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Tome premier. A - B.
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BELL

A R M I N.

fijviigilius,Eclog- VI.

>• 4-f.

s») Alegain-be, Biblioth.Sdc. Jesu,

pag. 411.

(10) C'tji min quarto ieití! pd*es >imprimé àBals , Can

1594.

(ri) Dans la%emarq. (B)de l y ^Arliclede (Marc)Antoine ,l’Orateur,Citation (7).

(■îi) Ancil-lon, Mêlan*ge Critiquede Littératu-re, Tom. /,

$*&• 352.

(13) Lh-mè-wejpag.ìS^

(14) Ce calculne s y accordepas avec Can1650 , datedu Livre deTh. Ray-naud, &avec ce quedit ce Jésuiteque Bellilí-inin. se moquade ce Libelle.

Os) Th,RaynaudiHoplotheca,Se£t. II, StrieII y Cap. l>X 66 t l 6 j %

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rante ou cinquante ans , il n’y a presque point eu d’habile Théologien parmi eux, qui n’ait choiflBellarmin pour le sujet de ses Ouvrages de Controverse. Les Leçons & les Thèses de leurs Profes-seurs fit il oient retentir par tout ce nom-là , Ut lìttus tîyla , Hyla , omne sonar et {d). On l'a attaquéde tous les cotez , Sc l’on n’a pas oublié d’examiner s’il s’cít contredit (D) , & s’il a fourni desarmes contre lui-même. C’est le sujet d’un Livre qui ne le devoit pas médiocrement embarrasser.Comme il se trouve par tout des indiscrets Sc des téméraires , il y a eu des Ecrivains Protestans,qui ont publié des fausserez contre Bellarmin , desquels son Parti a tiré beaucoup d’avantage (E).Cela n’est pas íì fâcheux , lors que des gens fans aveu , Sc des personnes inconues font cette faute ;mais lors que des Professeurs de réputation & de grand poids imputent à ce Cardinal ce qu’il n’apoint enseigné , ils font tort à leur cause , Sc ils s’expofent à de rudes mortifications. Un Profes-seur de Sedan, qui a fait parler beaucoup de foi dans J,a Hollande, en pourroit dire des nouvelles (F).

à Cambridge & à Oxford une nouvelle Leçon destinée à ré-futer Bellarmin. ln Anglu Academiâ Cantabrigienfi pAmum,mox etiam in Oxonienfi, nova prdeclio infiituta efi ad Cmtro-verstas Bellarmini , fi pojfent , refellendas (9).

(D) On a . . . examiné s il s’eft contredits] Un Ministrede Lithuanie , nommé André Crastovius > a composé unOuvrage intitulé Bellum Jefuiticum (10), où il'objecteaux Jésuites 105 Contradictions. Quelquefois c’est Bellar-min qui n’est pas d’accord avec les autres Jésuites : le plussouvent, c’est Bellarmin qui se réfute lui-même.

J’ai dit ailleurs (11), qu’on lui reproche d’avoir em-ploie & combatu les mêmes principes , selon qu’il avoir àdisputer , ou contre les Protestans, ou contre les Enthou-siastes. Voici dti détail fur cette espece de Contradiction.,, Quelques-uns, voulant excuser Bellarmin sur ces contra-„ dictions & ces défauts de mémoire , ont dit que le grand,, nombre de gens qui ont travaillé à la fabrique de cetOu-„ vrage , c’est-à-dire de ses Ecrits, comme les Architectes,i de Babel, y ont introduit cette confusion, faute de s’en-„ tendre ; mais bien loin que ceux de fa Communion,, prennent cela pour excuse , ils le rejettent comme une,, chose qui lui est injurieuse. Fuligati, qui a fait sa Vie,,, dit qu’il n’a même jamais eu de Scribe. .... Je crois,, que la véritable cause des contradictions de Bellarmin est„ que la nécessité présente d’attaquer ou de défendre est un„ objet plus puissant, & plus pénétrant que nul autre : ìî-, se soucie peu de s accorder avec luy-même , pourvû,, qu’on ne croye pas qu’il est d’accord avec ses parties ad-,» verses . . . (12). Bellarmin a souvent vérifié cette Re-,, marque dans ses Livres de Controverse : lors qu’il dispute,, contre les Libertins & les Schwencfeldiéns, touchant la,, nécessité de l’Ecriture , il parle comme un Protestant :„ lors qu’il dispute contre les Protestans fur la même ma-,, tiere , il raisonne en Schwencfeldien : s’il entreprend les,, Pélagiens fur la perfection des œuvres , il employé con-„ tr’eux tous les Argumens de ceux qu’il appelle Calvinis-„ tes : s’il a affaire contre les Calvinistes mêmes, il se sert,, des raisons des Pélagiens 8c de leurs distinctions. Atta-„ que-t-il les Anabaptistes fur le Baptême des petits Enfáns,„ il le leur prouve par l’Escriture. Est-il en contestation,, avec nous au sujet de la Tradition , le Batesme des pe-,, tits Enfans est un des points qui lui semble en prouver„ la nécessité , & dont l’Ecriture ne parle point d’une ma-,, niere Convaincante , à ce qu’il dit. Cela me fait souve-,, nir de la comparaison que j’ay vû quelque part de Bel-„ larmin à un certain Africain nommé Léon, qu’il com-„ pare lui-même à cet Oiseau amphibie d’Esope, qui estoit„ tantost oiseau , tantost poisson : oiseau , quand le Royf , des poissons exigeoit le tribut; & poisson, quand le Roy,, des oiseaux l’exigeoit : ut Léo quidam Africanus in Grana-„ tenfi Regno natus z? postquàm fubjugatum efi illud Regnnm,, in Asricam profugus de se fatetur , fi Afros vitio aliquo no-,, t art Jentio , me Granata natum profit eo r ; fi Granatenfes,, mâle auàiant , mox A fer fum ; Bellarminus certe multb,, qudm ille élégant tu s aviculam illam imitatur, qui nimirum

