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Tome premier. A - B.
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B O R E.

(f) VaiíZ. U'Remarque

fs) Le 3 deJuin 1515 **le jour desFiançaillesfut V onzÀêmede Juin»

Voicx. Sec-kend. Livr.Jly pag. 16 ,

(7) Luthe-ius, Opeium7V«.-, UI ■,foin 140,apud Scc-kendorf,Liír. U,

(S) LutheriEpist. ad.Michael.Stiseliimî,pag 294 .•datée du 10ée Juin 1525 ,iitée parScC mkend. Livr.II , nnm, Z.

f9)Lutherus»in Epist. adWeucestaumLincium,datée le 20Juin 3 citéefar Sccken-dorf, Livr.

II , num, 6 .

(io) Luthe-rus, Tom, IILfolio 150,cité farSeckendorf,Livr. II y

fn) Lu-th eri Epist#Libr. //,pag. 294 »

citée parSeckcr.dorf»Libr. lly

( 1.2)' Epist.ad Amsdox-fìum , Libr.II. pag. 2 95:datée 'du 22Juin , citeepar Sccken-doif, Livr mÌI , num, 7.

(iî) Sec-kend. Hist.Lutheran.Libr. IL p a i»17 , num. 8 .

(14) Me-lancht. apudSeckend.Libr. llynum . 10,

(15) Epist. adRuhelium>Tom. lllyfolio T50Jdttcc du 15Juin citée parSeckendoif>Livr //,

4.

guere consulté ses Lettres. Ils y eussent vu que la pensée de l'épouser lui vint tout-à-coUp , l’aiìiyif (B) , Sí qu’il l’exécuta avec une extrême promtitude , pour faire plaisir à son pere, & pourfermer la bouche à la médisance (C). II est même vrai qu’il se hâta , parce que croiant mourirbientôt, & ne voulant pas mourir garçon , de peur de violer un précepte , Sc de retenir quelquechose du Papisme , Sc de frustrer les désirs de son bonhomme de pere , qui auroit déjà voulu êtreaieul, il ne croioit pas qu’il y eût du tems à perdre (D). Qui plus est , il entra Un peu d’enviede faire dépit aux Papistes, dans le dessein de son mariage (/). Cette fille refusa l’homme qu’illui conseilloit d’épouser , Sc alla dire à Amsdorf, qu’un tel mariage ne lui plaisoit pas -, mais quesi Luther, ou lui Amsdorf, la vouloient pour femme, elle étoit prête à accepter l’un ou l’autre (£).Le bruit courut qu’elle fut bientôt en couche après ses noces (F) ; mais Erasme , qui avoit écritcette nouvelle à quelqu’un de ses amis, en reconut la fausseté dans peu de tems. Luther, quel-que intrépide qu’il fût, sc laissa d’abord décontenancer par les murmures que son mariage excitaau dedans Sc au dehors (G). II reprit courage dans la fuite, Sc même assez promtement, Sc pa-rut

par des raisons de nécessité naturelle : au lieu que celui quichoisiroit les ragoûts feroit un acte de gourmandise 8c defriandise, 8c montrerait qu’il ne cherche qu à contenter sonapetit voluptueux. L’aplication est aisée : si Luther n’avoitpour but que de trouver simplement un remede d’inconti-nence , qui lui donnât lieu de procurer des enfans à l’Eglise& à la patrie , il auroit imité celui qui préféré le morceaude bœuf aux mets les plus délicats. On ne gagnerait doncrien à mesurer ces sortes de choses fur le parallèle du man-. ger. Mais outre la raison de fait * je veux dire outre queCatherine de Bore n’étoit point fort belle , on auroit desraisons de droit à alléguer en faveur de Martin Luther.

(B) La sensée de l'épouser vint à Luther tout-â-coup, tan1515.] Huit jours avant ses fiançailles (6), il écrivoìt àRuhelius , que si son exemple étoit nécessaire au Cardinalde Brandebourg , Archevêque de Maience , il se marieraitbientôt , quoi qu’il eût douté jusques-là s’il étoit propre aumariage ; que bailleurs, c’est fa pensée de se marier avant •que de quitter la terre ; ce qui ne feroit peut-être qu’un en-gagement semblable à celui de Saint Joseph. Si Elcélor fortedicit, cur ego ipse non àucam uxorem , qui omnes ad nubendumincite, refpondebis, me semper adhuc dubitaffe an idoneus ad idsim. Attamen , si meo matrimonio Eleélor confirmari pojfet,propediem paratus effem ad exemplum ei prabendum. Nam eralias cogito, antequam ex hac vitâ discedam, ut matrimoniumcontraham, qui id a Deo exigì puto , licet forte sutura effet des-ponsatìo Josephica (7). C’est le langage d’un homme qui re-garde encore le mariage en éloignement. II faut donc queLuther ait changé d’avis à l’improviste. 11 crut que sonchangement fut un coup du Ciel, Ik il dit que les figes deson Parti , qui blâmoient tant son mariage , étoient con-traints d’y reconoitre le doigt de Dieu. Vehementer irrttan-tur sapientes inter nostros : rem coguntur Del fateri, sed perfonalarva tam mes, quam puelU illos dementatfimpia cogitare er di-cere facit (8). Ailleurs il parle de cette maniéré : Dominusme subito attaque cogitantem conjecit mire in conjugium eumCatharina Borenfi moniali illa (9). Remarquez néanmoins,que dans une Lettre du 5 Mai de la même année, il témoi-gne avoir dessein d’épouser sa Catherine.

