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Tome premier. A - B.
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B A B Y L A S.

fi) Baron.Annal, adann. x$ 3 >num. 128.f2)Calviíìus,Petau, Pagi,&c.

(z ) Votez,Tillemont,Tom. llpag. 600.

(4) Ce Saitit

r,c mourutqu'en 258.Tillemont,là-même .

(5) Là-même.

f6) Noris,EpochsSyro-Ma-ced. pag. ryz,citépar Tille-mont, là-mê-me.

(7) Impriméeà Paris, en1675. Voiez,en tapage 642.

(8) Tille-mont »

Tom. lilipag, 821.

(*) Chry-lbst. Tom. LOi'ationeX LVIU,pag. SiL 49 >-- 550 -^.

(9) Votez. UVie deTet-tullien Scd’Origene,pag. 6zr.

(10) Voiez, lamême Vie,pag. 6z6.

fîi) Erasme

confeìlloit delire cetteHoméliedans les Col-lèges de Lou-vain , commeun rnodele queles Ecoliers dé-voient préfetrer à Lysias,à Libanius,&c. Voiez. laLettre qtTilécrivit auPrincipal^ unCollege deJLouvain ,

C* efî laXXIV duXXVlll Li-vre, pag.

1705.

(12 )^ 4 n Peu-ple cC ^Antio-che, St. Baby-las avoit étéEvêque decette Ville .

412,

à mort , pour avoir exclus de Fentrée de F Eglise un Empereur criminel {J), 8c il parle du cri-me de cet Empereur en homme qui n’avoit gueres consulté FHiítoire (tì . II n’a point mêmelu ce que l’on disoit de la déférence de ce Prince pour la discipline sévere de St. Babylas (C). Onpeut trouver le fondement général de quelques-unes de ses méprises ( D ). Nous parlons de tout

cela

(A) St. Chrysostôme .... supose que ce Martyr sutmis à mort , pour avoir exclus de l'entrée de l'Eglise un Empe-reur criminels On ne peut douter que Babylas ne soit mortlous l’empire de Décius. Ce seroit donc Décius, qui au-roit été exclus de Fentrée de 1 *Eglise, íì la narration de St.Chrysostôme étoit véritable; mais il ne paroit pas que Dé-crus ait jamais été à Antioche pendant son empire. Baro-nius avance fans preuve que Décius alla en Syrie l’an 2.53,pour faire la guerre aux Perses : Sc que ce fut en cette ren-contre que Babylas ne souffrit point que son Eglise fûtprofanée par la présence d’un tel Empereur (1). Cela nes’accorde, ni avec la Chronologie, ni avec l’Histoire, niavec la prudence de l’Evéque d’Antioche. Les meilleursGhronologues mettent la mort de Décius à fan 231 (2)Aucun bon Historien ne dit que Décius ait été dans l’O-rient, pour faire la guerre aux Perses. II est vrai que lesActes de St. Laurent (3) assûrent que cet Empereur alla fai-re la guerre aux Perses, & qu’il leur enleva le pais de Ba-bylone, f Assyrie, toute la Perse, l’Hìrcanie, Sc même laBactriane, 8c qu’il mourut à Rome , possédé du Démon,peu après le martyre de St. Laurent (4) ; mais ces Actes

sont sans autorité ztr pleins de sautes (3). Le P. Noris n’apoint héfité à dire que toute cette guerre de Perse est unepure fable (6). A l’égard de la prudence de St. Babylas nouspouvons dire qu’elle n’auroit point souffert qu’il eût résistéà un Empereur Paien. ll n'étoit pas dans tordre de la con-duite de l'Eglise que St. Babylas entreprit de l’empêcher d’yentrer , s’il y jut venu étant P ay en pour y commettre quelqueviolence ; car ïEglise n avoit de puijfance z? ne ïexerçait quesur ceux qui étoient da nombre de ses ensans, ztr elle souffrcitpaisiblement l'insulte des persécuteurs. C’est ainíi que parlef Auteur de la Vie de Tertullien Sc d’Origene ( 7 ). Mr. deTillemont confirme cette Remarque. L’Eglise , dans cesoccastons, ne se désendoit , dit - il ( S ), que par ses prières , z?par la patience humble a? paisible avec laquelle elle souffroit lesinsultes des persécuteurs. (Sjtte fi ïon trouve dans une Oraisonattribuée d St. Chrysostôme {*), que St. Romain d’Antioche aempêché un Gouverneur Payen d'entrer dans l'Eglise, c est uneconduite sort extraordinaire, o 1 ce sait n est nullement ajfuré.II remarque auíîi, que tous les termes de St. Chrysostômeindiquent que le Prince auquel Saint Babylas résista étoitChrétien. II n’est donc pas vrai que ce saint homme aitrésisté à Décius; 8c cependant, il est mort sous Décius:il faut donc dire que Saint Chrysostôme s’est trompé,quand il a dit que Saint Babylas souffrit la mort pouravoir défendu l’entrée de son Eglise à un Empereur.