refpondet tom. 1. Controv. I. 1. c. 7. Pâtres secutos ejse sep-,, tuaginta Interpretum Editionem. Idem tom. I. Controv. 1 . 1.,, c. 1.0. de 1 Esdru agens , ait Pâtres secutos ejfe Hebraos, z?„ tamen illud alterum , notate , quanta vi verborum efferat.„ Negari ( inquit) non pot efi. Ipfe tamen id ipsum loco pofie-,, rìori nigat (13)

(E ) Des Ecrivains Protestans ont publié des fauffetez. contreBellarmin , désquelles son Parti a tiré beaucoup d'avantage.]Le Jésuite Jean Argentus, dans l’Apologie de son Ordre,fait mention de quatre Libelles fraîchement éclos contrela Société, desquels le troisième attaque directement le Car-dinal Bellarmin, 8c raporte beaucoup de choses qui avoientcausé, ou accompagné , ou suivi sa mort. Néanmoins, ceCardinal étoit plein de vie. Sans doute, Théophile Ray-naud a voulu parler de ce Libelle , quand il a dit qu’onavoir publié en Allemagne il y avoir 25 ans (14) un Ecritqui accusoit Bellarmin d’avoir tué beaucoup d’enfans, afinde cacher ses commerces impudiques (iy). On difoit deplus que ce Cardinal, touché enfin de repentance, avoirété à Nôtre Dame de Lorette , pour voir s’il pourroit ex-pier ses crimes ; mais que le Prêtre auquel il s’en confessafut saisi de tant d’horreur , qu’il lui enjoignit de sortir : cequi jetta Bellarmin dans un désespoir , où il mourut peuaprès. Voilà le précis de ce Libelle. Bellarmin le lut, &s’en moqua. II fit fans doute plusieurs réflexions fur cequ’on usoìt d’une telle diligence à publier sa mort, qu’ilavoir le teins d’en lire la relation. Théophile Raynaudtrouve que le Pere Gretser s’étoit donné une peine bieninutile en réfutant ces sortes de contes, & que les Protes-

