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Tome premier. A - B.
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B A B Y L A S,

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cela dàns les Remarques , comme aussi de k demande qu’on prétend que fit Apollon à l’Em-pcreur Julien , par raport aux reliques de St. Babylas {£). On attribue à ce Martyr troisgrands triomphes fur les Empereurs Paiens, deux pendant fa vie , un après fa mort (<?). Lepremier eíb l’avantage qu'il remporta fur Philippe, en l’obligeant de fe tenir hors de l’Eglisedans l’état de pénitent : le second est celui qu’il remporta iur le persécuteur Decius , lorsqu’il aima mieux fe préparer à tout souffrir pour la foi, que de rien faire qui fût indigned’un bon Prélat : le troisième est celui que lès cendres remportèrent fur POracle d’Apollon au-près d’Antioche (/J. Mr. Chevreau a parlé peu exactement du martyre de Saint Babylas (F).

C’est

son désir sincere de vivre en bonne intelligence avec lui : dules, 8c ils n’espéroient pas de pouvoir cacher leurs fines-

c’est un second égarement ; c’eít se loger fort à côté du faux ses à des gens aussi curieux de les découvrir qu'étoient les

poste de Leonce. Ce dernier Auteur avance que Decius Chrétiens. Peut-être aussi que l’aveugle superstition de

fit mourir St. Babylas , pour le punir de son insolence en- ces Prêtres leur peisuadoit qu'ils feroient un bon acte de

vers Philippe. Ceux qui ont iu l’aversion de Decius pour religion , s’ils faii'oient ôter du voisinage de leur Temple

Philippe , aversion qu’on croit avoir été cause que Decius le tombeau d’un Martyr Chrétien , vénéré par les ennemis

persécuta les Chrétiens, ont trouvé absurde ce que Leonce de leurs Dieux. Christiani quibus refléta, erat Antiochia ,

disoit. lis l’ont donc corrigé , en suposant que Philippe fit aliique ejusdem religionis aliunde advenientes , viptabant quo-

y.®) v nez. mourir lui-même St. Babylas (19) : ils ont corrigé une fau- tulleJepulehra Martyrum, atque inprimis quidem BabyU.^ Sub

W m ° nt ’ te P ar une autre » 8c ont malheureusement trompé Saint quo prtitexm dum loca Hia ita frequcntarent , cum fubrepe-

Chrysostôme. Ils lui ont fait perdre des réflexions qu’il rent etiam httic Oraculo , ocultsque etnistitiis omnia perlustra-

auroit parées des ornemens de son éloquence, pour repous- rent , ut fie detegerent imposturas at prsiftigtas ibiexercitas,fer les insultes des Paiens , Lc pour donner du relief au mi- neque id ferrent ea tempera , ut vi expellere eos inde postentnistere Evangélique. L’humiliation d’un Empereur à la pa- Antistites ; illi fub prettextu h mortuts purgandi locum Disrôle d’un Evêque eût fourni de belles pensées à St. Chry- sacratum , cum Babila aliisque, Chrifiianos tnde removere rit-sostôme : c’est dommage qu’il ne lait point sue. Voler un tebantur. Nihilenim magis aut citius detegere valebat Antìs-hoì P cu de quelle maniéré il se prévaut de la résistance de Saint titum ejusmodi ìmpofluras , quam centinuus concurfus publica-

Babylas ; ,, Au lieu „ , dit-il (20) , „ que les Prêtres des que Panegyres , ob Indus aut pesta publica ibi celebranda fiS. Batyi " Musses Divinitez font plus esclaves des Empereurs que quar'umctmque sectarum Philosophie, eorumve sequactbus ad tl-

0 f ,r 'Tom.s, ” âe leurs Dieux , & ne se rendent affidus à leur culte , la pateret accestus (23).

{S; 6s 4j«6í, >> st ue par la crainte qu’ils ont de ces Princes, à qui les dé- {F) Mr. Chevreau a parlé peu exactement du martpre de

Vj t A toI u » mons font ainsi redevables de leur culte 8c de l’honneur St. Babylas .] Voici ce qu il en dit : ,, Babylas , Evêque

I ec ' ” stm leur est rendu par les hommes , ce grand Evêque „ d’Antioche, souffrit le martyre avec ses trois eníans,

<t’Otì g Ûp e " d’Antioche montra en punissant l’Empereur même d’un „ pour n’avoir pas voulu permettre à Numerien de voir les

H- 6jj>. ' „ châtiment très-sensible à un esprit raisonnable, 8c autant „ cérémonies des Chrétiens, ajoútant, Aà» homme fouil-

,, qu’il lui étoit permis de le faire selon la mesure de la ,, lé de sang , cv du sacrifice des Idoles , ne pouvott pas entrer

„ puissance de VEglise , que les Prêtres de la Religion de „ dans l’Eglise ; ou , comme le dit Suidas , Syùil ne jous-

