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Tome premier. A - B.
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On peut voir dans le Recueil de ses Lettres le différent qu’il eut avec le Président de Grain-niond , qui avoit parlé de lui dans son Histoire Latine autrement qu’il ne devoit. Ceux quiforgèrent le Roman de l’Assemblée de Bourg-Fontaine , désignèrent par les lettres A. A. l’un desprétendus complices du dessein que l’on supoíé qui y fut pris d’introduire le Déïime ; & , quandils virent que ces lettres ne pouvoient pas convenir à Monfr. Arnauld le Docteur, ils indiquè-rent une autre personne , savoir Arnauld d’Andilly , comme on s’en est enfin expliqué fort nette-ment (c). Mais l’Auteur des Facturas des petits néveux de Janfenius a fait voir par de soli-des raisons , que cette seconde aplication des deux A. A. étoit absurde ( tí). Monfr. d’Andillyse retira au Couvent de Port-Roial, en 1644 (C) , & y a passé le reste de ses jours dans uneaplication continuelle à des Ouvrages de Piété. 11 y compose beaucoup de Livres ( d) , que le pu-blic a reçus favorablement, C? qui font en telle quantité , qu'on en a imprimé huit •volumes in folio (<?).II y mourut le 27 de Septembre 1674 , dans la 86 année de son âge (/).

II avoit perdu se femme, l’an 1637 ; St il est bon de savoir la réfléxion de Balzac furcette perte ( D ).

(e) Perrault,

Hommes

illustres,

P a & 142

Edttion deHollande .

(/) Moréri?*&• Z 46 .

,, une réputation mieux établie , 8c plus généralement re-» conue de piété 8c de probité ; n’y ayant personne qui», n’ait souscrit de bon cœur à ce qu’a écrit de lui il y a plus>> de cinquante ans un Auteur célèbre, 9»’// nerougiffoit f oint» des vertus Chrétiennes , z? ne tiroit point de vanité des Mo-ss raies ”. Voilà ce qu’on trouve dans le IV Faétum despetits néveux de Janfenius (1). On y trouve auíli (z),ss qu’avant même qu’il eût quitté le monde , 8c lors qu’il» étoit à la Cour , il a voulu que tout ce qu’il avoit de gé-ss nie pour les Vers ne fût consacré qu’à la gloire de ion» Sauveur , 8c à faire goûter les véritez Chrétiennes ; car>. il ne s’étoit point encore retiré, quand il a fait son Poë-,, me de la Vie de Jésus-Chrift (3), 8e ses Stances fur les» plus belles 8c les plus édifiantes véritez de notre Reli-„ gion

(B) On a fait voir . . . que Vaplication qu on lui faifoitdes deux A. A. , pour le faire membre de ï Assemblée de Bourg-Fontaine , étoit absurde .] Je ne raporterai pas toutes les rai-sons qu’on a alléguées pour le montrer : je dirai seulement,qu’on a observé, entre autres choses, qu’i) étoit de tous lesVoiages que le Roi Louis XIII faifoit toutes les années,avant 8c après le teins de l’Assemblée chimérique de Bourg-Fontaine (4) , pour dompter ceux de ses sujets , que leur fattffeReligion avoit engagés dans la révolte (5). Ce lui étoit uneoccasion , ajoute-t-on (6) , d’avoir plus de zélé pour la Reli-gion Catholique , par l’averjion que ces Jortes de guerres fontavoir de l'hérésie ; mais ce ri étoit pas un moyen de devenirThéologien , ri ayant jamais étudié en Théologie , comme il au-rott faíu être pour soutenir le personnage qu on fait jouer a tousles Auteurs de la fable de Bourg-Fontaine. Il savoit de la Re-ligion ce qu un homme de grand esprit en peut aprendre par leCatéchisme , par les Livres de piété , par la conversation avecdes perjonnes fort saintes , en lisant la parole de Dieu ty l’en-tendant prêcher , mais moins il savoit ce qu on en enseignedans lj Ecole , plus il étoit incapable déformer des doutes fur laverne de nos mystères (7) , parce qu il s'étoit accoutumé de bon-ne heure k captiver son esprit sous íautorité divine , qui nousesi> manifestée par l'Eglise , z? que jamais personne ria été pluséloigné de chicaner avec Dieu , zsr de vouloir comprendre par laraison sbible ‘Z? superbe ce que l'on se doit contenter de croire parttne humble foi.

