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Tome premier. A - B.
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2.68

APOLLONIUS.

(!) Il avoit

íté X'i d’E-Vl‘ e -

(m) Philost.tiír. V,

Cap. XV, ;

(22) Tille-mont, Hist.des Emper.Tom. //,

2 a o.

(23) Lae-tanr. divin.Institution.Lìbro V,Cap. III %il O.

(24) V*ìez.lc

Pajsttçe deV op i feus,dans U ‘ 7 (í-marque pr:~ctdente , Cita-tion (r 9).

(25) Eufeb.m Hiero-c!em, par.Í 4 l.

(1 1 ) Msr-cellin. adAugusti-num, Epist.111 interAugustin!Epistolas.

f27) Citation

(G-

sîSÌ August.Epist. IV,pag.lt-

f 29Ì ldtm >EpistolaXLIX,f* j. roi.

Paganisme (F). II laissa quelques Ouvrages, qui ne subsistent plus (G). On parle d’un autrePhilosophe nommé Apollonius de Tyane (H): il vivoit fous l’empire d’Hadrien. Je ne sai pasde quelle secte il étoit j mais personne n ignore que notre Apollonius étoit un Pythagoricien à j ® { ' M %aebrûler. II faifoit une si ouverte profession de croire la métempsychose, qu’il fit adorer un lion d» V’fjp.sous prétexte que l’ame d’Amaíis (/) étoit unie avec le corps de cette bête (m). Nous avons v ^ ( „ r ig‘fa Vie traduite en François par Biaise de Vigenere, sur le Grec de Philostrate («), avec de fortamples Commentaires d’Artus Thomas Sieur d’Embry, Parisien. II n’y a pas long-tems qu’u- {,>«. Etui*ne Traduction Angloise de cette Vie , avec des Notes , a furieusement scandalisé de bonnesâmes (f). Elle a été condamnée, proscrite, anathématiléc, & avec raison. J’en parle dans les diù tnl

