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Tome premier. A - B.
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fW) Votez,ci - dess. Citésttfv (lZ).

cieusement débitées {d). II nous fait savoir, entre autres choses■, que le galant de fa femme fut cha-

tié tout comme Abëlard. Voiez ci-dessous la Remarque G (<?). , & (uì-

fi 3 ) Guii. 'ïigulus inliscc liigotiiverba. Déni»miris In-vita invitatji mihi dansaLutecia fatis .

„ tude; il s’applíqua auGrec, qu’il appi'ist fans maistre, 8c„ en peu de rems. Toutes les autres Sciences ne lui couté-,, rent pas davantage:il avoue quil ne dévoila íes premiers,, MaistreS qu un peu de Latin , & pour la Philosophie,j, Astronomie , Astrologie , Médecine , Scc , il fut ain-„ J'.Tííxtss. Après avoir passé quelques tems dans cette„ retraite, il résolut de passer en Allemagne; pour êtreplus en liberté. II fit ce Yoiage avec Mr. du Lestai de,, Langey, que le Roi envoioit auprès des Princes Alle-», mans pour les informer des Droits de fa Majesté; la-,, quelle Négociation se faisoit secrètement: 8c Mr. de Lan-3, gey ne devoir paroitre dans toutes ces Cours que fous», l’hàbit d’un marchand de pierreries. Nostre Bigot vint,, à Tubinge , & y fut receu Professeur en Philosophie.3, S’étant brouillé avec les autres supposts de cette Univer-3, sité, pour avoir voulu réfuter le Système Philosophique,, de Melanchton , il fut obligé de quitter la partie, 8c de„ s’en venir à Basie , en i;z6, où il resta quelque teins.3, Enfin , il revint en France , 8c trouva un asile asseuré,, chez Mrs. du Lestai ses Mecenes. Budé voulut le rete-„ nir à Paris , 8c lui faire donner stipendium regium Philo-,, sophi; mais Castellan l’empescha. Voici comme parle„ de cette affaire un Guillelmus Figulus Ávenerus, qui a,, fait des Notes fur un Poème de Bigot à Jcsus-Christ,dont je vous parlerai ci-après. Bttdaus, Bigotium, eGer-», maniâ regreffum, rogavit stipendium rigtum philosophapn-», ferret amU , quant fequ't parabat : quo de Bigotius vicijstm„ egit cum Cardinale Bellaico Mcctnate fuo , id ut ferres, sed,, longe aberai ab illo fibi desiderata feopo Bigotius, cum id apud», Eranciscum Regem tacitá invidiâ zy obtreèìatione quidam,, aulicus interrupijfet ,non obfcuriore certe Académie Parifienfis,, qukm Bigotii damno.&tui fit autem isstn refponfione Melancb-,, tonis ad Colonienfes inventes : id mine Bigotius infinuat , e ? 1,, id quidem miris fatis, cum eo invite ea invita claudatur(îf),„ Estoit-ce d’une place de Professeur Roial eh Philosophie,„ dont il s’agissoit ? Quoi qu’il en soit, l’affaire aiant rnan-,, que, Bigot songea à d'autres ,emplois. On lui offrit une,, Chaire dans l’Univerfité de Padoue , avec de bons apoin-„ temens: il la refusa, 8c aima mieux s’en aller à Nisines,,, où il estoit appellé, pour remettre fur pied l’Université„ qu’un nommé Baduellus y avoir commencée. Le zélé,i, qu’il témoigna à défendre les prétendus privilèges de,, cette Académie, lui attira plusieurs ennemis, qui rapel-,, lérent Baduellus. Ce fut alors une espece de guerre en-,, tre les deux Maîtres 8c leurs Escoliers. Bigot eut quel-,» ques Arrests du Parlement de Toulouse, qui confirmé-„ rent les conventions qu’il avoir faites avec la ville. II„ vint mesme à Paris; 8c par le moi en de ses Amis, parti-,, culiérement du Cardinal du Reliai, il obtint quelques,, Lettres du Roi, 8c d’autres personnes de la Cour, adres-,, fées au Gouverneur 8c aux premiers de la ville de Nis-„ mes: mais pensant venir jouir d’une tranquillité asseu-„ rée dans cette ville, 8c pour cet effet aiant vendu ce,, qu’il pouvoit avoir de patrimoine à Laval, il vint passer,, à Toulouse, où il apprit bien d’autres affaires. Sa fem-„ me, de qui il avoir déja eu deux filles, ne lui aiant point,, gardé la foi conjugale, 8c s’estant laissée aller aux cares-,, ses d’un certain sien compere , joueur d’instrumens, qui„ demeuroit dans la maison de Bigot, il arriva que l’AduI-„ tere, nommé Petrus Fontanus, se trouva puni de la

