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Tome premier. A - B.
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BORE. 609

l'iït fort satisfait de íbn marché ; deforte que peu après que fa femme lui eut donné mi fils, il té-moigna qu’il ne changerait point íà condition avec celle de Crefus , tant il éprouvoit que Dieului avoir donné une bonne femme {H). II peníà mourir d’une rétention d’urine l’an 1 p37 -, Lcdolf ecket1 ’ en cet état, il fe loiia beaucoup de son épouse (g). Dans le Testament qu’il fit en ïs^z , il lui111 • p^ts’s, témoigna beaucoup d’amitié , & fit des dispositions avantageuses pour elle (h). II ne prétendoit+• ' pas qu’elle n’eût point de défauts ; mais il croioit qu’elle en avoir moins que les autres (i). On

Widm.an u remarqué qu’elle s’en faisoit un peu trop accroire, & qu’elle étoit trop impérieuse (k) ; maist“i- «51. cela étoit excusable , vu la gloire qui environnent son mari. Elle étoit d’un côté trop ménagère,(<) Vaiezu Sc de l’autre trop prodigue : elle épargnoit quant à l’interieur de son domestique, &'saifoit tropde dépense- en bâtimens. C’cst le propre d’une habile femme qui aime le faste. Après la mort deLuther, elle s’entretint honnêtement avec fa famille, joignant aux biens médiocres du défuntdorf'^ 1 ' les assistances qu’elle recevoir de l’Electeur de Saxe , & des Comtes de Mansfeld. Enfin ellesis’en. «si, se retira de Wittemberg à Torga, & y mourut Iè 2.0 de Décembre 1 p f 2. (/). Si Erasme neu '\'Zr£' le trompe point, lors qu’il dit qu’elle íe maria à l’âge de vingt-six ans (m) , elle en devoit avoirc 'inqiunte-trois quand elle mourut. Mr. Varillas a commis un prodigieux nombre de fautes en9/ " parlant de cette femme (/).

Mr. Mayer \{n) , à qui je dois témoigner ici ma reconoissance de la faveur qu’il m’a faitede marquer publiquement qu’il m’honore de- son amitié ,• .a fait une Dissertation qui me fournira

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terdotio funnntibm , fed cunftìs mortalibus. Nam ablionitm fé-licitas occafionem dat pravitatis elati antmi, non modo , quem-admodum Orator ínqttit dementibus , fed interâum etiam fa-pientibus. Ce n’étoit pas tant le mariage, que les circonstan-ces du tems , & la précipitation qu’on y avoit aportée, quifaisoient blâmer Luther. II se maria tout-d’un-coup, ,8c dansíe tems que l’Allemagne étoit la plus désolée par la guerredes païsans ; guerre, que l’on mettoit fur le .compte du Lu-théranisme. On ne pouvoir rien comprendre à cette pré-cipitation. Luther avoit alors quarante-deux ans : il avoitgardé jusquès-là un célibat chaste , pendant les plus chaudsbouillons de la jeunesse ; on ne peut donc point dire que^incapacité de se contenir l’ait obligé à conclure du soir aumatin son mariage. Je veux , comme l’insinue Melanch-thon , que la vie un peu relâchée que Luther menoit, ieplaisant trop aux compagnies, ait réveillé la nature que laretraite claustrale avoit en quelque façon fait dormir : enun ntot, je veux qu'il ait été nécessité au mariage par lesbrûlures de la chair ; faloit-il pour cela que l'on passât pardessus les formes? N’auroit-on pas pu différer pendant quel-ques mois , afin de communiquer la chose à ses amis, &de préparer le public aux nouvelles de l’hymen par certai-nes recherches préliminaires ? Je ne m’étonne point, quefaute de bonnes raisons pour expliquer ces difficultez , Lu-ther Sc d’autres aient reconu dans ce mariage quelque chosede divin , K-H» 7) , comme dans certaines maladies (16).Quod autem in re intempeflivum C? inconfultum inefl, (in quomaxime * delicias ohtreèlandi C? accufandi fiudium adverfario-rum facietj videndum , ne nos conturbet. ifio enim fub negotiofartasse aliquid occulti , ey quiddam àivinïus fubest , de quo noscurtose qu&rere non decet , neque curare nugas deridenàum ,& convitta facientium quorundam , à quibus neque pietas adDemn , neque ad hommes virtus exercetur (17).