,, Jesus-Chrisl ne sont esclaves de qui que ce soit fur la ter- „ srtroit point que le loup entrât dans la Bergerie du Sei-

„ re,8c qu’ils doivent êtrefijaloux de cette sainte élévation „ gneur (24) ”. I. Babylas n’avoit point d’enfans : il faloit

„ que Dieu leur a donnée en partage , comme le vray ca- dire qu’il y eut trois frétés encore enfans , ou fort jeunes ,

„ ractere de leur dignité , qu’ils soient plutôt disposez à qui souffrirent le martyre avec lui (25). II. II y a plus de

- „ prodiguer saintement leur vie , qu’à perdre ce privilège, trente ans , entre la mort de Babylas , & l’Empire de Nu-

■ „ Ce même exemple „ ' , ajoûte-t-il, „ en confondant merien. III. Les anciens Auteurs ne prêtent pas au Martyr

„ l'orgueil des Paiens , augmenta la piété des fidèles , les phrases de Mr. Chevreau. Avouons que c’est une entre-

„ qui apprirent de la conduite de leur Pasteur à crain- prise bien difficile que celle de l’Hisloire universelle. Mr.

„ dre plus Dieu que tous les hommes; & il ferma en- Chevreau étoit habile homme il conoissoit les défauts de

„ tiérement la bouche à ceux qui oioient soutenir avec ceux qui l’ont précédé dans ce dessein;il a mis un tems fort

„ une extrême imprudence , qu’il n’y avoit point de vray long à son Ouvrage : & cependant.Comme il est

„ courage parmi les Chrétiens , mais que tout y étoit plein de vie (26) , Lc que nonobstant son âge , il jouît de

,, faux 8c emprunté , n’étant couvert que d’une belle ap- la santé du corps, 8c de celle de 1 esprit , je ne doute pas

„ parence ”. qu’il ne publie une nouvelle Edition qui sera encore plus

(£) On prétend qu Apollon fit une demande â l’Empereur belle que les précédentes (27).

Julien , p ar raport aux reliques de St. Babylas .] II y avoir au- J’avois espéré que Monsr. Chevreau ne prendroit pas enpres d Antioche un Temple 8c un Oracle d’Apollon , dans mauvaise part les petites Notes critiques que l'on vient deun lieu qui s’apelloit Daphné. La superstition 8c la débau- voir ; 8c , comme j’avois pour lui toute l’estime qui étoitche concouroient comme à l’envi à distinguer ce lieu-là; due à son grand mérite ; je les aurois imprimées , ii j’avoiscetoit le rendez-vous des Amans 8c de leurs Maîtresses, prévu quelles le chagrineroient : mais je le croiois au des-D autres y alloient pour faire leurs dévotions ; 8c aparem- fus de toute atteinte de fâcherie pour si peu de chose. Jement plusieurs y alloient pour ces deux fins tout à la fois. m’étois imaginé qu’il s’apliqueroit ce que j’avois dit dansGallus , frété de Julien f A postât, n’eut pas été plutôt dé- ma prémiere Préface ; & il étoit assurément du nombreclaré^ César , que pour faire cesser ce double désordre , il de ces Auteurs , qui ne doivent point redouter les petitesfit bâtir dans ce lieu-là une Eglise , où il donna ordre que pertes (28). Ainsi j’ai été surpris de fa sensibilité impré-l’on transportât le sépulcre de Babylas. On dit que dès que vue , 8c fort fâché de ce qu’il s’étoít fâché. 11 y a des per-cela fut fait, Apollon ne rendit plus de réponses. Le tom- sonnes illustres , qui pourront rendre témoignage , qu’enbeau de ce Martyr en fut cause , 8c non pas l’interruption lui souhaitant une vie encore plus longue qu’elle n'a été f 2 9),des sacrifices ; car les sacrifices aiant recommencé sous je me fondois, non seulement sur ce qu’il étoit un orne-l’Empire de Julien , l’Oracle continua de se taire ; 8c, lors ment de son siécle ; mais aussi fur le désir qu’il put lireque Julien le consulta en personne, il aprit que les cada- dans cette seconde Edition les sentimens de mes respects,vres dont ce lieu-là étoit plein fermoient la bouche à 10- 8c séclaircilsement d’une chose qui avoit été exprimee d’u-racle. L’Empereur n’apliqua cela qu’au sépulcre de Baby- ne façon ambiguë. Je m’imagine que cette équivoque alas ; c*est pourquoi il en ordonna la translation. Les Chré- été la grande source de son mécontentement. 11 a cru quetiens d’Antioche transportèrent ce tombeau dans la Ville, la ligne ponctuée , cr cependant. .. , cachoit beaucoup de• Ce fut une procession de personnes de tout sexe 8c de tout venin : c’est un vuide que son imagination a rempli d’idées

i.'ni !l '‘"‘t âge. qui chantèrent par tout le chemin (21) un Cantique désobligeantes; 8c je souhaítois qu’il fut, que selon made triomphe ; car leur refrein concernoit la confusion de véritable pensée , il ne faut trouver dans cette lacune , que*i>t só 0 Q ' ceux qui adorent les Idoles, 8c étoit pris du Pfeaume la représentation générale de l’impossibilité d’éviter les fau-XCV 1 I. M tâìi ■fiu.XtJ.Sv Toit «aaúi? , 0; rsiac, tes, quelque habile que soit un Auteur qui entreprend un

