B L O N D E L.
C est-k-dtre pour lefaire apellerà*s4.mjhrdam.
(t) fe». rsadu lll TomeEdition deCeneve „
<r) Patin,Lettre
, ÇLXXllI,pag,6$. du 11Tome .
, dette Lettre
de Patin estdátée dtt 17*Avril î66o*Elondcl futfait Doitn dtla Faculté dehtédecine le zde NovembreI 6 j$.
Patin, Lettr.CX XIV,Tom, l , pagt
48L
(4) C\st Pa-tin qui parle, 4 *nssa CCCCVLettre, pa$>zoo da lll
(5 )tà-meme,pag. roz.Voiez. aussi ULettr, CCXC,aa U Tome,pag. 545 .
( 6 ) Volez. UIV Lettrequi est 4# de-vant de fesDiscoursAnatomi-ques, impri-mez. ÀT^ottaj)M IÔ7J, -
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J’en tirerai quelque chose.
té de m’en communiquer l’Original: elle est datée de Delft,le 14de Juin 1655. On y voit que les deux personnes,que Mr. Blondel avoir le plus maltraitées, étoient Mr. duMoulin & Mr. Rivet, -r-uec lesquels pourtant il faisait profes-sion d'une jingulìere amitié , e? 1 desquels il estait sincèrement ai-mé, comme il fe peut prouver par les bons offices qu il en a re-ceus , c?- par les reconnaissances qu il en a témoignées. On pour-rait produire des Lettres de lui par douzaines, eferites à Mon-sieur Rivet, par lesquelles il le traitte de pere, d’amy fidelle , deprotebíeur, Zï de bienfaiteur ; zri estoit aisé à croire qu il pariaitjelon le sentiment de son cœur ; car il devoit a lui seul la char-ge qui l’avoit tiré d’incommodité, gjr du péril ou les plus judi-tieux le croioient enserré, lors qu il estoit à Paris entouré desgrands , z? occupé à leur généalogie. Cette bonne ame , qui veil-lait fans cejje à prévenir les scandales, crut qu il le fuioit tirerde ces piégés, affin auffi que fes dons fujjènt employez en chosesplusutiles.il employa tout son crédit pour parvenir àston but ( 6 g),à quoi fe rencontroit tant d'obstacles, qu'un ami moins constantfe fút rebuté-, e r je fuis tefmoin des peines cr fatigues qu il afouffertes à ce sujet : z? combien qu'tl fùt trop accoustumé aeftre payé d’ingratitude, il n a jamais appréhendé cela de celui-cy, qui luy tefmotgnoit des reconnaissances fi vives , Z? qui avoitbesoin de Jon support continuel en un lieu oh il n eut pas le bon-heur d'aggréer d’abord ; z? le tout fe pourroit voir par fes Let-tres quijont entre les mains de Monj. Rivet le fils. Un peuplus bas, dans la même Lettre de Marie du Moulin, on litces paroles : ll avoit fort peu d'amis en ce pays , stnon entreles Arminiens, desquels il s’est dès son entrée rendu confident, zsrfa fa f on de vivre n estoit pas assaisonnée de toute la prudence re-quise pour gaigner ïamour (j/ lestime des sages de ce pays, n yeut-il que l’extravagante vanité de fa femme. Après cela, ons'étend fur les éloges de Mr. Rivet, & l’on allure que lesMémoires qu’íl a laissés de fa Vie contiennent un vérita-ble récit de ce qui s'est passé en ces matières de Con-troverse, depuis le Synode National deTonneins en 1614,eù il fut Sécrétasse; 8c que par là, il est aisé de conoîtrefa modération. Je souhaite , c’est Mademoiselle du Moulin
qui parle , que cette piquante piece ne ttfnbe point entre lesmains de mon pere ; car je craindrois qu en son aage infirmeil ne fût trop rudement frappé de coups qui ne peuvent estre re-ceus comme baume , zy qui ri ont rien de la fidélité de l'amitié.
