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tenté de nous conserver le Titre d’un Ouvrage de fa composition.
de rerum nattera. Saltem ex verbe) trvnúrjeiv , quo Suidas uti-tur , id colligi neqteìt. Et Laertìus , cum dicat tres pr&tereaArchelaos fuiste , non tamen Poetam in iis memorat (46).Voilà un très-savant homme , qui s’imagine , I, que le Gi-raldi avoir en vue les paroles Greques de Suïdas, 8t noncelles-ci de Diogene Laërcc , ò rù ììuxpvr, mw )V<*s (47) :II , qu’on n’a point eu de raison de reconoitre un PoëteArchelaiis, diférent du Physicien : III , ni de suposerqu’un Archelaiis ait fait des Vers fur la nature des cho-ses : IV , que Diogene Laërce ne fait aucune mentiond’un Archelaiis qui ait composé des Vers. Tout celànous devroit surprendre , si nous le considérions absolu-ment ; mais c’est bien pis , quand on le compare avec lapage 319 du Livre de Historiât Gracis. Monsr. Colomiésa relevé la prémiere de ces quatre fautes de Voisins, 8e a
débité outre cela de bonnes choses (48) ; mais il s’esttrompé en fuposant que les paroles de Plutarque dans laVie de Cimon concernent Archelaiis le Poëte : elles con-cernent le Physicien , dont Socrate fut disciple. II auroitpu critiquer Gyraldus, qui a cru qu’Archelaus, Auteur desììiotpuô , étoit Philosophe. Mr. Moréri le dit auisi. C’estsans aucun fondement : car un faiseur de Recueils despropriétés singulières Le merveilleuses des animaux , oudes métaux , &c , peut bien être apellé Naturaliste , His-torien de la nature ; mais non pas Physicien , ou Philoso-phe , à moins qu’il ne joignît aux faits la raison des faits »& la discussion des causes. C’est ce qu’on ne trouvepas que le Poëte Archelaiis ait pratiqué. Monsr. Morériassisté que Diogene Laërce le cite souvent. Dites plutôtqu’il ne le cite jamais.
ARCHELAUS I du nom (a ), Roi de Macedoine, fils naturel du Roi Perdiccas jmonta fur le Trône , & s’y maintint , par de grans crimes. Sa mere étoit servante d’Alcetas, frét éde Perdiccas (J) : ainsi , selon les Loix (b) , il ne devoir être que valet d’Alcetas ; mais au lieude la soumission qu’il lui devoir , il le fit mourir traîtreusement. II l’attira dans fa maison , 6c luipromit de lui rendre la Couronne que Perdiccas lui avoir ôtée : il lui donna un grand repas y &,T niant fait enivrer , il le fit conduire de nuit fur un chariot hors de la Ville , & donna ordre qu’onle tuât. Alexandre, fils d’Alcetas , fut traité de la même sorte : il fut mis sou autant que son peredans le même chariot, & maíïàcré avec lui. Archelaiis , peu de tems après, fit mourir son frere,qui n’étoit âgé que de sept ans , 8c qui étoit fils légitime de Perdiccas 8c de Cleopatre. 11 le jettadans un puits , & fit acroire â Cleopatre, que Tentant y étoit tombé, en courant après une oie (c).II s’apliqua avec soin aux choses qui pouvoient rendre formidable la Macedoine ; car il fortifiaplusieurs places , il fit faire de grans chemins, il fit un grand amas 8c d’armes 8c de chevaux , 8cde tout ce qui elt nécefiaire pour la guerre -, 8c il furpasiâ dans tous les préparatifs de cette natureles Rois ses prédécesseurs {d). Il s’aviíâ d’une chose , qu’ils n’avoient point pratiquée ; c’eít qu’iléquippa des Flotes , 8c qu’il donna des Combats de mer (e). II aima les Lettres, 8c les beauxArts (B) ; 8c Ton vit chez lui les plus grands Poètes , les plus fameux Peintres , 8c les meilleursMusiciens (/). il fit beaucoup de dépenses, pour faire peindre fa maison par Zeuxis (C) ; 8c fansdoute il se fâcha de ce que Socrate , qu’il tâchoit de faire venir à ft Cour , ne voulut pas y al-ler (D). II eût pu aprendre de lui, à n’avoir point peur des éclipses ; 8c il avoit grand besoind’être redressé sor ce fujet-là Qj). On a vu ailleurs (h) Tcltime qu’il eut pour Euripide. Ail
relie,
(A ) Sa mere étoit servante d’Alcetas , frere de Perdic-cas (1).] Elien la nomme Simicha (2) : mais au reste ,puis qu’Archeîaûs étoit fils du Roi de Macedoine , on n’apas dû dire que de la condition de chévrier il s’éleva fur leTrône. C’est pourtant ce que Diogene le Cynique assuredans une Harangue de Dion Chrysostome. Ainrlxof sjvA fyjxcíoí ‘ 3). Caprarites fuit Archelaiis. Notez ces paro-les de Platon , qui nous aprenent ce qu’Archelaus devoiretre selon les Loìx:Kíst« rà Jixcsfo* o'Sxo<; a’ak£t»,x «1et rà íir.asu. ttoisIv iê'ísXiotrsv as A’àk£'. 7 \ (4). Ipfo ju-
Alceta servies erat , eoque fi jufta agere volutjjet ipfi Alcetafirvijfet.
