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Tome premier. A - B.
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H L L A k M I N; . 505

II est remarquable que Bellârmin , fur la matière de la Prédestination-, n’a point suivi la. doctrinedes Jésuites (G)-, & qu’il n’a point favorisé la Morale relâchée , ni les expressions que les Dé-vots indiscrets avoient fait couler dans les Litanies {H}. La complaisance , qu’il eut pour ses Su-périeurs , en souffrant que l’on changeât quelque choie dans ses Ecrits, & en y changeant lui-mê-me quelques endroits , touchant l’efficacité de la Grâce , n’empêche pas qu’il ne soit au fond un

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indignation (20). Cela signifie qu’il avoit lu souventces paroles dans Bellârmin; 8c néanmoins elles'ne s’ytrouvent pas. Le Gardien des Capucins Irlandois (21) alladisputer contre ces Theses, 8c se plaignit d’abord avec uneextrême véhémence- de l’injure qu’on avoit faite à Bellar-min. II continua la Dispute avec la même impétuosité , Lcmit le Professeur en confusion. Ce ne fut pas tout. Au sor-tir de la Dispute , le Procureur du Roi présenta fa Requêtecontre ledit Professeur (2.2.). Les suites furent que l’Auteurdes Theses donna fa Rétractation par écrit, que lui & troisautres Ministres signèrent.

Personne n'aura raison de trouver étrange qu’un tel acci-dent ait trouvé place dans un Dictionaire tel que celui-ci ;car il ne serviroit de rien déformais de se taire sur ce fait ;& quand même j’aurois le ménagement de n’en rien di-re , il n’en seroit pas moins conu dans la Hollande , où leJournal des Savans est entre les mains de tout le monde.Chacun y a pu lire depuis quatre ans le précis de ce que jeviens de raporter ; & , outre cela , que les preuves authen-tiques de la Retrablation de Mr. Jurieu, (car c’est lui qui avoitcomposé 8e qui soutenoit ces Theses, ) font trois Certificatsproduits par l’Abbé de Cordemoi. -L’un est du, Procureur duRoi de Sedan , l'autre de Mr. le Comte. de la Bourlie Gouver-neur de la même ville, z? le dernier du Pere Nicolas d’HiiernieCapfuin (23). J'ai lu ces trois Certificats dans l’Óuvragede l’Abbé de Cordemoi : ils font datez de 1 année 1689.On se figure aisément que cette disgrâce affligea ceux de la ,Religion , 8e réjouît les Catholiques.

J’aurois voulu n'être pas,contraint d’allonger cette Re-marque dans la-seconde Edition; mais Mr. Jurieu aiantpublié quelque chose de fort outrageant contre moi à cesujet-là , il faut que l’on voie ici tout d'une suite , Le cequ il a dit , Le ce que j’ai répondu. ,, 'Le grand vuide, qui» se trouve dans les dernieres pages de cette feuille , fait,, une tentation , à laquelle on ne peut résister, d’apporter.” un exemple.notable, 8e des menuïtez, 8e des malignitez,„ dont on a dit que ce Livre est plein. • Voici le fait. Mr.» Jurieu , dans une"Dispute publique 8e imprimée, cita un„ Passage de Bellârmin , ois, par une faute de plume de-> l’Auteur, ou par une faute de Flmprimeur, au lieu d ’at-,, ttïtus , 011 trouva continus : ce qui fuioit dire à Bellar--» w m , qu’un homme pleurant, pénitent, Le contrit, étoit„ damné , s’il ne recevoit pas l’absolution Sacerdotale ; au-- deu que Bellârmin diibit , qu’un homme pleurant dou-,, loureusement ses péchés, par un sentiment à'attrttion,,, etoit damné ,' s'il ne recevoit l’absolution du Prêtre. Un" oine se remua là-dessus, sit grand bruit. Sous la bou-» Che du canon , Le sous la croix , Mr. Jurieu lui accorda„ ce qu 1! lui auioit accordé par tout, même en Pays do-,, minant pour la Religion : c est une reconrioiffance qu’il„ y avoit dans 1 Imprimé, faute , ou de la main de I'Au--, teur , ou de Flmprimeur , 8e que le sentiment de Bellar-„ min étoit tel que le Moine le diibit. . Dans Amsterdam„ ou dans Londres , tout homme sincere en auroit avoiìé„ autant. Ne voilà-t-i! pas une Histoire , qui, après avoir>, été imprimée dans toutes les Satyres, méritoit bien de„ passer par une troisième ou quatrième Impression , dans„ un Livre que l’on destinoit à l’immortalité ? Se peut-il„ rien de plus petit, & de plus pitoyable ? II y a donc là->, dedans , 8c malignité , 8c petitesse (24) ”. Voilà les pa-roles de Mr. Jurieu : 8c voici de quelle maniéré je les ré-futai. „ j’ai pris garde que l’affaire de Bellârmin lui tient>> fort au cœur : je ne m'en étonne pas ; mais la pruden->> ce auroit voulu qu’il n’.en eût pas fait la matière d’une>> Addition à la fin de son Ecrit. Le silence eût été le bon». parti : moins on remue certaines choses > moins s’y em-„ barrassc-t-on. Ge que j’en ai dit n’est point un exemple», de menuïtez. zsr de malignitez. J'eusse mal rempli fans cela». les devoirs d’Historien, puis que le dessein primitif de», mon Ouvrage étoit d’observer les fausses accusations à» quoi les personnes dont je parierais auraient été expo->» íees. Si j’eusse omis cclledà dans F Article de Bellârmin,

