Band 
Tome premier. A - B.
Seite
297
JPEG-Download
 

ARCHÏLOCHUS.

2 - 97 .

isoler.

Maxim,

fiais

& ri,ldar -

v<>.

‘Ot.

n.

J 8 ) l‘‘CZ.

V:\t-

^'hiot.

L'-

^coy.'

** -- 9 .

L >.

t% ^ 7 . c

c- Úv

c r k *

fc. ««t.

---àui

? ine P«- U '

>u P t,

f^A W- ✓L°;. ? ' tlAí '

feí*

L-

'-L.-r.'

|a».-

Aîi/U

^ îluí

ment diffamantes 8c éloignées de la conoissance du public. II semble du moins qu’il y avoit desendroits fort sales dans ce. Poème ; car ce fut à l’occaíìon de cette Satire, que ceux de Lacede-mone jettérent un interdit fur les Vers d’Archilochus (E), après avoir considéré qu’une lecturecomme celle-là étoit peu conforme à la pudeur. Quelques-uns ont dit qu’il fut lui-même bannide Lacedemone ( h ) -, mais ils en donnent pour raiion la Maxime qu’il avoit insérée dans sesVers, sshfìl vaut mieux setter bas les armes, que perdre la vie. II avoit écrit cela pour fa j ulfi si ca-tion {c). Sa médisance, qui le mit quelquefois assez mal dans ses affaires (F), 8c qu’il étenditjusques à fa propre personne ( (?), ne lui ôta point les bonnes grâces d’Apollon ; car lors qu’ileut été tué dans un combat, l’Oracle de Delphes chassa du temple le meurtrier ( H ), 8c ne selaissa radoucir qu’à force d’excuses 8c de prières : 8c après cela même , il lui ordonna d’aller dansune certaine• maison , pour y appaiser les Manès d’Archilochus (d). Cependant ce meurtreavoit été fait de bonne guerre ( J). C’eit dans les Vers ïambiques que ce Poète a excellé : il enétoit l’Inventeur ( K ), 8c l’un des trois Poètes qu’Aristarque avoit approuvez en ce genre de Poé-sie (<?); Quintilien le met à certains égards au deíîys des deux autres. Le Grammairien Aris-tophane

(£) Ce fut à Voccasion de cette Satire, que ceux de Lacede-mone jettérent un interdit fur les Vers d’Archilochus.] ValereMaxime rassure en termes formels. Lacedamonït Libros Ar-chìlochi e civitate fuâ exportari jujferunt , quod eorum f arumverecundam ac pud’tcam letTionem arbitrabantur. Nolueruntenim ea liberorum fuorum animas ìmbut, ne plus moribus no-ceret quam ingénus prodejfet. Itaque maximum Poétam , autcerte fummo proximum, quia domurn fibi invifam obfcenis ma-lediâlis laceraverat , carminum exilio multarunt (26).

(F) Sa médisance le mit quelquefois affez mal dans fes af-faires.'] Pindarc m’aprend cette particularité; car il assurequ'Archilochus, quoi que s’engraissant à medire , a étésouvent réduit fort à l’étroit*

Etboy yàç éxàç tm rà woA-A ev àfía^otvios•froyepov A çx,í Aa^ov, (&agv Aa-

yoîç S%$'£(TtV TTtUlvÓf^SVOV ( 2.7 ).

Viâi enim procul exìstens fepe in anguftiis convïciatonrn

Archilochum dum maledicis odìis pinguefieret.

Aretius n'a pas entendu ce passage, puis qu’il y a trouvéce sens , qu’Archilochus's’étoit bien trouvé de fes médisan-ces, & qu’elles l’avoient élevé à l’édat 8c aux richesses,de misérable qu’il étoit (28). Le mot Trix-ystrâ-cit , qui veutdire s’engraisser, a été cause de son illusion : il faloit se sou-venir, qu’encore aujourd’hui, se nourrir 8c s’engraisser dequelque chose signifie dans le figuré y prendre un plaisirextrême. II ne faut point douter qu’Ovide n’ait eu égardà ce passage de Pindare, quand il a dit dans son Poèmecontre Ibis, f. 321.

Ut que repertori nocuit pugnacìs ïambt,

Sic fit in exitium lingua proterva mum.

Nous verrons dans la Remarque (H), que Ceux qui disentqu’il en coûta la vie à Archilochus pour avoir médit (19),se trompent.

(G) Il étendit fa médisance jusques a fa propre personne. ]Ce Poète se plaisoit tellement à la médisance, que noncontent de déchirer son prochain, il disoit aussi du mal desoi-même (30). C’est de quoi Critias le blâme (31 ) : Nousne saurions point fans lui, disoit Critias, que fa mere Eni-pone étoit une esclave-, que la inifere le contraignit de quitterfile de Paros,pour pafjer en celle de Thasus-, qu il s’y fit hatr-,qu il médisait, z? de ses amis, zx de ses ennemis-, qu’il étoit ex-trêmement adonné à la débauche des femmes, ZV fort insolent ;CT , ce qui est pis que tout cela (32.), qu il avoit jette son bou-clier. Le Scholiasle d’Aristophane nous aprend que ce futdans la guerre contre les Saïens, peuple dé Tlirace, qu’Ar-chilochus , pour sauver sa vie , jetta fes armes <k s’en-fuit (33). Aristophane avoit emploié deux Vers de cePoète,touchant cette avanture (34), 8c là-dessus son Scho-liaste nous donne cet éclaircissement. Plutarque raporté lesmêmes Vers, 8c quelque chose de plus.