Ne doutons nullement que Mr. Rivet n’ait emploie tousfes bons offices , pour attirer en Hollande Mr. Blondel;car il paroit par les Lettres de Mr. Sarrau. qu’on le priade fe mêler de cette affaire, 8c qu’on lui en fit voir 1 im-portance. Utinam vero cogitare velletis de Elondello noftro,qui hic plané ad alienum feribit C? vivit arbitrium. Poffietistic, honoraria fungens proftffionis munere , singulis annis jin-gulos Annaliste. Tomos considéré V alia , que mortalium ne-mo queat preftare, ad Historie Ecclefiaftice puriffimum intel-leílum. idem feribo Rivet0 .- hoc agite : nos adjutorem habe-bitis (66). (í 6 ) Sarrâ-
Notez que Mr. Ancillon observe que l’Auteur des Con- vins, Epj •sidéranons libres 8t charitables fur les Actes authentiques, CL f V £ L.qui furent imprimées à Groningue, l’an 1658, avec une y'J tz .Préface de Monfr. Des-Marets, traite tres-tnal Mons. Blon- lM] j}u Letrrídel (67). Cela, quoi qu’affez ordinaire, est scandaleux dans ciciV,le fond ; mais le pis est que cet Auteur 8c Blondel nes’accordent pas fur la narration des faits. On a vu la mê-me discorde entre la narration de Mr. Rivet, 8c celle deMr. Amyraut. On pardonneroit à ces Messieurs de n’avoir ^ c»mmm‘-pas les mêmes pensées fur des matières difficiles, 8c d’ex-pliquer diféremment le Système de la Grâce; mais quand desaqauil s’agit de narrer des faits, ne devroient-ils pas être uni- Saumil c ’formes ? Que peut-on penser, quand on voit qu’ils s’en- , 6 -\ Ancil-treréfutent fur des narrez historiques de ce qui s'est passé jon,fous leurs yeux ? Peut-on bien s’imaginer qu’il n’y a là geCrit-i’»®*qu’imbécillité de mémoire? N’est-on pas tenté de dire que / > ’
l’un ou l’autre Parti agit de mauvaise foi; ou plutôt, quede part 8c d’autre, il y a de l’artifice 8c de la ruse, & quechacun narre ce qui lui est avantageux, 8c suprime le reste ?
Cette contrariété fur les faits régné par tout. Nous en vi- .mes un fameux exemple l’alinée passée (68) dans les Re- -fsisi* ' ■lations fur le Quiétifme. m
BLONDEL (François) Professeur en Medecine dans l’Univeríìté de Paris, étoit unfort savant homme: mris fa Science étoit indigeste (A )j 6c d’ailleurs son entêtement contrela Chymie, 6c contre l’Antimoine, remplirent de troubles 6c de divisions la Faculté. Gui Patin,quoi qu’il fût de son sentiment for l’Antimoine, ne lailîà pas de parler de lui comme d’un grandchicaneur, 6c d’un méchant Ecrivain ( B ). Personne peut-être n’a caractérisé d’une maniéré plusingénieuse ni plus agréable ce Médecin, que le Sieur Lamij mais comme il en avoit été persé-cuté, il faut prendre garde si la passion n’a point trop de part au tour malin qu’on remarque dansson portrait de Blondel (C). Rien ne témoigne avec plus de force le peu d’estime 6c d’amitié qu’onavoit pour ce Docteur, que de voir de quelle maniéré íà mort a été annoncée dans le Mercure Ga-lant du mois de Septembre 1681 (D). Pas un terme d'honnêteté n’accompagne cette nouvelle,
(A) Sa'Science étoit indigeste.] „ Nôtre Monsieur Blon-„ del est un homme fort savant; mais qui écrit d’un stile„ obscur 8c embarrassé „. C’est ainsi que Guy Patin enparle dans fa CCCCV Lettre (1). II dit en un autrelieu, que le style du P. Théophile Raynaud est pire quecelui de Lipfe, Redolet Ltpfianum quo tamen est multo dete-rior (z) 8c ,, <ju’il n’y a aujourd’hui aucun Auteur qui„ écrive de meme, lì ce n’est peut-être Monsieur BI011-„ del nôtre Doyen, qui, bien qu’il soit un des plus favans„ hommes du monde, affecte cette efpece de barbarie, e?,, eâdcmscabie laborat cum Tertullìano (3),,. Voiez d’autrestémoignages de fes études indigestes, dans la Remarque (c).
(B) Patin . . . parle de lui comme d'un grand chicaneur ,
V d'un méchant Ecrivain.] „ Nôtre Monsieur Blondel . . .,, est plaideur 8c chicaneur, 8c aime les procès: il aime„ mieux plaider qu’accorder 8c terminer les querelles, II„ a un Procès contre Thevart le Camus, qui est un autre„ méchant chicaneur. II a fait un grand Factum pour fa
,, défense; mais il n’y en a encore que deux feuilles im-
,, primées: il m’a dit qu’il y en aura huit. II fe plaint fort
„ de Monsieur le Prémier Président, qu’il penfoit, à ce„ qu’il dit, être son ami : je ne sçay ce que c’est que tout„ ce Galimatias de gens chicaneurs. Dès que le Factum» fera achevé, je vous le ferai tenir, comme auffi un Li-»> vre qu’il promet de Vomitu, Stibïtque veneno, par lequel» >1 veut prouver que l’Antimoine est poison , puis qu’il,, fait vomir . . . (4). Cet Jiomme aime trop à plaider:„ c’est pourtant grand dommage; car c’est un très-favant„ homme (5) „.