Remar- in *

(F) Sa réputation a duré autant que le Paganisme.'] Mr.de Tillemont, qui nie cela , se sert du témoignage deLactance, 8c de celui d’Eusebe. Dés le commencement duIV fade, qui que ce fût, dit-il (22), n honorait Apolloniuscomme un Dieu, quoi qu on prétende que les Ephéstens révé-raient encore'fa statue , mais fous le nom d'Hercule > er non fousle ften,parce qu il étoit confiant que ce n étoit qu un homme e?qu un imposteur. Etifebe assure aujp que [presque] personne neconnoistòit plus alors Apollone, non comme un Dieu ou com-me un homme extraordinaire V admirable, mais même commeun simple Philosophe. Mr. de Tillemont cite le III Chapi-tre du V livre de Lactance, & le Traité d’Eusebe contreHierocles , à la page 468. J’avoue que Lactance supo-se que personne n’honoroit Apollonius comme un Dieu:Curigitur, demande-t-il , ô delirum caput, nemo Apolloniumpro Deo colitì nifi forte tu folus illo fcilicet Deo dignus cum quote in fempiternum verus Deus punies ; mais il ne s’inscrit pointen faux contre ce que l'Auteur qu’il réfute avoir avancé,que l’on honorait encore à Ephcse le simulacre consacré àApollonius fous le nom d’Hercule : simulacrum ejus fubHerculis Alexicaci nomine constitutum ab Ephefiis etiam nunchonorari (23). 11 se contente de se prévaloir de ce qu’A-pollonius n’étoit point honoré fous son vrai nom, mais fousun nom emprunté : Ideo alieni nominis titulo ajfeâíavit divi-nitatem, quia fuo ncc poterat nec audebat. Cela est plus sub-til que solide ; car quand les Ephefiens consacrèrent cesimulacre , ils n’curent intention que d’honorer Apollo-nius, 8c ils ne se servirent du titre èì Hercules àn-arfin-ato;,ou Alexicacus, que pour marquer qu’Apollonius les déli-vra de la peste. II n’y eut aparemment nulle forte d’artifi-ce dans tout cela : Apollonius ne chercha point à se cou-vrir d’un autre nom par aucune crainte que le lien ne jet-tât quelque scrupule dans les esprits. Voilà donc un bontémoin produit par Lactance, touchant le culte que l'onrendoit encore à notre Apollonius au commencement duIV siecle- Avec tout le respect dû à ce Pere de l’Eglise,je ne saurois me persuader que ceux de Tyane eussent dis-continué leurs vénérations , ou qu’on eût ôté de tous lesTemples les images d’Apollonius r24). Je trouve dans Eu-sebc, que desontems, on faifoit courir le bruit, que parl’invocation du nom d’Apollonius, il se faifoit bien deschoses. AÙ-ïikh 7cev vov eltriv , ot 7 TEctsçyisç un%avceç rij tuùvé'joç ccutKettAue: oroTr.yopíos xctiEiXotpevat Oisyutrt [Z f). Ne-que vero hodie quoque dejunt qui expertes fe dicant ejus nominiìnvocato magìcas iuest’e virtutes ad fuperstitiofa quidam pera-genda. II les apelle magiques 011 superstitieuses; mais ilne faut point douter que plusieurs Paiens ne les prissentpour de bons miracles, je trouve dans St. Augustin, quede son tems, on importunoit de telle forte-les Chrétienspar le chimérique parallèle des miracles d’Apollonius avecceux de Jesus-Clu ist, 8c par la ridicule prétention que lespremiers égaloient ou surpassaient les derniers, qu’on re-courut à cette grande lumière de l’Eglise, pour avoir la ré-futation de cette difficulté. Se A tamen etiam ego in hac par-te qui p L u r 1 m 1 s quicqttid referipferis , p r o f u t u r u m esteconsido , precator accesterim ut ad ea vigilantius refpon-derc digneris , in quibus nihil amplius Dominum quam ahi ho-mines j’acere potuerunt, feciste vel geffìste mentiuntur. Apol-1. o n 1 u m siquidem fium nobis csr Apulejum aiìo/que magicotartis homines in médium proférant , quorum majora contenduntextitiste m racula (zó). Ce fut alors que St. Augustin décla-ra ce qu’on a lu dans l’Article (27); c’est qu’Apollonius deTyane valoir beaucoup mieux que Jupiter: ce qui, pourle dire en passant, doit faire honte à je ne sai quels Théo-logiens modernes, qui ne sauraient souffrir que l’on regar-de la privation de la conoisstnce de Dieu comme un moin-dre mal que le culte des Gentils pour des Dieux abomina-bles, 8c pires, selon le sentiment de St. Augustin, que desMagiciens. Ejuis autem vel risit dignum non putet, quod Apol-lonium 8c Apulejum exterosque magicarum atrium peritis-simos conferre christo vel etiam prsferre conantur ,quamquamVOLER ABILIUS ferendum fit quando illo s ei potins compa-rent quam Dcos fuos : multo enìm melior , quod fatendum est,Apollonius fuit ,quam tot stuprorum auílor c? perpetrator quemstovem nommant (28). Le même Pere remarque que lesPaiens, qui se moquoient de l’Histoire de Jonas, eussentreçu pour très-véritable une pareille avanture, si elle eûtété racontée touchant Apulée , ou Apollonius de Tyane.Si hoc quod de stona feriptum est , Apulejus Madaurenfis » velApollonius Tyaneus, feciste diceretur, quorum multa mira , nul-

lo fideli auílore , jaâlitant . fi de iftis ut dixi quos ma-

gos vel Philosophas laudabiliter nommant taie aliquid narrare-tur, non jam in bttccis creparet rifus, fed typhus (29 '. En-fin, je trouve qu’Eunapius écrivait au commencement du Vfiecle, qu’Apollonius n étoit pas tant un Philosophe, que quel-que chose qui tenoit le milieu entre Dieu v l homme , CJ? quePhilostrate devait avoir intitulé l'Histoire qu il en a faite , la

Descente d’un Dieu sur la terre (30). Ai-je donc tort d’as-surer. que la gloire d’Apollonius dura autant que le Paga-nisme ;

II ne me reste qu’à répondre à l’autorité d’Eusebe, dontMr. de Tillemont s’est fortifié. J’y répons facilement, par-ce qu’il est clair parles faits qui viennent d’être allégués,qu’Eulébe donne dans une hyperbole qui ne parait avoiraucune ombre de vérité. Comment pourroit-il être véri-table, que personne, au tems d’Eusebe, ne faifoit l’hon-neur à Apollonius de le traiter de Philosophe, puis qu’ Am-rnien Marcellin , dans le même siecle, aiant dit un motpar occasion d’une fontaine qui étoit auprès de Tyane, nemanque pas de sc souvenir d’Apollonius avec cet éloge,Ubi amplistìmus ille Philosophas Apollonius traditur natus (31)?J’aimerois mieux dire, pour l’honneur d’Eulebe, qu’il par-le de Philostrate, en sorte que son sens soit, qu’il n’est pasbesoin de réfuter amplement les rêveries débitées par Phi-lostrate , puis que c’est un Auteur dont personne ne faitcas, 8c que l’on ne met pas même au nombre des Philoso-phes. Cette explication, je l'avoue, souffre quelques dif-ficultez; mais il est sûr qu’Eusebe prétend attaquer le fan-tôme de Philostrate, 8c non le véritable Apollonius. Ne dé-clare-t-il pas qu’il a toujours regardé Apollonius commeun savant homme, 8c qu’il consent qu’on le place au nom-bre des Philosophes avec toute sorte d honneur ? qu’il nerejette que les sables 8c les vertus surnaturelles dont Philos-trate 8c quelques autres Panégyristes ont parlé : 8c qu’enprenant droit fur Philostrate, il montrera qu’Apollonius estindigne d’être compté, non seulement au nombre des Phi-losophes; mais aussi, au nombre des gens d’une médiocrevertu : tant s’en faut qu’on le puisse mettre en parallèleavec Jesus-Christ ? móïjj » tVic-sí-vj-aftsía t?» t S <!><a->^« 7 r 3

