BIGOT.
s-) Gazettede Paris du24 DécembreUt».
(i) L’Epi-gramme L Xda Livre 11de Patquierefl adressée adEdemeii-cum Tibet-menium, mSenatu Ro-tomageníîIrsíidera.
(3) Tiré de SAdditionsde Mr. leLaboureur _aux Mémoi-res de Cas-telnau, Tom,
ly pag. 884
4 ? fitivy
{4) Dans la^(marqueprécédente ,y ers la fin •
(5) llfMtdire Sommc-ïlil. LesNoms propresfont étrange-ment défigu-rez* dans UsLivres dit P,Jacob.
s6) Le PereJacob, dansson Traitédes Biblio-thèques ,7SI»
imprimé Pan
$6z
L’amour des Lettres le détourna des emplois publics : il ne s’occupa que dé Livres & de Scien-ces: il augmenta merveilleusement la Bibliothèque que Monsieur son pere lui avoit laissée ( B ),On s’asièmbloit une fois chez lui toutes les semaines, pour des conversations d’érudition. II en-tretenoit commerce de Lettres avec un grand nombre de Savans : ses conseils & ses lumières étoientutiles à beaucoup d’Auteurs 3 6 c il travailloit de son chef au bien & à l’avantage de la Républiquedes Lettres. II n’a publié qu’un Livre (C)-, mais aparemment il en auroit publié d’autres, s’ilavoit aslèz vécu pour y mettre la derniere main. Mr. Ménagé dans le Roiaume , & NicolasHeinsius dans les païs étrangers, étoient ses deux plus intimes amis (D). II n’avoit contracté au-cun des défauts que la Science traîne avec foi: il étoit modeste, & ennemi des contestations. Engénéral, on peut dire que c’étoit le meilleur cœur qu’il y eût au monde ( E). 11 mourut à
Rouen, le is de Décembre ió 8 p, âgé d’environ soixante-quatre ans ( c). II a témoigné par sonTestament, qu’il meuroit avec la même affection pour le bien des Lettres avec laquelle il avoitvécu (F).
mier Président au Parlement de Normandie; & il comptoitparmi fis ancêtres deux Préside»! au Mortier, un Avocat Géné-ral , ey sx Conseillers au Parlement. Developons un peu cela >selon le détail que Mr. le Laboureur nous fournit. L a u-rens Bigot, Seigneur de Tibermenil, étoit Avocat Gé-néral au Parlement, lors que la ville fut prise fur ceux dela Religion , Fan 1562.. II étoit Catholique zélé, & il con-tribua de toutes ses forces à la penderie qui fe fit alors àRouen. Les Historiens Huguenots fe font plaints de farigueur. II mourut le 13 de Juillet 1370. H étoit fils d’AN-toine Bigot , Lieutenant Général du Bailli de Rouen,& il fut pere d’HEMERY Bigoi , Seigneur de Tiberme-nil , qui fut pourvu en survivance de la charge de son pere,avec dispense d'âge, par Lettres du 1 Novembre 1551,regîtrées au Parlement le 21 Août 1552, & l’exerça depuisl’an 1570 jufqu’en 1578, qu’il fut élevé à la charge de Prési-dent au même Parlement. II s’étoit oposé en la même an-née à la proposition qui fut faite aux Etats de Blois, d’ex-clure de la succession à la Couronne de France le Roi deNavarre, comme Fa remarqué Mr. ,de Thou au livre LXIIIde son Histoire!; On a imprimé plusieurs de ses Lettres aveccelles d’Etienne Pafquier (2). 11 ne laissa point d’enfans.Cette famille a été continuée par Jean 8c Etienne Bi-got , freres de l’Avocat Général. Je laisse là les descendansde Jean Bigot : quant à Etienne, il eut douze fils 8c sixfilles. Laurens Bigot , Sieur de la Turgere, l’un deses fils, fut pere d’EïiENNE Bigot, Conseiller en la Courdes Aides de Rouen , qui transmit fa charge à GuillaumeBigot son fils , pere de Guillaume Bigot Conseillerau Parlement de Rouen. Jean Bigot , autre fils d’E-tienne, fut Lieutenant du Bailli de Rouen , 8c eut pourseul héritier Jean Bigot fin fis, S. de Sommenil, Con-seiller en la Cour des Aides de Rouen, qui, dans fa riche Bi-bliothèque , a assemblé les véritez en original de l'Hisoire de laProvince de Normandie, SC qui, de Barbe Groulart sa femme,file de Claudeprémier Président au Parlement de Rouen,a eu19 ensans, entr autres Jean, S. de Sommenil, Conseiller auParlement de Normandie , Nicolas, S. de Cleuville, quia succédé à la charge de son pere, <& Hemery Bigot (3),qui est le sujet de cet Article.
