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Tome premier. A - B.
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A U L N O L AURA'T. ADRËLÍER 397

AULNOI (Marie Catherine Le Jumel de Berneville, Comtesiè d’)si conue par ses Ecrits {A) , fut mariée à François de la Motte , Comte d’Aulnoi. Elle en étoitveuve , lors qu’elle mourut au mois de Janvier 170s. Sa mere * qui s'étoit remariée en secondes'Noces à feu Mr. le Marquis de Gadaigne , est morte à Madrid , où elle jouïssoit d’une pensionconsidérable , que le Roi de Charles II lui avoir donnée , pour un grand service qu’elle avoirrendu à l’Etat, pendant qu’elle étoit à Rome. Philippe V lui conserva cette pension. LaComtesiè d’Aulnoi a laiflé quatre filles («).

(A) Elit est sort conue par [es Ecrits.'] Le premier, qui pa-rut , est intitulé Voiage d’Espagne. Elle y avoir suivi la Rei-ne d’Espagne , première femme de Charles II. Ses autresOuvrages sont Mémoires de la Cour d’Espagne , qui ont étéimprimez trois fois en France , 8c une fois en Hollande;

Mémoires de la Cour d’Angleterre ; Hippolife , Comte de Du-glas ; Histoire de Jean de Bourbon , Prince de Carency ; le Com-te de Warvik. Ce sont autant de petits Romans, qui fe fontfait lire. Elle a aussi donné plusieurs Contes de Fées , & uneParaphrase sur le Miferere (1).

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AURA T, ou D’AURA T (Jean) en Latin Auratus. Voiez Daurat.

AURELIEN (Lucius Domitius (a)) Empereur de Rome, au III siécle, aété l’un des plus grans guerriers de l’antiquité. On ne fait pas bien où il naquit (A) -, mais ondemeure d’accord que son extraction étoit astèz baise , & que sa mere , qui se mêloit de deviner,étoit Prêtresiè du Soleil (b). II étoit de belle taille , bel homme , très-robuíle , & d’un génieextrêmement vif (c). 11 aimoit le travail, le vin , & la bonne chere (d) ; mais non pas les fem-

mes (i?) : il observoit exactement la discipline , & il la faisoit observer avec la derniere sévérité (B).On vit en lui une chose très - admirable : c’est qu’il demeura pauvre au milieu d’un très-grandnombre de belles charges qui lui furent conférées (C). II avoit une si forte passion de dégainer ,

que

(A) On ne fait pas bien ou il naquit.] Vopisctts, aiantraporté trois opinions (1), ajoute, qu’il arrive ordinaire-ment que la patrie de ceux qui font nez dans un chétif lieuest inconue. II en donne cette raison; c’est qu’ils mententfur ce sujet , afin de fe rendre recommandables à la posté-rité par l’éclat du lieu natal. Evenit quidem ut de eorum vi-rorum genitali solo nesciatur qui bumiliori loco nati , pleriquesolum génitale constngunt, ut dent postentati de locorum splen-dore sulgorem (z). Je croi qu’il y a une autre chose quicontribue encore plus à cela : je veux dire la multitude deslieux qui fe veulent faire honneur d’avoir produit les Hom-mes illustres. On fe prévaut de l’incertitude du fait , onefpere de ne pouvoir pas être solidement réfuté , on avan-ce donc fans preuve 8c par vanité qu’ils sont nez en tel &tel lieu. De là vinrent les Disputes fur la patrie d’Home-re (3). J’accorde à Vopifcus que l’importance est, non pas•de lavoir d’où sont les grans Princes, mais de savoir com-ment ils ont gouverné : Nec tamen magnorum principum vir-tuùbus fumma feiendi est , ubi quisque fit genitus , Jed qualtsin republ. fuerit. Néanmoins comme nous sommes natu-rellement fort curieux de savoir le teins 8c le lieu de la nais-fance des grans hommes , je croi qu’un Historien est obli-ge a faire toutes les recherches possibles pour contenter là-deuits tous ses Leéteurs , 8c que l’on a droit de fe plaindrede la négligence d’une infinité d’Ecrivains qui n’ont pas priscelte peine.