(B) . ... cr il parle du crime de cet Empereur en homme

qui n avoit gueres consulté VHistoire.'] II conte qu’un certainpeuple, qui faisoit la guerre à cet Empereur, souhaita dela terminer, 8c d’affermir la paix par tous les liens les plusforts c v les plus inviolables qui sujfent parmi les hommes ; quef accord fut fait z? confirmé par serment de part ztr d’autre',que ce peuple voulant faire conoitre à ses ennemis qu’ilagiffoit sincèrement, persuada à son Roi de donner sonpropre fils en otage au Prince avec lequel il avoit concluîa paix ; que la suite témoigna que l’on avoit mis dans lagueule du lion celui que l’on croioit avoir mis comme en dé-pôt en la garde d’un ami, puis que ce Prince n ayant égardni à la jeunesse du fils de son Allié, ni à. la sainteté inviola-ble du serment qu il avoit fait, ni à cet œil toujours ouvert dela justice divine pour la punition des crimes, . . . égorgea

de fa propre main celui qu il devoìt chérir comme le dépôt sacréz? le nœud inviolable défaillance (9). Voilà selon Saint Chry-sostôme quel fut le crime du Prince que Sr. Babylas traita dela maniéré que l’on va voir. Ce grand Prélat imita parfai-tement en- cette rencontre le zèle d'Elie z? de Saint Jean ; caril ne considéra point qu il avoit alors à réfister non seulement à.un Prince, à un Roi ordinaire', mais d celui qui étoit maîtred’une grande partie de la terre, qui avoit une armée tris puis-sante, z? que toutes choses semblaient devoir contribuer à luirendre redoutable, ll ne fut point ébloui par tout cet éclat ex-térieur . . . zy ce même éclat ne servant qu d lui représen-

ter en ce moment la majesté du Roi suprême dont il étoit le mi-nistre, . . . il s'avança hardiment vers ce Prince criminelau milieu de tous ses gardes, V arrêta avec la main qu il lui mitcontre l’eftomach, lui représenta son crime, z? lut défendit de lapart de Dieu d'entrer dans l’ajjemblée des fideles (10). II n’estpas nécessaire d’observer que St. Chrysostôme ajoute à lanarration de ces faits les figures les plus vives 8c les plus pa-thétiques de fa Rhétorique ( 11 ) : on sc l’imagine de reste,quand on fait (8c qui ne le fait ? ) qu’il étoit grand Prédica-teur , & qu’il parloir à un peuple rempli de respect 8c dezèle pour le nom de St. Babylas (12). Mais ne pourroit-on pas le plaindre d’avoir emploie tant d’ornemens, 8c tantd’efforts d’imagination 8c de poitrine, fur des fauffetez ?Car qu’y a-t-il de plus chimérique, que ce peuple ennemides Romains, qui persuada à son Roi de mettre son fils enotage entre les mains de leur Empereur? Si quelque peupleavoit fait cela, ce seroient fans doute les Perses. Or il estbien fur qu’ils ne firent rien de semblable pendant la Préla-tine de St. Babylas. Je doute fort qu’aucun Empereur deRome ait jamais tué de fa propre main un jeune Prince,qui lui eût été donné comme en dépôt Lc en otage après

une paix conclue ; mais il est très-faux qu’une perfidiesi barbare ait été commise par les Empereurs sous lesquelsSaint Babylas a joui de l’Evêché d’Antioche. Je ne dou-te nullement que Saint Chrysostôme n’ait erré de bon-ne foi; car non seulement il débita en chaire ces faus-serez , mais aussi dans un Ecrit qu’il composa contre lesGentils (13). S’il avoit pu se promettre que ses audi-teurs lui seroient quartier fur une tradition fausse 8c pieu-se , il n’auroit pas espéré la même grâce des ennemisdu nom Chrétien. 11 croioit donc ne rien dire qui fûtfaux.

