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Tome premier. A - B.
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BALZAC

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BALZAC, petite Terre en Angoumois, for la Charante, est célèbre pour avoir donné sonnom , & pour avoir servi long-tems de demeure a Pun des plus éloquens Ecrivains du XVII sié-cle (A ), savoir à l’illustre Monsr. de Balzac. II s’apelloit Jean Louis Guez , 6 í il étoitfils de Guillaume Guez, Gentilhomme de Languedoc (Â) , qui avoit beaucoupt.de mérité,& qui s’étant attaché d’abord à Roger de Bellegarde, Maréchal de France , 6 c Gouverneur duMarquisat de Saluces , conduisit fort íàgement plusieurs affaires. II n’avoit pas encore vingt-sixans , lors qu’on l’envoia à la Cour de Philibert Emanuël Duc de Savoie , pour des négociationsimportantes , où il réussit pleinement j & se fit eítimer de ce Prince. Quelque tems âpres , il futGouverneur du fils du Maréchal de Bellegarde. Ce jeune Seigneur fut tué à la bataille deCoutras, l’an iy 8 y ( a ). Le pere étoit mort en ifjç (b). Ainsi Guillaume Guez , aiantperdu ces deux patrons , s’attacha au Duc d’Epernon , qui fouhaitoit de P avoir auprès de foi. IIlui rendit de grans services en diverses occasions fâcheuses. Henri IV aiant conu l’adreíîe , laprobité , St la fermeté 3 que ce Gentilhomme faiíòit paroitre dans les affaires, pour lesquelles leDuc d’Epernon Penvoioit en Cour, auroit bien voulu P attacher à son service (c) ; mais il luitrouva plus d’inclination pour la vie de Province , que pour la vie de Cour, à laquelle fa vertune se seroit pas aisément accommodée. Ce bon Gentilhomme se fixa dans l’Angoumois, 6 t ymourut le 20 de Septembre i 6 po , âgé de cent ans (C). II avoit épousé une Demoiselle de laFamille de Nesmond , avec laquelle il vécut soixante-quatre ans dans une parfaite concorde (d).11 en eut entre autres enfuis le célèbre Monsr. de Balzac , dont je vais parler. Voiez P Eloge La-tin de Guillaume Guez , composé par Monsr. de Girac , 6 c imprimé à la fin du Socrate Chré-tien. J’en ai tiré ce qu’on vient de lire , à quoi j’ajoûte ,1, Que Guillaume Guez reffembloit sifort au Pere Narni, que la prémiere fois que Monsr. de Balzac vit ce fameux Prédicateur , il crutque son pere s'étoit déguisé en Capucin (e). II. Que Dom Pierre de St. Romuald loue , entre plu-sieurs autres vertus de Guillaume Guez , la magnificence qu’il fit paroitre dans la structure duchâteau de Balzac , 6 c dans celle de fi maison d’Angoulême (/). Cette maison étoit embellie (senrichie de raretez fi exquises , particulièrement pour les tableaux & autres enjolivemens , que laReine Mere, Marie de Medicis, ne voulut loger que là , pendant son séjour d’Angoulême.III. Que Pun de ses autres fils s’apelloit Monsr. de Roussines (g). IV. Qu’il eut une fille , dontMonsr. de Balzac parle assez souvent (D)-.

{a) Le P,Anselme*

Hist. desgrans Offic;

?"<§. 194.

(b) Lk-mêmcm

(c) Voiez. lesLettr. choi-sies de Bal-zac» png. 364

Edition deHollande.

(d) Elle véctítjvsqtfen1653. Voiez.

U Xlll Ler-;tre de Bal- "zac à Con-rart, Livr %III.

( e ) Balzac,Lettre.XXVU LChapelain,Livre 21 L

(f) St. Ro*muaìd,ThréíorChronol. iLan 1627 .

