BERULLE. BE VËRNINGÍC 545
étoit mort de poison (C). Ce que je dirai de PEditiôn de ses Oeuvres rectifiera une négligencede Mr. Moreri ( D ). Je réfuterai auífi une faute de Mr. Perrault (E). Le Cardinal de Berulléavoit un frere Conseiller d’Etat, & dont l’un des petits-fils a été Maître des Requêtes, Intendantà Lion, & puis premier Président au Parlement de Grenoble (b). Le trere de celui-ci se nom-moit T Abbé de Berullc, & fut Maître des Requêtes, & Prieur de Saint Romain du Puy, auprèsde Lion, Lc mourut fur la fin du mois de Juin 1704 (c).
15) LeVaflbr,Histoire detou'is XIII,V /,l»l-i ér 3.
b°) Testa-ment Politi-que du Card.
Richelieu,Ihapùre /,
( ») Ri-'natd , hìC.
de la"cdu tc .i e Joíef,
1 > pag.
3I 3. Voici.‘W* U V ievéritablei’tte Joies,13 a. £-•^■de ta Haie,
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12 .
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P) Lettre dusuc d’Or-
«*»I63j 4 *
>> extases', que telle étoit fa volonté (9) Nous ver-rons dans la Remarque suivante comment ect Historiensexcuse d’avoir souhaité qu'on n’abaiflat point la Maisond’Autriche.
Le Testament Politique du Cardinal de Richelieu nousaprend la partialité du Cardinal de Bérulle pour l’Espagne.J’en citerai ce morceau. Votre Majesté sc’est le Cardinal deRichelieu qui parle à Louis XIII) eut far ce moyen affran-chi pour jamais les Grisons de la Tyrannie de la Maison d'Au-triche , fi Fargis son Ambassadeur en Espagne, rient , à lasollicitation du Cardinal de Bertille, fait {ainsi qu il l’a consefédepuis) fans votre su, e? contre les Ordres exprès de V, Ma-jefié, un Traité fort désavantageux, auquel vous adhérâtes en-fin, pour plaire au Pape qui preftendoit être aucunement inté-ressé dans cette affaire (io). L’Abbé Richard cite ces paro-les dans son Histoire d u Pere Joseph, après avoir dit quele Traité fait par le Seigneur du Fargis . . . fut désavoué,parce qu il ri avoit pas suivi les instruâíions du P. Joseph (ri).II ajoute qu’il fut résolu au Conseil du Roi de dissimulercette faute de du Fargis : mais , qu’â lieu de ratifier cequ il avoit fait, on lui envoieroìt un autre projet , fur lequel iljêroìt réformer le premier ; ce que l'Ambassadeur exécuta (12).
(C) On voulut faire acroire qu il étoit mort de poisons ,. fl
>> étoit mort subitement, en diíant la Messe. Un
» pareil accident fit croire à plusieurs personnes que Ri-„ chelieu savoir empoisonné. Le Duc d’Orleans finíinue» dans une Lettre au Roi. En me réconciliant avec laRcine,, Madame ma Mere, dit Gaston, mon Cousin k Cardinal de Be-,, rulle me rendit un fort bon office. Maïs il lui fut funeste,!> puisque fa mort le suivit de fi près (*). N est-ce point» pousser la malignité trop loin ? Bérulle languifl'oit depuis,, plus d’un an. On lui trouva les parties nobles gâtées &,, corrompues. Peut-être que les malins s’imaginerent que„ c’étoit un effet du poison lent, que Richelieu, qui vit„ s élévation de Bertille avec chagrin , lui avoit fait don-„ ner. Quoi qu’il en soit, tout le monde reconnoit que
„ Bertille étoit parfaitement homme de bien. S’il etít des„ travers dans la Politique, cela vint de la tendiesse de fa„ Consciences & de ce que trompé par un zèle mal en-„ tendu de Religion, & par certains préjugés de Dévo-„ tion , il s’imaginoit bonnement que son opinion étoit„ plus avantageuse au bien de l’Etat, fk au rétablissement,s du culte Romain, en France & ailleurs (13).
Notez que Mr. le Vassor ne rejette, ni n'adopte.Ia mé-disance des ennemis du Cardinal. C’est un signe qu’il nela trouvoit guere vraisemblable.