(C) ll se retira dans le Couvent de Port-Roial .J Conti-nuons à citer le IV Factura. ,, Ce fut à Port-Roial des„ Champs qu’il se retira l’an 1644 , où ses néveux Monfr.„ le Maître l’Avocat, 8c un de ses freres qui étoit d’épée,,, s’étoient retirez il y avoit 5 ou 6 ans, lors qu’il n’y avoit,, point encore de Religieuses. Car ce ne fut qu’en 1648,„ que la Maison de Paris obtint de Mr. l’Archevêque d’en-,, voyer une partie des Religieuses à leur Maison des,, Champs ”. C’est à mon Lecteur à choisir entre l’Auteurde ce Factura , 8c Mr. Richelet (8) , qui ne donne pourlieu de retraite à Mr. Arnauld d’Andilly que fa maison de

Pompone : je me contente fie mettre fie front ces deux di-verses autoritez , 8c je raporte d’autant plus agréablementce que l’on va lire , que l’on y trouve quelques-unes de ceschoses particulières concernant la vie des grands personna-ges , desquelles tant de gens font si curieux. „ Arnaud

„ d’Andilli.servit vingt ans le Roi 8c l’Etat. On

„ lui donna pour récompense de ses services huit mille li-„ vres de pension , qui furent réduites à six : avec cela , il„ se retira à Pompone , village à 7 ou 8 lieues de Paris.„ Là , s’étant détrompé fies vanitez dumor.de, 8c menant„ une vie véritablement Chrétienne , il composa plu-„ sieurs Ouvrages. Ses Lettres, le Poème fur la Vie de Jefus-„ Christ (9) , .... Joseph de l'Hiftoire des Juifs , les Oeu-„ vres de Sainte Therese , z? celles de Davila , font les fruits„ de là solitude.... La meilleure de ses Traductions est„ celle de Joseph (10'!. Un jour que Richelet l’alia voir à„ Pompone, qu’il n’y avoit pas long-tems qu’clle étoit pu-„ bliée , la conversation , en suite de. quelques discours,„ tomba fur la maniéré dont les Auteurs travailloicnt.Com-„ me il Avoit que Richelet conoifloit particulièrement le„ célèbre d’Ablancourt, il lui demanda combien de fois,, cet excellent homme retouchent chaque Ouvrage qu’il,, donnoit au public : stx fois , répondit Richelet : c/ moi,„ lui répliqua Monsieur Arnaud, f ai refait dix fois l'Hiftoire,, de Joseph ; j’en ai châtié le stile avec foin , zv tai beaucoup,, plus coupé que celui de mes autres œuvres. Arnaud d’An-„ dilli . . . dans sir retraite, après 7 ou 8 heures d’étude„ chaque jour , se divertissoit à prendre les plaisirs de la,, campagne , 8c fur tout à cultiver ses arbres. 11 lui vc-„ noit de si beau fruit, qu’il en envoyoit tous les ans à la„ Reine Anne d’Autriche ; 8c cette Princesse les trouvoit si„ à son goût , que dans le tems elle demandoit qu’on lui„ en servit ”. Cette aplication au jardinage , 8c à phi-losopher profondément sur la nature des arbres, est attestée parMr. Perrault, dans ses Hommes illustres, à la page 143 del’Edition de Hollande.

(D) ll perdit fa femme 1637 voici la réflexion de Bal-zac fur cette perte, j Ce qu’il écrivit là - dessus fait beau-coup fi’honneur à notre Robert Arnauld , 8c à fa famille.„ La nouvelle de la mort de Madame d’Andilly m’a tou-,, ché sensiblement. Je prens part à tous les bons 8c mau-„ vais succès ’d’une famille qui doit estre chere à la France,„ 8c qui est née pour la gloire du nom François. Mais je„ plains particulièrement noslre Ami, qui, n ayant jamais„ eu de passion défendue , perd en sir femme toutes ses,, maistrestes , 8c tons ses plaisirs. 11 est , néantmoins, si,, sçavant en la Doctrine Chrefìienne, 8c a tant de Sçavans„ de fa race à lenteur de lui, qu’il n’a pas besoiri de la„ Philosophie Stoïque > ni d’aucun autre secours effranger,,, pour se défendre contre les attaques de la Fortune: Tout„ raisonne, toutpresche, tout persuade, en cette Mailony„ 8c un Arnaud vaut une douzaine d’Epictetes (n)

(9) Cela t]}contraire k cequi a été diici'dejsm danìlu 'ì^emarcjHc{^) , Cita-tion (z).

