ARISTOTE.
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hardies dansU Lettred’iui Philo-sophe à unCartcíìcn »dìc qxc c’est
le sentiment<Vun bel r,s-jsrit, à" ìl citeen margeCornel. àLapide,Prafat. iniEccleC
C?) r est leJ intimentd* un antre belEsprit , selonle P. Pardies,là-même»
avoir les mêmes fuites que celui de Socrate. Quoi qu’on ait pu lui donner très-justement deséloges magnifiques, il cil certain que la plupart des mensonges ou des erreurs qui le concernentdoivent être cherchés dans les louanges dont on l’a comblé : car, par exemple, n’elt-ce pas men-tir que de dire, §>ue fi dans fa Physique Aristote a parlé en homme , dans sa Morale il a parlé enDieu (f) -, & qu'il y a sujet de douter si dans ses Morales il tient plus du Jurisconsulte que du Prêtre ,plus du Prêtre que du Prophète , plus du Prophète que de Dieu (g) ? Je raporterai dans les Remar-ques quelques éloges encore plus forts que ceux-là (fl). Le Cardinal Pallavicin ne fait pointdifficulté d’avouér en quelque façon, que fans Aristote, l’Eglife auroit manepué de quelques-unsde fes articles de foi ( l ). Les Chrétiens ne font pas les seuls qui aient autorise fa Philosophie : les
moins entêtez (h) -, Lc l’on débite, qu’encore aujourd’hui
Mahométans ne s’en font gueremalgré l’ignorance qu’ils laissent régner parmi eux,ra un suque de
(b) r» 1 '*' 1
p. Rap in >
ils ont des Ecoles pour cette Secte (K). Ce fe- comp^ de
clés, que lorn’ofoit point
ijet éternel d’étonnement pour les personnes qui savent bien ce que c’est que Philosophie,; oir que l’autorité d’Aristote a été tellement respectée dans les Ecoles pendant quelques fie-rs qu’un disputant citoit un paslàge de ce Philosophe , celui qui foutenoit 'dire transeat ; il fiiloit qu'il niât le passage , ou qu’il l’expliquât à fa mani
la Thefemaniéré ( L ) :
c’est
Platon 1d > A iistote.
f»S- 4<>i ’
(57) Am-mon. in ejusVicd.
(58) Macro-bius, Saturn.Libr. Vil,
Cap. VI.
($9) Médina,in Thom.Aquin, ISecundo§usst. ClX,-.Art. I , citépar Nantie,Apolog. desgrands"Hommes,M- 3 2 7 -
(60) De uni-verso Spiri-tu, Part. I,Caj> r XC11,CLlfl 3 &
21 Pïirt. Cap .VI, cite ' parNaudé »Apologiedes grands*Hommes,pag. 328.
(61) xApttdSibiliam I,
JDuade pc-regrin. Qtiast»Cap. Vlil,cìu. /, Qn<es-tinnculâ IV,cité par Nau-dé,Apologiedes grandsHommes,pag. ;i 9 .
(62) Voiez.ci-dejsns làCitâtim (ïl)de P^AVrìcle
<P Adam.
(6î)Alexan-derNeccam,Libr. deNat.lerum, citépar la Mothele Vayer, dela Vcrcu desPaïens, Tom.V, pag. 102de ses Oeuvres£,díî. in 12.
(64) Voiez. la
\emarjiie
eu
(6 5 ) Agrip-pa, do V anrt.Scientiai.Cap, L1V,pag. 95 -Bâtée a coptececi, Cent.XIV , pag.220. Voiez.d- dessous la'T{rriar<jv.e
m-
(66) Tacit.in vitâAgricolœ,Cap. XLl.
cle , qu’Hesychius aflure qu’on l’avoit effectivement con-damné & exécuté dans Athènes. Je n’use point d’hy-perboie dans l’expreffion de •vingt ans , puis qu’Aristoteavoit enseigné treize ans à Athènes, lors que le procèsd’irreligion l’obligca de se retirer à Chalcis (57). II n’étoitrevenu à Athènes, qu’après avoir instruit Alexandre, dontil n’étoit devenu Précepteur > qu’après la mort d’Hermias.
(if) On lui a donné quelques éloges encore f lus forts , e«.]