. UV • • ' ,! n f s ensuite , il nauroit point changé fa condi-tion a vec celle de Crefus , tant il trowva qu il avoit .... unebonne femmes Voici un morceau de la Lettre qu’il écrivitl’onziéme d’Août i;z6 à Michel Stifelius. Salutat te Kethacosta mea , c ? gratins agit quod eam Literis tu'ts tamsuavibusàignatus es. Ipfa belle habet Dei dono, mihique morigera c?* inomnibus obfequens efi, d 1 commoda plusquam attfus fuiffem fpe-rare (Deo grattas) ità ut paupertatem meam nollem cum Crœfidivitììs commutare (2.8). On lui a ouï dire qu’il ne troque-toit point fa femme contre le Roiaume de France , ni con-tre les richesses des Vénitiens (19) ; & cela pour trois rai-sons : I, parce qu’elle lui avoit été donnée de Dieu , dansle tems qu’il implorait l’aíîìstance du St. Esprit touchant larencontre d’une bonne femme ; II, parce qu encore qu’el-le ne fût point sans défauts, elle en avoit moins que les au-tres femmes ; III , parce qu’elle lui gardoit la fidélité con-jugale qu’elle lui devoit. 11 lui rendit dans son Testamentun bon témoignage de probité , de fidélité, d’honnêteté; ilreconut qu’elle l’avoit constamment aimé 8c servi, qu’el-le aVoìt été féconde , 8tc (30). II n’entend point qu’onla soupçonne d’aveir fait sa bourse , & il lui laisse une plei-ne liberté de convoler en secondes noces (31).

(/) Mr. Varillas a commis un trìs-grdnd nombre de fautesen parlant de cette femmes II dit que Catherine de Bore,tuit de ses compagnes , furent tirées d’un Monastère quiw !! Un , e petIte viUe apellé Vimigue, à deux lieues de

te eig (3 z). Mais, I , il n’y a jamais eu de Monas-

teie qui an porté ce nom-là, ni au voisinage de Wittem-

w® ’ Ùp* 1 eU ì S ' lr V Le Auvent qui étoit proche deWittetnbeig , & qui fe nommoit Niemec , étoit de Cha-noines Réguliers de St. Augustin , 8c ne doit pas être con-fondu . comme il l a ete par quelques Auteurs, avec leCouvent de Nunptschen. III. Ce fut de Nimptschen surla Mulde , proche de Grmma , à deux journées de Wit-temberg , que les neuf Nones furent tirées. IV. Léo-nard Coppe > qui les en tira , n’étoit point, comme Varil-las l’assûre , Prévôt des Ecoliers à Wittemberg : on ne co-nojt point dans les UniVersitez d’Allemagne cette forte decaractère ou de fonction. U étoit Conseiller de la ville deTorga sa patrie. V. II n’est pas vrai que Catherine de Bo-re , la mieux faite de toutes, ait été dès lors destinée pourfemme du .Docteur Luther. II ne longeoit à rien moinsTOM 1 .