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tans perdaient beaucoup par de tels récits (16) ; car on Otyítïï-Hiaprenoit par là quel jugement il faloit faire de la prétendueLettre de St. Udalric , qui porte que l’on trouva dans lepuits du Pape Grégoire II fix mille têtes d’enfant, aprèsqu’il eut chassé les femmes des Prêtres. Hareticis, vel adunam horam vagum mendacium , in lucro ponitur. Révéra ta-men ex hoc mendacio , decefiìt illis haud exiguum. Siquidem in-de deprehensum est , quâ fide ex horum mendaciloquorum ma-jeribus quispiam, ex commentitiâ S. Udalrici Epiftolâ , sex tnil-lia capitum infantilium , intra puteum Gregorii fecundi cttm isuxores Sacerdotibus abftulijfet, reperta dixerit. Non est enimovum ovo fimillus, quàm hoc de Bellarmini infanticidiisscrip-tum , ZA illa S. Udalrici Epiftolâ de c&dibtts per Clericos CP' Sa-cerdotes scortatores , adverjus quam fubdititìam S. AntistitisEpistolam, Zy 1 ipfe Bellarminus l. de Cleric. cap. 22. ztr Baroniusanno yçr. aliique certarunt. 11 n’est nullement nécessaire queles fables publiées contre Bellarmin aient un effet rétroactiffur le conte des fix mille têtes d’enfant ; mais il est cer-tain qu’on ne lauroit rendre un meilleur service aux Jésui-tes , & en général à tout Parti que l’on entreprend de dif-famer , qu’en publiant des calomnies qui se réfutent tres-facilement. C’est une chose remarquable , qu’y aiant uneinfinité de personnes possédées d’une démangeaison insur-montable de publier des Satires, il y en ait st peu qui sa-chent sart dc les bien empoisonner. La plupart de ceux quis’en mêlent ignorent, que pour y bien réussir , c’est-à-direpour faire qu’elles portent coup , il faut se mettre en pos-session de ces deux choses, & les observer religieusement :l’une est de n’avancer rien dont on ne puisse donner despreuves, & fur tout de s’abstenir des accusations qui peu-vent être facilement réfutées ; l’autre est de ne point s’opi-niâtrer à soutenir un fait réfuté. J’oubliois un troisièmeavis : c’est qu’il faut cacher soigneusement sa passion , &fuir les aparenccs d’emportement. J’avoue qu’en faisanttout le contraire de ces choses on ne trouve que trop degens dans son Parti qui avalent doux comme du lait toutce qu’on débite : mais c’est cela même qui fait un grandpréjudice à la cause ; parce que l’autre Parti s’indigne , &regarde comme un corps destitué de raison , d équité, 8cde l’aísistance de la grâce , celui d’où partent tant de Sati-res st avidement avalées. Ce ne font point ici des réflexionsdites en 1 air : elles font prises de l’expérience. Voler leprofit que le Pere le Tellier tire de certains contes que l’onfait courir fans savoir s’ils font vrais ou faux. Lisez un peuce qui suit.

» Que servira-t-il, par exemple, aux Jésuites de îa Chi-„ ne, d’avoir été les premiers 8c presque les seuls qui se„ soient soúmis, 8c fans la moindre résistance, aux Vicai-„ res Apostoliques, dès qu’ils y ont paru en 1684, puis-„ que Cela n’a pas empêché leurs ennemis de publier en-„ core l’été passé , par la plume de leur Secrétaire le Gaze-„ tier de Hollande , que le Saint Pere estoit extrêmement„ irrité contre les Jésuites , de ce qu’ils ne Vouloient pas,, reconoistre les Evesques qu’il envoyoit à la Chine?Peut-„ on douter que dans quelques années ce mensonge ne re-,, vienne à son tour sur la scene ? De mesme, que servira-t-„ il aux Jésuites d’Allcmagne, d’avoir une Attestation signée„ par quatre des principaux Conseillers de Mr. l’Electeur„ Palatin , tous Protestans, dans laquelle ils témoignent„ que l’Histoire du Jésuite contrefaisant une voix du Ciel,

,, pour tromper ce Prince , 8c l’animer à la destruction de„ l’Héréfíe, n’est qu’une pure fable? Cet Acte empeschera-„ t-il qu’ùn jour , sur la foi du Gazetier de Hollande, quel-„ que bon Protestant, qui continuera l’Histoire Jésuiti-,, que, ne fasse un chapitre de cette chimérique Avan-„ turc (17) ” ?

N’est-il pas étrange , que l'Auteur de la Religion des Jé-suites ait mieux aimé suivre sa passion aveugle , que profi-ter de ce Passage du P. le Tellier ? II en a profite si peu,qu’il a ramené sur la scene l’Esprit du Palatinat, 8c qu’il n’arien négligé pour faire que ses Lecteurs rejcitassent i’Attes- ,,s ‘tation des Conseillers Protestans de l’Electeur Palatin (18).

On fait de fort bonne part, qu’il blâma le Ministre Réfugié

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qui mit cette Attestation dans l’Histoire abrégée de l’Eu-

rope (19). Des gens comme celui-là gâtent le métier dont

ils se mêlent. Ils devroient laisser faire les Satires à des Ecri-vains modérez , qui les tourneroient d’une maniéré plusadroite , 8c plus propre à persuader.

(-F) Un Professeur de Sedan .... en pourroit dire des nou-velles^ 11 soutint des Thèses, Pan 1674» fur 1-a puissancedes clefs, 8c imputa au Cardinal Bellarmin d’avoir dit,qu 'un homme contrit , plein de foi, zsr désirant d'être réconciliéd Dieu , périt éternellement , de cela seul qu’il ne peut avoir dePrêtre pour k réconcilier avant la rnert .- Ce que je ne n»

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