AVîr/<^ /ttfv 'Zoi'im r iç àyÚÁÁtTui A» 'Trsgi ôâpvtetì

E VT OÇ âfd,&IM.i) 70 V X.C&ÀÁ 17 T 0 V tíK íôèÁUV»

----- -A’Vîtwç êicetvi)

Bs’pfeTU* £%ctuêtç x.fúirou.ctt te x-otKta (35).

N une aliquis nostrafe ex hostibus aspide jaftetSub vepre quam reliqui invitus integram.

Illa quidem valeat, nunc ipfe à clade superftesEmam suo non deteriorem tempore.

Cependant notre fuiard se piquoit plus d’être soldat, qued etre Poète. Fl/zt à 1 i-yà HsfKZTT&ni ^èií F.’vv«Aìoí0 ávatK 7o$L«< tutíriùjj ìftafei bai pou tVirá/Aívsç ( 36). Martis régis cul-tQ r sum: amabile Musarum donum ego quoque didici. Alcéeïangeoit de la même sorte les places chez lui : il donnoit‘f prémier rang aux armes ; & lors qu'il décrit fa mai-son (37), il ne parle point de Livres, mais de casques 8cde boucliers : tout y sent l’arsenal, 8c rien la Bibliothèque.On sait néanmoins qu’il se tira d’astàire dans une bataille àlaide de fes talons, 8c non par ses armes. Voiez la Re-marque ( JS ) de son Article.

Asl) Apollon chassa du temple de Delphes le meurtrier d'Ar-chilochus (38).] Celui qui tua Archilochus , s’apelloitCallondas Corax (39), 8c il étoit de l’Ile de Naxos. LaPrêtresse de Delphes le chassa du temple, parce qu’il avoitmis a^mort un homme consacré aux Muses. EV.íAiifoì?vore rtis òiç. tifìn 'áyèjct r»» fcarS) áyfiçnxúí (40). II

l’avoit tué néanmoins à la guerre, 8c de bonne guerre,comme nous l’a prenons de Suïdas beaucoup plus claire-ment que de Plutarque. Cela fait qu’011 ne doit pas trops’imaginer que Pline ait eu ici toute l’cxactitude nécessai-re, lors qu'il a dit au nombre pluriel, Archilochi Poèt& in-ter feblores Apollo arguit Dclphis (41). Solin, son copiste,aiant voulu faire le Paraphraste, s’est mis hors d’état d etreexcusé ; il a eu la hardiesse de spécifier que ce Poète avoitété tué par des voleurs. PercuJJores Archilochi Poète. Apolloprodidit, c r latronum facinus Deo coarguente deícèíu.m (41).

Eusebe cite un Auteur Grec, nommé Oenomaiis, qui don-ne le nom d’Archias à celui qui tua Archilochus, §f<are,dit-il (43), qui Archilochum occidit Archias à templo quafiJcelestus exire ab Apolline jujsus est : Musarum enim amicum oc-ciderat. Galien a raporté les paroles de l'Oracle:

MtSá-áiSv d-tpázrotl» xcíttx]avis' ’U’ifa vjí».

Musarum famuli occisor, templo procul esto (44).

On a fort blâmé Apollon d’avoir reconu pour client desMuses, 8c d’avoir extrêmement loué un Poète qui avoitécrit tant de salerez. Oenomaus en fait des reproches à ceDieu (43). Origene 8c Eusebe se sont servis de cela pourfaire honte aux Paiens. Tstoís , dit Eusebe (46),

xxi bi áv aiiâ-u; á A'■srítÁAa>i 9 -a.vpíáÇei ra» , ávbç «

Trecv'Joixte xcc]à 'yvvaixZv ahrxZ<>PP'-:fxoT’j\icai xcti àffineSo-ylaiíàç xa àx£trctl tiç c-áePgaiv avtjç ÙTro xstvetev, ly to 7 ç oixeioiçirofifixTi xe%pvfisyi>y. Addamus vero que. fummam in Archilo-chi commendationem ejfundit hominìs ejufmodi qui opéra suaOmni adversus mulieres objeenitate verborum impleverit, quamne audire quidem homo verecundus pojfit. Je ne raporte pas lepassage d’Origene; on le trouvera au livre III contre Gel- 'lus, à la page iz; del’Edition de Cambridge, en 1677.

