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Tome premier. A - B.
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B L A N D R A T A.

fí) Cet Ecritest imprimé

fans le VolumeÁes Opuscu-les de Cal-vin,

(c) Dansl 7 ,Article de(Jean Paul)A I* c I A T ,dr dans celuirie (Valen-tin) Gen-til 1 s.

. d)Tìre deta CCCXXULettre deCalvin.

( í ) Vost va-rias delibera-tìones itd forstulit ut Blah -rirata , cjuiJoíedicinamdiu ìn Polo-nìâ primìtm -de inde ìnTranjsylvaniiîApud T^eginasfecerat , eò re*verteretur.Beza, Epist.LXXXI.

(/) Bibliot.Antitrin./Jrtg.zî.

la Divinité de Jeíus-Christ. Il ne se contenta pas de répandre ses difficuîtez parmi les ignórans :il les proposa auííì au Ministre de T Eglise Italienne. Ce Ministre, qui étoit de la maison des Com-tes de Martinengue, le renvoia bien loin, Lc ne voulut pas même se servir de lui dans ses mala-dies , ni dans celles de fa femme, quoi que Blandrata lui offrît avec une grande ardeur tout ce quidépendoit de son art. Calvin, auquel les mêmes dificultez furent proposées cent fois, voiant,qu'après avoir témoigné qu’on aquiefçoit à ses réponses , on revenoit le lendemain à la charge,se mit enfin en colere contre Blandrata, & le traita durement (Ç). II continua néanmoins de lesaluer ôc de lui parler, & il eut même la complaisance de répondre par écrit à ses objections {b).Mais aiant découvert qu’on lui avoit tendu un piege, en demandant une Réponse par écrit, ilne voulut plus écouter Blandrata. On raporte que cet Hérétique accusa Calvin ;, en présence detout le peuple, d’avoir écrit quelque chose , & que cette accusation fut convaincue de faussetépar l’exhibition de l’Original. Quelque tems après, on fit dans le Consistoire de l’Eglise Italien-ne les 'procédures dont je parlé ailleurs (c). Calvin assura Blandrata qu’il ne seroit point recher-ché touchant ses fautes passées : mais Blandrata ne s’y fia point -, car au bout de quelques jours,aiant vu entrer l’un des Syndics de la République dans l’Auditoire de Théologie où il entendoitune Leçon de Calvin, il feignit de saigner du nez , Sc s’enfuit au [plus vîte, Sc ne rentra plus àGeneve {d) (D). Comme il avoit autrefois exercé la Médecine dans la Pologne Sc dans la Tran-silvanie, il se destina ce théâtre, pour y dogmatiser tout à son aise (<?). II s’en alla donc en Po-logne Pan i yy8 , Sc y fut reçu honorablement de ceux de la Religion. Calvin lui fit voir qu’unThéologien de fa forée a les mains longues (E) : il écrivit plusieurs Lettres aux fideles de Polo-gne , pour les exciter à chasser du milieu d’eux ce personnage , qui pouvoit infecter de ses Héré-sies la pureté de la foi. L’imprestìon' que firent ces Lettres traversa beaucoup les desseins de GeorgeBlandrata j mais rien ne lui fut plus contraire que les discordes qui s’élévérent entre ceux quicomme lui combatoient le mystère de la Trinité ; Sc néanmoins ces discordes n’empêchérentpas qu’on ne fraiat le chemin à l’Hérésie Socinienne, qui s’établit quelque téms après en ces quar-tiers-là. 11 changea de scene Pan iy6j, aiant été apellé en Transilvanie par le Prince Jean Sigis-mond (/). N’oublions pas, qu’à son arrivée en Pologne, on le fit Ancien des Eglises qui étoientsous le ressort de Cracovie (g), Sc qu’en iy6o, au Synode de Xianz, auquel il avoit aporté lasomme de six cens écus de la part de Nicolas Radzivil grand Chancelier de Lithuanie, il fut don-né pour Assesseur à Cruciger, avec son bon ami Lismanin (h). Ce Cruciger étoit Surintendant

des

(t) Biblîoé

Antitiinit.pag. 28.Voiet. «<#Calvin'

Epistola

CCCXX.

(h) t

Compenn-,,Histor. VMvas. 4 n*

\

f2) Calvini,

Epistola

CCCXXU.

( 3 ), Beza, ! nVità Calvi-

SÛ.

(4) Idem ,

Epistolâ

LXXXI.

