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Tome premier. A - B.
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B O R R L

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pensoit de ce personnage (/). Ce sera un assez curieux Suplément de cet Article. J’indiqueraiaussi ce que Monconis en a pensé (K). Mr. Frischman Résident de France à Strasbourg a faitun Ecrit qui mérite d’être lu touchant le Sieur Borri (L). Le Suplément du Voiage de Monsr.Burnet n’eíl pas exact fur ce chapitre (M). La Gazette Flamande d’Utrecht, du p de Sep-tembre

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mot Prancis-cus J osephusBurrhus. LeJournal desSavans dx zSeptembreI669 purleamplement dew deux

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(14) l.k-mt-m ,, f, j.> 58 .

ft$) Volez,la fîtl de cette'S^m.tr/jtte ,Nitm, J,

b«) Là-mcme ytium, //,

zioni Polìticbe del Cavaglìere Trancefco Borri Milunefe , dateal Re di Danimarca. Ce font quelques Aforismes de Po-litique , accompagner d’un assez, long Commentaire. LaVie du Cavalier Borri aprend qu’il publia , lors qu’il de-meuroit à Strasbourg , une Lettre qui courut par tout lemonde (n). La Bibliothèque des Médecins fait men-tion de deux de ses Lettres , imprimées à Coppenhagen Tan1669, 8c adressées à Bartholin , l’une de Ortu Cerebri c? UsuMedico, l’autre de Artìficio Oculorum humores restìtucndisií).Konig lui attribue un autre Ecrit intitulé Notitia Gentìs Bur-rhorum.

(L) Voici ce que Sorbiere pensait de ce personnages „ 11 me» reste feulement à vous dire deux ou trois mots de ce fa--, m eux Chevalier Borri, que j'ai vu à Amsterdam , en» cette derniere course que j’y ai faite. Vous voulez ía--> voir comment il est arrivé qu’il a fait de fi loin tant de,» bruit à Paris , que des gens de qualité se sont fait porter»i en brancard en Hollande, pour estre guéris par ce Char-„ latan ; 8c que d’autres gens d’efprit y font allez tout ex-,, près pour visiter un si grand homme. Que dirai-je à ce-,, la , Monsieur, si ce n'est qu’il est vrai aujourd'hui, de" mesure qu’il a esté vrai autres fois , que nostre pauvre„ humanité pourroit estre définie par l'inclination au men-,, longe , & par la crédulité : Homo est animal credulum er” l’homme est un animal crédule 8c menteur,

" £®sv. Ceux qui adjoustent foi si aisément aux

" ““toires que l’on raconte de ces faiseurs de miracles, tel„ que Borri a esté tenu avant que le monde en fut dé-„ tiompé, n’ont pas manqué fans doute d’elcouter atten-" rivement en leur enfance les contes de peau d’afne ; &

,, cela marque un bon naturel, avec un esprit fort discipli-,, nable. J’aurois bien à philosopher là-dessus .... (13).

„ 11 arrive , après que l’on .... s’est mocqué des Méde-„ cms ordinaires , que l’on donne tout à coup une entiere,, croyance aux promesses d’un Charlatan; 8c q n’on se laisse>> P'PP er à fa nouvelle méthode, quoi qu’il ne débite que-, les mesures denrées. Celui dont je vous veux faire la» peinture , est un grand garçon noireau , dallez bonne,, façon , qui va bien vestu , ik qui fait quelque despence.

,, Elle n’est pourtant pas telle qu’on se l’imagine, 8c qu’on„ l'exagere ; car huit ou dix mille livres peuvent aller„ bien loin à Amsterdam. Mais une maison de quinze,, mille escus achetée en un bel endroit, cinq ou six estaí-» fiers, un habit à la Françoise, quelque collation aux Da--, mes, le refus de quelque argent, cinq ou six richedales,, distribuées en tems 8c lieu à des pauvres gens, quelque,, insolence de discours, 8c tels autres artifices, ont fait" dlre * âes personnes crédules , ou qui eussent bien voulu" cela fust, qu’il stonnoit des poignées de diamants,

" íVLv-r 1 n , e §rand œuvre , 8c qu’il avoit la Médecine“ r " rri f, (t á )- Le fin tout cela est que le Sieur" n f "n fin mattois fils d’un habile Médecin de" A IS V A" 1 . 1 . 01 . a . lalsse quelque bien ; mais il y a„ adjouste celui qui lui vient par l’industrie que j e vai vous„ représenter. Comme il ne manque pas d’esprit, avec un», peu d’estude il a sceu gaìgner celui de quelques Princes, „ qui ont fourni à l’appointement fur l’espérance qu’il leur„ a donnée de leur communiquer la Pierre Philosophale,

