(54) Tlu-tarch. inVicâ SylUt.
(a) Herod.Libr. I,
Cap. XII.Lucianus,in fseudoli
(i) Euseb.Libr. VI,
Cap. VII,Pí.íjKirat.Evangcl.pag. r; 6item Libr. V,Cif.XXXlU,MS- W-
(z) Voie z.VolTius, dcPoët. Grx-cis, pag. 14.
(z) Anony-mats in Des-cript-Olymp.» ? ui Vos-íium , dePoët. G«-CIS, pag. M-
(4) Cicero,Tuículan. l,Cap. I.
(s) Cornel.Nepos, apxiGellium,Libr. XVII,Cap. XXI.
(í) Herod.Libr. I,
Cap. XIII.
^7) Voiez.Serhus Cal-viíius , adartn. MnniìÎZ 39 , pag; 6$.
(5) Soliaus,Cap. II,sttb fin.
(9) Salmas.Plia Exerc.
ML> 5Z -
(10) Td. ibid.pag. 8 J 4.
(n) Scali-ger in tu-ieb. pag sf,58, Edit. an.JósS.
(li) Herod.Libr. I,
Cap. XII.
(13) Hora-tius de Artepoëticà,f. 19 .
(14' Idern,Epod. VI,
*. U.
296 Á R C H E L A U S. A R C H I L O C H U S.
Verra ce que c’est dans la derniere Remarque de cet Article.
tre > que puis que tant d’Historiens n’en ont dit mot, Qua-drigasius en ait parlé d'une maniéré si précise. Ces sortesde faits frapent de telle maniéré les esprits , que la Tour debois incombustible eût été la derniere choie que les rela-tions aúroíent omise. Sylla l'eût infailliblement inséréedans ses Mémoires. Plutarque, qui les cite si souvent (54),l’y a u roi t vue , 8c n'auroit eu garde de s'en taire. Con-
cluons de son silence, ëc de celui de tant d’autres Histo-riens , que le fait est faux. Mais d’où est-ce que Quadri-garius l'avoit pris ? Je croi qu’il n’est pas possible de déter-rer l’origine de son erreur. 11 est bien vrai que f alun deplume résiste au feu , & ne consume point ; mais en frot-ter une Tour de bois , 8c la rendre incombustible par cemoien , est une chose que je crois impraticable.
ARCHILOCHUS t, Poète Grec * nâtif de Pile de Paros (a) , fils dé Telesicles (J) , afleuri dans l’Olympiade 2.9 (B . Le caractère de ses Poésies a été un débordement de médisancetout-à-fait extraordinaire (C). On en vit des effets terribles, lors que Lycambe se pendit,après la Satire violente qu’Archilochus avoit frite contre lui. L’indignation de ce Poète venoitde ce qu’on lui avoit manqué de parole. Lycambe lui avoit promis la fille , & puis la lui avoitrefusée. Archilochus prit la chose si à cœur , soit qu’il aimât la belle , soit qu’on eût ajouté aurefus quelque mépris particulier , qu’il rassembla tous les torrens de fa bile , afiri de diffamer Ly-cambe. 11 y a de Paparence qu’il envelopa toute la famille fous fes Pasquinades ; car on pré-tend que la fille suivit l’exemple du pere , & il y en a même qui veulent que trois filles de Ly-cambe soient mortes de defeipoir en même tems (D). II releva peut-être des avantures égale-
(A ) Il étoit fils de Telesicles .] C’est ce que l’on trouve,non seulement dans Suidas, mais aussi dans Oenomaus,cité par Eusebe (1).
