction, Sc se conten-ter de dire que ses contemporains le surnommèrent ainsi, àcause de sa capacité dans les Coniques. Voilà précisémentce qu Eutocius d’Ascalon raporte ( 36). II. Moréri pré-tend que ce surnom est le même que celui de d Kjóv« 5 :c’est une grande bévue, quelque favorablement qu’on letraite; car enfin, l’Apollonius, qui eut le surnom de Kjó-vos, n’étoit point le Géomètre : il étoit natif de Cyre-ne (37), &n’eut jamais de réputation (38). III. Euto-cius 11e raporte point l’Ouvrage d’Heraclius de la Vie d’Ar-chimede : il le cite feulement. IV. Dire que nous avons lèTraité des Cône:, Conicorum , traduits par Jean Baptiste'de Mejntes, c’est commettre un barbarisme, & vouloir per-suader aux Lecteurs que ce Jean Baptiste a traduit tout cetOuvrage. II n ’cn a pourtant traduit que les IV premierslivres. V. II n’est pas vrai que les gens de lettres sachent queces (39) IV premiers livres d’Apollonius Jont d’Euclide deMégare. VI. Personne n’a dit qu’Apollonius fut le discipled’Eubulìdes auditeur d’Euclide, Sc il n’y a nulle aparence qu’illait été, puis qu’Eubulides ne cultivoit guere que les chiacanes de la Dialectique , & qu’ii n’enscígna point dansAlexandrie, où notre Apollonius étudia fous les disciplesd’Euclide (40). VII. Après avoir avancé qu’Euclideest le véritable Auteur des quatre premiers livres d’Apollo-nius, faloit-il dire que celui-ci fit des Commentaires fur les’quatre premiers livres des Cônes de ce Philosophe ? Quellesbrouilleries, ou plutôt quelles contradictions! VIII. IIn’est pas vrai que Golius ait traduit d’Arabe en Latin le cin-quième, le sixième, Sc le septième livres d’Apollonius. Mr.Moréri, qui l’afírme, n’est point excusable, puis qu’il n’a-voit lu dans Voísius que ceci, que Golius avoit aporté duLevant ces trois livres en Arabe , Sc que les Mathémati-ques lui auroient bientôt de grandes obligations , & furtout quand ces trois livres auroient été imprimez (41).
IX. L’Apollonius, qui fut le martre de Diodore, n’estpoint celui dont il s’agissoit dans cet Article. On a pu voirci-dessus (42) deux autres fautes de Mr. Moréri.
(n) 6uìà»Ubaldus»initie Com-mentai 11 <*
JtcHiidttn
iveff** 1 ' .médis.
(h) î
iius BaihC"brzus, L* , .‘111 ChioBfco rum, ,Achas, 4TAbrah. ® c '
cheJIcnfeJ 0 '
Prnf.
Apollon.
(ìs)^ cchch
lelt
( 3 «)£“"*■
A< ífc>.
mtt"> yment. <»Conica „Apollon 11 -
///'/"t,,-
f» r “fer
Mats 1 ' 1 ”*
Piscep» 0 '
num.
Íi7)
fag. 57 *'
page+$i r
( 3P Ì
q*t
dit - O
ptotC&j fa
r“fe r,tr '
píftdW'-
( 4 °) V ‘fEaércc»
Livr»
de Scic-c.
APOLLONIUS de Tyane, a été l’un des hommes du monde dont on a dit les choses lesplus extraordinaires. J’avois résolu d’en faire un fort long Article j mais aiant vu celui que Mr.de Tillemont en a fait, j’ai cru qu’il valoit mieux emploier mon tems à d’autres recherches, queprendre bien de la peine pour ne rien dire que ce qu’il a dit, ou que prendre simplement la peinede le copier. Son Livre paílëra par plus de mains que celui-ci, & tout le monde lèra plus à por-tée de le consulter , que de consulter mon Dictionaire. II suffit donc d’avertir, que l'on trouve-ra dans le second tome de son Ouvrage (a) un Recueil plein & éxact de tout ce qu’il y a de plusremarquable à dire touchant Apollonius de Tyane. Je dirai néanmoins, quand ce ne seroit quepar forme, qu’il naquit à Tyane, dans la Cappadoce, vers le commencement du I siécle - } qu’àl’âge de seize ans, il s’érigea en observateur rigide de la réglé de Pythagore, renonçant/au vin,aux femmes, à toute sorte de chair, ne portant point de souliers , laiíîànt croître ses cheveux, ne«'habillant que de toile (b)-, que peu après, il s’érigea en réformateur > qu’il sit élection dedomicile dans un Temple d’Esculape, ou bien des malades lui alloient demander leur guérison;qu’étant devenu majeur, il céda une partie de son bien à son frere aîné, qu’il en distribua une au-tre partie à des parens pauvres, St qu’il en retint très-peu pour lui ; qu’il passa cinq ans lans par-ler j qu’il ne laissa pas dans ce silence d’arrêter plusieurs séditions {A) en Officie St en Pamphy-
(A) il ne laijfa pas, pendant son silence, d’arrêter pluseurs
séditions .] Ççlle, qu’il arrêta dans Aípende (r) étoit des
lie >
plus difficiles à calmer, puis qu’il s’agissoit de faire enten-dre raison à des gens que la faim avoit poussez 3 la révol-
sor