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Tome premier. A - B.
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B O N G A R S.

(,{) Ctì Ox-vr.tgt eít in-titulé Gesta£>:i perErancos. Il

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(c) Colo-miéî , Bi-bliothèqueG.toiíìe,

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Lettres de quoi soupçonner qu’il se faisoit des scrupules par raport aux Guerres civiles des Protes-tans (H). Le public lui est redevable de l’Edition de plusieurs Auteurs qui ont Lit l’Histoire desExpéditions de la Palestine (cl). Je ne pense pas qu’il ait jamais été marié : une Demoiselle Fran-çoise , qu’il devoir épouíer , mourut le jour même qu’on avoir destiné aux noces, l’an i f97 (/).

II étudioit à Strasbourg l’an 1771, & avoir pour Précepteur un Anabaptiste (e). II étu-dioit fous Cujas en isjó (f). La Réponse , qu’il publia en Allemagne à un Ecrit, dans lequelon imputoit aux François qui accompagnoient les Allemans le mauvais succès de Pexpédition dePanis 87, a été louée par Mr. dc Thou (K). Mais cette Réponse, quelque glorieuse qu’ellepuistè être à P Auteur , n’est rien , si on la compare à celle qu’U avoir faite à une Bulle du Pa-pe Sixte , Sc qu’il avoir eu le courage d’afsicher dans Rome. Je n’ai lu cela que dans Monsr.Varillas dont je raporterai les paroles (L) , non sens les accompagner de quelques Notes criti-ques (M). Au reste, ce fut Bongars, qui fit imprimer les Questions que le Jésuite Coton

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(?<S) Colo-nies. Obset-vat. Sacrae,

fi7)Bongat-fiu?, Epistoi*/M 1 . 7 Edit,^Argentin,an, iSSo.

(it) Votez,B Article

iîNC.ELS-

HEIM , T{e-marrjuc (B),

Version de son maître avoir été un Ouvrage de pure néces-sité , & semblable au r'tsus Sardonius qui ne pafi’e pas les lè-vres. Mais suposons qu’il en jugeât autrement > doit-oncroire qu’il eût fait difficulté de recourir à un mensongeofficieux , pour empêcher que les Protestans d’Allemagnene se refroidissent entièrement envers Henri IV ? Doit-oncroire , que pour les tenir attachez aux intérêts de la Fran-ce , il eût fait difficulté de leur dire confidemment, quoiqu’il n’en crût rien , que le Roi étoit toûjours dans le fondde faîne bon Huguenot ? C’est comme quand du Bell-aifaisoit accroire aux mêmes Princes que François I ne s’é-loignoit pas de la Réforme (15). Fort bien, me dira-t-on;mais du Sellai étoit Papiste , cy Bongars étoit de la Religion,Tant qu il vous plaira , répondrai-je ; mais un AmbastàdeurProtestant e(l fait comme un autre : il fe sert comme les autresdes adresses de la Politique-, cy, s’il fe laisse duper, ce n est paspar z.ê!e , ou par scrupule de conscience. Prenez bien garde,que de la maniéré qu’on juge des choses, Bongars n’eûtrien fait contre les devoirs d’un homme d’honneur, enrendant de bons services à son maître par les insinuationsdont il s’agit. L’importance étoit de prendre bien gardeque les Espagnols n’en sussent rien.

(H) ll se faisoit quelques scrupules par raport aux Guerresciviles des Proteftans .] C’est Mr. Colomiés qui a fait cetteRemarque , & qui l’a insérée à la page 115 de ses Obferva-tiones sacra , imprimées à la Rochelle-fan 1679 , & à lapagç z2.6 d’un Recueil qu’il publia en Angleterre l’an 1687.Chriftianiffime ìn banc rem Jacobus Bongarpus, Aurelianenfis,Henrici IV ad Germanìa Principes olim Légat us, virpietate aceruditione illuftris , ìn quâdarn ad Joachimum CamerarìumJoachimi F. Epistolâ : H te , clariffime & prudentiffime Do-mine , eftundam in sinum tuum amicum & candidum ,quse me smpè agitant, nec turbant tamem Repete & nos-tros Duces .qui armis fuis Religionem prsetulerunt. Vide-bis victos vestros à Carolo V , captosque & affectos con-tumeliis, privâtes etiam bonis. Jn Galliâ captum primobello Condteum , tertio occisum : Amiralium setnper vic-tum ; tandem trucidatum cum magnâ Procerum turbâ. InBelgio , Aurangium itidem globo prostratum. Certè judi-care aliud non possum , quam ingrata illorum arma Deofuisse (16). Ce Passage de Bongars se trouve dans sa XIXLettre à Joachim Camerarius. On fa un peu mutilé dansf Edition de Paris. Voiez f Avertissement de l’Edition de laHaie en 1695.

