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Tome premier. A - B.
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B I O N.

(d) Sfs An-tres jantesont été torri-gées dans l y E~dit ion de UoL-

(zo) Aldo-brand. Not.ad Diog.Laeit. inBionis init.

(jt) Libr-VI.

(31) C’ejl-à-dire d? unSalsamenta-lius, commequi dìroit ati-jourdéhui (CanRevendeur deHarengs y on deMorue , d i unChairctitìer•Biost, dansLaerce, fait

La %éponfe

dont Eusta-thius parie,

EX AMEN

d’un fauxDilemmecontre leMariage,

(33) Cafau-bouus iuDiogencmLaert. Libr.IV y num.rfi,

(34) Diog.Xaert-, Lite.IV k9 num,<\%.

(ás)Favorinne fe sertpoint de cetteraison : ilsemble adopterpar son silenceles deux Con-séquences par-ticulières duDilemme •

(Z6) II s'ap-pelte Philip 'pus Carolus,

(?-') Chry-soft Hom il.ï.inEpist. IXad Timo-t henni, tiptidMenagiui» »Notis ínDiogcn.Laert. Libr.1 V 9 num. 48.

(38) Leg.Connubial.t»i- 3 r.

(39) In Me-iiila , Tom,IU Cap.XXXIV.

{40) In Lo-ris commu-Jiibus, Cap.j

xxxix.

(41 ) Sermo-• »e Lx ^

<68

Mr. Moreri en parle après lui ; mais il donne le premier rang à celui qui fait le sujet de cet Ar-ticle, Stilnefaloit le compter que pour le troisième (//). Diogene Laërce n’a point parlé detouslesBions (e). Les Traducteurs de Plutarque n’ont pas entendu une pensée de Bion qu’il acensurée (H). Le Sophisme de Bion, auquel Seneque a solidement répondu, n’étoit ce me sem-ble qu’un Argument ad homïnem , par où il vouloit conclure que la doctrine touchant l’empire deDieu sur toutes choses enferme des contradictions (/). Je n’ai pu trouver d’où le Sieur Konig apuisé que Bion mourut l’an 4 de la 134 Olympiade (As).

C’est

je nesuis pas trop assuré qu’Áldobrandin ait raison d’enten-dre Antigonus Gonatas, par l’Antigonus qui demanda à no-tre Bion d’où & de quelle tamille il étoit (30). J’avoue,qu’il eít possible que ce Philosophe ait vécu jusques au ré-gné d’Antigonus Gonatas; mais enfin , voilà Plutarque, quinettement 8c précisément le fait vivre sous le vieux Anti-gonus: (car je fupose qu’il a dit Bion & non Bias.) Celaest digne de quelque considération ; 8c c’est pour ceia queje n’ai pas voulu dire avec Moreri, que Bion a vécu en lail6 Olympiade, 8c du tems d'Antigonus Jurnommé Gonatas,Roi de Macedoine. Voiez ci-dessous la Remarque (K). Aureste, si par une illusion de mémoire, Plutarque avoit prisBias pour Bion, il ne seroit pas le seul à qui de pareillesméprises seroient arrivées ; car Eustathius a donné à An-tisthenes ce qui ne convient qu’à Bion: c’est fur le Versdel’Ilia’de (31) emploié par Bion dans fa réponse à Anti-gonus, T«iír>)ç toi ysvey 5 re xài dlfíXTen; eb%ofiat rivai. Eus-tathius dit qu’Antisthenes lc Cynique se servit de ces paro-les, après avoir répondu à celui qui le questionoit fur fara ce, je fuis fils d'un homme qui se mouchait du coude (3 z) eyc.Casaubon a remarqué cette méprise d’Eustathius. VoieZMr. Ménagé fur Diogene Laërce, au Paragraphe XLVIIdu Livre IV.

