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Tome premier. A - B.
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A P O N E.

(c) Dítns U

( c )-

(d) Toraa-sini Elog.Víror. il*Justr, fag, 24.

(14) Celapaioit part mus f es Oeu-vres & prin-cipalementen la diffé-rence ci» VIdc fan Con-cìliotor.

Naudé,Apologiedes gransHommes,pag< z 84,

(*) III ParteLibr , Cri-blât.

ft) Libr. VIIde F ne n ot.Cap. VIL

U) Libr. 7,de Patientiâ,Cap. 11L

ft> Ange-logr. Part.

II, CdO. A' -V /(

H’

(*) Livre IV,Chap. III,

{is) Naudé,Apologiedes gransHommes,t*S- 3 8 4 -

(is) Naudé,Apologiedes gransHommes,f-'S- 386.

Cette Inscrip-tion ejì dansTomasin, mElog. illust.Virorum,K2- 2Z.

(17) Lk-mê-me,pag. z88.

(|) Bxino-noinagixS«*st. XVÍ.

ft) Diíferen-

tia CLVI.

(X) Libr. IVadverliisAstrolog.Cap. VIII.

(f) Antipa-li. L ib. I. Cap.III.

%yo

s’íi eût vécu jusqu’à la fin du procès , il y a beaucoup d’aparcnce qu'il eût souffert en fa personnece qu'il ne souffrit qu’en effigie après fa mort. Nous reporterons (c) ce que ses Apologistes observent.

Son cadavre , secrètement (léteiré par ses amis, échapa à la vigilance des Inquisiteurs , qui vou- ^

loient le faire brûler (D). 11 fut transporté en divers lieux, & enfin on le plaça dans l’Eglise \‘h,i n ún-

de Saint Augustin, fins Epitaphe , & fans nulle marque d’honneur (d). Les accusateurs dePierre d’Apone lui attribuent des opinions incompatibles : ils veulent qu'il ait été Magicien , & £Uerus>qu’il n’ait point cru qu’il y eut des Diables (E). II eut pour le lait une telle antipathie, qu'il

n’en pouvoit voir manger , fans sentir des maux de cœur (e). 11 mourut l’an izi6 , à l’âge de

66 ans (F . L’un de ses principaux Livres est celui qui lui fit donner le surnom de Concihator. £°^ h ’.

On fait un conte bien ridicule , c’est que n’aiant point de Puits dans fa maison , il fit porter dans de ciê

la bus.

Celles , il les abandonna toutes , avec la curiosité de fa jéunejfe,pour s'adonner entièrement à la Philosophie , Médecine, zy As-trologie , l'ejlude desquelles luy fut Ji favorable , que pour nerien dire des deux prémieres , qui l'injintiérent à la bonne grâcede tous les Papes zysouverains Pontifes qui furent de son temps,cy luy acquirent l'authorité qu'il a maintenant parmy les hom-mes doSles , il est certain qu’il estoit grandement capable en laderniere, tant par les figures Astronomiques qu’il fit peindre dansla grande salle du Palais de Padoue, or les Traduisions qu'il fitdes Livres du Rabi Abraham Aben-Ezra , joint à ceux qu'ilcomposa des Jours Critiques , zy de /’Efclairciffemcnt de l'As-tronomie ; que par le tefmoignage du renommé MathématicienRegio- Montanus , qui luy a dressé un beau Panégyrique , enqualité d’Astrologue , dans T Oraison qu'il récita publiquementà Padoue , lors qu'il y expliquait le Livre d’Alfraganus. En-suite , Naudé observe que Pierre d’Apone déféra beaucoupà l’Astrologie (14) , & que de là vient que beaucoup d’Au-tenrs maintiennent une opinion direâíement contraireà celle desprécédens, fçavoir qu’il subit une telle condamnation , non pointpour fa Magie , mais parce qu' il voulut rendre raison des effèíîsmerveilleux qui arrivent le plus souvent en la nature par la ver-tu des corps celefies, fans les raporter aux Anges on Démons.Ce qui est tris-apparent par le recueil qu’afaiéî SymphcrienChampier (*) des passages de ses différences , qui ne doiventestre leus fans précaution espar l'authorité péremptoire de Fran-çois Picus , qui difl expressément , parlant d’iceluy (j) , Abomnibus fermé creditus est Magus ; verum constat qttamoppoíìtum dogma ei aliquando tributum fit, quem etiamhtereseum inquiíîtores vexaverunt, quasi nullos esse D au-mônes cred:derit : A quoy il faut adjoufter , que Paptiste deMantoue (fl l'apelle pour cette occasion , Virum rnagnae , sednimium audacis temerariaeque doctrinse; que Casmannutif)le met au nombre de ceux qui rapportaient tous les miracles à laNature ; zy que le Loyer , en ses Speffres (*) , asteure qu’il semocquoit des Sorciers e? de leur Sabat : d'où l'on Je pourrait es-tonner de ce que les mefmes Autheurs le nomment en beaucoupd'autres endroits parmy les Enchanteurs V Magiciens , fi cen estoit iordinaire de ceux qui eferivent fur cette matière de gros-sir tellement leurs Livres, en copiant tout ce qu ils trouvent dansles autres , que difficilement peuvent-ils observer le précepte duPoète ,

Primo ne médium > medio ne discrepet imum (15).