„ Averroës a dit , qu’avant qu Aristote fût né, la nature„ n’étoit pas entièrement achevée ; quelle a reçu en lui„ son dernier accomplissement, & la perfection de son„ être , quelle nesauroit plus passer outre : que c’est l’ex-„ trémité de fes forces, & la borne de l’intelligence hu-„ maine. Un autre Philosophe a enchéri sur Averroës,& a dit depuis q u’Aristote étoit une seconde natureCes paroles font de Balzac , à la page 459 des Discours quiont été imprimez à la fuite de son Socrate Chrétien. Ce-la me fait souvenir des scrupules d’un Auteur , qui, volantque la nature elle-même souscrit aux imaginations d’Aris-tote , n’òseroit douter de ce qu’il a dit. Recìe v hoc Aris-toteles, ut estera ; nec poffum non affentiri viro, cujus inventisme ipfii natura diffentit (58). Un Théologien Espagnol pré-tend que la portée de l’esprit de l’homme ne va pas jusqu’àpouvoir pénétrer , fans l’assistance particulière d’un Génie ,les secrets de la nature , autant qu’Aristote les a péné-trez (59). II croit donc qu’Arifíote avoit un bon ou unmauvais Ange , qui l’instruisoit inviflblement de mille cho-ses à quoi l’intelligence humaine ne sauroit atteindre. Guil-laume Evêque de Paris soutient ,, en beaucoup d’endroits„ de ses Oeuvres (60), que ce Philosophe tenoitpour con-„ sellier de toutes ses actions un Esprit, qu’il avoit fait„ descendre de la sphère de Venus, par le sacrifice d’un„ agneau er.cheveslré > & quelques autres cérémonies ”.D’autres ont dit qu’il n’avoit pas eu besoin de tels secours.C’étoit „ l’opinion du célèbre Théologien Henri de As-„ lia (ór), qu’Aristote avoit pu s’aquérir naturellement une,, auíïi parfaite conoissance de la Théologie , que celle qui,, fut découverte à notre premier pere lors qu’il s’endor-,, mit au paradis terrestre (61) , ou à Saint Paul en son ra-„ vistèment ”. Un Concile , tenu en France sous Philip-pe Auguste, fit brûler la Métaphysique d’Aristote. Un Doc-teur Anglois , de t Ordre de St. Augustin \6f ), a laissé parécrit , qu on croioit alors quil n y avoit que t Antéchrist quideust bien entendre les Livres d'Aristote , dont il fe ferviroìt 'pour convaincre toits ceux qúi entreroient en dispute contre lui.Finissons cette petite compilation par un passage d’Agrip-pa , qui nous aprend que les Théologiens de Cologne sou-tinrent qu’Aristote avoit été le précurseur du Messie dansles mystères de la Nature , comme St. Jean Batiste l’a étédans les mystères de la Grâce. Digniffimus profecto hodìe La-tinorum gymnaporum Doctcr , qa quem Colonienfes met Theo-logi etiam divis adnumerarent , librumque fub pr&lo evulgatumederent cui titulum facerent de Sainte Alistotelis (64) , fedcr aliitm versa cr métro de Vita & Morte Aristotelis , quemThéologien infuper gloffâ illustrarunt , in cujus calcc concludunt ,Ariftotelem jìc fuisse Chrifrí pracurforem in naturalibus , quem-admodum joannes Baptista in Gratuitis (65). Parlant fanspréoccupation ni pour ni contre , on peut dire que ces Pa-négyristes outrez font plus de mal que de bien à la mémoi-re d’Aristote. On peut affûter d’eux à certains égards lemot de Tacite , pejfimum inimicorum genus laudanies (66).O11 pouvoir donner tant de justes louanges à Aristote (67),qu’il n’y a pas moien d’excufer ceux qui, non contens decelles-là , y en ont joint d’hyperboliques.
Que ne fe contentoit-on de dire qu’il trempoit faplume dans le bon sens (68) ? C’est ce que doivent faire tousles Philosophes, si l'on en croit le chef des Stoïques. O’
Zjvíyy f Às'yt'i otî dA rev fiiPtûrocpov siç jì?y cÌ7ro(Sczir'?óV7GC •zrço-(pépsfS-ui '«ìv (6p. Zeno ait mente tinílum proferre Phi-lofophum fermonem debere. Ceux qui voudront voir descompilations des louanges qu’on a données à Aristote , fe-ront bien de lire George de Trebizondc (70) .Pererius au cha-pitre I du V Livre dePrincìpHs, Juste Lipse à la DissertationIV dul Livre Manudutlionis ad Philofophiam Stóicam, Théo-dore Angelutius dans fa Réponse à François Patricius, &c.
(67) Vous en trouverez, plusieurs de telles dans les Harangues dc Conrìngius, intitulées Aris-torelis Laudatio. (68) Voiez. les paroles de Suidas , ci-dejfous \emartpu‘ [Z) au
commencement. (69) Plutarch. in Vltâ Pliocionis , pag. 743, £. Í7°) De
Commuât, ïlatonis & Aristotelis.
