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Tome premier. A - B.
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il O N G Á R §ì ôoí

Études de Critique , je dois observer qu’il procura une Edition de Justin ì qui est fort bonne (C) :ii rétablit plusieurs Paífages corrompus, & il éclaircit par ses Notes beaucoup de difficultez, &en tout cela il fit paroitre ía pénétration , son érudition , 8 c la peine qu il avoit prise de consulterles bons Manuscrits. II se conoiísoit merveilleusement en Livres , soit Manuscrits 4 soit imprimez j8c il en ramassa un très-grand nombre. II acheta en 1603 , conjointement avec Paul Petau , lesManuscrits de Pierre Daniel. La portion qui lui échut est tombée enfin dans la Bibliothèque duVatican (D). La Bibliothèque de Berne profita beaucoup de celle de Jaques Bongars (S) , W Kteiìqu’il avoit bien augmentée , en 1604 , des débris de la Bibliothèque de Cujas (-&)■ Il mou- Traite desrut l’an ,6iz , âgé de cinquante-huit ans (r). Ce fut à Paris, & cela donna un nouveau chagrinà Casaubon (F). Les partisans de l’Empereur tâchèrent de nuire à la France , en sellant courircertains bruits contre cet Agent (G). II etoit bien de la Religion j mais on trouve dans ses

Lettres grapiq

(1) Morhof,in Polyhist.jing. 3 o 5 .

Cet Ouvragede Morhó-fius fut im-primé fan268S,

fi) Volez,f Avertisse-ment au Lec-teur y àdìt ton de laLiaie en 1695»

f?) Votez,■i’Epitre De*dicatoiredu Justia

de Mon fr.<îíœvius, frune Lettrede FridericSpanheimfíU devant detelles deBongars.

(4) C’est cellede la mort de

Jules'CésarScaliger,

(5) ^Avocat àOrléans , frBailli de

l -Abbate deFleuri.

(6) U mourut

Mr nJoj.

(?) Je croiyt'il eût faltt

dir*Gravicet,

Plutôt

GraviíTct.

< 8 ) Elle íteit

* U ° n > &femme d’unJ 0îla illier.

Mabillon :

vtin. la ci-tation suivan-te.

(9) Mabìl-Ln, Prœsat.Libri de Li-s"giâ Gál-pcanâ, f U -

a Paris168 j.

bassadeur. On peut aprendre, non feulement des mots &des phrases, mais auffi le cours des affaires de ce tems-là,

8c plusieurs faits particuliers qui ont encore quelque rela-tion au tems présent, 8c qui peuvent être d’un plus grandusage, que ce qu’on trouve dans les Lettres de Cicéron.On s’intéresse plus aux affaires limitrophes de notre pais &de notre siécle , qu’à celles des anciens Romains : celles-cid’ailleurs se manioienr d’une maniéré qui est infinimentmoins conforme au tems présent, que la maniéré dont onnégocioit au siécle passé , 8c au commencement de celui-ci. Toutes ces pensées , & plusieurs antres à la louangedes Lettres de Jaques Bongars , font tout-à-fait bien expli-quées dans la Préface du Traducteur. Mr. Morliofius observequ on avoit publié depuis peu à Paris les LettresFrançoi-les de Bongars. Post mortem ejus édita fuerunt tum ha Lati-, * tur st Gallica Linguâ , qua nuper ádmodum

Partstts Iticem viderunt (1). II a raison , s’il ne veut parlerd rntre chose que d un petit Livre intitulé , Le SecrétaireJans fard , ou Recueil de diverses Lettres du Sieur Jaques deBongars y c , avec une Insruéfton à lut donnée par feu Mr. leMaréchal de Bouillon. Ce Recueil comprend XXXIV Let-ties, qui ont été insérées dans l’Edition de la Haie , en1095. Je ne dois pas oublier qu’il régné dans les Lettresde Bongars un certain caractère d’honnête homme, quiprevient beaucoup les Lecteurs.

. N ? sc s Pie traduction Françoise dont j’ai parlé fnt

EHn* Pa n Van â , & réimprimée en Hollandebientôt âpres. On en fit une nouvelle Edition l’an 1604,&lon marqua au litre quelle étoit corrigée y augmentée.Getoit tromper les Lecteurs: iln’y a que l’Edition de la Haieen 1 69ç , qui mérite que l’on y marque cela. On y a cor-rige plusieurs bévues du Traducteur, 8c rétabli plusieurs cho-ses qu’il avoit osé retrancher par un esprit de bigoterie (í)Notez auffi que Mr. Spanheim , Professeur en Théologieà Leide , y fit imprimer en 1647 un Recueil des LettresLatines de notre Bongars : il y joignit une Lettre qui sertde Préface , 8c qui a été insérée dans l’Edition de la Haieen i6çk.