t-ii) ll aima les Lettres , e? les beaux Arts.'] C’est Solin quile dit (5). y st raporté ses paroles dans la Remarque {N)de l’Article íI’Euripide , au commencement. Joignez-y ce passage d’Elien. H’v L upa, ó a’ p%éÁccoç IpotnAiçr,?Tov ■>, :íxÌ Çixífíaroí (6). Archelaiis vero non minus amo-ris quam literarum erat fludiofus.
(C) Il fit ... . peindre fa maison par Zeuxis. 1 Socratefit le censeur là-deslus : il dit que ce Prince , qui avoit tantdépensé pour embellir son palais , n’avoit fait aucune dé-pense pour orner son ame. Aujfi, fzvons-nous, ajoutoit - il,que quantité d’étrangers s’emprejjent de faire un voiage en Aía-cedoine , astn de voir la maison du Prince ; mais que personne’n’y va astn de le voir lui-même , hormis ceux qu il attire pardes présens. Or c est une chose qui ne touche pas les hommes debien (7). Je croi qu’il ne s’étoit pas mis en peine de seguérir de son impudicité par la culture des Muses ; mais jefuis sûr , qu’en matière d’ornemens d’esprit, ses progrès nelurent pas médiocres. II semble même , que dc l’un de sesbons mots, on puisse conclure qu’il avoit fait des progrèsdans la Morale pratique. On saisimoit un jour contre unepersonne qui avoit jette de seau sur lui. Ce n est pas moiqu’il a mouillé , répondit Archelaiis , il a mouillé celui pourH nia pris (8). Aucun Philosophe , raisonnant sur lesprivilèges de la conscience errante , n’a jamais rien dit deplus sensé. Tous les Princes traiteraient ainsi les fautes in-volontaires , s’ils croient bien raisonnables, ou si l’intérêtdu public pouvoir souffrir, que dans la pratique, l’on se ré-glât sur les idées de la raison (9). Laissons cela , 8c reve-nons à Socrate. Par les paroles quej’ai raportées, il dé-clarait mal honnêtes gens plusieurs personnes d’esprit, quin alloient en Macedoine qu’à cause d’Archelaiis. Euripidey alla-t-il pour d’autres sujets (10) ? Le bel Agathon , cetillustre Poëte, 8c son Amant Paûsanias , 8c tant d’autres,n y allérent-ils pas uniquement pour cette raison? os™?
A yc&Qu n . . , A’p%e?,ííù} su fotx.rtXe't pL£%ot ssXîvstic u.îsasro \Aíâà o-vvúv iv Maxscì'ov'tz (t r). Hic Agathon . . .fuit apud Archelaum Macedoniéi Regem. , una cum alìis multisad mortem usque.