Je remarquerai que le Sophisme contre le mariage , léSophisme, dis-je, qui dans tous les Compends de Logiqueest allégué comme un exemple d’un Dilemme vicieux, estattribué à Bion & à Antisthene par Diogene Laërce, & àBias par Aulugelle. Peut-être y a-t-il une faute de Copistedans ce dernier, un changement de Biotiìs en Biantis, com-me Casaubon le conjecture (33). Quoi qu’il eníoit, voicile Dilemme de notre Bion : i i vous prenez, une belle femme,elle vous fera commune avec plufieurs autres ; cyfi vous en pre-nez une laide, ce fera po'ur isatis un fuplice. E'àv pet yéfzrtcxhrypùt, el-etç oroit-jt «v óe xxXm i'Eeit xiiv ijv. Si turpemduxeris,pœnam habebis; jinautetn formofâìn,communis erit (34).Entre autres défauts, ce raisonnement a celui de pouvoirêtre rétorqué : St je la prens laide , elle ne fera point commu-ne-, fi je la prens belle, ce ne fera point un fuplice. Mais cetterétorsion ne va pas au fait: ce n’est qu’un remede pallia-tif; desorte que ie Dilemme de Bion ne vaut rien , ni àl’endroit, ni à l’envers. La vraie Réponse est de dire, I,que ia plupart des femmes ne font ni belles ni laides ; 8cqu’ainfi son raisonnement conclut du petit nombre à toutela généralité. Voiez Favorin au chapitre XI du V livredes Nuits Attiques d’Aulugelle. II. Que la beauté d’unefemme n’est point incompatible avec la vertu; 8c qu’unelaide femme peut d’ailleurs se rendre très-chere à' sonépoux (35). II y a un Commentateur d’Aulugelle (36) ,qui réfute le raisonnement Ae Bias par une raison emprun-tée des Hébreux: C’est, dit-iî, que ceux qui auront été mal\mariez, feront absous devant Dieu ,fans comparoìtre devant sontribunal. Cela vaut bien la peine d’épouser une laide fem-me. Si St. Chrysostôme étoit pris pour juge, iî condam-nerait la rétorsion du Dilemme': car il a prêché, que ceuxqui ont une belle femme ne trouvent rien de pire quë delavoir; tant c’est une possession pleine de soupçons 8c cf em-bûches: 8c que ceux qui en ont une laide ne trouvent riende pire que de savoir ; tant c’est une chose pleine de dé-goût. O xxÁct tpceot yvvxíxx yâVv %e7póv (p-eiert 7y xceÀjte%£ív yuvx7xx (ooroj/ta ç 70 -KÇctypct yepet xxt £7ristesÀr ; j) ò^vrsiìtí , dê'èv yuf'j T S áfÁjoe<pe>t é%ets ymx7xx' âr,ipíx<;

yòto 70 •jr^ayfítt iu-7rÍ7rÁrs-ai. (fiaipulchram habet uxorem nì-hil pejus este ait quam pulchram habere uxorem (rem enim effeinfidiaritm cy fitfpìcionum plenam .-) qui déformer» , n 'thilpejuseffe dicit quam turpem habere uxorem , rem enim ejfe acerbitatisrefertam (37). Voilà un Prédicateur qui ne raisonne pointen l’air: il sc fonde sur l’autorité ou furie dire d’experts;cependant ses conclusions ne font pas meilleures que cel-les de Bion. II fufiroit, pour condamner la rétorsion duDilemme, de dire qu’il contient deux mauvaises Consé-quences. Si je la prens belle, ce ne fera point un fuplicen ego confequentiam ; car peut-être que fi, peut-être que non.Si je la prens laide, elle ne fera pas commune : nego fìmi-lìter confequentiam ; car peut-être que fi , peut-être que non.Mais pour arrêter toutes ces chicanes, on n’a qu’à direaux Bias ou aux Bions, fi'en veux courir les hasards.

Je n’ai pas dit toutes les variations qui concernent ce Di-lemme: il est encore teins de copier là-dessus ce q u on alu dans Tiraqueau ( 3BI. Ce raisonnement cornu est attri-bué, non seulement à Bion 8c à Antisthene par DiogeneLaërce, & à Bias par Aulugelle, mais aussi à Aristippe, parle Moine Antoine (39) > 8c à Solon par Maxime de Tyr 8cpar Pierre Martyr (40). La rétorsion est l’ouvrage de Pit-tacus’, si nous en croions les Commentaires d’Ariston citezpar Stobée (41).

(H) LesTraduâfeurs de Plutarque n ont pas entendu une pen-sée de Bion qu il a censurées] Raportons d’abord le Grec dePlutarque: EuyS-y tolvvt xài cêsteXTepa, ta TV liíV.îç, -ìcmayget tfuMn iyx.u(ux£at evipopet rtoiels KÀI ÍC, oÒk A

a^títJ 7 «y£l» toixxí tSto troiât mÍL.A&v h a-y.á.'Ktm xùí 7SCiíyILCC-Tcc ey.oiv. is Tolvvy yd 1 ’ stvS-oatroç «705703 «v eiq itretitat, £t7 tnt, itruttlí/íétoiç àpéxtfíói; irncàt 7ráfj,0opoc (41). Cela veutdire, La pensée de Bion efi donc tres-impertinente : il croioit quefi , en donnant des louanges à un champ, il le pouvoit rendrefertile , il ne seroit point blâmable d'aimer mieux lui en donner,que de prendre la peine de le labourer. Il ne faut donc pas trait-ter d'absurde un homme qui loue , ft fes louanges font utiles àtceux qu il loue,O- (t elles leur font produire de bons fruits. L’ím-pertinence que Plutarque trouve dans cette pensée, estqu’un champ, à qui on donnerait des louanges , n’en de-viendrait pas plus mauvais ; au lieu que les louanges, qu’ondonne à un homme qui ne les mérite point, le remplissentde vanité 8c le perdent. Ó' /t'ev yàç àyfoc y yitelœi %eipat