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{A ) Elle est célébré pour avoir donné son nom ... à. ïundes plus éloquens Ecrivains du XVII fiéclei] Je ne sai pointsur quoi Mr. Moréri se fonde , quand il dit que ceux de laFamille de Guez ont porté le tìom de la Terre de Balsac.I. Prémierement, il devoir savoir qu'il faut écrir e Balzac,lors qu’il s’agit de ce Village ; 8c Balsac , lors qu’il s’agit del’ancienne Maison de Balsac d’Entragtìes (1). II a fait toutle contraire. II. Secondement, il n’y a eu que Jean LouisGuez, qui ait porté le nom de Balzac : son pere a toûjoursgardé son nom de Famille (1) ; 8c si , depuis la mort deJean Louis, quelqu’un de la parenté s’est fait apeller Bal-zac , je ne croì pas qu’il soit venu à la conoissance de Mr.Moréri. Au reste, ce qui a été dit par quelques personhes,suie fi Mr. de Balzac n eut point pris le nom de fa Terre , finnom de Famille étant rrits à la tête de fis Oeuvres, n eût paseu tant de succès dans le Monde ; cr qu en disant Lettres deMonsieur Guez , on n en eut pas conçu une p belle idée ; Vqu on se persuade que ce nom de Balzac étant pris pour celuid’une noble zsr ancienne Maison assez conue lui donnoit plus d'au-torité (3I ; cela, dis-je, est en partie vraisemblable, 8c en par-tie très-faux. II est vraisemblable qu’un nom austì simple8c austì peu prévenant que celui de Guez , auroit nui à unAuteur à la tête d’un Ouvrage (4) ; mais il est très-fauxque Jean Louis Guez ait mis le nom de Balzac à la tête deses Livres , asin d’éviter un semblable inconvénient, 8c a finde donner lieu de croire qu’ils venoient d’un grand Sei-gneur : c’est là précisément où Sorel en vouloir venir, avecses expressions confuses 8c entortillées. Encore un coup,cela est faux ; car Jean Louis Guez avoit pris le nom deBalzac , avant que de songer à l’impresiion de ses Lettres.Je ne saurois comprendre d’où est venu que Mr. Ménage ,qui a fait imprimer les Poésies 8c les Lettres Latines de cetAuteur, où l’on voit 8c fur le Titre , 8c furJe haut de cha-que page le nom de joannis Ludovicì Guezii Balzacïi,z ditqu’on y voit celui de Joannis Ludoviá Guefiì Balzacii (5).Je dirois que l’Imprimeur de l’Anti Bailler a mis Guefei aulieu de Guesti, st je ne voiois la même faute dans une Edi-tion très-correcte des Poésies de Mr. Ménage (6).

(B) Balzac .... étoit fils de Guillaume Guez , Gentilhom-me de Languedoc .] Mr. de Balzac représente quelquefoisson extraction d’une maniéré à nous en donner une hauteidée. II dit que ceux à qui il a /’honneur d’apartenif ont fon-dé des Monastères en divers endroits du Royaume , ZV qu An-goulême z? Thouloufi font glorieuses des marques que leur piétéy a laissées {7). II nous aprend en un autre endroit, quele bisaieul de son trisaïeul fut gratifié de trois paroissesen Languedoc , par la Comtesse Alix : 8). Théophiledonne une toute autre idée de la Famille de Monsr. deBalzac.

(C) ... . qui mourut âgé de cent ans fi Je me suis ser-vi du nombre rond , après Mr. de Girac, que j’ai cité ;mais je dois ici rectifier un peu la chose , par le moien

d’une Lettre de Mr. Guez à son fils, signée Guez , 8c da-tée du 20 de Novembre 1642 (9). ll étoit alors entré dansla 89 année de son âge. II n’avoit donc pas cent ans le 20de Septembre 1650, qui fut le jour de fa mort. Cette Let-tre est une exhortation pressante à faire imprimer quel-ques Manuscrits , íhr tout les Apologies contre Phyl-larque.