, (B) ll faisoit observer la discipline avec la derniere sévéri-té.] Ajoutons à cela qu’il eut le bonheur de voir que cet-te sévérité ne cabra point les soldats, 8c qu’elle ne fit queleur donner une crainte qui les empêcha de sortir de leurdevoir. Ce fut sans doute un bonheur ; car les Générauxont quelquefois autant de sujet de craindre les fuites d’unetrop grande sévérité , que celles d’une trop grande moleste.Celui-ci fe trouva très-bien de punir rigoureusement 8c sansrémission. Militibus ita timori fuit , ut sub eo posteaquamsemel cum ingenti severitate castrenpa peccata correxit , nemopeccaverit. Soins denique omnium’militera qui adulterium cumhofpitis uxore commiferat , ita punivit , ut duarum arborumcapita infleileret, Cy ad pedes militis deligaret , eademque subi-to dimitteret, utscistus ille utrinque penderet. ®u& res ingen-tem timorem omnibus fecit (4!. Vous voiez dans ces paro-les Latines, que pour punir un soldat qui avoit commisadultère avec la femme de son hôte , il se servit du mêmeluplice qui fut emploié par Alexandre pour punir le traîtreBessus , qui avoit ôté la vie au Roi Darius. On ne peutrien voir de plus beau que les ordres d’Aurelien touchantce que les soldats dévoient faire , 8c ne pas faire. St. JeanBaptiste ne leur eût pas défendu plus de choses, s’il eûtvoulu descendre dans le détail (5). Aurelien ne leur vou-loir pas permettre de toucher à aucun fruit, ni de se fairedonner du sel, du bois , ou de l’huile , ni de s’écarter desréglés de la chasteté. Ne diroit-on pas qu’il avoit desseind’introduire dans les Armées la discipline monacale ? HujusEpiftola militaris est ad Vicarium suum data hutusmodi : Sivis tribunus esse , imò si vis vivere , manus militum conti-Ue. Nemo pullum alienum rapiat, ovem nemo contingat.Uvam nullus auferat , segetem nemo deterat : oleum, sal,lignum, nemo exigat : annona sua contentus sit. De prœ-dâ hostís, non de lacrymis provincialium , habeat : arma

tersa fint : ferramenta samiata.aster alteri quasi

lervus obsequatur : à medicis gratis curentur , aruspicibusmhil dent : in hospitiis caste agant ; qui litem fecerit, va-puiet (6\ J] étoit si rigide , que l’Empereur Valerien, quiavoit pour ] u i une estime singulière , n’osa mettre son filsfous fa direction ; car il craignit que ce jeune Prince , quiaimoit à folâtrer, n’éprouvât trop fortement l’austérité d’un