(l) Hootiî-beeck , Ap-paratus ad-verl. Soci-nian, pag, z 4.

(6) Hoinïtw,Hist. Ecclcí.fe.g. z 5 ! Edit.<tn. 1687,

(7) Ct-dejsus,TUtrearque{D)de l’Ar-ticle de (JeanSaut) Al-Cl A T.

(8) Bibliof.Antitrin.pag,2-S. Histor.Reformât,lolonicx,Í 42 - ' 7 °.

(?) Pag.^lZ.

(C) Calvin . . . le traita durement.'] Calvin avoue fansfaçon les injures qu’il lui dit. Je vois à vôtre mine le détes-table monstre que vous nourrissez, dans vôtre coeur. Raportonsle Passage tout entier. Eodem tempore, fuis qmstionibus fa-tigabat Calvinum, ébque magisquod cum fubinde stngeret se pla-catum estez? acquiefcere responsts ,postridie redibat quasi novus,nec definebat ea ipfa de quibus sape audierat , scifcitari. ItaquecoaBus est ei Calvinus in faciem âicere , vultus tuus deteftabilemonstrum mihi ostendit quoi in corde occultum foves ; ac fapiuseum afperé objurgavit, ut st fieri postet , corrigeret perfidiam , z?fallaciás dolofque tortuostos , quorum faflìdio erat quodammododefiffus (2).

(X>) Il s’enfuit au plus vite , z? né rentra plus à Geneve. ]Plusieurs Auteurs se trompent sur le teins auquel Blandratasortit de Geneve. Ils disent qu’il n’en sortit qu’après queValentin Gentilis se fut retiré sur les terres du Canton deBerne; mais cela est faux. Gentilis ne se retira qu’aprèsl’amende honorable qu’on lui fit faire par tous les carre-fours de la ville, le z de Septembre 1558. Abnegatione percompita cìvitath faílâ, demittitur {Genú\is)prasiito jurejurandofefe portas urbis non exceffurum : inox tamen violât â fide aiMatthaum Gribaldum inSabaudiam profugit. Sequuti funt ali-quanto post Aleìatus z? Blandrata (3). Primus Valentinus Gen-tilis inpudiciutn vocatus, simulâtâ pœnitentiá non fine ìnstgniperjurio profugit. Sequutus est Paulus Alciatus ,aut etiam pra-cejstt,folo mala conscientia vulnere adaâlus.Blandrata aliquantopost (4). Erat ille Blandrata Salucienfis, profestìonè Medicus,qui Gentìlem Genevâ profugum paulo post sequutus fuit (y). Oril paraît par une Lettre de Pierre Martyr, datée de l’on-zieme de Juillet 1538, que Blandrata Sc Alciat avoient déjàété à Zurich, 8c qu’ils n’en étoient partis qu’après que Mar-tyr leur eut donné ce conseil. L’erreur de Hornius est in-finiment plus groffiere. II dit que Blandrata 8c Alciat seretirèrent de Suisse en Pologne, épouvantez du suplice deServet 8c de Gentilis, 8c qu’aiant été chassés de Pologne l’anx 565 , Alciat s’alla faire Turc , 8c Blandrata s’enfuit enTransilvanie (6). II n’y a rien de vrai là-dedans. J’ai ré-futé ailleurs (7) le prétendu Mahométisme de Jean PaulAlciat, Sc je dis ici que Blandrata se retira en Pologne lamême année qu’il quitta Geneve , c’est-à-dire l’an 1558.Or comme le suplice de Gentilis est une affaire de l’an1566, on juge fans peine s’il put être cause que Blandratasortit du païs des Suisses, 8c se réfugiât en Pologne. Si cesuplice l’avoit déterminé à se sauver en ce païs-là, auroít-ilpu en être chassé l’an x;6; ? Des gens plus croiables queHornius en ces matières assurent, que Jean Sigismond,Prince de Transilvanie, fit venir auprès de lui Blandrata,environ l’an 1563 (8). Ce ne fut donc pas un Arrêt debannissement qui l’obligea de s’enfuir de Pologne en Tran-filvanie l’an i;6ç. JeaïyLœtus a commis une bévue sur-prenante dans son Abrégé de l’Histoire universelle (9). Hfait dans trois lignes deux personnes du Médecin Blandrata,8c de George Blandrata : il dit du prémier, que le Synodede Xianz le donna pour Assesseur au Surintendant des Egli-ses l’an 1560; 8c il fupose que le second alla en Pologne*lors qu’à peine les désordres de Stancarus étoient cessez.Nouveau mensonge : les Disputes que Stancarus avoit ex-citées , en soutenant que Jesus-Christ n’étoit point notreMédiateur selon sa nature divine , étoient dans leur plusgrande force à l’arrivée de Blandrata; Tut» mtem forte