( 7 ) Le meurtre d.'Archilochus avoit été fait de bonne guer-re.] J’ai déjà dit que Suïdas nous aprend ce fait plus clafrement que Plutarque ; mais il me reste quelque chose àdire qui vaut la peine d'être raporté. On a un petit Trai-té des Républiques, attribué à Heraclide : Tordre , qúè laPrêtresse de Delphes donna au meurtrier d’Archilochus desortir du temple, s’y trouve, avec la réponse du meurtrier.Cette réponse est une énigme impénétrable dans la Traduc-tion Latine. Le Traduéteur su p ose que ce meurtrier ré-pondit , Je fuis innocent ; car je l’ai tué de loin, comme laloi le commande. Voici le Grec, 8c la Version (47 ) : A‘g%í-

ïov sreutjvy éyo/xct txTuye, yrfoc ov (patriy clyray

Tri» lìvS-ía», £%iSh y?, 3 . tSto» bi eimiy, «AA« xaS-açóç ei/zt

ix xnpay yàe yí/xu ixleiye. &uidam Corax diélus Ar-chìlochum poétam interfecit. Itaque Pythia ad eum ajebat, exitemplo. Cui is refpondit , at purus fum Rex , eminus enim utlex jubet interfeci (Archilochum.). Un de mes amis, grandHumaniste (48), nsavotia qu’il n’avoit jamais ouï parler,non plus que moi, d’un Edit qui disculpât les meurtriersqui tuoient de loin, 8c qu’il ne croioit pas non plus quemoi que lx signifiât eminus. Comme il est intime

ami de Monsr. Gronovius, il le consulta sur cette difficul-té, 8c voici la docte réponse de ce savant Professeur : E’»Xít^Zy yífiu, locutio est proprìa in prdiis occifcrum zv occiden-tium. Sjuem in illo fervore vel gladius, vel alia machina,vel bellua deprehendens ad Orcum mittit, is trucidatur iyçZy yò/xa, Ita omnes Gr&ci z? presertim Polybius, ut libro I.Cap. 34. Kxjccyrttléfíeyoi o-apr.boy iy %eifá'y yóixai bieO ■xu.yv (49) illic pugnantes: quod quidem non fufficit, namZV in pralio multì pojjunt non pugnantes occidi, zsr t amen iy%ei«Zy ylpufi- Rursus eodem libro cap.- 57. tÚtxc ùvtÛcàû o-vyéQxíyt btatpS-eípeo- 5 -x-i xctlà rùs s-VfisrÁttxàç tsç iy %il-

g£y ylpico 7 r£pizrtcríy]osc. II ne reste plus de difficulté, aprèscette savante réponse : on voit que Corax n'a voulu direautre chose, sinon qu’il a tué Archilochus dans un combatselon les loix de la guerre.

(JC) Il a excellé dans les Vers ïambiques,dont il étoit T Inven-teur.] C’est ce qui paroit par cès Vers d’Horace à l’EpitreXIX du Ilivre,y. 13.

Parios ego primus ïambos

Oftendi Latio, numéros animojque secutus

Archilochi:

mais plus clairement encore par ce passage de Paterculus,Neque quemquam alium cujus operis primus AuSlor fuerit in eoperfektijfimumprstterllomerum z?Archilochum reperiemus{$ 6 ).II est constant que la Poésie ïambique a été le fort de cePoète. Ex tribus receptis Ariftarchi judicio Scriptoribus ïam-borutn ad ïfy maxime pertìnebit unus Archilochus, Summa inP P hoc

(b) riu-

tarch. Ini-tie. Lacon.t“g. 23 9-

(c) Voiez U\cmarque

(n-

(d) Voiezl’An icle

T E t -r 1 x.

(e) Voiez l»

(R).

(41) Win.Lier. VII,Cap. XXIXi

(42) Solin.Cap. I,

P“g. II.

(43) Euseb,

Piaipar.Evangei.Litir. V, Cap.XXXIII ,cité par le P.

Hardouïnlur l’iine,Tom. u,pag. 1-4.

Ce 11e font pasles proprestermes d’Oe-ncmaìis : fefifeulement fapensée,

(44) GalenJin Suasoria»Tom. il ,

Cap. 1X 9pag. 1© ,apudHarduïn,ibidem.

(45) Oeno-matis, apucLEusebiuni,Pra:par.Evangei.Libr. V, Cap2

xxxiu .

(46) Ibidem ,Cap. XXX U t

pag. 227.

(47) Juxta"EdìtìonemNicolaiCragii adcalcem Trac'-tatus de Re~publica La-ccdsmo-nior. pag,

(4 *)CejlMr*H E N R I-c i u s, donton pourravoir C Elogedans PEpitrcdédicatoiredu Traité ejueMr. Grono-vius publia àLeide y PanI 6 §z), fous.le Titre deDisquiíìtio -de icunculâSmctianâquam Har-pocratcnmdigeta-runt. Je fuisbien aise d’a*voir cette oc -cafìon de tê -moigner pu-bliquement àMr. Hcnri-cius ma re-connaissancede la bontéfinguliere<jtfil a de meprêter Us Li-vres de sonexcellente Bi -b'iofheque.

(4 9) Ceft-À-dire Caíau-bon.

(s°l Pateic.

Libr. I,

Cap. r,