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Tome premier. A - B.
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BYBLIS. B Y B L O S. B I G O î S. BIGOT. 5§t

sentir à 'le contenter. Ils la dépouillent un peu après de l’honneur de cette belle résistance : ilsíuposent qu’elle se repentit d’avoir eu pour lui une dureté qui l’engagea à s’exìler, & qu’ellécourut le monde pour retrouver ce cher frerej & que n’aiant pu le rencontrer, elle se pendit (d).O'autres racontent cette Avanture d’une maniéré qui ne déshonoré, ni Byblis, ni Caunus (E).

(E) .... d'autres en parlent â'une mantere , qui rie désho-noré , ni Byblis , ni Camus. ] Considérez bien la narrationde Nicaénetus raportée ci-dessus: vous y trouverez feule-ment que Caunus , à son grand regret, fut amoureux desa sœur, 8c qu’il s'absenta ; & que Byblis , très-affligée decette absence, souhaita qu’il retournât, & pleura beaucoupsur ce sujet. Toutes ces choses font compatibles avec lavertu la plus íévére; car on peut suposer que Byblis ne

souhaita sinon que son frété se défît de sa passion, qui letenoit éloigné de la patrie. Sentir une passion criminelle 8cla combatrejitsqu a s’éloigner de l’objet que l’on aime mal-gré foi, n’est pas un crime. C’est un sentiment aussi involon-taire que la douleur: on n’en est pas responsable , à moinsqu’on n’y aquiesce; & notez que Nicaenetus donne à Caunusle bel éloged’avòir toujours aimé la justiceiR»»,, ínxlevdsitpiEunsl» í - Luïxç. C a :i n u VI peperit gaudentem legibus aquis (29).

(-/) Volez. Hqui fera, citéde Conon,dans la T{e-rmtrqnc (O),

(29) Par-then. deAmatoiiisAffest,XI*

BYBLOS, ville maritime de Phenicie, entre Tripoli Sc Beryte, étoit située fur un cô-tcau, & la plus ancienne ville du monde («), si l’on en veut croire quelques Auteurs {h) , quiassûrent qu'elle fut bâtie par Saturne fils du Ciel Sc de la Terre. Malcandre & Astarte son épouse,qui y régnoient, y firent un bon accueil à Isis, lors qu’elle y alla pour chercher le corps d’Osirisniathb ncho ' ( l Lle sos flots de la mer avoient jetté sor cette côte (c). Les Grammairiens ont fondé sor ce voiage^usebiû^ l’une de leurs Observations étymologiques f A). Quelques habitans de Byblos contoient qu’Osi-ïvYng ’ Uhr ris avoit été enterré dans leur ville, Le que e'étoit en son honneur que l'on pratiquoit les cérémo-y > oy.Y , r ' nies qui passoient pour être faites en l'honneur d’Adonis {d). La ville de Gobel, ou Gebal, dontil est parlé au verset 9 du Chap. XX VII d’Ezechiel, étoit celle de Byblos, si l’on en croit St.

( c ) ii utaich Jérôme ( e ) ; ce qui se peut confirmer par la Vcrsion des Septante. On croit aussi que les BybliensJî®.‘sideSi ' furent emploies par Hiram Roi de Tyr, pour préparer les matériaux du Temple de Salomon (/).

Ls secouèrent le joug desTyriens, & s’érigèrent en un Roiaume particulier. Ils furent ensuite f*) sttabó;tributaires des Rois de Perse (B). Cette ville aiant été subjuguée par Alexandre demeura fou-Lucian. mise aux Ptolomées Rois d’Egypte, jusques à ce qu’Antiochus le Grand leur eut enlevé la Phe-iì 1 , D / 4 .%' 9 nicie, dont il fit une Province du Roiaume de Syrie, l’an 3 de la 140 Olympiade, le yz6 de di«Ide^& h "Tow -u. Rome (g\ Les guerres civiles aiant renversé ce Roiaume-là, Tigranes Roi d’Arménie se rendit osiride,maître de la haute Syrie; & alors il s’éleva un tyran qui établit son autorité dans Byblos. 11 fut 357 ‘ .