(C) . . . pour fermer la bouche à la médisances Voici cequ’il écrivit à Ruhelius, le 15 de Juin r 515. Postulante pâtremeo, conjugium inii,v ut lingual maledicorum z? impedimentavitarem congresfum nuptialem proieranter institut (10). Si l’onn’avoit que ce Passage, l’on ne conoitroit pas bien certai-nement la nature des médisances qu'il se proposoit d'évi-ter : on pourrait croire qu’il n’avoit pour but que de cou-per cours à mille sots contes , qui se débitent dans les villespendant les recherches de mariage. Chacun se mêle alors dedire tout ce qu’il fait, 8c tout ce qu’il ne fait pas; & il n’ar-rive que trop souvent que les brodeurs de nouvelles empê-chent la conclusion : mais quand l’assaire est conclue , ellene sert guere d’entretien aux compagnies. On pourraitdonc dire que Luther ne voulut pas que ces brodeurs eus-sent le tems de faire courir par la ville les nouvelles de sondessein , & que pour cet effet, il l’exécuta aussi-tôt qu’il leforma ; mais nous «moissons par d’autres endroits de sesLettres , qu’il y avoit une autre forte de bruits à faire ces-ser. Os cbstruxi , dit-il à son ami Spalatinus, insamantibusme cum Catharina Borana (n). Vera est itaque fama , dit-ilà un autre (12), me effe cum Catharina subito copulatum, an-tequam ora cogérer audire tumultuosa in me, ficut solet fieri. IIy a toutes les aparences du monde que l’on parloir mal delui & d’elle, à cause fans doute qu’il la voioit familière-ment. II l’aimoit, 8c il l’apelloit sa Catherine. Eortaffeetiam rumoribus mota de quitus Lutherus Epiftolâ supra alle-gatâ querttur, quibus tamen ipse aliquam occafionem dedìffe vi-detur , optime enim cupiebat v'trgmi , e? suam vocaresolebatCatharinam (13). Mr. Seckendorf conjecture que ces cause-ries furent une des raisons qui la portèrent à déclarer qu’ellene vouloir pas épouser le Docteur Glacius, mais que volon-tiers elle se marierait, ou avec Luther , ou avec Amsdorf.Joignons à tout cela ce que Melanchthon écrivit fur ce ma-riage : Si quid vulgofertur aliud indecentius id mendacium ercalumniar» elfe perjpicuum est (y L).

{D) ll fe hâta, parce que croiant mourir bientôt, il ne croioitpas qu’il y eut de tems à perdres La preuve des deux outrois faits contenus dans la période , qui commence par leTexte de cette Remarque , va être donnée. Ecce, quia fieinsanìunt, c’est Luther qui parle (15), & il a en vue ceuxqui cri oient contre lui à cause de la guerre des païsans , itâme paravi , ut ante mortem meam, in statu, quo creatus sum,à Deo inventar , er quantum petero , nihil ex prjori vita meâ

papisticâ retìneam. Eurant itaque tanto acriut , er htc ult'tmaer valediéloria erunt. Mens enim mìhi prafagit, me à Deo adgratiam suam evocatum iri. Itaque, postulante pâtre meo, con-jugium init. II parle ainsi dans une autre Lettre : Spero enimme breve tempus adhuc viéiurum,crhoc novijfimum obsequìumparent 't meo poftulanti nolui denegare spe prolis , fimul ut confir-mem faâla qua docui (16). Et ailleurs , voici cy qu’il dit,Alias cogito antequam ex hac vitâ discedam ut matrimoniumcontraham qui id à Deo exigi puto (17).