Ì7rcctviéfAevoç. avêlçaTrot tvípíttri kaí ùsraÁÁÚy/rtt ot -fievtluç

xxi rrxf xpjxt tirxttSt'jei,. Atque ager quidem laudando non fitdeterior: homìnem ìnflant aeperdunt qui immeriio laudant(af).Cette Censure de Plutarque est un coup-perdu; car Bionne disoit pas simplement & absolument qu’il falût louer : ilfaisoit dépendre les louanges de cette condition-ci, c’estqu elles rendraient meilleurs ceux qu’on louerait. Nousallons voir comment Amyot a traduit le Grec de Plutar-que : „ Par quoi le dire de Bion est sot & lourd : car il,, disoit ainsi: si, à force de louer, je pouvois rendre une,, terre bonne,grasse, 8c fertile, je ne ferais point de faute„ en la louant, plustost que de me travailler le cœur 8c le„ corps à la labourer 8c cultiver. Celui donc ne peche„ point auffi, qui loue un homme, si en le loiiant il le,, rend utile 8c fertile à celui qui le loue ,,. On a prisdans cette Version l’actifpour le passif ; car Bion ne par-loir pas de futilité des louanges, par raport à celui quiloue; mais par raport à celui qui est loué. L’InterpreteLatin a bronché plus lourdement: il impute à Bion la sotte8c ridicule pensée d’avoir cru, qu’en louant un champ, onle rendoit plus fertilè qu’en le labourant (44). Stulté itaqueac fatu'e Bio, qui agrum laudando putabat fe redditurum ferti-lem ac frugiferum ,pottus quam fodiendo cy colendo. Non ta-men (fis) homo absurde facit lauàans, ubi id iis qui laudanturest utile. Pour excuser Amyot, on pourrait dire qu’ìl asongé que Bion, étant Athée, ne reconnoissoit point d’au-tres devoirs que ce qui est profitable; 8c qu’ainsi fa penséeétoit qu’il faut répandre les louanges par tout où elles fontbien palées, 8c qu’il ne faudrait pas même les refuser à unchamp, si elles le pouvoient rendre fertile. En un mot,que le métier de dateur n’est point blâmable , pourvu qu’ony trouve son profit. Mais cette excuse est tout-à-fait vai-ne: un Traducteur doit rendre fidèlement ce qu’il trouvedans l’Original, 8c renvoies fes conjectures à des Remar-ques particulières. Si l’on croit que Plutarque n’a pas ra-porté exactement une chose,- il faut en avertir les Lecteurs;hiais il faut traduire ce qu’il a dit.

( I) Il prétendait que ladobirine de /’ empire de Dieu fur tou-tes choses renferme des contraditlions .] Bion prétendoit prou-ver deux choses très-différentes : l’une, que tous les voleursétoient sacrilèges; l’autre , qu’aucun voleur n étoit sacrilè-ge (46). II tirait ces deux conséquences du même princi-pe, 8c ce principe est l’une des plus solides véritez que labonne Philosophie nous enseigne touchant la nature de Dieu.Le souverain Etre, l’Etre souverainement parfait, doit pos-séder l’efnpirë absolu de toutes choses : c’est de lui que tousles autres êtres dépendent; c’est à lui, comme à leur au-teur 8c à leur conservateur, qu’ils apartiennent. Bion avoitfans doute pour but de réfuter cette doctrine,par deux con-séquences contradictoires 8cpernicieuses,qu’il prétendoit enpouvoir tirer. Voici l une : fous ceux qui dérobent les biens deDieu font facrileges : or tous les voleurs dérobent les biens deDieu; car toutes choses lui apartiennent : donc, tous les voleursfont facrileges. Voici l’autre : Transporter une chose d'un lieu quiapartient à Dieu en un autre qui lui afrartient aujfi, n est pointcommettre un sacrilege: or ceux qui pillent les temples ne fontque transporter les choses d'un lieu qui apartient à Dieu en unautre qui lui appartient aujfi; car toutes choses appartiennent à-Dieu : donc, ceux qui pillent les temples ne commettent point unsacrilege. Seneque réfute aisément 8c solidement ces chica-neries ; mais il se représente Bion comme un tyran, quien certains tems veut être cruel, 8c en un autre saccagerles temples. Quand il veut être cruel, il fe sert de son pré-niier Syllogisme : c’est un Arrêt pour précipiter tous leavoleurs; 8c il se sert du íecond, lors qu’il souhaite de s’en-richir des dépouilles des saints lieux.

(JC ) Je ne fai ou Konig a puisé que Bion mourut Van 4 de h*134 Olympiade.} J’ai suposé ci-dessus (47) que Plutarque afait fleurir notre Bion fous le régné du premier Antigonus,8c je n’ai pas trouvé trop sûre l’opinion d’Aldobrandin, sa-voir que ce Philosophe fut questionné sur sa naissance parAntigonus Gonatas. Je dois dire ici, pour un plus grandéclaircissement, qu’Eratosthene avoit conu Bion dans Athè-nes, 8c qu’il le comptoit parmi fes Héros. On ne peut douter

raisonnablement que Strabon, en nous aprenant cela (48)-. nc

(í) Votez MNotes deMr. Ménagéfur DiogenejLaerce, U-

VYC IV j

5 *.

(42) Plut. dé

Adulât. &Amici Dif-

ctitD.l’Og. 59 i

( 43 ) ****ibid»

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