(C) H procura une Edition Je Justin, qui est fort tonne. 1

Je ne m arrete point au Scalìgerana , où l’on trouve qu’ilí ^?, I . t , c L u rm antre Jaques Bongars , 8c non pas lui , avoitpublie cet Auteur. Je ne voi personne auì n’attribue cetOuvrage au merne Bongars qui négocia en Allemagne nourHenri IV (;J , 8c de plus ,_ Scaliger en cet endroit parle sipeu exactement , qu’on doit croire qu’il n avoir que desidées confuses de ce qu’il difoit. ,, II y a zo ans ,, , dit-il,„ que cet autre Jacobus Bongarstus donna son Justin à Mon-„ sieur de l'Escale à Bordeaux ”. 11 auroit donc sain qu’il

l’eût donné pour le plus tard en Vannée 1558 (4J, 8c queles freres Vassan eussent ouï dire ceci à Scaliger l’an 1578.Ces deux faits font impossibles : la prémiere Edition duJustin de Jaques Bongars est de Paris , en 1581 , in 8. Lesfreres Vassan ne furent auprès de Scaliger que depuis qu’ilse fut établi à Leide , l’an 15:93.

(D) Ses Manuscrits ..... font tombez, dans laBibliothèque du Vatican .] Les Curieux seront bien aisesde trouver ici 1111 morceau de ''Histoire des Bibliothèques,tiré d’un Ouvrage du savant P. Mabillon. Lors qu’en 1561,les Protestans saccagèrent l’Abbaie de Fleuri, ils y trouvè-rent quantité de bons Manuscrits. Pierre Daniel (5) seservant adroitement de la faveur où il étoit auprès du Car-dinal de Chatillon , Abbé Commentaire de cette Abbaie,retira d’entre les mains des soldats plusieurs de ces Manus-crits , 8c entre autres un Servius fur Virgile qu’il publia l’an1600. Après fa mort (6) , ses héritiers vendirent les Ma-nuscrits , pour la somme de 1500 livres , à Paul Petau , 8cà Bongars. La portion de Paul Petau fut laissée à Alexan-dre Petau son fils, qui la vendit à la Reine de Suede. Cellede Bongars fut portée à Strasbourg , où il faisoit sa résiden-ce : il la laissa par son testament à un nommé Granicet (7),qui étoit fils de son hôtesse (8). Gruterus, Bibliothécairede l’Electeur Palatin , persuada à ce Prince d’acheter lesManuscrits que Bongars avoit laissez à Granicet : 8c ainsiils furent transportez à Heidelberg , 8c de là à Rome (9).

(E) ll avoit bien augmenté fa Bibliothèque des débris de cellede Cujas,} Ce qu’il raconte là-dessus, dans une Lettre du*9 de Janvier 1604 , témoigne si clairement la passion ex-trême qu’il avoit pour les études 8c pour les Livres , que jene saurois m’empccher de le mettre ici selon la Version Fran-çoise. ,,Tant que j’ai été dans ce volage, je n’aipaspû vous" ecr }J. e , Parce que j’étois tout apliqué à mes affaires do-„ métriques , ausquels je devois tâcher de mettre quelque" ssà avant mon départ. Dans cette occupation même,a Plus grand de mes foins a été de chercher quelques res-

slò) Bon»gars, Let-tre XXX vf,pag. 99 Edi-tion de laHaie en 169^Voiez atijjìla XLVllLettre deLingels- ,heim.

(11) Cafeibon, Epist.

D CX CVIII.pag.MiEdttì•n. ISJ6.

(12) Colo-imies, Bi-bliothèque

Choisie,pag. r 89.j

„ tes de la Bibliothèque de Mr. Cujas: Vous rirez fans„ doute de bon cœur, lorsque vous vous représenterez„ cette foule de monde qui va à la Cour comme à une,, foire , pour y faire ses affaires > 8c pour tâcher de tirer„ du Roi quelque argent ; 8c qu’en même tems, un hom-„ me de Cour comme moi, & qui n’est pas extrêmement,, accommodé , s'enfuye en des lieux écartez, pour em-,, piolet une partie de son bien à acheter des Livres 8c des„ papiers en désordre , 8c à demi rongés des vers. Vous,, voyez par là fi je fuis un homme fort avare. Lors qu ilj, s’agit d’avoir des'Livres , ni la peine , n j la dépense,

„ ne m est rien. Plût à Dieu que je fusse libre 8c en re-„ pos, pour pouvoir les lire. Je n’envirois point alors,

„ ni les richesses de Mr. de Rosny , ni les montagnes d’or„ des Perses (10)

(F) Sa mort donna un nouveau chagrin à Casaubon.} LesLettres de ce grand Critique témoignent qu’il avoit milleobligations à Jaques Bongars, 8c qu’il l'estimoit beaucoup.