», qu’il estoit sur le point de trouver. II a sans doute quel-„ que habileté , ou quelque routine aux préparations chy-„ iniques , quelque adresse pour la métallique , quelque,, imitation des perles 8c des pierreries, 8c peut-estre quel-», ques remedes purgatifs ou stomachiques, qui d ordinaire,, font fort généraux , comme c'est de cette région que,, viennent la pluspart des maladies. Par ce leurre, il s’est„ insinué auprès de ceux dont il a eu besoin , 8c il y a eu„ des Marchands, auffî bien que des Princes, qui ont donné>, dans le panneau. Tesmoin une promesse de deux cent„ mille livres qu’il avoit faite à un certain Deniers , qui,, avoit fourni à ses despenfes . Lc pour laquelle des héri-,, tiers de ce Marchand font en procès avec le Spagirique ;

,, car le galant homme !'a conceue d’une maniéré si bi-■,» gearre , qu’on n’y comprend rien. Ce fourbe, pour»> fe mettre en crédit, 8c faire parler de foi, prétendit d’a-„ bord à se rendre Hérésiarque. II avoit ouï dire que les,i Médecins étoient soupçonnez de ne pas croire assez ; c’est-, pourquoi il fit semblant de croire plus qu’il ne faut : 8c-, comme si fa dévotion fe fut picquée d’honorer la saincte,, Vierge au delà de ce que l’Eglise l’ordonne , il s’advança„ de dire qu’elle estoit une quatrieíme personne de la Di-„ vinité. II en fut recherché par l’Inquìfitìon, 8c condamné„ au feu par contumace. 11 passa à Inspruck (16) , où le>> feu Archiduc devint la prémiere de ses duppes. Et, par,, son moyen , continuant fa route en Hollande , il sc’fixa>> à Amsterdam , comme en un pais propre à faire sonner-, haut la persécution qu’on lui faisoit à Rome ; 8c où il», trouverait des bourses ouvertes pour de grandes avances" a recouvrer fur le lucre qu’il feroit espérer. U S ’est mis" la a faire l’homme d'importance. 11 a acquis du crédit" au commencement parmi cette bourgeoisie; 8c il s ’y est" A a mteuu quelque tems, par l’appui d’un vieux Bour<me-” , utre , qu’il a refocillé avec ses eaux cordiales, jusques" a jQ^ e c hacun a reconnu fa fripponnerie, 8c s’est moc-

, qué de ses artifices. Ils ne vont tout au plus qu’à trou-, ver le moyen de mettre en pratique impunément quel-» que billonnage , ou à quelque altération de métaux, qui, n’est pas encore bien découverte ; car pour ses cures des,, malades, on ne s’en prévaut non plus là où il est , qu’en„ cette Ville on sc prévaut des remedes d’un célébré fai-„ scur d’affiches, qui a presque autant de réputation au païs„ de Liege 8c en Hollande, que Borri en a à Paris... (17).

„ Quelques-uns ont voulu dire , que Borri s’estoit trouvé„ à la peste de Naples, 8c qtr ayant un excellent préserva-„ tif, il estoit entré dans les maisons pestiférées, abandon-„ nées par l’infection 8c la mortalité ; 8c que là , il n’avoitj, pas mal fait ses affaires. Je ne sai ce qui en est ". IIy a deux choses à remarquer fur ce récit de Sorbiere.

I. L’une est , que l'Auteur de la Vie de Borri ne mar-que point qu’il fût fils d’un Médecin , 8c insinue le con-traire. Nacque in Milano , dit-il, del Signer Branda Bor-ri, di Famiglia arnica délia Citta di Milano. II ajoûte que leCavalier Borri se vante d’être descendu de Burrus Gouver-neur de Néron. II. L’autre est que le même Auteur ra-conte que Borri, en se retirant d'Italie , passa en Suisse, 8cde là à Strasbourg , à Amsterdam , à Hambourg, 8cc, évi-tant les païs des Catholiques. Il Borri , dit-il (18) , uscitod’Italia , e passati li monti con quella fretta che ricercava ilstio scampo se ne passo nell’ Elveíia , ed indi ad Argentina ,fuggendo à piu potere il paffare ptr paefi Catolici. II ne laissepas d'être vrai que Borri a distillé avec l'Archiduc. VoiezMonconis, Il Partie , pages 149,404.

(K) . . ce que Monconis en a raportê .] II le vit

à la Haie , l’an 1663 , 8c lui entendit dire diverses chosesfur des secrets de Chymie. On en voit le précis dans laRelation de ses Voiages (19). Borri étoit déjà mal dans sesaffaires : il craignoit ses ennemis, & se défioit de ses plus affi-dez ., cjy pariait de se retirer en Turquie (10). 11 lui étoit indif-férent , disoit-il, qu’on le crût docte ou ignorant ; & parla même indifférence, il ne se mettoit point en peine de jus-tifier la vérité de fa croyance (zi) : il ajoûtoit qu’on ne pou-voit estre bon Philosophe , fans estre bon Chreftien. Comme jelui dis , c’est Monconis qui parle, qu on l’accusoit d’avoir ditque le S. Esprit s’estoit incarné dans la Vierge, C 3 1 que son Escuiereust respondu , pourquoi eft-ce que Ton l’accusoit d’une chose donton ríavoit jamais eu de preuve, ne pouvant pas montrer aucunde ses Escrits oìt il y eut de ces choses, il respondit si bene dansun que le Pape avoit eu , qui estait le seul qui par hazard estoitresté lors qu’il avoit bruflé tous les autres , qui touchant auxchoses surnaturelles , il ne lui devoit jamais arriver de malheurdont tl ne fut adverti par une eftoile , qui paroijsoit devant luiquand mesme il fermoit les yeux. Voiez dans la page içç dela même Relation les contes qu’on fit à Monconis fur lesfourberies du Sr. Borri, 8c dans la 178 une cure admirabled’œil. Le Peintre Otho aprit à Monconis, que Borri l’a-voit parfaitement guéri d’un cancer qu il avoit dans l'œil , quilui ostoìt la veue CV ïempeschoit de travailler , que tous lesMédecins tenoient incurable (zi).

