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Tome premier. A - B.
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il aprit la langue Latine , sans le secours de qui que ce fut. Ûne insatiable curiosité de tout sa- »wnv*,/frvoir l’engageaà Elire divers voiages, & à s’enrôler dans diverses confrairies de religion (E). IIvouloit voir le fond de leurs prétendus m y itérés, & c’est pour cela qu’il demandoit à y être ini- ^ • *tié. II dépensa presque tout son bien dans ces voiages (F) j deiorte qu’étant retourné à Rome, ÍZZ'ántllLc fe voulant consacrer au service d’Oíìris j il n’avoit pas aílèz d’argent pour soutenir la dépense àquoi l’exposoient les cérémonies de la réception. II engagea juiqu’à son habit, pour faire la som- patmmu.me nécessaire (a)-, après quoi, il gagna fa vie à plaider des causes : &, comme il étoit assez élo-quent, & allez subtil, les procès, ëc même les grans procès, nc lui manquoient pas (b). Mais lìw.xi,il fe mit encore plus à son aise , par le moien d'un bon mariage, que par le moien de la plaidoi- î-rie. Une veuve, nommée Pudentilla, qui n’étoit ni jeune ni belle, mais qui avoit besoin d’un mcnh orstiî,mari, ëc beaucoup de bien, le trouva fort à son goût ((?). II ne fit point le renchéri: il ne sc T.' lá2I,m

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dier à Carthage, 8 c puis, lors qu’il eut étudié dans cetteville. Ils ne parlent point de Rome : ils prétendent quece fut à Carthage qu’il aprit la langue Latine (17) : ce der-nier fait elt visiblement démenti par le Prologue de l’Aned’or.

( E ) Son insatiable curiosité de tout savoir l'engagea ....à s enrôler dans diverses confrairies de religion. ] 11 fe fait direces paroles dans le 111 livre de l’Ane d’or. Paveo zjrfor-mido solide domus hujus operta detegere ,z? arcana domina mes.revelaresécréta. Sed melius de te d'oclrinaque tua prsfamo , quiprster gencrosam nataliumdignitatem ,prstersublime ingenium,Jacris pluribus initiatus,profetío nosti sanctamfilentii fidem (18).il finit son Roman par le narré de l'on entrée dans la reli-gion d’Osiris. Ce fut à Rome , que cet honneur lui arriva.11 ne fut gueres parmi 1e commun des initiés ; il mon-ta bientôt aux prémiers grades. Denique per dies admodumpauculos, Deus Deum magnornm potier, e/ majorum Jummus,ZV summorum maximus , zsr maximorum regnator Osiris nonin al.enam quampìam perjonam reformatas, Jed coramsuo ìllovenerando me dignatus ajflamine, per quietem prscipere vijus

ost . Ac ne sacris fuis gregi estera permixtus dejervi-

rem , in collegium me Paslopbororum suorum , imo inter ipsosT>ecurionum quinquennales elegit. Avant que de venir à Ro-isie, il avoit été initié aux mystères d’Ilis : ce furent lesprémices de son humanité recouvrée. 11 mêle dans la des-cription de ces sortes de cérémonies plusieurs nobles fenti-ntons , & qui ne font dignes que de la vraie religion. Telest, par éxemple, celui-ci : Te jam nunc obsequio relìgìonisnoftrs dedica, c? miniflerii jugum subi voluntarìum, nam cumcoeperis Des servire tune magis senties fruClum tus liberta-tis (19). Ceux qui l’accusérent de Magie, lui objectèrententre autres choses, qu’il confervoit je ne fai quoi dans unmouchoir avec une singulière superstition. Voici ce qu’il ré-pondit : Vin dìcam cujusmodi Mas res in sudario obvolutas la-ribus Pentium commendarim ? Mas tibi geretur. Sacrorum ple-raque initia in Gracia participavi. Eorum qusdam signa ZAmenumenta tradita mihi a Sacerdotìbus sedulo conservo. Ni-hil insolitum , nihil incognitum dico, Vel unius Liberi patris fym-mijis,qui adeftis,.scitis quid domi condìtum cehtis, zv absqueomnibus profanis tacite veneremini. At ego, ut dixi, multi-juga sacra, z? plurimos ri t us, varias cerimonias, studio veriZV osticio erga Deos didici. Nec hoc ad tempus compono, sed ab-hinc ferme triennium est, cum primis diebus quibus Oeam ve-neram , pubhce differens de JEsculapii majeftate, cadem ista prsnie tuli, z? quot Jacra nosfem percensui. Ea disputatio celebra-

tissima est , vulgo legitur , in omnium manibus versatur .