(C) ll faut prendre garde fì la passion ria point trop de partau tour malin qu on remarque dans le portrait que le Sieur La-mi a fait de Blondel.] Comme il y a beaucoup de Lecteursqui veulent trouver dans un Dictionaire , non seulementun Abrégé de la Vie des personnes, mais auffi ce que l’ona dit des mœurs 8c du caractère des gens, je ne pense pasque l’on me blâme de transcrire quelques morceaux du Li-vre de Mr. La mi. C’est un de nos plus anciens Docteurs , dit-iî (6), en parlant de Monfr. Blondel, quipaffie pour savantchez quelques-uns. ll a beaucoup lu, es- fa mémoire est fort heu-reuse. ll fçait fort bien décider s d faut lire un mot Grec, onun autre , dans Hypocrate & dans Galien. Il les idolâtre entelle forte, qu il ne veut entendre parler que de ce qu ils ont dit;cr les vieilles erreurs font plus de jon goust, que les véritez nou-velles. ll fçait fort bien les noms des plantes ^, e? les connoìt com-me les Jardiniers. Il en fçait les vertus a la maniéré Galéni-qtit, ll t n mesure les dégrez de froid v de chaleurs avec une
ni
justesse qui surprend tout le monde, ll en cultive plusieurs avecbeaucoup de foin. Il a tant d'aversion pour la Chymie, qu’ilne siçaurott en ouïr un sieul terme fans fe récrier. Il a une tris-grande inclination pour enseigner sans aucun intérest, c7 tansqu tl y soit obligé. Je vous assure que je l’ay vu fe donner lapeine de venir tous les jours de la porte de Saint Denis à nosEjcoles, pour un seul Escalier, qui le quitta enfin , farce qtt iln estait pas ajjez Jçavant pour l'entendre, v que l’Hébreu &le Grec dont sies Discours estaient remplis, estoient pour luy deslangages point ou peu connus, ll est vray que ce Monsieur est tris-curieux des Etymologies , e? tâche de ramasser dans sies Traitéstout ce qu il a lu autrefois. De façon que dans un Livre qu’ilvouloit faire du vomissement, c/ des remedes émetiquesj ildonna une Préface de la Chymie; er, pour en trouver l’Au-t heur, il remonta jusqu au delà du Déluge, er fit une Question,fçavoir fi Tubakam en avoit esté íinventeur; farce qu’tl est ditde luy au 4 Chap. de la Genesie, qu’il faifoit des ou vrages decuivre w de fer. Mr. Lami ajoûte que Mr. Blondel l’accufaen plein Auditoire d’avancer une Hérésie, parce qu’en dis-putant contre une Thèse où l’on s’étoit déclaré pour lemouvement des cieux , il objecta que la rapidité du pré-mier Mobile feroit incroiable, puis que, selon le Systèmede Copernic, l'Equateur de la terre va auffi vite qu’un bou-let de Canon. L Accusé répondit qu il pouvoit y avoir del'erreur dans la supputation qu’il faifoit ; mais qu on ne pou-voit jamais dire qu ll y eust de f Hérésie, puis que ce n est pasun point de Religion de fçavoir bien conter. Mr. Blondel re-partit que ce n étoit pas là un fait de Médecine. J'en demeurayd’accord, dit Mr. Lami ; er là-deffius, un Doseur, prenantmon party, lui dit que puis qu’on avoit mi- la Proposition dansla These , je pouvois disputer contre. Et bien, répliqua Mon-sieur Blondel , qu'tl prouve que la terre tourne , mais qu il ltprouve médicinalement. Je vous avoue que je ne pus le fai-re, zy qu’il salut en demeurer là. Un EJcolier de Médecine ,qui a de /' esprit, z? qui ria rien à démefler avec MonsieurBlondel, ny aucun sujet de luy imposer, ma assuré que dansnos Escales il avoit dit une fois que tous ceux qui employentle Chincbina pechent mortellement, z? qu ils font un pael im-plicite avec le Diable. Et pour-montrer que la guérison qu onobtient par ce remede efl magique, c est, disoit-il, qu'il agit ffi rtoutes fortes de tempéramens , zj 1 qu après un certain ttrns l amaladie revient ; ce qui a esté reconnu de tous ceux qui ontécrit contre les Magiciens , pour le véritable caratíere d’une gué-rison diabolique.
( p ) Sa mort a été annoncée dans le Mercure Galant dtpmois dt Septembre ióSz.J Voici les paroles de Mr. de Vize.