(JS) Il a fleuri dans VOlympiade 19.] Les Auteurs varientun peu Ià-dcffus. Tatifen , 8c St. Cyrille ont placé Ar-chilochus fous la 23 Olympiade (2). Clement Alexandrinl’a placé fous la 20 : un autre fous la 15, fous la 18, 8c fousla 19 (3). Cicéron l'a fait vivre durant le régné de Ro-mulus (4). Cornélius Nepos le place au tems de TullusH osts i us (5). Hérodote veut non seulement qu’il ait faitdes Vers fur l’avanture de Gyges 8c de Candaule; mais aussiqu’il ait vêat en ce tems-là (6). Eusebe le fait fleurir dansla 29 Olympiade. II est facile d’accorder entre eux quel-ques-uns de ces Auteurs : mais on ne sauroit les mettred’accord tous ensemble ; car la révolution qui se fit dansla Lydie , par la mort de Candaule , & par l’installation deGyges, tombe fous la 17 Olympiade (7). La mort deRomulus est une affaire de l’Oiympiade précédente. Lerégné de Tullus Holtilius est enfermé entre la prémiereannée de la 27 Olympiade , 8c la prémiere année de la 15.Mr. de Saumaiíe fort heureux à relever une groffe bévuede Solin , 11’a pas évité de se méprendre de son chef. So-lin a été assez étourdi pour mettre dans un même siécle léstrois Orateurs de la famille des Curions, Archilochus, &Sophocle : Plurimi , dit-il (8) , inter Romanos eloquentiâ flo-ruerunt , sed hoc bonum hereditarium nunquam fuit nifi in fa-milia Curïonum, in qúa tres ferie continua oratores fuere : mag-num hoc habitum efi fane eo siculo quo facundtam pracipueêtr humana êtr divina mirât a sunt : qutppe tune percusiores Ar-chilochi poète. Apollo prodidit , í? latronum facinus Deo coar-guente deteflum ; cumque Lyfander Lacedamonius Athenas ob-fideret , ub't Sophoclis tragici inhumatum corpus jacebat ; iden-tidem Liber Pater ducem minuit per qmetem fepeliri deliciassuas finëret , nec-prius destitit , être. Mr. de Saumaise re-marque que l’un de ces Curions a vécu du tems de JulesCésar , qu’Archilochus a vécu du tems de Tarquin le Su-perbe , 8c que Sophocle n’est venu que plus de deux siéclesaprès Archilochus (9). II a donc raison de se moquer deSolin ; mais il a tort de placer Archilochus au tems deTarquin le Superbe, qui a régné depuis l’an 3 de la 61Olympiade,-jusques à la derniere année de la 67 : il a , dis-je , tort de le mettre là , puis qu’ailleurs il rétablit fous la29 Olympiade. Circiter vigepmam nonam Olympiadem in-clurait Archilochus (ió). Aiant fait la faute de rendre con-temporains Archilochus & le dernier Roi de Rome , il nedevoir pas trouver deux cens ans entre Archilochus & So-phocle ; car la mort de celui-ci arriva dans la 92 Olym-piade , plus ou moins. Un autre grand homme (11) s’esttrop laissé emporter à l'envie de reprendre , lors qu’il a im-puté à Hérodote de s’être servi d’un pitoiable raisonne-ment , pour prouver qu’Archilochus a vécu fous Gyges,c'est de dire qu’Archilochus a fait mention de ce Roi. J’a-voue que ce raisonnement seroit absurde ; mais il n’estpas vrai qu’Herodote s’en soit servi : il n’a fait que suposer,il n’a tiré nulle conséquence. tS r.x) b n
JtCtTCÎ 70 V CCtJTOV XÇOVOV ySVeflLSVÓÇ iv ìcíu-fic*) 'iSifA.é'TffOì €7r£siur t s--
3-n (12). C u; us rel meminit êsr Archilochus Parius qui peridem tempus fuit in ïambo trtmetro.
(C) Le caràflere de fes Poésies a été un débordement demédisance tout-à-sait extraordinaire .] De là vient qu’Hora-ce a considéré Archilochus comme un homme atteint dela male-rage ,
Archilochum proprio r ables armavit ïambo (13) ;
& que quand on vouloit donner l’idée d’une Satire souve-rainement atroce, on disoit qu’elle reffembloit à celles d'Ar-chilochus:
In malos afperrimusParata tollo cornua ,
Qualis Lycambe fpretus infido gener (14).
Ovide , dans le même esprit, a usé de cette menace :
Poflmodo fi pergas , in te mihi liber ïambusTtnila Lycambeo sanguine tela dabit.
ment
C’èst dans son Poëhìe in Ûin , Vers. 51. Ouvrage fi médi-sant , que ceux qui ont cru qu’il l’a fait à limitation d’Ar-chilochus (15) > seroient excusables, s’il n’étoit pas aisé deconoître par ces deux Vers, Vers. 53.