Aptes cela , son Apologiste expose qu’il a deqttoi le défen-dre , & du crime de Magie , & de celui d’Athéisme , tantpar le tefmoignage que /’ illustrissime zy Religieux Frédéric Ducd'Urbin a voulu rendre a ses mérites , luy dressant une Statueparmy celles des Hommes Illustres qui fe voyent en fa Citadelle,que par ìattestation publique de la ville de Padoue , qui a fiitâímettre son Effigie fur la porte de son Palais , entre celles de TiteLive , Albert zy Julius Paulsts , avec cette Inscription fur fabase : Petrus 'Aponus, Patavinus, Philosophie- Medicinœ-que scientiffimus , ob idque Conciliatoris nomen adeptus,Astrologie verò adeo peritus, ut in Magie suspicìonemincident , falsoque de liaeresi postulants , absolntus sue-nt (ló). Mais , ajoute-t-il (17! , pour defeouvrir en-

tièrement la fausseté des objections , l’on peut refpondre à ceque Ludvïtgms (j.) a dit des sept Esprits qui luy enseignèrent lessept Arts libéraux, que cette narration fabuleuse a pris son ori-gine fur ce que le mefme Pierre d’Apone (fi assure , âpres Al-bumazar , que les prières , qui font saisies à Dieu , lors que laLune est conjoinSíe avec Jupiter en la teste du Dragon , font in-failliblement exaucées-, et? que pour lày, comme il eut demandé,suivant fes propres termes , sapientiam à primo vìsus est sibiin illa amplius proficere. Sur quoi néanmoins , beaucoup d'Au-theurs fe mocquent à bon droicl de ce qu'il a désavoué fi indis-crètement toutes fes veilles esr labeurs , pour n'efire redevable defia ddtrine qu à la superstition de cette priere , qui ne peut estreque vaine eta finns efficace , c-n tel fiens qu on la vueille prendre.Car fil on diéf qu elle s addreffe aux Astres , c est une pure bes-tife de croire qu ils la puissent entendre ; fi d Dieu , je deman-derais volontiers s il ejloit sourd auparavant cette conjonction ,s'il ne veut recevoir nos pneres fans ìcelle , ou B elle le peut con-traindre z? nécessiter à condescendre aux voeux que l’on luy faiSt.Et de là vient que Jean Pic (f j avoit raison de dire , en par-lant de ce nouveau Salomon , Considèrent Petro isti ut totumquod profecit sue potius industrie ingenioque acceptumreferret , quam joviae i!li sue supplications L’on peut direaussi , pour satisfaire à la preuve des trois Livres divulguésfous son nom , qu'ils luy font non moins faussement attribuez .,que beaucoup d’autres à presque tous les grands Esprits, tesmoinque Tritheme (*) ne les veut advouèr pour légitimes , à causedu grand nombre de sables que l'on avoit pris plaisir de forgirfur cet Autheur : gy ce qu’tl avoit diCl auparavant en son Ca-

talogue des Efcrivains Ecclésiastiques, qu’il ne tenoit pour véri-table ce que l'on difioit de la Magie de Pierre d'Apono, parce qu Hne s'estoit jamais apperceu qu'il eitst faict aucun Livre fur lesujet d’icelle. A quoi , fi l’on veut encores adjoufter le silencede tous les Bibliothécaires , cy la confirmation que SymphorienChampier (j) donne à cette autborité de Tritheme , quand ilaffeure qu’il n a jamais veu aucun de fes Livres en Magie,finonquelque dijference oìt il en traitée comme en passant,je croy qu’iln y aura plus rien qui nous puisse empefeher de recognoistre soninnocence , cy de juger avec les mieux fenfez , que tout le soup-çon que l’on a tu de fa Magie vient comme de fa vraye sourcecy origine , de la puissance qu’il luy attribue en la différencect vi de son Conciliât or , cy des prédirions qu’il pouvoit fai-re au moyen de l’Astrologie, fur lesquelles par laps de temps tou-tes ces fables zy chimères fe font glifjtes, suivant le dire tres-véritable de Properce,

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(1) 1jé. »■

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Omnia post obitum fîngit majora vetustas (f).