(£) Mr. Frischman a fait un Ecrit qui mérite d’être lu tou-chant Borri .J En voici le Titre, Monument um inlaudemgentis Burrhorum, Calend. Jan. M F) C L X. Francisco JofephoBurrho Medico Italo struèïum. Les quatre lettres F. R. C. R ,qui désignent le nom de l'Auteur , signifient FrischmannusRégis Christianijfîmi Refidens. Celui qui m’aprend cela , in-dique de cette forte la matière de cet Ecrit -.Inquo, dit-il 123),potens artìfex plantas in cineres , earmndem cineres ad tandempristinam speciem,ignis benestcìo ritesuppofitibalneoMariadedu-cens, Rome. ut fama , sed incerta est , Jimilem suam rraXiy/eu-o-lcti . qua est combuftorum è cineribus resurredio , expetlanslaudatus est. On nous renvoie à Tuldenus, qui raporte lesprocédures de l'Inquisition contre Borri, c’est-à-dire , sesprocédures de l’an léçq 8c 1660.

(.Aí) Le Suplément du Voiage de Mr. Burnet n'est pas exadlfur son chapitre.’] On a nommé Suplément de ce Voiagetrois Lettres souchant l'état présent d'Italie, qui furent tradui-tes de l’Anglois, 8c publiées à Amsterdam, en Tannée 1688On y conte que Burrhi ( car c’est ainsi que le Traducteur senomme , ) est un Gentilhomme du Milanais , qui avoit de pa-trimoine environ 8000 écus de rente (24). II voiagea en fajeunesse , 8c étant de retour à Milan / il y tint des Confé-rences fur la nouvelle Philosophie 8c sur la Chymie. II futmis a rlnquifition ; mais comme on ne put rien prouvercontre lui, on le relâcha (2O. II s ’en alla en Allemagneëc en Hollande. ^ L Inquisition fit des plaintes de lui à l’Em-pereur , il fut arrêté à Vienne, çy puis âpres renvoie en Italie,On l’accufa d’opinions étranges, qui furent toutes prouvéescontre lui , quoi qu il proteste qu il n y a jamais pensé K zô), oril sut obligé d'en faire abjuration enl’an 1668 (27) II fut con-damné à une prison perpétuelle. De ces 8000 écus par an,on ne lui en laisse que 3000 (28) ; car ses bons Peres onteu la charité d’en retenir çooo pour eux ; 8c ces 3000 fonttellement rognez par ceux par ses mains de qui cet argentpasse , qu il n’en touche pas içoo tous ses ans. L’Auteurdes trois Lettres s’imagine , que tout le fondement des Hé-résies de Borri est d’avoir parlé des choses de la Religion dans

fr?) Sorbse-rc, Relationd’un Voiageen Angleter-re, 16 j.

(tS)Vita

del Boni;

pag. Z 68.

fi9) Monco. ;nis, Voiages,

II Partie ,fog 135,1 57 ,

I 45,146,147,&c. Edit. deLion.

(20) Là-mi-me , pag.

r 44 ,I 4 J-

frt) Là-mc -7"*>P*g. 147 .

(zz) Là-m ! -me,pag. 178.

(23) Declé-lierrus,

de Script.Adespot.

P“g. U r»

(24) Pag.

140 ér /«»-

(z S j S’iltàf

été pris ^rjugé présentpar Rlntuìfi"tion, P.Au-teur Italiende Jk Vie nedirait pasytPil se sau-*va, & cjtPo»le cita ; H.que comme ilne cdmpartttf oint . on Ucondamna paf 1contumace.

( 26) Cepen-dant -, il nenia point àMonconis,tjtPil rPtitt

enfíisiìé Plr&carnation dnSt. Espritdans la SainteVitrée. Voiez.la RemarqueCK,) > VC 73la fin.

D?) Ce fus

1572 *Voiez. ci-dessus la 7 ^-marque (£).

(28) IInulle apartmeque Borrt eutalors tant depatrimoine, niBlnqaiJÍ.tion Ittì rt,v

te jargon mystérieux V inintelligible de certains Chymistes. Jeconois des gens qui croient que Borri a prétendu exj iiquer dìrime,

lïii ía

laisse ìlttífm t Ile Itères