(£) Elle refusa d’épouser Glacius ; . . . mais pour Luther,ou Amsdorf, elle étoit prête à accepter l'un ou ïautres] Noussavons cela par un Mémoire manuscrit, qu’Abraham Scul-tet a inséré dans ses Annales (18). L’homme , qu’on vou-loir marier avec Catherine , étoit un Ministre d’Orlamund,nommé le Docteur Glacius. Peut-être pourroit-on dire enFrançois le Docteur la Glace (*ì. La fille ne voulut pointde ce Docteur. Vellet Lutheruì,vellet Amsdorffius, fe paratamcum alterutro honestum iniri matrimonium : cum D. Glacionullo modo. Luther , aiant su cela d’un côté , & aiant ouïdire de l’autre , que s’il s’engageoit au mariage, il feroit riretout le monde & le Diable même , résolut d’épouser la Re-ligieuse Catherine , pour faire dépit au monde 8c auJDiablc.Hoc ubi Lutherus intellexit, audiffetque ex D. Hieronymi Schur-fii ore : Si Monachus iste uxorem duceret, rifuros mundum uni -verfum cr dìabolum ipsum, faóîurumque ipfum irritas atìionessuas univerfas : ut agri faceret mundo C? diabolo , ut parent 'tetiam hoc fuadenti gratìstcaretur , Catharinam fibi uxorem du-cendam cenfuit (19), A cela s’accorde ce qu’il écrivit le ryMai 1525 à Ruhelius. Si domum venero, ad mortem me Deojuvante pr&parabo > a? novos iftos dominos esc latrones expeéía-bo . lllis autem ut agréfaciam , fi fieri pot est, Cathari-

nam meam uxorem ducam , antequam moriar , fi pergere eosintellexero : neque mim os mihì obstruent, nec gaudium adi-ment (20). Quand je cherche les raisons qui ont pu lui per-suader qu’il chagrinerait les Papistes en se mariant, je n’entrouve point de plus vraisemblable , que de dire qu’il s’ima-ginoit qu’il leur restoit une espece de consolation , dans lapensée qu’il avoit encore quelques égards pour le dogme desvœux monastiques.

§. (a.) Glacius, de YAWtmtmà piafs, qui signifie , ou unverre à boire , ou simplement du verre , n’a pas dû êtrerendu en François par la Glace. Eyff est le mot Allemandqui répond à ce mot François. Rem. c r i t.

(F) Le bruit courut qu’elle sut bientôt en couche après ses nô-ees.] Voici ce qu’Erasme en écrivit : Lutherus quod felixfríUftumque fit deposito Philosophi pallia duxit uxorem ex clarâfamiliâ Borna (21) , puellam eleganti formà natam annos vi-ginti sex, sed indotatam c? qua pridem defierat effe Veftalis. At-que ut scias auspicatas fu'tffe nuptias, pauculis diebuspoft decan-tatum hymenaum nova nupta peperit (22). C’étoit une insignefausseté ; Erasme le conut par ì'événement, 8c il avoua queÇ’avoit été un faux bruit. La Lettre, où il fait cette confes-sion, est datée du 13 de Mars 1326. II fe contente de direque la femme de Luther étoit grosse, 8c qu’elle n’avoit pointdomté les esprits féroces «ie son mari, puis que le Livre, queLuther avoit composé contre lui Erasme , depuis ses n ôces,étoit le plus furieux Livre qui fût jamais sorti de sa plume.De conjugio Lutheri eertum est , de partu maturo jponsa vanuserat rumor, nunc tamen gravida effe dicitur. Si vera est vulgifabula Antichrifium nafeiturum ex monachâ , quemadmodutnisti jaâlitant, quot Amichriftorum millìajam olim habet mun-dusì At egosperabam fore, ut Lutherum uxor redderet magiscicurem. Verum ille prater omnem expetlaúonem emifit Librurnin me fummâ quidem cura elaboratum , fed adeo virulentum >ut haéltnus in neminem scripserit hostilihs (23).

. (G) Luther fut décontenancé par les murmures que son ma-riage excita au dedans ct/ au dehors .] II avoue lui-même queson mariage le rendoit si méprisable , qu’il espérait que cet-te humiliation donnerait de la joie aux Anges, 8c du cha-grin aux Diables. Sic me vilem or contemptum hìs nuptiis fet'hut Angelos ridere or omnes d&mones flere fperemflf). Melanch-ython le trouvoit si affligé de ce changement de vie, qu’il luiécrivoit des Lettres de consolation. Çstuonuim verô ipfumLutherum quodammodo tristiorem effe cerxó, or perturbatnm obvita mutationem, omnistudio or benevolentìâ confolari eum co-nor (25). II ajoute que le tort que faisoit ce mariage à lagrande réputation de Luther, produirait aparemment unbon effet : il vouloir dire que cela préviendrait la vanitédont les têtes les plus sages ne se remplissent que trop dansl’éclat d’une grande gloire. Erat etiam, meo quidem judióo,nec inutilis quidem casas iste ad demifftonem quandam pertinens ,eum alte fufiollì er ejferri semper fit periculofum, non folum sap

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