qu’à fe marier en ce tems-là. Une Lettre, qu il écrivitvers la fin de l’an 152,4 , certifie que Dieu pouvoit le chan-ger ; mais que pendant qu’il auroit Ie cœur disposé com-me il l’avoit toujours eu , 8c comme il l’avoit encore , ilne fe marierait jamais. Ce neft pas , ajoûte-t-il, tque qe nefente ma chair est mon sexe : je ne fuis ni du bois , ni une pier-re ; mais f ai de V éloignement du mariage , à cause que je meprépare ausuplice dont on punit les Hérétiques (33). Votez cequi a été touché ci-dessus (34) de la précipitation avec la-quelle il conclut son mariage avec Catherine de Bore , aumois de Juin mille cinq cens vingt 8c cinq. VI. II ne sa-loir point parler dn mariage de Luther sous Tannée içió,mais sous Tannée précédente. VII. II n’y a jamais euaucune Abbesse de Misnie. VIII. Et cn tout cas, cettedignité n’a jamais apartenu à Catherine de Bore. Mr. Va-rillas , qui la lui donne dans la page 86 , avoit dit dans lapage sept, qu’elle étoit simple Religieuse, 8c qu’elle se sauvaavec huit autres , le Vendredi Saint, pendant que les Su-périeures étoient extrêmement occupées. Ou par Misniëil entend une ville , ou une Province. S’il entend une Pro-vince , il tombe dans une grande absurdité : il supose qu’iln’y avoit qu’un Monastère dans un pais où il y en avoitjusqu’à trente. S’il entend une ville , il la nomme mal: il làdevoit nommer Misne. IX. 11 est faux que Catherine deBore fût dune illustre Maison , 8c qu’elle eût des parens quieussent un grand pouvoir à la Cour de Saxe. Elle avoit unfrere , qui eut bon besoin que Lutherie recommandât aunouvel Electeur de Saxe Tan 1542, (3 5). Luther suplia qu’onlui donnât quelque office à la place de celui qui lui avoitété ôté ; ainsi les parens de sa femme avoient plus de be-soin de son crédit, que lui du leur. Quelle protection peut-on attendre d’une famille qui ne peut doter une fille? Voilàle cas où se trouvoit le pere de notre Religieuse , sdon lerécit de TAuteur que nous critiquons (36). X. Les fré-quentes visites, que Ton assure que Luther rendit à Cathe-rine dans le Monastère de Misnie (37) , sont des chimères.Par Misnie, il entend sans doute la ville de Misne. Accor-dons lui pour un tems la fausseté qu’il supose , savoir queCatherine étoit Abbesse de Misne , il ne laissera pas d’avoirsuposé très-faussement que Luther faisoit beaucoup de vi-sites à cette Abbesse ; car comme la ville de Misne apar-tenoit en partie à l’Evêque , 8c en partie à George Duc deSaxe , grand ennemi de la Réforme , Luther eût couru detrès-grans périls dans Misne. Ajoutez que si l’Abbesse avoitreçu ses visites si facilement , il n’eût pas été besoin d’en-lever Catherine de Bore par adresse , pendant que les Supe-rieures n’y pouvoient pas prendre garde. Ainsi Ton trou-ve quantité de contradictions entre la page 7 8c la page 86de Varillas. Enfin ces visites fréquentes sont fortementréfutées par les deux journées de chemin qui se trouvententre le Couvent de Catherine de Bore , 8c la ville de Wit-temberg. XI. Il parois par les prémieres Lettres de Luther ,qui ont été données au public , qu il avoit pensé à fe marier desle tems qu il s'étoit séparé de la communion de /' Eglise. C’estMr. Varillas qui Tassûre ; mais c’est une marque qu’il n’ajamais mis le nez dans ces Lettres-là. _ On y trouve mani-festement que Luther ne songeoit à rien moins qu’au ma-riage durant les prémieres années de fa Réforme , 8c qu’il’s’y détermina tout-d’un-coup Tan 1515. N’ai-jc pas mon-tré qu’il vouloir marier à un autre fa Catherine ? XII. Lesprémieres mesures qu’il prit avec Jean Frideric frere er /»c«í-seur de TElecteur décédé (38) , furent qu’il lui permettraitd'épouser /' Abbesse. Nouvelle bévue de Mr. Varillas. JeanFrédéric n’étoit point frere de TElecteur décédé , 8c ne luisuccéda point. Celui qui lui succéda , se nommoit Jean ,6c étoit son frere : il fut pere de Jean Frédéric , qui neparvint à T Electoral: qu’en 1531. II ne paraît point queLuther ait communiqué son mariage à TElecteur Jean,Occupé à la guerre des païsans ; qu’il le lui ait, dis-je,communiqué avant que de le conclure. XIII. Enfin cesnôces ne furent point fi magnifiques , quelles ne diféroient enrien de celles des personnes les plus qualifiées de l Empire í 39 ).Qui peut comprendre qu’un Historien fi célèbre entasse únfi grand nombre de telles fautes en fi peu de mots ? A peiney,pourroit-onréussir, si onle Lisoitexprès 8c à gages.

(l) Seckeri-dorf, Ubr:Hl, pag. Sjrsltt % A.

(>n) Voìez. teì'

TtyCì/ìaraue

(F) . Cita*ïìon ( 22 ).

{«) DontJ parléd.ffìis dans làCitation ( 3 s)de PiArticledc BtLLAR^

(H) Lutlié-rus > Epist.Libr. I, pag.314 .n.ím. 2^(34) Cita-tion Ç 6 J,

{35I Voìtz.Seckendoifj

Livr. lil,M- ZSl.num, 2i.

(ìS) Varil.'Histoire del’Hérésie,Livr. VII „pag. 85.

(37) Lk-ml-

mc, pagi 87^

(38) II >’*'

pclíoit ín-dtric.

(3 9) Truqué,toute cetteCritique deMr. Varil-las est em-pruntée deMr. de SeC-kendoif,Histor. Lit-theran. Litri-í.Mî- - 7 îj