(D) . ... & qui eut une fille dont Mr, de Balzac parleassez souvent.'] Elle fut mariée avcc Mr. de Campagnolle ,qui mourut Capitaine aux Gardes au siège de Mbntauban ,8c qui étoit frere d’un brave dont Mr. de Thou parle quel-quefois (io\ Ce Capitaine aux Gardes laissa un fils, qui futtué au siège de Lens (n) , 8c une fille > qui est la Demoi-selle de Campagnolle , dont il est quelqiiefois parlédans les Lettres de Mr. de Balzac (12). II témoigne beau-coup d’amitié pour cette nièce, 8c donne de fort bons con-seils pour l’élever. Voiez ses Lettres choisies page 157 , 8cles Lettres XLVI, XLVII , 8e XLVI1I du VII Livre ,dans l’Edition in folio. J ai trouvé dans Une Lettre de Cos-tar un Passage qui concerne lá Demoiselle de Campagnolle.A Balzac , dit-il (13) , vous verrez une nièce , qui est belle erspirituelle , qui discerne fort bien la vraye galanterie d’avec lafausse , er à qûì il ne manque rien pour vous que de l’aimer unpeu davantage. C’est ce qu’il écrivoit à Voiture. J’ai vuun autre Livre , où il y a quelque chose qui pourroìt bienregarder cette Demoiselle. On y conte que Langlade (14),l’un de ceux que le Cardinal Mazarin employait le plus dansles négociations sécrétés , avoit aimé dans son pais , avant quede venir à la Cour , une fille de qualité , qu on apelloit Ma-demoiselle de Campagnol {if). ,, Î1 n’avoit pas osé lui pro-

,, poser de l’épouser : mais il avoit exigé d’elle qu’elle ne,, se mariât point, promettant de l’avertir quand sa fortu-,, ne seroit en état de la pouvoir rendre heureuse. II fit,, confidence à Gourville de la parole qu’il avoit donnée à„ cette fille , 8c lui témoigna avec quelque chagrin, qu’il„ ne se croyoit pas avoir a fiez de bien pour prétendre à cet-,, te alliance , n’ayant en tout que quarante mille écus.„ Gourville lui dit que cela ne devoir pas l’embarasser, 8c„ qu’il pouvoir partir avec toute assurance, pour achever„ son mariage, lui promettant de lui en donner encore„ autant. Langlade partit fur cette assurance , 8c don-,, na beaucoup de joye à Mademoiselle de Campagnol,,, quand il lui fit connoitre qu’il se souvenoìt encore d’el-„ le. Ils se marièrent, 8c Langlade revint à Paris avec sa„ nouvelle épouse , où ils trouvèrent que Gourville leur„ avoit retenu une belle maison , 8c qu’il l’avoit super-,, bernent meublée. B donna à Langlade ces beaux meu-„ blés , avec quantité de vaisselle d’argent 8c de pierre-„ ries pour fa femme, outre les quarante mille écus : Sc„ Madame de l’arville (16) prit grand soin de faire voir„ le beau monde à cette Provinciale. Ces nouveaux mariez„ vécurent encore long-tems fort contens l’un del’autre”.

(î>) ElU est ù.lapegedes Lettresclioiíïes deBalzac, Edit.de Hollande.

(tri) Voiez UsPoè'iîes Lat.de Balzac,

png. IIZ

Edit. in 12 .

(ll) Voiez ltVol. des Let-tres à Con- ;rart, Livre V,Lettr. III.

(n) Voiez laLXVII Let-tre 1fa VILivre, ir /»XLIIdt» IX.

(1 1) Voiez laXXIX Let-tre des En-tretiens deVoiture 85de Costar,gag. 249.

( 14) Galan-teries desRois deFrance,

Tom. II, pag,239 Edit. deBruxelles, en

1694.

(15) La mê-me, pag. 241.

(16) C’étoitune Malt restede Gourville a

xìsf U

:

“•'aierci-

BALZAC (Jean Louïs Guez de) nâquit à Angoulême, l’an ifpf (f)- J' stquitde fort bonne heure une réputation extraordinaire. II J avoit un si grand feu d’imagination ,

(A) Il nâquit à Angoulême, fan 1595.] Je n’ai trouvécela dans aucun Livre , mais voici comment je l’ai in-féré de deux Lettres de Balzac. II fait mention dans l’unede ces deux Lettres (1 ) d’un Remercîment qu’il avoit faitTOM. I . w

tant

â Mr. Spanheim en 1649 , pour la belle Harangue qu’il enq voit reçue , 8c qui lui avoit rendu une passion que 53 anslui avoient ôtée. Cette Harangue étoit fans doute l’Oraí-son funebre du Prince d’Orange Frédéric Henri : l’on peut

lii supo-

ment à Mt.Spanheimest la XIXdu V Livre,