»» n’eút-on pas pu dire raisonnablement que jetois partial,

», 8c que j’oubliois des choses dont je ne pouvois prétendre», cause d’ignorance ? Je l’ai tirée , non d’un Livre satiri-», que, comme il le dit'faussement, mais d’un Ouvrage de»» Controverse , 8c du Journal des Savans. Je n'examine», point le tour qu’il prend pour couvrir sa faute : je prie», seulement mes Lecteurs de recourir à mon Dictionaire ,

», afin de comparer à fa Réflexion les Pièces.qu’on a pro-»» duites. On verra par ce parallèle combien la nature patit»» en lui, quand il faut faire quelque acte d'humilité Lc de»> bonne foi. Je n’en fuis point surpris ; car lors qu’un arc»> a été toujours plié d’un certain sens, on a mille peines à», le courber d u-sens contraire , la prémiere fois qu’on Fen-» freprend. II en va de même des fibres de nôtre cer-», veau (23) ”, . •

La plupart de mes amis trouvèrent que j'a vois trop né-g 'ge de me servir de mes avantages : Les occasions , me di-

-Us , ne vous ont point manqué ; mais vous avez manquéait T°OAt° n i ’ & ne f aut P as fi nn ^ rt digne de ce reproche

dans les combats de plume , non plus qu’à la guerre. Pourquoin avez-vous pas mis dans tout son jour par un détail circons-tancté le faux-fuiant de cet homme ? - Ne le pouviez-vous pasconfondre par telle z? par telle Réflexion ? Je me défendis parles moiens les plus propres à faire finir cet entretien : ce futen disant qu’il ne faloit point prodiguer dé telles Observa-tions dans une feuille volante , que ç'auroit été placer foiibien à fond perdu , Lc qu’il valoit mieux le destiner à la se-conde Edition de mon Dictionaire. J’ai songé depuis â celaplus d’une fois, 8c j'ai trouvé qu’il faloit laisser à mes Lec-teurs tout le foin de, réfléchis sur ce petit incident. II ncleur sera pas difficile de comparer ensemble toutes les Piècesde ce Procès , ni de découvrir dans F Apologie de .Mr. Ju-rieu les grimaces Lc les contorsions d'un homme qui souffrela gêne. C’est après tout à l’Abbé de Cordemoi à réfutercette Apologie. II me convient mieux d'être FHislorienqueF Auteur des Réflexions que cette querelle peut fournir.