Voiez en particulier la DCXCVIII 8c la DCXCIXoù il parle de fa mort. C’est là qu’il regrette que cet hon-nête homme n’eût point reçu à Paris les honneurs funè-bres qui lui étoient dus , 8c qu’infatiliblement on lui auroitfaits en Allemagne. ®ui fi in Germaniâ diem ultimumobiijfet , habuiffent doâli viri rationem funeris ejus , ez ornan-ds, illius memoris. pro meritis ingentibus rS uettcaçirís ( n ).

Monsr. Colomiés se trompe , quand il dit que Bongarsmourut à Berne (ra).

(G) On fit courir certains bruits contre cet Àgent.} LesLettres du Cardinal d’Ossat nous aprennent ce que c'étoit.

On fait dire ici , ( voilà ce qu’il écrivoit à Rome à Monsr.de Villeroi le 2 de Décembre 1600 , ) que le Roi tient unGentilhomme en Allemagne prés les Princes Protestans , apelléBongars , lequel dit ausdits Princes Protestans , e/ à. ceux deleur SeCle ., que le Roi pour fa conversion n a point changé d’o-pinion en son coeur , mais que pour jouir paisiblement de sonRoiaume il a façonné son extérieur , s accommodant au temscy à ce que son profit requérois. Je ne peux croire que leditBongars tienne te langage fi contraire à la vérité cy à la bonnefol dont le Roi doit eftre recommandé -, non seulement envers lesCatholiques, mais auffi envers les Protestans mesrnes , qui au-trement ne s’y pourroknt fier , y ne voudroitnt s’emploier pourlui mais je tiens que ecft une invention Savoyarde cy Espa-gnole (13). Ce Cardinal étoit trop habile, pour ne pascomprendre le tort que cela pouvoir faire au Roi à la Courde Rome : c’est pourquoi il prit le parti de nier que Bon-gars eût tenu de tels discours. On s’offrit à le lui prou-ver : voions les suites qu’eurent ces offres. Me furent mi-ses en main , dit-il, plusieurs Lettres en Latin , eferites à unhomme de Lettres Allemand , apellé Gafpart Echoppius qui estici , les unos par ledit Bongars , y d'autres par un apellé Vel-sier , qui demeure à Ausbourg. Par toutes ces Lettres, j’aprtsque ce Schoppius avoit esté Huguenot, y qu après s'eftre convertien cette ville , il e/crivit à de ses amis Huguenots, y entr au-tres audit Bongars , des Lettres aspres y injurieuses , y pinspropres à. les irriter y endurcir en leur opinion, qu à les gagnery convertir , dont ledit Bongars fe piqua aucunement , e? luirefpondit brusquement , mats non fans beaucoup de refpeél y demodestie : y en toutes ces Lettres il ne fe trouve un seul mottouchant le susdit langage , ni qui en aproche : de façon que laproduélion de ces Lettres a esté Ja justification envers moi pource regard. Mats parmi les Lettres dudit Velfer , je trouve quecelles qtte ledit Bongars eferivoit audit Schoppius , paffoìent parles mains dudit Velfer qui les ouvrait y lifoit, y puis les en-voioit audit Schoppius-, y y en a une dudit Velfer audit Schop-pius , par laquelle il suggéré audit Schoppius que en répliquantaudit Bongars , il lui reproche la conversion de son Roi > y quefur icelle il a tenu tel y tel langrge aux Princes Protestans d’Al-lemagne. Mais il fe volt que ce Velfer est ennemi dudit Bon-gars , y partial de la Maison d'Ausiriche , comme ledit Schop-pius efloit entretenu par feu Monsieur le Cardinal Madruccio,qui estait fi fort de ladite Maison, que le Roi d'Espagne lui avoitfié le secret du Conclave plustost qu à ses Ambajfadeurs propres,ni aux Cardinaux Espagnols naturels. De façon que je tiensque cette imputation y charge mise fur ledit Bongars est unepure calomnie,controuvée pour nuire auRoi principalement {t q).

Pour moi, je trouve .assez vraisemblable ce que Velfervouloir que l’on reprochât à Jaques Bongars. II n’y avoitpresque personne parmi ceux de la Religion, qui, ..pendant • ff. «02,les premières années du Catholicisme de Henri IV, fût daíi dc\t-persuadé que ce Prince eût changé de sentiment. Son En-volé en Allemagne n’étoit pas trop homme à s’imaginer,-qu’à 1 âge qu’avoit Henri'IV, on puisse commencer àcroire la Transubstantiation , 8c ce quì s’ensuit. II est doncprobable qu’il n’auroit pas cru mentir, en disant que la' con-

Gggg 3 vérsioïv

(13) st’Osïíat, Lettre

CCXLlyLivr . V/gMS* S 95 %

(34)

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me j le z de.Janv ,