Etiamne cuiquam mimm videri potest, cui sit ulla memoria re-hgionis, hominem tot myfteriis Deàm conscium, qusdam sa-crorum crepundta domi adservare, atque ea lineo texto involve-r c, quod purisstmum est rébus divinis velamentum (zo). 11 estprobable, que si Apulée étoit Magicien, son crime étoit in-comparablement moindre que celui des Magiciens d’au-jourdhui, parce qu’il ne favoit pas quil n’y eut que demauvais Génies qui s’attachaflent à faire certaines choses àla présence de certaines cérémonies. 11 croioit avec les Pla-toniciens , que de bons Génies pouvoient aussi faire ce-la Ut). J’ai cité dans lc Texte de cet Article Saint Au-gustin, qui témoigne qu’Apulée avoit une dignité de reli-gion qui lui donnoit 1 Intendance des combats des gladia-teurs. Sacerdos provincis pro magno fuit, ut munera ederetvenatoresque vestiret (iz). Enfin, je trouve que notre Au-teur s’étoit consacré au culte d'Esculape, l’une des principa-les Divinitez des Carthaginois, & qu’il avoit même unedignité dans ce College. Principium mihi apud veftras aureisaujpicati/fimum ab JEsculapio Deo capiam , qui arcem vestrsGarthaginis indubitabili numine propitius rejpicit. Ejus Deihymnum Grsco z? Latine carmine vobis fie canam, jam illi àm e dedicatum. Sum enim non ignotus illius sacricou,nec recens cultor, nec ingrat as autistes (23).

(F) ll dépensa presque tout son bien dans ses voiages. ] Cefut point la feule cause de la pauvreté où il tomba ; ilfit des dépenses beaucoup plus louables: il s’en vanta , dumoins, lors qu’il répondit au reproche qu’on lui avoit faitde fa mifere. Ad ifium modum desponfus sacris, sumptuum7 enuitate contra votum meum retardabar : nam z? viriculaspatrìmonii peregnnationis attriverant impenss (24). C’est ainfiqu il parle , en représentant rembarras où il fe trouvoit àV°me, au sujet de fa vocation à la confrairie d’Osiris. II«oit hvpothéqué à cette mystérieuse congrégation , lesPromesses étoient données ; mais comme on n’a jamais■ut rien pour rien , il faloit paier quelque chose pourles cérémonies inaugurales, & il n’avoit pas dequoi fournir- r et l® dépense. II salut, pour ainsi dire, qu’il vendîtjmqu a fa chemise : la Divinité, qui le presto!t, ne lui in-qtqua pomt d’autre ressource. Jamquesspicul'e non fint mag-

na turbatione stimulants, postremo jusfus vefte ipsa mea quam-vis parvula difiracîa sufficientem corrafi summulam , zv id-ipsum prsceptum fnerat Jpecialiíer. An tu, inquit, fi quamrem voluptatt struends molireris laciniis tuis nequaquam par-ceres , nunc tantas cerimonias aditurus ímpoenitends te paupe-riei cor.taris committerc (25). Alors, il n’attribuoit son in-digence qu’aux frais de ses voiages; mais dans l’autrc ren- A/b. *contre dont j’ai parlé, il dit qu'il avoit dépensé beaucoup pag. 271/à faire de bonnes œuvres, à secourir ses amis, à recon-noître les foins de ceux qui l’avoient instruit, à doter lesfilles de quelques-uns d’eux. 11 ajoute qu’il n’auroit pasfait difficulté d’acheter au prix de tout son patrimoine lemépris de son patrimoine : mépris, qui est un bien plus con-sidérable , que le patrimoine même. C’est parler en Philo-sophe cela. Si tamen ne/cis, (c’est ainsi quil adresse la paro-le à son délateur (26)) profiteor mihi ac fratri meo rclièíum (zs) Apulé-à pâtre H- S. vicies, paulosecus; idque à me longa peregrina- jus, Apoi.tione ZV diutinis ftudiis, Z? crebris liberalitattbus modice immi- P a S‘ * 88 -nutum. Nam ZV amicorum plerìsque opem tuli, ZV magifirisplurimisgratiam retuli, quorumdam etiam filtas dote auxi. Ne-que enim dubitajfem equidem vel univerjum patrimonium im-pendere, ut adquirerern mihi quod majus est , contemptum pa-trimonii. 1] avoit fait des réflexions très-foiides.& très-mo-rales fur la pauvreté 1,27). (27 ) Utm,