„ mesme maniéré qu’Abélard le sut ; en un mot, qu’il,, perdit les vrais témoins de fa virilité : mais ce qui aug-,, m enta encore le malheur de nostre pauvre époux , fut», qu’on sceut que le principal acteur de cette tragédie„ estoit un nommé Antonius Verdanus, ancien valet de,, Bigot. îln’en salut pas d'avantage aux ennemis de Bigot,8c,, l’occasion leur parut trop belle d’intenter de mauvaises„ affaires à leur Adversaire, pour la manquer. Sa femme,, fut enlevée. On l’acusa du crime de mutilation , au-„ quel on enjoignit plusieurs autres, qui tous ne deman-,, doient que fa teste. II se constitua prisonnier assez im-,, prudemment, Sc y resta long-tems: il pensa mesme n’en», sortir, que pour finir malheureusement sa vie sur un», eschafaut, tant estoit grand le pouvoir de ses ennemis,», 8c tant ils donnoient de mauvais tours à toutes ses ac-,, rions. Enfin lcS grands jours qui se tinrent à Puy en,, Velay , le tirèrent bien de la prison, mais non pas de la„ misere où l’avoit réduit cette affaire » qui mesme n'estoit,, pas encore finie quant au civil en 1549 , quand il fit„ imprimer son Christian& Philosophie Prdudium. Lassé de,, tant d’attaques, il dit en plusieurs endroits de ce Livre,„ que les astres lui promettent de mourir vers le Nord,,, 8c hors de fa patrie; qu’ainsi , il souhaite pouvoir estre„ en estât de se retirer de cette terre ingrate, 8c d’aller,, mourir à Mets. G est là fa ville favorite : il n’a pu s'em-„ pescherde lui adresser plusieurs Vers dans son Poème à,, Jesus-Christ, 8c de la prier de ne pas le rejetter un jour.,, Tout ceci est pris eh partie d’une Epistre Apologétique,,, 8c d’une autre Epistre Antilogique , 8cc. L’Epistre Apo-», logétiquese trouve dans un Recueil, del’Edition duquel,, vous n’avez pas parlé: le voici, Guillelmi Bigotii , Laval-», lenfis, S omnium ad Guìllehnum Bellaium Langeum, Mect-,, natemfuum, in quo cum alia tum ImperatorisCaroli deferi-,, bitur ab regno Gallis. depulfio. Ejufdem explanatrix Somniï„ Epiftola, quáfeitemzyGmllelmumBud&um a querundam,, dejenâtt calumniis. Ejufdem Catoptron , b alia quidam», Poemata, eufa prius inemendatius. Parifiis , 1537, in 8.„ L’Epistre Antilogique fe trouve avec le Christian*. Philo-„ fophii Prdudium , Opus cum aliorum tum hominis fubstan-,, tiam lucnlentis expromens zy exemplis zy rationìbus ,Gutllel-,, mo Bigotio Lavallenfi, Autore. Ejufdem zy ad Jeftmi Chrif-,, tum Carmen fupplex,zy antilogica dedicatrixque Epistola{ifi),,, perapte tam Prdudio quàm reliquis ìpfius Chriftìanis Scriptis,, prdègenda: loirsi, Guid. BoudevìlUi , 1349, in folio. J’ai,, déja dit que le Carmen fupplex avoit esté commenté par,, Guill. Figulus. Ses Notes font insérées dans cette Edi-,, ri on , aussi bien que d’autres qu’il a faites fur d’autres,, Vers du mesme Bigot, qui sont à la fin du mesme Vo-„ lume (15).

Le Mémoire, que je viens d’emploier tout tel qu’on mel’avoit envoié, est fort propre à nous aprendre deux cho-ses: lune , que Monsr. Lancelot se sait admirablementservir des Livres que la Bibliothèque Mazarine lui meten main ; 1 autre , qu il n y auroit rien de plus nécessai-re a 1 Auteur d un Livre semblable à celui-ci , que depouveur consulter toutes les Préfaces, toutes les Epitresdedicatoires, les Apologies, 8c tous les Ecrits qu’on nom-me eristiques , & toutes les Notes des Ecrivains. C’estla que l’on trouve une infinité de particularitez de leurVie,

corfífflHnrf

pur Mr-

íiBfàot*

Ld Prin-cesse Marie y& la Prin-cesse lAnneydont la pre-mière a étéT{eìne de Po-logne*.