Nunc quo Battiadet inimicum devovet ibin ,
Hoc ego devoueo teque tuosque modo ,
qu’Ovide s’est proposé d’imiter le Poète Callimachus. II ya je ne lai combien de Proverbes qui éternisent la médi-sance de notre Poète : Archilochìa edìtìa, ’A^xii.opgor rrcnûc,Archilochum teris , être. Ón trouve le prémier dans Cicé-ron , qui s’en est servi pour désigner les édits que le Con-sul Bibulus faisoìt afficher. Ce pauvre Consul, n’osant sor-tir de sa maison , ne retint quelque ombre d’autorité , quepour se venger par des Pasquinades, où il étaloit les plusinfâmes débauches de César , & disoit leurs véritez à sesennemis. In eam coëgit dejperationem , u. quoad potefiate abi-ret domo abditus , nihtl aìtud quam per editìa nunciaret (16).C’est ce que Cicéron apelle Archilochia edicla , qui plai-saient si fort au peuple , qu’on ne pouvoit fendre la pressedans les rues où ils étoient affichés ; car on s’y rendoit enfoule pour les lire , 8c cela faisoìt créver de dépit Pompée.Archilochia ïn illum Bibuli édifia ita populo sunt jucunda , uteum locum ubi propónuntur pra multitudine eorum qui leguntpnterire nequeamus , ita ipfi acerba ut tabescat dolore, mihi me-hercule molesta quod êtr eum quem femper dilexi nimis excru-ciant (17). Plutarque parle ainsi de ces Edits de BibuluS:B/bAos 1 uh cìf tijv oizíetv xoiTax^eurápcetoí òxt&i [zì]oS\ yîtçoÏaS-ey vrrwriúm, ÍÁÁ lijrrtu.se ìlety^áfifzoita. fiXtCTprìfííut,ûtvpelt ’i%tr>ra. xai xaTr.yopiaí (18). Bibulus domi abditus nonprodiit oflo confiulatus fui menses in publicum , editla tantumpropofuit malediélorum cr probrorum in ambos ( Pompejum 8cCassarem) plena. Quant au Proverbe Archilochum teris , jene croi point qu’il signifie , comme Erasme se lest figuré ,un médisant qui marche sur les traces d’Archilochus, ou quiétudie fes Livres ; mais un homme , qui aiant offensé Ar-chilochus , doit craindre la destinée de celui qui marche fusun serpent, 8c qui en reçoit tout auffitôt une blessure mor-telle. Voiez ce que Lucien met en la bouche d’Archilochuscontre quelqu’un qui avoit médit de lui , Alis cicadam com-prehendifli (19), 8c voùs ne douterez point que l’explicationd’Erasme , quelque conforme qu’elle soit à la pensée deSuidas , ne soit fausse. Cependant je nc nie pas que trctrthne se prenne quelquefois comme terere pour leclitarc’Aín-urroo 7rszrárr,xa(i a dit Aristophane dans ses Oiseaux (20).II y a quelques Epigrammes dans l’Anthologie, qui don-nent une très-forte idée de la médisance de notre homme :oh y exhorte Cerbere à veiller plus que jamais , 8c mêmeà prendre garde qu’on ne le morde, puis qu’Archilochuss’en alloit dans les enfers (21). Nous verrons dans la Re-marque (G) , qu’il médisoit de lui-même.
(D) Il y a de l’aparence .... que trois filles de Lycambe soientmortes de désespoir en même tems. ] J’ai dit qu’Archilochusprit la chose fort à cœur ; mais ce ne fut rien en compa-rajson de son beau-pere , 8c de sa Maîtresse. 11 se contentad’une cruelle Satire; mais Lycambe, 8c ses filles ne trou-vèrent leur consolation qu’au bout d’un licou. Horace neparle que de la penderie du pere, 8c de celle de la fillequi avoit été promise à Archilochus :
(ts) Johto•nés Toael-
JinsAtetimiS,
i n Commen-tants de Ot-thographià& jacobusLtwnias,
Subûdrat.
1. vtì, L IL
Cap. IV,apud DionyCSalvaeninta
Boëtlmm,
Comment,in Ibin,fag, zs .
(te) SuetoOt
Cxíac.Cap. XX.Vide aiaa>Cap ; XLlX.
Ípf-S'
Libr. ss'
(is) riof-•„ Fofflí-pag.
(19)
in lltndoLTem. 11 ’
n: rfstr
Voití. í ^ticle deT£TT i3C '
(zo)
noie-
m) A flth '
Ssii
Exe l£ “Pli»' 9 ”’ , S Í 4pag,}»’ 39
Non res êX agentia -verba Lycamben.
Nec (ocerum qturit , quem versibus oblinat atris;
Necsponsd laqueumsamoso carmtne neflit (22).
C’est dans l’Anthologie qu’on voit que les deux , ou mêmeque les trois filles de Lycambe se pendirent (23). Voiezdans V Article d’H1 p p o n ax 24) quelques exemples de l’ef-fet funeste 8c mortel de la Satire. N’oublions pas ce qu’undes Scholiastes d’Horace a remarqué; c’est que Neobule,(il nomme ainsi la fiancée d’Archilochus , ) ne se penditpas à cause des Satires de son galant, mais à cause du te-
f ret qu’elle conçut de la déplorable fin de son pere (25).
.a plupart des Lecteurs feront pour l’Anthologie , où Ar-chilochus est représenté comme la- cause immédiate.
i.-'.-K
EP lst v1Lí*
Libr-
(zíì
tls
Libr.
Cap-
(zs^
qt*e
w
S chol
(zf) SC ,hast- 11
Horac"Epoa- '