(B) ll augmenta . ... la Bibliothèque que Monsieur sonpere lui avoit laissées J’ai déja dit (4) quelque chose tou-chant cette Bibliothèque de Mr. Bigot le pere, en citantMr. le Laboureur ; mais voici un homme qui en parleplus amplement. „ Mr. Jean Bigot, Escuyer, Sieur dc„ Sommeuil (;), 8c de Cleuville, Doyen des Conseillers„ de la Cour des Aides de Normandie, a une grande co-„ gnoissance des bons Livres, desquels il a fait une magni-„ fique Bibliothèque, composée de plus de 6000 volumes,„ entre lesquels il y a plus de joo Manuscrits tres bons 8c„ bien rares, lesquels il communique facilement à ceux„ qui en ont besoin pour le public, en quoi il sera à ja-,, mais louable (6) ».
(C) Il n a publié qu un Livre. ] C’est la Vie de St. Chry-fifôme composée par Palladius. Ni Fronton du Duc, niHenri Savill, n’avoient pu venir à bout de trouver le Tex-te Grec de cet Ouvrage: on n’en avoit qu’une TraductionLatine, composée par Ambroise de Camaldolì. Mr, Bigottrouva le Grec à Florence, dans la Bibliothèque du grand
Duc, 8c k publia à Paris, l’an 1680. II y joignit la nou-velle Traduction Latine qu’il en avoit faite, 8c quelquesautres Traitez. Le Journal des Savans en parla dans un as-sez grand détail; mais sans rien toucher qui concernât uneLettre de St. Chryfoftcme au Moine Cesarius (7). Consultezles Journalistes de Hollande, qui en ont parlé souvent (8).Voici de quelle maniéré ils Font fait en dernier lieu : ledessein de Mr. Bigot avoit été de joindre à la Vie de St. Chry-fostôme l’Epître d Cesarius, qu il avoit déterrée dans une Bi-bliothèque de Florence ; mais elle parut f formelle contre laTransubstantiation, que les Examinateurs le contraignirent à lasuprìmer (9).
(D) Monsr. Ménagé. . . étoit de ses plus intimes amis.] Detous les endroits du Menagiana où il est parlé de Mr. Bigot,je ne copie que celui de la page 75. Si j’étois à l’âge de,, quarante ans, je pleurerais amèrement la mort de Mr.„ Bigot; mais je fuis tellement accablé de mes maux, que
je ne fuis plus capable d’être sensible aux maux étran-„ gérs. Je suis auífi mal-heureux que Priam, qui furvéquit,, à tous les siens. II y a trente-cinq ans, que Mr. Bigot lo-„ geoit chez moy toutes les fois qu’il venoit de Rouen à>, Paris, fans que nous ayons jamais eu le moindre diffé-,, rent Fun avec Faune. II étoit singulier en une chose:-, comme il parloir peu, il ne me disoit jamais rien de ce„ qu’il avoit dessein de faire, nonobstant la familiarité qui„ étoit entre nous; jufques-là, que lors qu’il fit le voyage„ de Rome, il ne m’en dit rien qu’un jour ou deux avant„ de partir. Lors qu’il prit congé de moi, il me demanda„ seulement si je n’a vois rien à lui commander. Je perds„ beaucoup à fa mort. II m’avoit écrit, il n’y avoit pas„ long-tems, qu’il alloit lire tous les anciens Poètes Gau-„ lois pour Famour de moi, 8c qu’il me ferait part de„ tout ce qu’il trouverait de propre pour mes Origines de la„ Langue Françoise. La Bibliothèque qu’il a laissée vaut au„ moins quarante mille francs. II avoit une grande Littc-„ rature, 8c les Savans de Hollande attendoient ses Let-„ tres comme des Décisions fur les difficultez qu’ils lui pro-„ pofoient >,. C’est une très-belle amitié, que celle quia duré si long-tems, fans aucune interruption, entre cesdeux Hommes illustres. Celui qui a dit que ces fortes d’a-mitiés fout heureuses (10), auroit pu dire avec autant de rai-son quelles étoient rares. Mr. Ménagé a dédié à Mr. Bigotson Âmi-Baillet.