(D) Ce que je dirai de l’Edition de ses Oeuvres rtfíifiera unènégligence de Mr. Moreri .] Une partie des Oeuvres du Cardi-nal de Berulle avoit esté diversement imprimée de son vivant :l’autre partie fut trouvée dans fes Manuscrits (14). FrançoisBourgoing, fur les defirs ct instances des Peres de l’Oratoi-re, dont il a été Général, les fit ramasser toutes, & recueilliren un corps (15). Le Pere Gibieuf, qui en avoit une plusgrande connaissance qu aucun autre , les disposa, & les enri-chit d’argumens ct de Sommaires (16). Elles furent impri-mées à Paris, l’an 1644, in folio, & l’on en donna uneseconde Edition dans la même ville , fan 1657 , in folio »Le Pere Bourgoing (17) les dédia à la Reine Régente An-ne d’Autriche✓ & y ajouta une Préface, qui n’est point,comme le prétend Mr. Moreri, un Abrégé de la Vie du Car-dinal de Berulle ; mais plutôt s Eloge de fa dévotion, &l’idée générale de fes Ecrits.
(/;) Je réfuterai une faute de Mr. Perrault f 11 afirméque le Cardinal de Berulle, aiant conduit la Princesse Hen-riette Marie en Angleterre, s’y concilia l'amour er la véné-ration de tout le monde ( 18 ). Cependant voici ce qu’ontrouve dans une Lettre que ce Cardinal écrivoit à cettePrincesse , le 2.6 d’Octobre 1625. Il a pieu d Monsieur leDuc de Boukquingam, faire faire de grandes plaintes au Roypar un sien confident, nommé Monsieur deGerbieres , arrivé dixou douze jours âpres moy, que favois conspiré O 1 attenté enAngleterre , contre fa vie cr fa fortune (19).
»
BEVERNINGK (Jerome) à été l’un des plus habiles hommes du XVII siecle pource qui regarde les Ambassades, & les importantes Négociations. II étoit originaire d’une Mai-son noble de Prusse {A) ; mais il naquit à Tergou, dans la Hollande, le zy d’Avril 1614.Cette ville, qui sc glorifie avec raison d’avoir produit un si grand homme, le vit au nombre defes Conseillers l’an 164s, & au nombre de fes Bourgmaitres Tan 1668. ^ Elle le députa l’an 1646aux Etats de k Province. II y donna de si bonnes preuves de fa capacité, qu’on ne tarda gueres àse servir de lui pour les affaires dé conséquence. Les Etats de Hollande le députèrent avee Mon-sieur de Brederode, l’an iris o, aux Etats d’Utrecht, pour les prier de se trouver à l’Assembléeextraordinaire des Provinces Unies qui se devoir tenir à la Haie. Les mêmes Etats de Hollandele députèrent en 16 f 1, pour assister à cette grande Assemblée des Provinces Unies. La ville deTergou le députa en iris; à l’Assemblée des Etats Généraux. II fut envolé k même année auProtecteur & à la République d’Angleterre, en qualité de Député extraordinaire: cette qualitésiit changée Tannée d’après en celle d’Ambassadeur extraordinaire. 11 conclut k paix entre kHollande & T Angleterre, le 28 d’Avril iris 4. Pendant le cours de cette Ambassade, on lui con-féra k charge de Thréforier général des Provinces Unies» 111 a posséda jufqu’en 166s, & il netint qu’à lui de 1 a garder plus íong-tems ; car les Etats Généraux le prièrent de continuer à exer-cer cet emploi, & ne consentirent à k démission qu’il leur demandoit, qu’après avoir vu que nileurs raisons , ni leurs prières n’étoient point persuasives. On lui donna un témoignage très-avantageux que Ton étoit parfaitement satisfait de fa conduite , & on lui marqua en particulierl’estime que l’on avoit pour fa personne (a). II avoit eu le bonheur, Tan iris p, de contribueravec d’autres Députez à k cessation des différens qui s’étoient élevez dans la Province de Gronin-gue. On peut dire que cette sorte de bonheur étoit attaché à son étoile , & cela paroít par legrand nombre de Traites de paix ou d’alliance qu’il a conclus (B). Í 1 fut envolé deux fois à Cle-
(A) ll étoit originaire d’une Maison noble de Prusse.) Jeanûe Beverningk son aieul, Gentilhomme de Prusse, vinten Hollande fan 1375, avec le Comte de Hohenlo. LesEtats lui donnèrent une Compagnie d’Infanterie. II devintensuite Lieutenant Général de l’Artillerie. 11 épousa la filledeDirck Loncq, Bourgmaître de la ville de Tergou, &Thréforier Général de la Province de Hollande. De cemariage sortit Melchior de B e v e r n in'gk ,Capitai-ne d’Infanterie au service des Etats Généraux , & Com-mandant aux Châteaux d’Argenteau èc de Dalem. II semaria avec Sibylle Standert, fille de Léonard Standert,Ecuyer, Capitaine d’Infauterie, & Gouverneur de Knod-senbourg vis-à-vis de Nimegue, & de Catherine Haussart,Elle de François Haussart Chambellan de la Reine de Hon-grie. Notre Monsieur de Beverningk est sorti du mariagede Melchior de Beverningk & de Sibylle Standert.