Francifci Stnncari Mantuanì petulantistìmi hominis importunt-tateiut fane fatalis este videtur Polonis Italìa ) fcijpt erant Polo-nic& Ecclefia (10). Mais tout ceci n’est rien en comparaisondes Anachronismes du P. Maimbourg. II envoie en Tran-stlvanie notre Blandrata dès l’an 1553 (11). II fupose, qu’enla même année , 1 e Prince Jean Sigismond prenoit plaisir d’en-tendre stn Médecin , lors que voulant faire le Théologien ilpar-loit en Philosophe de la Trinité qu il traitoit de chimere. II ajou-te que ce Prince n osa pas encore fe déclarer, tant parce quefa mere la Reine isabelle Princesse tres-Catholique vivait enco-re , que parce que Soliman ne souhaitoit pas qu’on souffrîtla diversité des Sectes. Cela regarde l’an 1555. 11 dit,que par complaisance pour Soliman , oh chassa tonsles Hérétiques ; mais que la Reine & Soliman étantmorts bientôt après en ijéô, les Novateurs revinrent écjouirent d'une grande liberté , 8c que ce fut pour lors queBlandrata corrompit la plûpart de la Cour. Quelle manié-ré de narrer les choses ! 8c combien de fausserez ! NousVerrons ci-dessous (12) les Anachronismes & les visionsde Varillas.

(E) Calvin lui fit voir qu unThéologien de fa force ales mainslongues (13).] Nous voìons par les Lettres de Calvin, queles Eglises de Pologne conçurent beaucoup d’eftime & d’a-mitié pour Blandrata; mais nous voions aussi par les His-toires Sociniennes, que les Lettres de Calvin furent regar-dées comme une persécution fâcheuse , qui contraignitBlandrata à se retirer ailleurs. Voici des preuves de l’un 8cde l’autre de ces deux faits. Val dé miror hominem quem folaoflentatioz?saftuofus vultus commendat ianti apud vos fieri, utquast novus Atlas Ecclefiam fustineat fuis humeris. Certe tamincottstderata credulitatis nifi me puderet gentem veftram nonamarem .... (14). Vnum non distimulo , éos qui tam hu-

maniser Georgium Blandratam exceperunt parum fuiste cautos Z?providos, z? maie confuluiste vestra exïflimationì. Magis etiammiror quofdam primarist auíloritatis viros graviter ostendi quod

libéré hominem detexerìm .(15). Ergo non vulgare fe-

cit opéra pretium longo itinère quod tantum stbi nomen acquïfie-rit. Nullus est apud alias gentes , vos admiramini non fecus at-que Angelum é cœlo delapfum. Vestras delicias minime vobisinvideo (16). Vous volez avec quel zèle on se fâche de ceque Blandrata avoit trouvé tant de dupes qui l’admiroient,& qui s’étoient scandalisez d’un Ecrit public, où on l’avoittympanisé (17). Voions présentement les preuves de l’o-pération de ce remede. Calvinus, bis non contentus, Blan-dratam ,quum ahi ratione non postet, liter'ts inPoloniam miffisperfequi, apud patronos z? fratres acriter criminarì, ttà, cunfía

ad eum perdendum agere . Illa ejus litera fidem in multo-

rkm animis invtmrant. . . . (18). Cguam ille (Blandrata)vocationem tanto alacrius amplexus e(ì,quod eum Calvinus mis-fis per Poloniam z? Lituaniam literis perfequi non àestiterìt, itaut ei tutam in his oris vitam agere per ejus cacozeliam non licue-

rit prout in fuperiorib'us expofuimus .(19). Cum nec hie

quieté degere postet, Calvino feriptis fuis eum perfequente, à Jo-hanne Sigifmundo Principe circa an. 1563 evocatus, concejstt inTranfylvaniam ; atque illtc egit ipfius, hinc Stephani z? Christtophori Bathoreorum Tranfylvania Principum, immo z? Stephaniad regnum Polonia jam eveíti Archiatrum c? Confiliarium inti-mum (20). Socin, en lui dédiant fa II Réponse à Vola-nus, le traite de Stephani Régis Polonia Arehiater c? Const-liarius intimus .

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