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Tome premier. A - B.
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BALZAC.

(a) Sorel,Eiblioth.Frime. p«g.12 î dí M 2Edition.

(í) C’ost-à-ìiire Piincédes Feuilles,par altajionà fil qualitéde Général desFeuillant.

(c) Biblioth.Franc, deSorel, fag.iri. VoiezÛ ArticleJaversac,

(z) c'est la Xdu III Livreà Chape-lain.

(z) SaintRomuald,AbrégéCluon. àFarm. 159S.

Ecrit pu-blié par Bal-zac à l’âgede 17 ans.

(4) Lettre Xà Chapelain,Livre III.

(5) Voiez. ci-dtjfut la finde U fiemar-zjue ( Cj deV-Article deBAlde.

(Cy) II est four-ni d?une infi-té de sembla- ’tics Pièces ra-res. qu’il aeu toujoursgrand foinde ramasser& de garder.

s?) Lettresde Phyllar-que, I Partie,fag. 257.

(S) Entrer.VIII, pag.132 Edit,in 12.

(9)Cela tombe

« Can ISIS.

tant d’éloquence , & tant de pensées peu communes dans les Lettres qu’il écrivoît en ses jeunesans, que ceux qui les avoient vues en étoient charmez , 6t les loiioient par'tout : deforte quecomme il étoit au service du Cardinal de la Valette (ct) , il fut bientôt conu à la Cour avecavantage ; 6c jusques-là que le Cardinal de Richelieu , auquel il écrivit plusieurs fois, lui fitl’honneur de lui répondre d’une maniéré tout-a-fait obligeante. Cette Réponse fut impriméeavec les Lettres de Balzac , dont la prémiere Edition est de l’an 1624. 11 fe crut en passe d’une

fort grande fortune (B) : ses Lettres fe débitoient si promtement, qu’il salut en faire plusieursEditions. On le loiioit à perte de vue : mais non pas avec le consentement unanime de tousles Lecteurs. II s’éleva des esprits contredisons , soit que l’envie les eût excitez , comme il y abien de l’aparence , soit que l’on ait découvert les lieux foibles des Ouvrages de Balzac. Ces dis-sensions , après, avoir régné quelque tems dans les compagnies , devinrent une guerre publique en1627 5 mais une guerre des plus furieuses qui fe soient vues en ce genre-là. L’ouveiture s’en fitpar un jeune Moine , qui composa un petit Livre intitulé , Conformité de VEloquence de Mr. deBalzac avec celle des plus grans personnages du- tems passé (si du présent. Quoi que cette Piécene fût pas publique , elle ne laissoit pas de passer de main en main , presque comme si elle eût étéimprimée ; & personne n’ignoroit qu’un Feuillant, nommé Prere Jndrc , en étoit 1’.Auteur (C).Mr. de Balzac souhaita qu’elle fût réfutée publiquement, & c’est ce qui fut exécuté dans V Jpo~logie qu’Ogier publia en 1627 (Z)). Le Général des Feuillans, qui se nommoit alors le PereGoulu , prit en main la cause de Frere André ; ôt, fous le nom de Phyllarque (s) , il écrivitdeux Volumes de Lettres contre Balzac, avec un emportement extrême , comme je le raportedans son Article. Cette querelle donna lieu à quantité de Livres (c) , & fut une tempête qui

lupofcr qu’il la reçut l’an 1648 ; car il n’étoit pas promt àrépondre. II avoir donc 53 ans en 1648 : il étoit donc néen 1593. Dans l'autre Lettre , datée du 15 d’Octobre1637 (z) , il parle d’un Ecrit’qu’il avoir fait à l’âge de dix-sept ans, 8c il dit qu’il y avoir vingt-cinq ans entiers qu’ill'avoit fait. II avoir donc quarante-deux ans, lors qu’ilécrivoit cette Lettre ; 8c par conséquent il étoit né en1593. St. Romuald met sa naissance à l’an 1598 5 car ilen avoit 28 , dit-il, l’an 16x6 (3) ; mais il a oublié de prou-ver cette raison. Je ne dissimule point que j’ai trouvé unPassage qui prouve que Balzac est né en 1596. Je le citedans la Remarque (B).