(C) St. Chrysostôme ria point su ce que l'on disoit de la dé-férence de ce Prince pour la discipline sévere de St. Babylas.]St. Chrysostôme a lupofé que St. Babylas eut à faire à unMonarque , qui punit du dernier fuplice la sainte hardiessequ’on avoit euë de lui refuser fentrée du Temple. Lafausseté de ce fait a été déja montrée par la raison queSt. Babylas mourut fous f empire de Décius, & que Déciusn’avoit point trouvé de résistance à la porte de l’Eglised’Antioche. Voici un nouveau moien de montrer cettemême fausseté. Le prédécesseur de Décius s’apelloit Phi-lippe : c’est à lui qu’on croît que St. Babylas refusa fentréede son Eglise, ne le considérant pas comme Empereur,mais comme Chrétien, qui devoit subir les loix de la pé-nitence , 8c les Canons de la Discipline. Or on prétendque cet Empereur s’y soumit, 8c qu’il qn usa à-peu-près en-vers le Prélat d’Antioche, comme Theodose en usa depuisenvers St. Ambroise à Milan. Eusebe raconte que f Empe-reur Philippe voulut assister aux prières publiques la veillede Pâques : mais que l’Evêque ne lui permit d’entrer dansl’Eglise, qu’après savoir obligé à confesser ses péchés, 8cà se mettre au nombre des pénitens ; ce que f Empereurexécuta avec des témoignages sincères de piété 8c de crain-te de Dieu (14). Eusebe ne raconte cela que fur un sim-ple ouï-dire; 8c ne nomme ni le lieu de ce grand événe-ment, ni le Prélat qui fit un si bel exploit. II est bien étran-ge que de telles choses aient été confusément conues. Auíîivoit-on de très-savans hommes, qui soutiennent que f Em-pereur Philippe n’étoit point Chrétien. Mais, quoi qu’ilen soit, il ne faut point séparer la fermeté de Babylas, & lasoumission de Philippe,com me St. Chrysostôme les sépare : ilfaut, ou les recevoir, ou les rejetter toutes deux. II y a des His-toriens qui en parlent d'une maniéré moins vague qu’Euse-be. La Chronique d’Alexandrie marque que l’Impératri-ce ne fut pas moins condamnée à la pénitence, que l’Em-pereur son mari : elle ajoute que St. Babylas usa de cetterigueur, à cause que Philippe avoit tué le fils de f Empe-reur Gordien (15). Notez qu’Erasme, trompé par St.Chrysostôme, a trouvé une grande différence quant au suc-eès entre la fermeté de Saint Babylas, Lc celle de SaintAmbroise. Babyh, dit-il (16), parum féliciter cejstt quodImperatorem impiâ cade funestatum tempìo prohibuit-, imo fé-liciter cestìt ipfi qui prafidis autorìtatem sud morte confirmavit.At Ambrosio cejsit selicius, qui summa constantia suam tuentautorìtatem ; Ipsum etiam C&sarem Christo lucri secit. Au-tre Passage : Ambrostus Eptscopus Mediolanensts ausus estTheodofìum Casarem, ob crudelem ac pr&cìpitatam in Thejsa-lonicenses fententìam, d templo limine secludere, poftquesevasobjurgattones , post indiêlam satissaâtionem , in pœnitentiumclastem relegare . . . Tentavit idem Babylas Antìochenus Epi-feopus adversus regem innocentis homicidio pollutum, zsr ìnter-feàìus est (17).

(D) ... On peut trouver le fondement général de quel-ques-unes de ses méprises.] Nous venons de voir qu’on adit que St. Babylas se fonda fur la déloiauté sanguinaire dePhilippe. L’Empereur Gordien , sous qui il étoit Préfetdu Prétoire, lui avoit confié son fils: après que Gordienfut mort, Philippe voulant régner en fa place tua lejeunePrince qu’on lui avoit confié. St. Babylas, le sachant souil-lé d’un meurtre fi exécrable, ne voulut point f admettre àl’Eglise. Décius vengea f affront fait à Philippe; car ilfil mourir St. Babylas, à cause de cet affront. Voilà cequ’on trouve dans la Chronique d’Alexandrie ; & c’étoitLeonce, Evêque d’Antioche fan 348, qui avoit débité ce-la. 11 ne savoit pas bien la conduite de Philippe;: mais ils’éloignoit un peu moins de la vérité que St. Chrysostôme.L’Empereur Gordien , sous qui Philippe étoit Préfet duPrétoire, n’avoit point d’enfans à confier à personne; caril n’en avoit point du tout. Ce ne fut donc point poursuccéder à cet Empereur déjà mort, que Philippe tua le filsdu défunt; & ainíi, Leonce raporte très-mal la chose.Philippe, sc prévalant de la jeunesse de PEmpereur Gor-dien , cabala de telle sorte, qu’il se fit déclarer son Collè-gue & son tuteur. Les factions recommencèrent: celle deGordien succomba; Philippe le fit déposer,& puis tuer(18).Voilà la vérité du fait. Les altérations de ce fait sont al-lées en augmentant. Leonce a dit que Philippe avoit tuéle fils de son Empereur, le même fils que cet Empereurlui avoit donné en garde. C’est déjà un égarement: c’estse poster fort à côté de la vérité. St. Chrysostôme assureque Philippe avoit tué le fils d’un Prince avec lequel il avoitconclu un Traité de paix, le même fils que ce Prince luiavoit laissé en dépôt comme un gage de son amitié, & ée

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