Notez quelques fautes de Mr. dc Clavigni de Sainte Ho-norine. II prétend que l’effigie de Pierre d’Appono , qui fut'faite par les foins du Duc d’Urbin , est dans la Place publi-que de Padoue avec Tite Live, Albert zy Julius Paulus, Arquel’Inscription contient Astrologie adeo peritus, ut ìn magie fus-picionem venerit (18). I. La statue , où se lisent ces paroles,n’est pas dans la place publique de Padoue ; mais fur fu-ite des portes de la Maison de Ville. In unâ portarum Pre-torii Patavini (19). II. La statue que le Duc d’Urbin fitfaire ne fut point mise dans Padoue ; mais dans le Châ-teau de ce Duc. III. Elle ne contient point les parolesque Mr. de Clavigni raporte. Votez Tomasini (20).

(X>) Son cadavre échapa à la diligence des Inquisiteurs , quivoulaient le faire brûler, j Pierre d’Apone , accusé de Né-cromantie ík d’Héréíìe , mourut pendant le procès , & futenterré dans l’Eglise de St. Antoine. Tous les zêlez s’enscandalisèrent : les Inquisiteurs continuèrent leuis procédu-res , & l'aiant convaincu d’impiété par fes Ecrits , ils con-damnèrent son cadavre à être brûlé ; 8c , comme ils ne letrouvèrent point, ils firent brûler publiquement une figurequi le reprét'entoit. Voilà ce qu’on lit dans Mr. de Spon-de (21) : Mais comment raccorderons-nous avec 1 Ins-cription que les Magistrats de Padoue firent mettre sous lastatue de ce Médecin , & où ils déclarèrent qu’il fut ab-sous (22) ? Pierre de St. Romuaid raporte que les Inquisi-teurs , aiant lu publiquement la condamnation de Pierred Apone , firent mettre au feu son effigie. II remarque auffi,qu’ils ne purent trouver ion corps , parce que fa concubineMariette l’avoit déterré de nuitl secrètement , ík caché dansun fépulchre rompu (23 ).

(E) Ses accusateurs lui attribuent des opinions incompatibles :ils veulent qu’il ait été Magicien , cy qu’il n’ait point cru qu'ily eut des Diables .] Nous avons vu (24) comment son Apo-logiste sc pi é vau t de cette contradiction ; mais il auroitdû prendre garde que Bodin met Pierre d’Apone entre lessorciers , qui, pour éluder les poursuites de la Justice , sou-tiennent , que tout ce qu’on dit des Diables & de la Ma-gie est une chimere. Bodin déclare qu’il a fait le Livre dela Démonontanie des Sorciers, entre autres raisons ,, pour„ refpondre à ceux qui par Livres imprimez s’efforcent de„ sauver les Sorciers par tous rnoiens > en sorte qu’il scni-„ ble que Satan les ait inspirez & attirez à sa cordelle, pour„ publier ces beaux Livres, comme estoit un Pierre d’A->, pone , Médecin , qui s’efforçoit faire entendre qu’il n’y,, a point d’esprits, & néanmoins il fut depuis avéré qu’il>> estoit des plus grands Sorciers d’Italìe (25) ”.

(F) Il mourut ïan 1316 , à l'âge de 66 ans.] C’est cequ’on lit dans une Inscription raportée par Tomasini (26);cela étant, il faut dire que Naudé sc trompe , lors qu’il ditque Pierre d’Apone , accusé à l’âge de 80 ans, mourut l’an130j. Frelter dit la même chose, comme tirée de Ber-nardin Scardeon (27). Disons aussi que Gesner se trompe,en taisant fleurir Pierre d’Apone l’an 1320 (28Ì. Mr. Ko-nig a copié cette faute (29'. Mais le Pere Ra pin s’abu-se plus étrangement, puis qu’il le place au XVI siécle. Pier-re dlApone , dit-il (30) , Médecin de Padoue, qui floriffoit fousClement VII , fe gâta fi fort l’imagination par la leCìure desPhilosophes Arabes , zy par les spéculations trop fréquentes furl’Astrologie d’Alfraganus , qu’il fut mis à Ì Inquisition pouravoir été soupçonné de magie. Voffius a suivi Gesner, & afait une observation qui mérite d’être pesée. Pierre d’Apo-ne , dit-il (31) , envoia son Livre de Medicinâ omnimodâau Pape Jean XXII, qui fut élu l’an 1316 , zy fiegea 17ans. Nous conoissons donc par là le tems de ce Méde-cin. Mais fi l'an 1316 fut celui de fa mort, la conclu-sion n’est pas exacte , 8c ne fauve pas d’erreur Voffius.

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