deLocL on ‘ décapité par les ordres de Pompée {h). Strábon, en disant cela, remarque que Byblos, le siégé (O votrùi,nebraïcis. voial de Cinyrasétoit consacrée à Adonis (C). La Déesse Venus y étoit particulièrement ho- d^Epoehi-'norée (D). Isis y avoit aussi un Temple (i). Byblos fut attribuée à la Phenicie maritime dans ^ r n ° im ‘' viace '(/) u la division qui fut faite des Provinces sous les Empereurs Chrétiens. Ses Evêques ont paru dans Difen.’iv,Kot Calp. ^ Concile de Constantinople, 8c dans le Concile de Chalcedoitre. Les Génois la délivrèrent C T f u r ,v >Ver;,iís. de la domination des Sarrazins l’an 1 106; mais elle retomba sous le joug des Infidèles après la 4 *

victoire que Saladin remporta fur les Chrétiens l’an 1187 (k). II y avoit en Egypte une ville (/| Photius ’ïoiybe^a nommée B y b l o s, qui étoit très-forte. C’est ce que nous aprenons des Extraits que Photius e 4 -Uvre v. nous a conservez de Ctefias (/). Voiez aussi le Diétioriaire dé Stèphanus Byzantïnus.

(A) Les Grammairiens ont fondé fur le voiage (tlsis à B'y-ílos l'une de leurs Observations étymologiques .] Remarquonsen premier lieu, que le mot /StíÇzo5 signifie la plante quifournissoit la matière dont on faisoit le papier, Lc râper-ions après cela ce qu’ont dit les faiseurs d’étymologie. 11sont assuré que Byblos fut ainsi nommée, parce que ce futle lieu où Isis pleurant Osiris posa son diadème, qui étoitfait de papier(r).D’autres veulent que ce nom vienne de ceque le papier se conservoít dans cette ville autant de temsqu’on vouloit,sans se gâter eri nulle manicre (z). ConsultezÉtienne de ByZancë, & l’Aiiteur du grand Etymologicon.

(B) Les Bybliens furent tributaires des Rois de Perse.] Ar-rien raconte qu’Enulus, Roi des Bybliens, servait avec sesvaisseaux dans la ilote de Darius; mais qu’aiant apris queByblos avoit capitulé avec Alexandre, il abandonna le partides Perses, 8c fut joindre ses vaisseaux à la flotte Macedo-

u) , . , nienne (3).

^Pcdì" 11 "’ .(C) Strabon .... remarque que Byblos, le siégé roial de

Alex. l,;i t Cinyras, étoit consacrée d Adonis.] Je m en vais copier cet

ll - ’ ■ endroit de Strabon, pour faire sentir la négligence avec la-quelle les anciens Auteurs écrivaient. »' pAs» B ÍÇxoí-ro

■rS lCiwpx (bcuriÁtiov, Upd en râ A'dándoí. f ti ipanapiérooW Sttalío, nZeuêeponre Ilo/tcsr'óúí nreÀtx.í<rctí êeteísot (4) : C CÍÌ-a-diro, B ; j-xvisi blos j la résidence du Roi Cinyrds,est consacrée à. Adonis. Pom-t a i- szi. pp e i a délivra de la tyrannie,en lui faisant couper la tête. Voi-ci le sens le plus naturel de cela. Cinyras avoit établi lesiégé de sá tyrannie à Byblos ; mais Pompée lui fit tran-cher la tête: & par ce moien il redonna la líberte à cetteville. Or il n’y a nulle aparence que Strabon ait eu cettepensée : & si c’étoit son sens, il serait d’ailleurs coupabled’une extrême négligence, puis qu’il nous serait sortir deterre tout-d’un-coup un tyran nommé Cinyras, 8c qu'ilnous laisseroit-là, fans nous en dire quoi que ce soit. II n’apas été obligé d’être plus long, fi l’on supose qu’il parle del’ancien Cinyras, pere d’Adonis ; car ce nom étoit assezconu. Je croi qu’il parle de lui ; & fur ce pied-là , que(j) fl . ferons-nous de son ir-tïm ? à quoi pouvons-nous le rapor->» Stcpb °’ ter? Notez que son Traducteur Latin a mal rendu le hpú’sszant. ère A’iïávièoí , par in quâ sunt Adonidìs templá. Pinedo a re-1S6 * ' levé cette faute (5). Volons une petite négligence du Pere

(z) Idem ,Ibid.