(10) La Cri-ticjues y troti'vent beauiou^de fautes.Votez, les

Scntimensde quelquesT heologiensde Hollan-de. ouïdire que Mr,

prié p

d*An<

endroi

Tradu

& (juexcujad* en rtrop;

su) EaLettre Jdu U La Cbapcidatée du

82.

ARNAULD (Antoine) Docteur de Sorbonne , fils d’Antoine Arnauld l’Avocat ( A) , (*) u m m.,naquit à Paris le 6 de Février 1612, le vingtième enfant du mariage de son pere avec Catherine t lus > líSM aï ion. II fit ses Humanitez & son Cours de Philosophie dans le College de Calvi [a] , Lc "^ïsiuTdepuis il commença d’étudier la Jurisprudence ; mais il fut bientôt retiré de cette étude , & déter- Sorb ° m ,’ c , ,miné à la Théologie , par les soins de se mere secondée par l’Abbé de St. Cyran. Après cette dé-terminaison , il sc mit à étudier dans le College de Sorbonne (h) , & prit le Traité de la Grâce ruíncs 'sous Mr. l’Escot. Comme il ne trouva point conformes à la doctrine de St. Paul les Leçons de W Van

•* lâZî.

ce

(Aj ll est fils d'Antoine Arnauld T Avocat. ] Cette filia-tion est fans doute l’origine de la grande haine des JésuitesPour Monfr. Arnauld , 8c de Mr. Arnauld pour les Jésuites.L’Auteur de la Question curieuse (1) ne m’en desavoura pastout-à-fait , puis qu’il parle ainsi (z) : Mr. Arnauld vint aumonde le 6 de Février l’an ïóiz , z? eut pour pere Mr. An-toine Arnauld , st célébré dans le barreau, z? conu dans l'His-toire des Jésuites par le fameux Plaidoyer qu il fit tontreuxpour l'Vniverstté de Paris , en 1594. . . . Par la raison que jeviens de dire , Mr. Arnauld naquit avec un second péché ori-ginel , que nul Sacrement ne peut effacer , ztr le crime du Plai-doyer ayant rendu le Pere Calviniste ZV Ministre de l'Antéchristdans Fesprit des Jésuites (3) , quoi que toujours bon Catholiquef hon Chrétien par tout ailleurs , le fils ne pouvoit manquerde naître k leur égard enfant de colere , zv d'être hérétique, ztrpis encore , avant que d être Chrétien. L’un des Protestans ,qui ont écrit contre l’Histoire du Calvinisme de MonsieurMaimbourg a cru q Ue la haine fie Mr, Arnguld pour lesXQM. Z.

Jésuites étoit une haine d’éducation. Voici ses paroles (4) :

Je F ai autrefois comparé k Annibal trop opiniâtrement persécu-té par les Romains (5) : je nesai st je ne pourrois pas le com-parer au même Annibal promettant k fin pere dés fis plus ten-dres années , quausst-tôt qu il firoit en âge de porter les armes,il firoit la guerre k ces mortels ennemis de fa patrie. On faitque Mr. Arnauld'est fils de ce célïbre Antoine Arnauld, Avo-cat au Parlement de Paris , qui plaida fi éloquemment pourl’Universtté contre les Jésuites, l'an Ic 94 > b qui rioublia rienpour persuader aux Juges , qu il ne faloit point les souffrir dansle Royaume. Cette atlion le rendit'odieux k toute la Société ,autant ou plus que la Société ne lui étoit odieuse, ll e st fi rt a p_parent qu il inspira k ses fils les fintimens qu il avoit pour lesJésuites ; au moins , est-tl bien certain qu en cela ils ri ont pointdégénéré de la vertu de leur pere.

songe au fameux Annibal, & aux dernieres paroles que les injustes persécutionides Romains lui arrachèrent : Libtremus imturnâ mr £ , quand*

jatrtem Jtnit txfcítare Isngum prisent. T, Live, Libr. XXXIX,

Vv s

(q) Nouvel-les Lettreslùr lé Cal-vinisme deMaimb.tdg- 12j.

(s ) Cest dan,la V Lettrede ta Criti-que géné-rale, pag. pi.Quand jcme figuie cegrand hom-me réduit àla dure né-cessité de lecacher , je