(E) C’étoit le meilleur cœur qu’il y tut au monde.] Je nefaurois mieux commenter ce Texte, que par les paroles deMr. de Beauval. Jamais , dit-il ( 11 ), l'on ne fut un plusfincere ni plus fdele ami, er il avouoit lui-même que c étoit lalouange qui le touchoit davantage, ll étoit d’une probité peucommune dans ce ftecle malheureux, 8c tellement ennemi dufaste, que fa modestie alloit jusqu à la simplicité dans ses moeurs.Son humeur pacifque cy tranquille le rendoit incapable des éclatscy des querelles, que la jalouse cause parmi les gens de Lettres.
(F) ll a témoigné par fin Testament, qu il meuroit avec lamême astèílion pour les Lettres avec laquelle il avoit vécu.],, II a substitué sa Bibliothèque à sa famille, pour en éviter,, le partage, 8c il en a confié le soin à Mr. Bigot de„ Monville , Conseiller au Parlement de Paris, avec un„ legs considérable pour la grossir 8c l’augmenter tous les,, ans (i2)
(7) Journaldes Serinsdu 2 S ìi0S
3 '
de / F-truster-
: Veutcuvez, eelles à ba
bliotheque,
& qui faitdepuis Inn§
teins l’hon-
neui àsLettres aRouen,
Couve' -e laib, tirses,?-», Art.ut 6°!'
(p) frise acSOuvragédes Savans»íe'vr.ca(. &•
sir) F*-.
rnèsne.
(4) La Croixdu Maine,
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BIGOT (Guillaume) natif de Laval au païs du Maine (a ), Médecin 6 c Philosophe,a été un lavant homme, fous le régné de François I. On a cru que le docte Pierre Castellan con-çut quelque jalousie contre lui, 6 c que par la crainte de foufrir éclipse, il l’cmpêcha d’avoir ac-cès auprès du Roi. D’autres disent que ce fut une calomnie, à laquelle Melanchthon ajouta foitrop légèrement (vf). II est sûr que le moien dont on prétend que Castellan se servit pour ren-dre;
( A) On a dit que Castellan .... t empêcha d’avoir aecetauprìs du Roi . . . cy que ce fut une calomnie, à laquelleMelanchthon ajouta foi trop légèrement.] Nous avons deuxchoses à faire: il faut montrer ce que Melanchthon pu-blia , Lc ce qui fut dit contre Melanchthon fur ce sujet.Voici les paroles de Melanchthon : Duo fient in Galliâ viriexcellenter doísti, Castellanus , cy Bigotius. Et quia Castellanidisputattones crebro d Rege audiuntur,hortatur quìspiam ex pro-ceribus ut Bigotius etiam audiatur. Interrogat Rex in quo doc-trins, genere verfitur. Cbmque alii honorifico testimonio eum or-narent, tandem Castellanus, qui augeri ejus opinionem nolebat,ìnterfellans t Sjuid, inquit, tantopere prsdicatis? Est Aristote-licus. Rex interrogat qualis fit ea defiriptio. Dicam, inquitCafiellanus. Arifioteles àçicox.çeiscir adfirmat meliorem statumtjfe quam regnum » Ha c voce apud Regem fiiebat ft omnem auc-
toritatem V Arifioteli V ejus fiudiofis detraxijfe. Cumque ReXinterrogaret an hoc firipfirit Arifioteles, C7 ceteri idadfirmarent,audivijsetque desendere Bigotium Arifiotelicas fintentias, deltrareArifiotelem inquit , ey negaret fe defenferem harum inepttarumauditurum este. Facite vicit Castellanus tali pudice{i), L'Au-teur de la Vie de Castellan réfute cela avec quelque force.Ce qu’il dit mérite d etre ici tout du long. A Bìgotio Gor-giam quendam in vicis ey quadriviis profitente ita privatim &publice lacestttus convittijque appetìtus suerai, cy script o apudex-teros tradu£lus,ut merito eum odio profequi pofse videretur. Narn<y Philippum Melanblhonem calumniis itd illi infeftum reddide-rat, ut is nimiiem credulus eyfacilis ea de ipfi firiberet qus nos,propter publkam caufam , non fine gemitu legere poteratnus-Nempe Castellanum ex eo calumniatorum este genere qui, ìnvï-diâ concisati ,mendaciis confiâìis bonus causas apudReges oppH'
narent