Au reste , le petit Ecrit, qu’il composa a sage de dix-sept ans , vaut bien une digression. II avoue qu'en le fai-sant , il fit une faute 8c une folie, 8c il s’en excuse le mieuxqu’il peut sur fa jeunesse , 8c sur ce qu’il le composa en Hol-lande , sans dessein de le rendre public par [impression (4). IItrouve fort mauvais qu’Heinsius ait ressuscité cette faute.Je l’ai déjà dit (5), voilà un inconvénient à quoi les Au-teurs un peu célèbres font fort sujets : il leur arrive quelquequerelle de plume , qui est cause que leur Antagoniste re-cherche avec soin les plus petites fautes de leur jeunesse,pour leur en faire reproche publiquement. Je ne m'éton-ne point que quelques-uns aient cru que Balzac, en cetems-îà , n’eût pas refusé de faire fortune dans la Hollan-de , fous la profession d’un Huguenot. J avois cru, avantque de lire l’Ecrit en question , que c’étoit un jugement té-méraire ; mais j’ai changé de sentiment, depuis que Mr.Mínutoli a eu la bonté de m’envoier une copie de cettePiéce (6). II en a un Exemplaire imprimé , de l’Editionqu’Heiníius fit faire à Leide, l’an 1638. Le Titre est, Dis-cours Politique fur l’Etat des Provinces-Unies des Pdis-Bas, parI. L. D. B. , Gentilhomme François. C’est une Piéce volan-te de quatre ou cinq pages : on y voit à la fin , par formede signature , Jean Lotiis de Balzac. L’Ouvrage est très-beau , plein d’esprit 8c de pensées; mais je fuis bien assu-ré que Baudius, qui étoit en charge publique à Leide, 8caux gages de la Hollande , n’auroit pas décidé fi fortementpour la justice avec laquelle les Etats dégradèrent PhilippeII , 8c qu’il n’auroit pas cherché des louanges si rafinéespour la Hollande , ni des invectives si perçantes contre ladomination Espagnole , ni enfin des Maximes si étudiéesen faveur de la liberté de conscience. On est donc excu-sable de soupçonner que le Gentilhomme François sendoitpeut-être le gué par cette feuille volante ; 8c que si la Ré-publique , frapée d’admíratíon pour une si belle plume , 8csi bien intentionnée , avoit offert une belle charge , l'Au-teur de dix-sept ans l’eût préférée à son pais, 8c à son Ca-tholicisme.

Mr. de Balzac fit son voiage de Hollande l’an 1612. IIle fit avec Théophile, auquel, si l’on en croit le Pere Gou-lu , U joua alors un mauvais tour (,7) , qui fut cause de lamauvaise intelligence qui étoit entre ce Poète 8c Balzac.La terrible Lettre , que Théophile fit imprimer contre cecompagnon de voiage , lui reproche deux ou trois avantu-res mal plaisantes. Je ne parle point , lui dit-il , du pillagedes Auteurs , le gendre du Docteur Baudius vous accuse d’une

autre sorte de larcin . Je ne me repans pas d'avoir pris

autrefois l'espée , pour vous -venger du baston.

(B) ll Je crut en passe d une fort grande fortune J] 11 y a duplaisir à l’entendre raconter lui-mêmeles raisons de ses gran-des espérances. Qu’on lise donc la seconde Histoire qu’ildébite dans ses Entretiens (8) ; c’est la sienne. On y ver-ra entre autres choses la preuve de ce que j’ai dit touchantles éloges que l’on donnoit à ses Lettres, avant mêmequ’elles fussent imprimées. II nous conte que l’Evêque deLuçon , rapellé de son exil (9) , lui fit une infinité de cares-ses , le traita d’Illustre, d’homme rare , de personne extraordi-naire , c z que l’ayant un pour prié à dîner , il dit à force gensde qualité qui étoient à table avec lus Voilà un homme, (cethomme n avoit alors que 22 ans , ) à qui il faudra faire du

pen-

bien , quand nous îe pourrons, & il faudra commencer parune Abbaïe de dix mille livres de rente. N’est-il pas vraiqu on ne fauroit gueres voir de plus beaux commencemens ? ABorne, on lui eùtlà-desius prêté de l’argent, on eût fait des ga-geures fur ces avances de la fortune. Toutesfois , les choses enfont demeurées là. Monsieur le Cardinal de Richelieu ne s’estpoint souvenu de ce qu avoit dit Monsieur l’Evêque de Luçon.