(/) Une Demoiselle Françoise , qu il devoit épouser , mourutle jour même qu on avoit destiné aux noces l’an 1593.] Elles’apelloit Odette Spifame de Chalonge. Ils s’étoient aimezprès de six ans, & avoient souhaité de se marier ensemble;mais les volages qu’il fut obligé de faire pour le servicedu Roi s’oposérent pendant ce tems-là à leurs désirs mu-tuels. Nuptias utrinque optatas peregrinationes me a e? regianegotia haêhnus impedìverunt (17). Le Roi ne permettantpas à Bongars de la venir épouser, elle eut la complaisanced’aller trouver son amant, accompagnée de son pere. Onétoit convenu de se marier à Baie. Elle se rendit à Mom-beliard au cœur de l’hiver, & à travers mille périls , Sc ,aiant su que Bongars ne pourroit lui venir au devant qu’aubout de huit jours, elle f alla trouver jusqu a Strasbourg.Ce fut là qu’on résolut de faire les nôces : mais la pauvreDemoiselle tomba malade au bout de huit jours, & mou-rut le quatrième jour de fa maladie. Bongars en fut extrê-mement affligé , comme il paroit par ses Lettres. J’ai tiréces particularisez de la Lettre qu’tl écrivit à Jean Guillau-me Stuckius, le 8 de Février 1597 : elle est à la page 7 del’Edition de Strasbourg en 1660 , & à la page 66 del’Edition de la Haie en 1697. Cette Edition de Stras-bourg ne contient qu une petite partie des Lettres de Ja-ques Bongars ; mais 011 y a joint celles que Lingelsheimlui avoit écrites; que j’auroìs trouvées meilleures que je n’aifait, fl elles n’avoient pas été tronquées d’un grand nom-bre de noms propres. Ces mutilations empêchent qu’onne conoisse de quelles fortes d’affaires Lingelsheim entrete-noit ion ami en ces endroits-là , & font croire que ces en-droits étoient curieux. Je ne croi point que Mr. Morhofait rien compris dans f Avertissement au Lecteur , qui est àla tête des Lettres de Bongars & de Lingelsheim (18).

(K) Sa Réponse . touchant l expédition de 1587, a.

été louée par Mr. de Thou.] Voici les paroles de ce grand

Historien : Donavius anno insequenti . Librum Germd-

nicâ Linguâ edit , quo saSti in vidiam omnem à fe amoliebatur,eamque in Navarri tarditatem, Bullionìi imperitiam; cy Gal-lorum Ducum imprudentiam, pve in dijlribuendìs manstonìbusmdignitatem , qu& Germants tumultttanii occafionem didiffst,

retorquebat ; tdqne captato tetnpore ficerat Donavius , cumFrancofurtensts propediem Nundina exitura estent, ut ad Scrtp-tum refponderi postes , inteteà volitaret illud per manus Ger-manorum , cy nemìne contradicente imponeret ea mentibus, qtuhaud facile posteà eximi postent. Verìim astu cognito Jacob.Bongarpus juvenis ingénia v eruditione praftans , ey Gallìcidecoris per quam studiofus , qui Navarri res iflìc procurabat ,Scripti exemplo ab amicis accepta , extemporaneo , fed aculeatoScnpto contraria, quod cyeâdem feftinatione typìs mendaricu-ravit, antequam Nuniinti exirent, refpondit , e? omnem rei

mâle geft* culpam primttm . rejieit . deinde

in cyc (ty!- Notez que ces paroles ne se trouvent pointdans les Editions de Monsr. de Thou ; mais elles étoientdans son Manuscrit. Voiez le Tbuanus restitutus.

(Z) ll eut le courage d’afficher dans Rome une Réponse qu ilfit à une Bulle de Sixte V. Je n ai lu cela que dans Air. Va-rillas , dont je raporterai les paroles.] Aiant raconté la pro-cédure violente de Sixte V contre le Roi de Navarre , Sccontre le Prince de Coudé, il ajoute que la Bulle de ce Pa-pe demeura long tems affichée au champ de Flore, cy jusqu à ceque Jaques Bongars , Calviniste, Bourgeois d’Orléans , qui fetrouvoit alors à Rome , quoi qu il n’eufi que dix-fept ans , feproposa de vanger /’honneur de la France, noirci dans Its deuxpremiers Princes du Sang , cy s’en acquita d’une maniéré fi in-trépide, qu elle mérite d’avoir place dans l’Histoire .