, »») |vtctríxu rù sr>óïS-oç I» G-vy.<pu-du. k«í raí- Ouvrage à grans détails,ffo 7 ’ , ' > T ì>' > fiírn Ixiíbet' ir^óìiB-'/io-as 7 rmrc( «1 rrperxvtiíitTeç ro 7 í Mais venons au fond. Mr. Chevreau reconoit lui-même

SìhT V*»* 1 o!í o'i i'/y.uvxáfiiivùi rois elâá^eií (22). Pncinebant la solidité de ma prémiere Remarque: puis qu’il avoue(30),

jj cclt f. autern ctteris ït qui Pfalmos appr'tme callebant-, multitude deìn - qu il eût été mieux de mettre trois stères encore enfans, pour

' Cy>. H • de refpondebat cum concentu est hune verficulum succinebat ; oter toute équivoque, a? qu il devoit s’expliquer plus clairement

Confufi fiunt omnes qui adorant fiulptilia , qui gloriantur in que beaucoup d Auteurs , qui l’ont écrit de même avant lui.

simulachris. Par l’argument du plus au moins, on pourroit Pour ce qui regarde les phrases , que j’ai dit que les anciens

conclure de cette Histoire , que la naissance de Jésus* Auteurs n’ont point prêtées à St. Babylas, Mr. Chévreau

Christ imposa silence aux Oracles du Paganisme, si d’ail- cite. Georges le Syncelle, 8c Paul Diacre (31); mais sont-ce

leurs on ne voioit , que de l’aveu de Sozomene , cet Ora- des Auteurs qu’on puisse apeìler anciens , par raport au

cle d’Apollon avoit rendu des réponses jusques à l’Empire tems du Martyr dont il s’agit ? N’ont-ils pas vécu vers la

de Constantius, sous lequel Gallus eut la dignité de César, fin du VIII siécle ? Enfin il cite plusieurs Ecrivains la p]u-

L’ Objection paroit plus forte contre ceux qui ne reconois- part modernes, qui ont dit que Babylas fut tué par Nume-

sent aucune opération diabolique dans les Oracles des Paiens. rien ; 8c il raporte (32) ces paroles de Mr. de Tillemont ,

Mais voici ce que répond Mr. van Dale. II supose que ll faut avoïter que l’Histoire de 8aint Babylas ej? eyàccâAH

les Prêtres d’Apollon , ne voulant point être éclairez de fi de plusieurs difficultez. insurmontables à notre foibleste. Je con-

près par les Chrétiens , qui venoient en foule au tombeau viens que tout cela peut servir d’excuse à ceux qui parlent

de Babylas , inventèrent une réponse qui pût obliger l’Em- peu exactement du martyre de saint Babylas ; mais il fera toû-

pereur à faire ôter de ce lieu le tombeau de ce Martyr, jours permis de remarquer, qu’ils n’ont point choisi ce qu’il

Ces Prêtres ne craignaient rien tant que les yeux des incré- y avoit à dire de moins inexact sor cette matière,

(e) La Viede Tertul-lien & d’O-rigene, pag.7 S 7.

f/) Voir r.ta itimarqtti(*)■

(2)) VanO ale, deOiacui. pag.442. Vu ez. LiNouvellesde la Répu-blique desLettres,ì/.ois de Mars1684,7^.15;16.

(24) Che-vreau, Hist.du Monde,Livre IV,

Chap. IV,pag. 400 daII Tome Editíde Hollande,en j 687.

1-5) Vie d«Tertull. &d’Origene,758.

(2 6) On etrítceci l'an 1694.

(27) ll a pu-blic eu effettine Edition ÀU Haie , l*ad1698 , avec

f iufieuYs xAdrditions &Correftiom ;mais il n*ari en changé AHP*fstge tjiticoncerne Ea-bylas.

(28) Voie z. leTrojet de ceDictionaire,

vers la fin diiVI Paragra-phe.

(2s) ll estmort le 15 déFevrier 170Ï,'âgé de % jans & quel-Cjues mois .Voiez, leJournal dcTrévoux,Mars drkAvyìI 1701,-

iLdiïion deHollande.

C30) Che-vraiana,il Part. Edi'tion de Hol-lande,

(31) La-mé~me } pag. 321.

(zr) Là'mé-me t pag. 32^3 3®.