Noris: Adonis, dit-il (6), films fuerat Cynera (7) apud Byiblum régis, ut ex Plutarcho cv Ovidio pranotavi. Or il estcertain que touchant cela il n’avoit point allégué Plutarque,mais Strabon ; 8c qu’Ovide , qu’il avoit allégué , ne ditpoint que le pere d’Adonis fut Roi de Byblos, ni le maride la mere de cet Adonis. II supose que cette mere étoitfille du pere d’Adonis > & c’étoit la tradition générale.Néanmoins l’Auteur s’exprime de cette maniéré: Cynerasfuit e vetustis Byblì regibus, qui ex Zmyrna conjuge Adonïtnpuerum formosifsimumfufeepit (8).

(D) Venus y étoit particulièrement honorées] Élie y avoitun temple, dans lequel on célébrois les cérémonies du cul-te d’Adonis. Lucien en parle comme témoin oculaire:

ÈiiLv be f’vB tíbaw fÁytí. ìefov A'epçoiï’iTZs fivÇ?.ín<s. A

r« oçyicc A'í’mie èoritíOííneri. Vidi etidm Bybli magnumBy-blií. Veneris templutn , in quo rit us quofdam facros in Adoni-dem peragunt (9). II parle aussi d’un autre temple de Venus,consacré par Cinyras, sur le mont Liban, à une journée deByblos (io). II le fut voir. Le Pere Noris estime que peut-être c’est le même temple que Constantin fit démolir (rr),& qui étoit consacré à Venus Aphacitide proche le montLiban, 8cla rivicre d’Adonis (rz). Je ne croi pas qu’il fail-le douter de cela, puis qu’Ëusebe remarque que Je templede cette Venus étoit fur le mont Liban. Au reste, le sur-nom d’Aphacitide étoit pris du lieu où ce temple fut bâti,comme l’obscrve Zosime (13) ; 8c apáfemment c’est de cet-te Venus que Macrobe parle dans le chapitre XXI dii I li-vre des Saturnales, & non pas de Yenus Architide , com-me portent les Editions (14). II s’agit là du culte de Venus8c d’Adonis parmi les Assyriens, 8c l’Auteur dit mêmeque le simulacre de cette Venus étoit fur le mont Liban.Êuscbe remarque qu’il se commettait une infinité d’infa-mies d’homme à homme, 8c d’homme à femme dans letemple que Constantin fit détruire (15); mais Sozo-mene se contente d’observer que les Gentils assûroient,qu’un certain jour de Tannée, Tefficace des invocations fai-soit descendre du sommet du mont Liban un feu cn formed étoile, qui s enfonçoit dans la riviere voisine. Ils préten-daient que ce feu étoit Venus même, qu'ils apelloientUranie (16).

( S) .Noris }de Epoch.Syro-Maccí.Disert. tV,p. 4 S 9.

(7) il falotedire Cinyrx.

(8) Noris,de Epoch.Syro-Ma,ced. p. 4S7.

(9) Lucian.de Deá Sy-riâ, pag. 878Tom. If.

(10) Idem. yibid. pag. g go»8ÎT.

( ri) Euícb,de VitâConstant.Libr. lll.Cap. I.V.

Sozomen.

Libr. 11 ,

Cap. V.

(12) Noris,'de Epoch.Syro-Má-ced p. 4£7.f 1 3 ) Zosìtfi.Hìst. Uhr. I.(14) Voiez.Seldenus deDiis Syris,Synt. II,

Cap. III,pag. 204. -

( r s ) Euseb,’de VitâConstant.Libr. III,,Cap. L V.

(l 6 } SOZOr-

m en.

Libr. III,Cap. V.

BIGOTS, Nymphe, qui avoit écrit dans la Toscane un Livre touchant Y Art d'inter prêter lesEclairs. On gardoit ce Livre à Rome, dans le Temple d’Apollon, avec quelqueâ autres de cettenature (a). >

^ BIGOT (E M e R 1 c) l’iín des plus favaris & des plus honnêtes hommes du XVII siecîe,Moi, d, étoit de Rouen («), & d’une famille très-illustre dans la Robe [A). II naquit l’an lózó ( h).

L’amour

(f il étoit de Rouen , & d’une famille tres-illusire dans la dans son Hist. des Ouvr. des Savans (1), il étoit fils du DoienRobe.] Selon le bel Eloge que Mr. de Beauval lui a consacré de la Cour des Aides, & d’une fille de Mr. Croulait, pré-L Bbbb -à

(a) Servîusín Lneiâ.Libr. VI 9Vers. 72.

Févr. lípojfag.267.

{b) Lk-mc/ne.( I) -Au Moigd* F h. 1690,?. *«*ï«r*