Cela me fait souvenir de cet endroit du Menagiana .-„ Monsieur de Balzac avoit prémierement aspiré à être„ Evêque. II se retrancha en suite à devenir Abbé ; mais„ il ne réussit ni dans l’un ni dans l’autre dessein. II a mê-„ me écrit dans quelqu’un de ses Ouvrages , qu’il ne„ feroit jamais Abbé , à moins qu’il ne fondât l'Ab- / ro )Me flî '„ bayïe (10) ”. giana.^'

(C) On publia contre lui un petit Livre dont un j9°-

Feuillant nommé Frere André étoit [Auteur.'] C’étoit un st.A 0 *-Manceau , qui fe réconcilia depuis avec Monfr. de Balzac .

8c l’alla voir à Engoulême (n). Monfr. de Balzac le ré-gala magnifiquement, lia avec lui une cordiale amitié, qui chr-»""a duré autant que là vie (12). II lui a écrit plusieurs Let-tres , où il le qualifie le Révérend Pere Dom André de S. De- ^nys. Voiez nommément l’une des Dissertations impri- IÍ27 ‘mées avec le Socrate Chrétien , le premier Entretien &parmi les Lettres Latines le Poème intitulé Iter fperatum foin’ t f p.

précédé d'une Lettre où Balzac raconte avec une extrême î**"'.' Aijoie le changement de ce Feuillant, 8c où il se sert de cet-te belle exclamation parodiée de Virgile (13),

O fuperi ! tanto-ne placuit concurrere motu

JEternitate pofthac mentes in pace suturas ?

Une autre Lettre Latine , qui précédé celle-là (14) , nous ...

aprend que Frere André , qui, selon l’expreffion de Voi- (nfsture, avoit été FHelene de cette guerre , aiant ouï direque Mr. de Balzac étoit mort, l’avoit pleuré 8c loué. Or Libr j- (C! .puis qu’après avoir su que la nouvelle étoit fausse , il de- V ‘ r ‘vint le bon ami de ce prétendu défunt, il fit voir qu’il n’é- m)toit pas dans le cas de cette Sentence , \ài-

Virtutcm incolumem odimus ,

Sublatam ex ocults qx&rimus invidi (13).

11 ne faut pas oublier cette circonstance, que ce Religieux,qui étoit alors Prieur du Couvent de St. Mémin proched’Orleans, n’eut pas plutôt su la maladie dangereuse deMr. de Balzac , qu’il assembla tous ses Moines , afin qu’ilspriassent Dieu avec lui pour le malade (16). Celui-ci,après fa guérison , donna à l’Autel de leur Eglise une cas-solette de quatre cens livres, accompagnée d’un revenuannuel, pour y entretenir continuellement les parfums. SiMr. Moréri avoit parlé des témoignages éclatans que Bal-zac donna de son bon cœur , en se réconciliant avec FrereAndré , 8c avec le P. Garasse , on ne trouveroit pas desti-tué de jugement cet endroit de son Dictionaire. Il passad’abord pour [homme de France le plus éloquent. Cette ré-putation lui fit des envieux , cr on fait assez la querelle qu ileut vers [an 1627 avec le P. Golu Général des Feuillans , &avec d’autres. Tout le monde étoit pourtant persuadé de la fran-chise ctr de la générosité de Monfr. de Balzac, qui mourut tres-chrétiennement comme il avoit vécu. Quel étrange faut del’an 1627 à Fan 1654 , en si peu de lignes ! Et puis, à quoibon cette franchise , e? cette générosité, dont tout le mondeétoit pourtant persuadé ? S’agissoit-il de cela ? II s’agissoit desavoir si Balzac étoit bon Auteur, éloquent, 8c ortho-doxe.

(D) . . . cette Piéce fut réfutée .. . dans s Apologie f»’ 0 -gierpublia en 1627.j On a parlé fort diversement sur le vérLtable Auteur de cet Ouvrage- Les uns ont cru que celuiqui s’en disoit le pere F étoit effectivement : les autres ontcru qu’il n’avoit fait que prêter son nom à un Ouvrage queBalzac avoit fait lui-même. Voici ce que Mr. Ménage en

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