(G) Une veuve, qui ri étoit ni jeune ni belle,mais qui avoit 28î>

besoin d'un mari . ... le trouva fort à son goût. ] L’accu- ’fateut d’Apulée la soutenoit âgée de soixante ans (28 ri il (2s) idem,avoit son but.il croioit prouver par là que la passion quelle Apolog.avoit conçue pour l’accusé netoit point naturelle, mais 3 1 7 >î 3 °«l’effet de quelque charme magique. Apulée fit voir qu’ellen’avoit guere plus de quarante ans, & que si elle en avoitpassé près de quatorze dans 1 état de veuve, ce n’avoit nul-lement été par aversion pour le mariage, mais à cause desopofítions de ion beau-pere : qu’enfin, cet état de conti-nence lui avoit ruiné la santé, jusques-là que les Méde-cins & les Sages-femmes s accordèrent à dire, qu’il n’yavoit point de meilleur remede aux suffocations qui la tour-mentoient, que 1 e mariage (29). Une femme à qui l’on (1 s) Un»,dit cela, & qui n’a guere de tems à perdre , si elle veut Md,psg. 330,mettre à profit ce qui lui reste d’années de fécondité , n’anui besoin d’être contrainte par la force des sortilèges à léchoisir un époux. Ce fut le raisonnement d’Apulée, & ila beaucoup de force. Eo scrupulo liberata, cum à principibusviris in matrimonium peteretur , decrevit fibi diutius in vidui-tate non permanendum. §fuippe ut solitudinis tsdwm perpetipostet; tamen sgritudinem corporis ferre non poterat. Mulierfantie pudica, tot amis vìduitatis fine culpa, fine fabula ab -suetudine conjugis torpens, & d'pitmo fit u viscerum saucia , vi-tiatis intimìs uteri, Jspe ad extremum vit s discrimcn doloribusobortis exanimabatur. Medicì cum obftetricibus conjentiebant ,penuría matrtmonii morbum qusfitum. Malum indies augeri ,sgritudinem ingravefeere : dum statis aliquid Juperfit, nuptiisvaletudinem medicandam (30). C'est un malheur pour une G°ì Idem,femme, que certains procès, où il faut dire cent choses l'tïd.pag.îit,en pleine audience, qu’on aimeroit mieux cacher, soit ^

que l'infirmité naturelle y ait plus de part que l’infirmité p 0 ° r q U ’ 0 imorale, soit qu’elle y ait moins de part (31). Sans ce pro- mal plaisanacès, Apulée lé fùt bien gardé d’indiquer la cause des maux au Sexe.dont Pudentilla avoit été tourmentée pendant son veuvage.

Elle y trouvoit néanmoins quelque petite douceur: car “*

puis quelle avoit tant souffert, e étoit une marque qu’elle ^mlrque,ne s’étoit point servie du vrai remede. Ou n’allégua point (/aux Juges cette conséquence; mais on astura que cetteveuve avoit vécu chastement, & qu’il n’avoit couru d’elle .aucun mauvais bruit. Revenant à l'on âge, je dis qu’Apu-lée étoit fans doute plus jeune qu’elle ; car elle avoit unfils, qui avoit été à Athènes k camarade d’Apulée (32): ( 3 z) Apu-mais j ajoute qu’il ne I épousa pas fans espérance d’en avoir leìi Apolog.des enfans. 11 k témoigne, lors qu’il répond au reproche ?“.*• 3io *qu’on lui faisoit de s’être allé marier à la campagne. Aprèsavoir répondu, qu’on avoit pris ce parti, asm devitsr lesfrais que les nôces leur auroient coûté dans la ville, il ajou-te que la campagne est un poste beaucoup plus favorableque la ville en matière de fécondité, & que fe coucher lurl’herbe, & à sombre des ormeaux, & au milieu d’une in-finité de productions qui naissent du sein fertile dc la terre,ne peut qu’aporrer bonheur à de nouveaux mariez , quiveulent avoir des en faits. II eût bien fait de garder cettepensée pour ses Florida ,je veux dire pour ces Déclamationsde Rhetoricien , où il lâche ía bride à toutes les faussespensées de son imagination. Cet endroit gâte son Apolo-gie : il n’est digne, ni des Juges à qui il parloir, ni de la causequ’il plaìdoìt. lmmo fi vtrum velis, ttxor ad prolem multoauspicacius in villa quam in oppido ducitur : in solo uberi,quam inloco sterili: in agrì cespite, quam in sori silice : materM m sutura.