(,-P) Socrate , qu il tâchait de faire venir à fa Cour , nevoulut pas y a ll er ,] n y eut deux autres personnes, quece 1 hilosophç traita de la même forte : il ne voulut, ni les
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aller voir, ni accepter leurs présens. r 'irtpe?gátti<i-t fe r-u)A’ pxsXÚa r S Mctxsb'óvoç , x.a) Hxustcì tS Kpavontu xoà Eùpv-héfcx sS Aupirtraía ft-irs %,pr,pia 7 ce srçorífiiíeí aurai , fifreirai ainsi àsreÁÙái fil)- Archelaum pr&tereù Macedonem ,e?" Scopam Crannanium , Eurylochumque Lariffaum , asperna-tus est magno animo , cum neque ab eis mijjas pétunias accepît ,neque ad eos ipse proficisci voluit: Seneque nous a conservéí’excuse dont Socrate se servit envers notre Archelaiis :„ Je ne veux pas „ , dit-il, „ aller voir un homme de qui„ je recevrois des. bienfaits , fans lui pouvoir rendre la pa-„ raille ”. Archelaiis rex Socratem rogavit ut ad se veniret :dixijfe Socrates traditur , nolle fe ad eum venire à quo acciperetbénéficia , cum reddere illi paria non pojfet (13). Cette ré-ponse de Socrate a été raportée par Marc Autele , selon lemême sens (14) ; litais Aristote la raporte en des termesqui ne font pas philosophiques. 11 supose que Socrate ré-pondit , que ceux qui ne se revenchent pas d’un bienfaitreçoivent autant d’affiont que ceux qui ne fe revenchentpas d’une injure. ’éj>>i tuai ri fis búvarS-ai xaúiecrS-ut
ifioíui , tò rraèíira àrrrtç xa) xaxôí<; (13). Contumeliam estédìxit , non poffe referre eum qui accepît beneficiúm, perinde aceum qui injuriam. Cette Maxime supose qu’il faut se ven-ger de ceux qui nous font du mal : elle n’est donc pas di-gne de la Morale d’un Philosophe , 8c sur tout d’un Philo-sophe tel que Socrate. Au reste , Seneque s’est fort éten-du à faire voir tju’il étoit facile à ce Philosophe de bienrendre la pareille a Archelaiis. I! a dit, entre autres choses,que les bienfaits de ce Monarque n’eussent pu valoir l’ins-truction qu’il eût reçue fur la cause des éclipses, & quil’eût empêché de retomber dans la terreur que í’on remar-qua en lui, un jour que le Soleil s’étoit éclipsé. II avoitfermé son palais, il avoit fait tondre son fils. Sjuid tantum
erat accepturus (Socrates) quantum dabat', fi . regem
in luce média errantem , ad rerum naturam admifistet, usqueeo ejus ignarum , ut quo dïe solis defeSlio fuit regiam clauderet,ér filium ( quod in lutin ae rébus adverfis moris est) tonderet ?Quantum fuistet beneficiúm , fi timentem e latebris fuis extra-xijfet, cr bonum animum habere jujstjset , dicens: „Non est ista,, folis defeclio,fed duorum fiderum coitus, cùm lima humiliore,, currens via, infra ipfum folem, orbem fuum posuit, c? illum„ objetlu fui abfcondit (16) ”. Seneque prétend que Socratene se servit de cette excuse , que par ironie (r7), 8c qu’aufond il ne refusa d’aller à la Cour de Macedoine , qu’afinde garder pleinement sa liberté. Vis feire quìd verì nolue-rit ? Nolúit ire ad voluntariam fervitutem is , cujus libertatemcivitas libéra ferre non potuit (18). Quelques-uns disent ,qu’Aristophane composa la Comédie des Nuées, pour sa-tisfaire l’animosité qu’il avoit contre Socrate, farce qu Arche-laus Roi de Macedoine avoit fait plus d état de ce Philosopheque de lui (19). Notez que l'on a donné un autre tour àla réponse de Socrate. On a dit qu il s excusa d’aller à laCour d’Archelaiis, fur ce que le pain étoit à un si vil prixdans Athènes, 8c que seau y abondoit (20).
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(4S) CoIo«mesius, N ot,in Gyrald.de Poëtis,paç. 1 47 Edit^OperumGyraldi,an, 1696,
(?) VeìeZi ÏÀ
\em<xrqtie
{D).
(h) Dansl y ÍArtide^Euripide;
7 ? emaY^ues(.N) , (O),(P), &c.
(tx) Dio-gen. Laeit;Liír. lt,rmm, 25.
(iì) Senec;de Benef.Libr. V ,
Cap. VI,pag. 96.
( 14 ) MarcusAntoninlis ,râh £<sestvrov,
Libr. XI,
S cil. XXV.Notez. Cjuilsupose tju’tUùff.t faite àPcrdiuas .
(15) Aris-toteles,Rhetor.
Libr. II,
Cap. XXIII,
(16) Senec,de Benefic,Libr. V,
Cap. VI,pag. 96,
(17) Idem,ibidem,
( 1S ) Idem »ibid. pag. 9j,
(19) Char-pentier, Viede Socrate,t“g. 57 . Pcite Us Inter -prêtes d'xA-rijiophane iiiArgumentaiilliirê Co-meediae.
(20) Vide
Stobœnm;
Sermone
CCXXXVlf