. . . (zo\ Comme il eftoit déjà fort sçavant, il composa uneRéponse tout-à-faìt forte cy satirique à la Bulle du Pape. llla transcrivit lui-mème en forme de placart : il choisit une nuittout-à-fait obscure ; cy il afficha ce placart auprìs ds la Bulledans k Champ de Flore. Il fut fi heureux , que non seulementon ne l’apperçut point , mais encore on ne fe douta point quec’eust esté lui-, cy on lignoreroit encore, s’il ne s'en eftoit depuisexpliqué , cy s il n en eust donné des preuves convaincantes, llappelloit au nom des deux Princes , de la Bulle de Sìxte-tjuìnt,qui fe difoit Paie de Rome , à la Cour des Pairs de France : ildonnoit un démenti à fa Sainteté, fur le crime d’Hérésie dontelle les accusait , cy il offrait de leur part de prouver dans unConcile légitimement astemblé, que U Pape étoit luy-mesme Hé-rétique. ll le traitait d Antechrijl, s’il ne s’ysoumettait- cyil luy déclarait en leur nom une guerre perpétuelle cy irréconci-liable. ll protestait que l'on vengerait sur la Cour de Rome letort qu on vernit de faire au Roi tris Chrejlhn , à la MaisonRoyale, cy aux trois Etats du Royaume : il imploroìt dans cetteveue /’affiliante de tous Us Princes véritablement Chrefiìsns ; <yil conjurât tous les Alliés de la Monarchie Françoise , de s’op-poser à la tyrannie du Pape , cy aux funestes desseins de la Li-gue ( it ). Mr. Varillas affirme , qu’encore que toutes lesRelations qu’il a vues de cette action suposent que Bongars mn avoit alors que dix-fept ans, il ne peut se persuader qu’unEcrit de cette force ait été le coup d’essai d’un fi jeunehomme (zz). J’ai long-temps cherché la cause de cette er-reur , ajoute-t-ìl (23) , „ & ce que j’ay trouvé de plus„ vray-semblable est qu’Estienne de la Boiffie avoit écrit,

„ au même âge de dix-septans, la fameuse Satyre contre,, tous les Monarques du Monde , qu’il avoit nommée Le,, Contre-Un , & que cette Satyre avoir esté pour le moins„ autant admirée pour )a force , que blâmée pour la té-„ mérité ; que la Boiffie estoit Catholique , & que les„ Calvinistes , pour luy opposer un homme qui approchais,, de son style , avoient feint que Bongars, qui estoit de„ leur Communion , n’avoit pas plus d’âge que luy , lors-„ qu’il avoit dessendu dans Rome , avec un extrême dan-„ ger de fa vie , la dignité des deux prémiers Princes du,, Sang de France. Quoy qu’il en soit, Bongars n’en de-„ meura pas là ; 8c , après qu’il eut repassé les Alpes, fans„ que le Pape Sixte Quint eût pû découvrir que c’étoit luy,, qui favoit fi mal traité, la Cour de France luy donna,, successivement onze solemneíles Ambassades, dont il,, s’acquita avec beaucoup d’honneur. Je n’ay vu que la„ derniere , qui se trouve dans la Bibliothèque du Roy»

,, entre les Manuscrits de Lomenie, & qui regarde les

„ Traités de Henry le Grand pour la Succession de Cleves„ & de Julliers, & j’tstime qu’elle suffit en quelque ma-„ niere pour consoler le Public de la perte des autres ”.

(M). non fans les accompagner de quelques Notes

critiques.] I. II est blâmable de n'avoir pas indiqué la sour-ce d’où il a pris que Bongars fit cette action. II ne pouvoitpas ignorer que nos plus célèbres Historiens (24} ne mar-quent pas cette circonstance : il faloit donc qu’elle fût desplus cachées; il étoit donc à propos de découvrir com-ment on avoit été plus heureux que tant d autres Ecrivains,

II. J osé bien défier toute la terre, de nommer aucun bonAuteurqui ait dit que Bongars n’avoit que dix-fept ans,

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