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modo penfitemus Philostrati hiftoriam, ex hac enim certis ratio-nibus convinceinus Apollonium non inter Philojophos locum , acne inter mediocris quidam ac ufitats probitatis viros dignumfortiri, nedum fit ille Salvatori nostro ratione aliqna confe-rendus.

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(G; Il laista quelques Ouvrages, qui ne subsistent plus.] 11avoit écrit quatre livres fur f Astrologie judiciaire (33), & unTraité fur les Sacrifices ( 34), pour marquer ce qu’ií faloitoffrir à chaque Divinité. Ce dernier Ouvrage devint fortcélèbre: Euiébe le cite (3;). Suidas le marque aussi, 8c yajoute un Testament, un Recueil d’Oracles c y de Lettres, 8t laVie de Pythagore (36). La Théologie , dont Euscbe cite unendroit (37), est peut-être la même chose que l’Ouvragefur les Sacrifices. Apollonius avoit écrit une infinité deLettres \ Philostrate en a iníërétdans son Histoire quelques-unes, toutes fort courres. U Hymne far la Mémoire n’estpas un Ouvrage d’Apollonius, comme Mr. de Tillemontle prétend, licite le chapitre XI du I livre de Philost; a-te, page 18. Je n’y ai point trouvé cela, mais seulementqu’Apollonius âgé de cent ans avoit la mémoire meilleureque Simonidc ne l’avoit eue , 8c qu’il chantoit souventl’Hymne que Simonide avoit composée à la louange de lamémoire. Suidas raporte cela st confusément, qu’il sem-ble dire que ce fut Apollonius qui composa cette Piece.Konig y a été attrapé. Vòicz ía Bibliothèque, à la page 49.Le Testament, dont Suidas fait mention, ìixfjxv, est sensdoute le même Livre que Philostrate a cité dans ces paro-

leS.-^Kcò íiatr,xai éì tûj A’rroPi Áoivlai ytypápoc~icti crctV àtùsrdçyjl fíciltt') ù-ofolxijm t}, Çn\oropì*o iyiisl» (38) ;

c’est-à-dire, selon la Version de Vigenere, Apollonius avoitde fa part aujfi eferit des Mémoires par où l’on pouvoit aisémentcognoistre combien il estoit curieux , voire presque comme trans-porté âpres la Philosophie.

( H) On parle d’un autre Philosophe nommé Apollonius deTyane,] C’est Suidas, qui en parle fur la foi d’Agresphon,qui avoit écrit un Livre touchant les personnes de mêmenom, mfi O'pcmiiíao, de Homonymie. Cela me fait souve-nir qu’un savant homme, que j’ai cité ci-dessus (39), dou-te fi les Anciens ont fait des Livres semblables à ceux deLéon Allatius, de Simeonibus, de Pfellis, c ?c. Qu’il n’endoute point ; car outre Agreíphon, nous pouvons don-ner Demctrius Magnes. Quelques Savans y veulent join-dre Denys de Sinope, 8c Simariíjus; mais ils fe trompent.Voiez la Remarque t B) de l’Article de ce Dimeirius,vers la fin.

(/) Une Traduâlion Angloise de cette Vie .... a furieuse-ment fcandalijé les bonnes Ames.] L’Auteur de cette Versionne l’avoit conduite que jusques au 111 livre exclusivement.S’il n’avoit fait que traduire, on naîtrait point eu sujet dese plaindre; mais il a joint à fa Version quantité de No-tes fort amples, qu’il avoit tirées pour la plupart des Ma-nuscrits du fameux Baron Herbert. C'est le nom d’un

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