(b) Voiez. UPréface des

Chevilles,

(c) St. Ro-jnuaîd,JournalHistor. ScChronol.

«h 19 d*Oé-1ib?e,pag,4 j o.

(j) Mémoi-j’es de T Ab-bé de Ma-toiles - pag,

J®7»

(2) DansP Epître dédi-catoìre de ses

Chevilles,cM Comteé xArpajon*

BILLAUT (Adam) conu fous le nom de Maître Adam, étoit un Menuisier de Nevers,-qui devint assez bon Poëte François. II se fit conoître prémiérement dans fa patrie, & aux Prin-cesses de Gonzague ( a ), qui demeuroient quelquefois dans leur Duché de Nevers} & puis, il fehasarda d’aller à Paris, où il trouva des patrons. Ce fut en 1637 Çu'il fit ce voiage (A). Mon-sieur le Duc d’Orléans l’honora d’une pension (b). Ce nouveau Poète publia un Recueil de Poé-sies fous le Titre de Chevilles de Maître Adam , & ne manqua pas d’y joindre les Vers qu’un très-grand nombre des Poètes du tems firent à fa louange. Monfr. l’Abbé de Matoises l’honora d’unéPréface qui sent le Panégyrique, & où il n’oublia pas de nous aprendre que Pierre Billaut & Jean-ne More, pere & mere du Poëte Adam, avoient tiré leur origine du village de Saint Bénin desbois au pais de Nivcrnois. II paroît par les Vers de Maître Adam, qu’il se fourroit chez les Crans »mais je ne croi pas qu’il sc soit fort enrichi au métier de Poète (B). II mourut le ip de Mai1662. (c). Monfr. Bailler ne lui a point prodigué l’encens (C). J’ai ouï dire une chose, queje ne croi point; c’est qu’afin d’avoir dequoi vivre, il fut obligé de reprendre son métier de"Menuisier.

{A) ll vint à Paris . Ce fut en 1637 quil fit ce

vbiagei] Toute la preuve que j’en ai est un passage de Mr.l’Abbé de Marolles, où il dit quêtant à Nevers, cn 1636,il fut salué un matin par Maître Adam Billaut, qui lui ré-cita de ses Vers, 8c lui en donna des copies. Cet Abbéajoute qu’il promit à la Princesse Marie de faire connoîtrele talent de ce rare Poëte, 8c que Maître Adam vint à Pa-ris l’année d’apres. d J fi*t tonu , poursuit-il, des Grans,Z? de toute la Cour (r).

(B) Je ne crois pas qu il fe soit enrichi au métier de Poéteî\II ne faut pas toujours prendre au sens literai ce que lesPoètes représentent sur leurs grands besoins à celui dont ilsveulent obtenir quelques pistoles; mais je croi que notreBillaut n’exagéroit point, lors qu’il disoit (z) que ía pen-sion ne setvoit qu’au paiement de ses créanciers : ce n’étoit

BILLl , ii.vìit

donc pas le moyen d’aquérir à ses enfans (3! un bon patri- &moine. II avoit une pension du Cardinal de Richesieu, de

comme on le peut inférer de ce qu’il prie un de ses amis 3 de &»-d’en solliciter le paiement (4).

(C) Mr. Baillet ne lut a point prodigué lencensé] ,, Ma i- .,

„ tre Adam „ , dit - il ($), „ surnommé Billaut , apellé ( 4 ) che jJ„>communément le Vi r g i l e-au-R a b o t , nous a laissé les, />«■

„ ses Chevilles, son Villebrequìn , son Rabot, 8c ses autres m

„ outils, qu’il s’est avisé de vouloir immortaliser, en les

», consacrant aux Divinisez du Parnasse.. A moins ^

que de savoir que c étoit un Menuisier fans lettres z? fans étu- (<) j etde, on le fera passer pour un Poète médiocre, zy peut -être pour nie, ^s,un Goujat du Parnasse. ... ; car il faut tomber déaccordque c est aux Aíenuifiers zy aux autres Artisans que M. Adamfait honneur , plutôt qu aux Poètes zy aux Muses,