(L) Le bonheur de faire cesser les différens étoit attachéa son étoile : cela parois par le grand nombre de Traitez, depaix ou d’alliance qu’il a conclus.) Vous allez voir un passa-ge qui dans une longue parenthèse nous commentera ceci." Monsieur Patius (il estant Ambassadeur en Espagne, &c" conservé & augmenté,par sa grande capacité,dans" * c !Pnt delaReine, & du Conseil d’Espagne, les salu-„ lattes impressions que Monsieur de Bevsrning (homme10 M. 1. ^
Ves
„ né pour faire la paix dans le monde, Payant donnée du„ temsde Cromwel, & puis après à Breda , aux Anglais,j & Hollandais, à Cleve à l’Evesqne de Munster, à Aix„ la Chapelle aux François & Espagnols, Sc tout nouvel-,, ìement à Cologne, à l’Archevesque de Cologne & à,i PEvesque de Munster, & n’aiant pas peu contribué à,, la paix faite depuis peu avec f Angleterre, & qui pour,, ce lujet pourroit porter avec justice le nom de Pacifique:)„ leur avoit données, pour s opposer de bonne heure par,, des moyens justes 8c efficacieux, à l’ambition des Fran-,, çois, Stoupe ne sçait comment s’en vanger autrement,,, qu’en le caloniant, & en l’accusant faussement d’estre Ar-„ minien. C’est encor une sotte crainte qu’il a pour Mon-„ sieur Patius, qu en cas qu il vienne apaffer par la Suisse,„ il rien échappe pas à fort bon marché. Je m’assûre que,,, si cela arrivait qu’il passât par ce pais, Messieurs les Suis-,j fes, tant des Cantons Protestans, que des Catholiques,, Romains, le recevroient avec leur civilité ordinaire, &„ avec le respect dû à son Caractère & à son grand mérite,„ & qu’ils luy feroient des remercimeus solennels pour,, avoir tant contribué à la conservation de la Religion, &„ pour la liberté de l’Europe „. Voilà ce qu’on trouvedans une Réponse, qui fut faite aux Lettres de Mr. Stouppfur la Religion des Hollandois (2).
Zze
(é) MercureGalant dtJuillet 1704.pag. SS.
(c) Lh-rnémc*pag. 100,
f, 3) Hist.de LouisXIII, Tom.VI, pag.
204 , 20j.
(14) Fran-'çois Eour-goingl, írtffdes Oeuvresdu Cardinalde Berulle.
(1î) Là-même .
(16) Là.même.
(17) Moreri
le nomme
Bourgouia*
Cela. cjt blâ-mable : il fautdonner lesNoms propretfans altéra-
(18) Per-rault, Hom-mes illustres,Tom.I.pag.i 44
(19) Oeuvre®de Berulle,
pag. 86i.Edit. de Pck-ris 9 cnit$ 7 ì
(a) Ce f»tpar le présentd une Couped y or émailléi *que le Conseild y Etat lui />,
( 2 ) Cetfe\é-
ponse a pourTitre La vé-ritable Rfili^gion desHollandois ,sfr sut impri-mée .t ^Am-sterdam , en167 5 j in 12,Voiez.-tn lespages 234 £•2Z5.