(G) Sur la matière de la Prédestination , il n a point suivila doùlrine des Jéfuttesé] II a été bon Thomiste , 8c nulle-ment Moliniste. Mais, quelque grande que fût son auto-rité parmi ses Confrères , il n’a eu guere d’imitateurs. Cepetit nombre d’Anti-Molinistes dans ce grand Corps nelaisse pas (savoir ses usages. Je ne saurais mieux expliquercette pensée , qu’en raportant les paroles de celui qui a pu-blié l’Histoire de la Congrégation de. Auxiliis. ,, II se ren-,, contre quelquefois des génies d’un ordre supérieur, quì„ ont acquis du crédit 8c sc sont rendus nécessaires au corps,,, Lc qui s’élevant au dessus des craintes Lc des considéra-tions ausquelles les autres sc croyent obligez de céder, en-„ feignent plus franchement les véritez qu’ils ont apprises,, par de bonnes études, ne se pouvant refondre de trahir», leur conscience, ni d’être rebelles à la lumière. La Com-„ pagnie les toléré , Lc souffre cette petite révolte ; parce„ qu’elle fait bien le moyen d’en tirer de Futilité , 8c de la,, faire servir à son avantage 8c à fa gloire ; 8c que d’ail-,„ leurs il n’y a pas sujet de craindre qù'un tel exemple soit„ suivi d’un grand nombre, 8c fasse schisme dans les Ecç-„ les de la Société. II est même de fa grandeur, Lc confoi-,, me à ses principes , d’avoir des Docteurs graves de tous„ les scntimens, qui puissent servir à leur dogme capital de„ la probabilité. , Car on ne fait pas ce qui peut arriver.,, Les choses 'peuvent changer du blanc au noir : 6c si la,, Compagnie se trouvoit obligée » au moins en quelques,, Provinces, de changer de sentiment fur la grâce , com-„ me elle a fait en France'sur Fautorité du Pape, il ne se-,, roit pas de fa dignité de chercher ailleurs des Docteurs», graves fur Fautorité desquels elle pût appuyer son chan-„ gement. On peut compter entre les Théologiens dont je„ parle le P. Tiphaine , íi célèbre par ses deux Ouvrages,, De Hypostafi, & De Or dine, 8c F Auteur de la Thèse, quj„ fut soutenue à Rome en 1674 , dont les sentimens tou-„ chant la Prédestination Lc touchant la Grâce sont tour à>, fait conformes à ceux de St. Augustin (26) ”. J’ai dû ra-porter cela tout du long , non seulement parce qu’on enpeut inférer que Bellârmin étoit fort considéré dans sonOrdre , 8c qu’il' le savoir bien ; mais aussi à cause d’uncertain sel dont ces paroles font parsemées , qui est fortpropre à exciter bien des notions.

(ís) ll n a point favorisé la Morale relâchée , ni les expres-sions des Dévots indiscrets . . . dans Us Litanies. ] Les Pro-tecteurs de cette Morale n’aprouvent point le délai de Fab-solution ; mais le Cardinal Bellârmin „ a prêché devant„ les Papes la nécessité Lc Futilité de ce délai , 8c ses Ser-,, mons íônt si remplis de cette doctrine , qu’on volt bien>, qu’il savoir fort à cœur, 8c qu’il la mettoit en pratique,, avec beaucoup de foin. On en peut voir de fort beaux,, endroits extraits par FEminentiffime Cardinal d’Aguire,, dans ses Dissertations VIII Lc X fur le III Concile de„ Tolede (27) ”. Celui qui me fournit ces paroles est unJanséniste qui a publié un Mémorial , contenant , 1 , une Dé-duction sommaire de l'origine ZP“ de l’état présent des Contesta-tions doélrìnales du Pais-Ras , L? des véritables moiens de lesterminer ; IL, une Réponse succinéíe aux trois Accusations déJansénisme , de Rigorisme . v de Nouveauté (28). II ditque le „ savant- 8c pieux Cardinal Bellârmin auroit dû pas-„ fer pour un Novateur, aussi bien que pour un Rigoriste,

„ s’il avoit fait en ce tems-ci ce qu’il fit en plusieurs occa-,, fions pour le rétablissement de la discipline Lc pour le re-„ franchement des abus. Les clrangemens qu’il fit dans son,, Archevêché de Capoue , l’ordre qu’il établit dans l’Evê-,, ché de Monte-pulciano qu’il gouverna quelques années en„ Fabsence du propre Evêque , les avis qu’il donna an Pa-„ pe Clément VIII pour la réformation de l’Èglisc, ceux!„ qu’il adressa à son propre Néveu Evêque de Theane„ pour sa conduite Lc pour Fadministration de son Dioce-„ se , les Sermons qu’il prêcha dans le Palais Apostolique», 8c dans les deux Eglises que je viens de nommer , sont„ autant de témoins des saintes 8c nécessaires Nouveautés„ qu’il s’étudioit d'introduire , Lc dont il fit conoitre l'obli-,, gation .... Chacun fçait que c’est principalement sur„ cette matière (29), que l’açcufation de Nouveauté a„ esté prémierement formée. Cependant si c’est là. estre. Sss Nova-»

(26) Hist. ,abrégée d€la Congré-gation deAttxilìissi

(h) Me-Jnorial,

Votez, la Cita-

tien suivante m

(rt)ll cft im-primé à DèÌfty'chez, Hinrivan 7 ? ijn , en16516. 11 con -tient 28 pa-ges ín 4.

(29) C'est à-dire la correc-tion de quel-que façon dcparier quiicandalizeles Héréti-ques » cóm-111e quel-ques-unes duIfautier at-tribué à SaintBonaventu-re » qùi sem-blent don-ner à la Ste,Vièrge éequi n’apar-tient qu’àDieu ou àJésus-Christ. 1

Voie z. U Mé-morial, 8c î»pag, 20;