tel maître. C’est pourquoi il lui choisit tin Gouverneurmoins exact. Voici ce qu’il répondit au Consul AntoninGallus, qui n’aprouvoit pas que cette charge n’eût pas étéconférée à Aurelien: Culpas me familiaribus literisquod Poft-humio filium meum Gallienum magts quam Aureliano commì-serim : quum utique cy severiori cy puer credendus fuerit cyexercitus .- nec tu id diutius judicabis, st bene feieris quanta fitAurelianus feveritatis. Nimius est , multus est , gravis est ,cy ad nostra jam non facit tempera. Tefior autem omnes deos ,me etiam timuiffe nequid etiam erga filium meum jeverius,Jîquid ille fecistet, ut est naturâ pronus ad ludicra , savìus co-gìtaret. Haec Epìstola indicat quantse fuerit feveritatis , utillum Valérianes etiam titnuilïe fe dicat (7). N’oublionspas la sévérité d’Aurelien à l’égard des domestiques. 11 fu-ioit fouetter en fa présence ceux qui s’étoient écartez deleur devoir, 8c il mit entre les mains de la Justice plusieursde ses propres valets, afin de les faire châtier de leurs fau-tes. II fit mourir fa servante , qui avoit commis adultéréavec son valet. Servos cy ministres peccantes coram fe cadijubebat , ut plerique dicunt , causa tenendà feveritatis ; ut alii,studio credulitatis. Ancillam suam qua adulterium cum servosuo secerat , capite punivit. Multos servos e famìha propriaqui peccaverant , legibus audiendos judiciis publicis dédit (8).Que Valerien dit avec raison qu’un tel homme étoit tropsevere pour le siécle où il vivoit ! Ad nostra jam non facittempora (<s. II n’étoit propre que pour la Secte des Mon-tanistes. Les Chrétiens des siécles suivans l’auroient trou-vé excessif : 8c combien trouveroit-011 aujourd’hui de Ca-suistes qui diroient de fa Morale ce qu’ils disent de celle desPeres , qu’elle est trop forte , 8c que ce remede trop amer8c trop corrosif ne convient pas à nos malades ? Où fontles gens de guerre , où sont même les bourgeois, qui Ra-visent de châtier les galanteries de leurs valets 8c de leursservantes ? On congédie ceux 8c celles dont les soutes decette nature sautent aux yeux : voilà tout le châtiment.Quelquefois même on a la bonté de les marier ensemble.Notez que l’Histoire ne fait mention que d’une servanted’Aurelien châtiée pour son impudicité. C’est un signe quede telles fautes furent très-rares dans son domestique ; 8cc’est un sujet d’étonnement, quand on songe à ce qui sepasse tous les jours, 8c qu’on fait qu’un Généra], qu’unEmpereur, avoit nécessairement plusieurs esclaves de l’un8c de l’autre sexe. *

(C) Il demeura pauvre au milieu d’un tres-grand nombrede charges qui lui furent conférées (10).j L’Empereur sonmaître rendit témoignage à cette vertu , quand il chargeale Public de la dépense que le Consulat qu’il promettoit àAurelien exigeroit. Confulatum cum eodem Vlpio Crinito inannum fequentem à die undecimo Calend. Juniarum , in lo-cum Gallieni cy Valeriani , sperare te convemt sumptu fullico.Levanda est enim paupertas eorum hominmn qui diu reìpublitaviventes pauperes funt , cy nullorum magis (11). L’Histo-rien , qui me fournit ces paroles , produit la Lettre quel’Empereur écrivit au Préfect de Rome , pour lui marquerce qu’il fouhaitoit que l’on donnât au nouveau Consul.Aureliano cui confulatum detulimus ob paupertatem , quaille magnus est cateris major, dabis ad edìtionem Circenfium au-reos Antonianos trecentos cyc (121. Quelques-uns ont ditque la pauvreté d’Aurelien obligea Valerien à donner or-dre qu’Ulpius Crinitus l’adoptât: Memini me in quodàm libro

Graco legtjfe .. . . Mandatum este Crinito à Valeriano

ut Aurelianus adoptaretur , idcirco pracipue quod pauper es-fet (rz). Notez, quêtant Empereur, il ne sortit pointdes réglés de la médiocrité, en faisant du bien à ses amis.11 en usa peut-être de la forte par l’habitude qu’il s’étoitfaite de renoncer à l’opulence , 8c par l’opinion qu’il eut

Ddd z que

(a) Mercu-re Galant,

Jmv. 170Lpage Z44 fcsuivantes.

fr) Mercu-re Galant;Jan. 170 $ ,pag. 247 drsuivantes.

(í) Vopifc.in Aureliari.

Cap. XIV.

(c) Ibidem ,

Cap. IV t VU

{d) Ibidem ,Cap. IV.

(e) Ibidem ;Cap . VI.

(7) Vopiíc,in Aurelia-no, Cap. VLIT,P*£AÌ9> 44--;

( l)Idm,ibid.

Cap. XLlXiP*g- 5Ss.

(si) Idem, ib.Cap. VIII;pag, 431 ».

(10) Volez.-etële dénombre-ment dans

Vopiscus*Chap. X.

(ït) Idem, ib)Cap. II, pag,445 .

(12) Idem iCap. XII,

(13) Idem)Cap. XV, ■