(J) Le Cardinal Pallavicin . . . avoue ... que fans Aristote,l'Egíife auroit manqué de quelques-uns de fes Articles de foi. JL’Auteur de l’Evangilc nouveau du Cardinal Pallavicin nemanqua pas de relever (71) ces paroles du chapitre XIX duVIII Livre, num. 13. Di cio fi doveva ingranparte ïobliga-zione ad Aristoteleftl quale fe non fi fosse adoperato in distingueraccuratamente igeneri delle ragiòni,noi mancavamo dimoltt ar-ticoli di Fede. Cet éloge me fait souvenir d’un passage de Ni-cius Erythrseus, aussi dateur qu’il s’en puisse voir pour Aris-tote. Cet Auteur prétend, qu’en vain le subtil & savant Pa-tricius a combatu de toutes les forces la doctrine du Lycée,doctrine inébranlable, & qui verra toûjours périr ses rivales.Altius Aristotel s aubloritas radices egit , quam ut cujusquamvim impetumque pertimescat : viget , femperque vigebit , homi-nis disciplina-, tantumque quis existimabiturfeire, quantum exdoôirina ejusdem fontibus haustum , intettigentia comprehenfitmhabuerit ; ac nemo , cui cor fipiat , non satins esse ducet in iis,qtu ad Philofophiam pertinent , cum dco , ut ita dicam , philo-sophorum errare, quam cum altis reïï'e fapere, minorum gentìummagiflris. Itaque ille , omnibus in gymnastis , ad fapientiatnproperantibus , dux fempir habebitur : ille Theologorum quasimilitu , adverfus relìgionis noftra hoftes , definittones , argumen-torum copiam, v alia prulare diLía multa , tanquam amenta-tas hastas elargietur, quas illa theologtcis lacertis ac viribus, deccelo suppeditatis , torqueat ac vibret (71). Je me croi obligéde dire , pour agir selon Jes réglés de la bonne foi, que leCardinal Pallavicin n’avance point de lui-même la Maximequ’on a ra portée , ni comme une observation qu’il voulûtaprendre au monde : il ne k raporte que comme une rail-lerie maligne du Pere Paul. II est vrai qu’il traitte cetteraillerie d’impertinente , & qu’il prétend que ies Conciles,où l’on distingua si subtilement la substance , la personne , l'hy-postafe, n’y étoient pas moins sujets : il est vrai, en un mot,qu’il ne nie pas le fait, & qu’il se contente de se moquerde ceux qui s’en moquent (73). Le Pere Paul, après avoirraporté le Décret de la VI Session , allégué ce que l’on ycritiqua ; & il dit, entre autres choses, que ceux qui étoientversés dans 1 Histoire Ecclésiastique remarquèrent que tousles autres Conciles pris ensemble avoient décidé moins d’Ar-ticles , que cette feule Session , à quoi Aristote avoit eubeaucoup de part : ln che hav.va una gran parte Aristotele ,cols haver distinto effattamente tutti t generi di càufe , a che, seegli non fe fosse adoperato , noi mancavamo di molti articoli diTede (74). Les remontrances de la Sorbonne , fur les-quelles le Parlement de Paris donna un Arrêt contre lesChymistes l’an 1619 , portaient, qu on ne pouvoit choquerles principes de la Philosophie d’Aristote > fans choquer ceux dela Théologie Scholastique repue dans l’Egíife (73t. L’an 1624,le Parlement de Paris banit de son ressort trois hommes, quiavoient voulu soutenir publiquement des Thèses centre ladoctrine d’Aristote ; défendit à toutes personnes dc publier,vendre 8e débiter les Propositions contenues dans ces Thè-ses , à peine de punition corporelle , 8e d’enseigner aucu-nes maximes contre les anciens Auteurs 8e aprouvez, à pei-ne de la vie (76).
(K) Encore aujourd'hui , les Mahométans . ont des
Ecoles pour fa Secte.'] „ La Philosophie Péripatétique s’esl„ tellement établie par tout, qu’on n’en lit plus d’auJre„ par toutes les Universitez Chrétiennes. Celles mêmes,,, qui font contraintes de recevoir les impostures de Malio-„ met, n’enseignent les Sciences que conformément aux„ principes du Lycée, ausquels ils s’attachent si fort, qu’A->, verroës , Alfarabius, Almubnssar (77) , & assez d’autres„ Philosophes Arabes, se sont souvent éloignez des senti-„ mens de leur Prophète, pour ne pas contredire ceux d’A-„ ristote , que les Turcs ont en leur idiome Turquesque 8r„ en Arabe, comme Bclon (*) le raporte (78) ”. L’Auteur,
. dont j’emprunte ces paroles, dit dans un autre volume (79',que selon la Relation d’Olearius, les Perses ont toutes lesOeuvres d’Aristote expliquées par beaucoup de Commen-taires Arabes, qui nomment communément fa Philosophiele gobelet du monde. Bergeron , dit-il, remarque dans f> nTraité des Tartares , qu ils posfedent les Livres d’Aristote tra-duits en leur Langue, enseignant, avec autant de soumission qù° npeut faire ici, sa doctrine à Samarcand, Université du GrandMogol , cr ù présent ville capitale du Royaume dlUsbec.
(L) Lors qu on citoit un passage de ce Philosophe , on n ostUtpoint dire transeat ilsaloit ou le nier , ou /’expliquer à sa rr,a "niere.] Si quelqu’un osait contester ce fait, je le renver-
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