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Tome premier. A - B.
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6i3 B O R R I. B O R R I C H I U S.

tembre i6£>f , annonça que Borri, âgé de soixante 8í dix-neuf ans, étoit mort depuis peu auChâteau St. Ange.

la Trinité, l’Incarnation, &c, par les principes de la Chy- pu de lien de son patrimoine , en sorte qu'il n en pouvoit patmie. Mr. Baudrand assure que Borri navoit que tris- subsister.

(í») Il étoitmort depuisle départ, deBorricíiius.

(b) con•jugio t ot d vi~t d abftinmt »ut eo philospharetur ex-peditius.Borrichius,in Vitâ sua.Votez, la Ci*tation sui-vante,

(c) Tiré defœ Vie, écritepar lai-mémc ,CT mise audevant de sesPoëíies La-tines > an IITome desDeiicUriifî!quorundaniPoëtarumDanorum,recueillies pafFridericRostgaard,& impriméesà Leide , Tani6Zr.

(d) Tiré defor. Program-me .nmebre,fait parjcâllMulenius,Professeur kCopenhagcn •

BORRICHIUS (Olaììs) l’un des plus doctes personnages de son siécle, étoit filsd’un Ministre Luthérien au Diocèse de Ripe dans le Dannemarc , & naquit le 7 d’Avril 162.6. IIfut envoié à l’Académie de Copenhagen Pan 1644 , & s’y apliqua à plusieurs sortes d’étude pen-dant six ans ; mais de telle sorte , qu’il donna ses principaux soins à la Médecine. 11 régenta uneClasse dans le College de Copenhagen , 8í s’aquita très-bien de cette fonction ; car il étoit infa-tigable dans le travail, & ses mœurs étoient bien réglées. Cela lui aquit l’estime de Caspar Broch-man , Evêque de Selande , 8c celle du Chancelier du Roiaume, 8c il obtint par leur recomman-dation un Canonicat à Lunden. 11 refusa le Rectorat de P Ecole Illustre d’Herlow, qui lui futoffert par Mr. de Rosecrantz , après qu’il eut régenté quatre années cette Classe de Copenhagen :il le refusa , dis-je , parce qu’il le crut contraire au dessein qu’il avoit formé de voiager , 8c de seperfectionner dans la Médecine. II commença de la pratiquer pendant une horrible peste qui fitmourir beaucoup de gens dans la capitale du Roiaume. La contagion étant cessée , il donna en-core un an aux soins de se Classe ; après quoi, il prépara toutes choses pour les voiages qu’il avoitdessein de faire. Mais il salut qu’il les renvoiât à un autre tems ; car Mr. Gerstorff, premierMinistre d’Etat, le voulut avoir dans se maison comme Précepteur de ses enfans. II exerça cetemploi pendant cinq années ; 8c ensuite il satisfit son inclination à voiager : mais avant que departir , il eut l’avantage d’être désigné Professeur en Philologie, en Poésie , en Chvmie , 8c enBotanique , dans P Académie de Copenhagen. II partit au mois de Novembre 1660 5 8c , aprèsavoir vu à Hambourg quelques Médecins célèbres , il vint en Hollande , 8c s’y arrêta assez long-tems. II y fut joint par les fils de Mr. Gerstorff (a ), 8c les prit sous se conduite. 11 leur fit voir1 e Païs-Bas Espagnol, 8c P Angleterre , 8c il les mena à Paris, où il s’arrêta deux ans : leurs tu-teurs les rapellérent, 8c cela fut cause qu’il continua ses voiages avec plus de liberté. II fut pro-mu au Doctorat en Médecine à Angers : il vit les principales villes du Roiaume ; 8c ensuite ilpassa les Monts, 8c arriva â Rome au mois d’Octobre 1 66s. II y demeura jusques à la fin deMars 1666 ; après quoi il salut songer au retour : la charge qui lui avoit été conférée dans PA-cadémie de Copenhagen demandoit la résidence. II traverse l’Allemagne , 8c arriva en Dannemarcau mois d’Octobre 1666. Le profit de ce long voiage ne pouvoit pas être médiocre , puis queBorrichius s’étoit fait conoitre dans chaque Ville aux plus savans hommes qui y íuísent (A). IIfit voir dans l’excrcice de se Charge , qu’il étoit très-digne de la remplir : laborieux au souverainpoint, 8c rempli d’une grande variété de conoissmces, les Livres qu’il publia le témoignèrent au-thentiquement (B). II ne voulut jamais s’engager au mariage ; car il craignit que cela ne di-minuât la liberté de philosopher (b). II fut élevé à la Charge de Conseiller au Conseil soprêmede Justice Pan 1686 , 8c à celle de Conseiller de la Chancelerie Roiale Pan 168p. II commençade sentir les attaques de la pierre cette même année (c) : le mal crut de jour en jour-, 8c enfin,n’y voiant plus d’autre remede que de sc faire tailler , il se résolut à subir les risques de cette ri-goureuse opération le 13 de Septembre 1690. Elle ne réuffit point : la pierre se trouva si grosse8c si dure , qu’il ne fut possible , ni de P arracher , ni de la couper. II soutint cet accident 8c tou-tes ses suites avec beaucoup de constance 8c de religion, jusques à se mort, c’est-à-dire, jusquesau 3 d’Octobre de la même année. Son Testament fut une preuve qu’il fit un usage très-Chrétiendes richesses qu’il avoit aquiscs ( d) (C).

{A) ll s étoit fait conoitre dans chaque Ville aux plus savanshommes.'] Le récit de fa Vie , fait par lui-même, & in-séré au II Tome des Délices des Poètes Danois, contientle nom de plusieurs de ces Savans, & celui de quelquespersonnes de qualité qui témoignèrent leur estimeà ce Voia-geur. Le Marquis de Pianezze le régala magnifiquementà Turin. II eut à Rome quelques audiences du CardinalPallavicin , & il fut souvent mandé par la Reine de Suede,qui aimoit beaucoup la Chymie. Adhibìtus e? quandequecelloquiis Cardinahs Pallavicini , c? sapé accerst-tus ad differendum cum Regina Christina de arca-ntons Chemin studio , veritate , experimentis , quibus tum fa-ts) Vita cris fe Palladia virago devoverat (i).

Borrichìi, (B) ll étoit digne de fa charge de Professeur ... les Livres

w Tomo ll qf il publia le témoignèrent authentiquement.] Son Confpefíu s

Poëtaiurv 1 pr&ftantiorum Scriptorum Lìngua Latin* n’eft qu’une petiteDanorum, portion d un gros Ouvrage qu’il composa sur cette matie-

sg. })i. re , & qui se trouve parmi ses papiers. On a vu ses Cogi-

tationes de vains Lingm Latin& atatibus zv Scripto G. J. VoJJitde Vitiis Sermonis , & ses AnaleSla Philologica zv Judìcium deLexicìs Latinis Gr&cisque. On a vu auffi son Antìqtt* Rom*Imago, 5 c son Traité de Syllabarttm §uantitate , qu’il intitulaparnaffus in nuce. Aiant remarqué qu’il y a des Apotiquai-res, & même des Médecins, qui prononcent mal les NomsLatins des Remedes, il publia un Ecrit qui a pour Titre,Lingua Phartnacopoeorum. Ses Dissertations de Pdétis Gr/tcìszv Latinis ne font pas le moindre de ses Ouvrages. Aiantvu que son Prodrome de Ortu zv Progrefsu Chemin avoit étécritiqué par Conringius, il en fit une Apologie qui s’intitu-le, de Hermetis, JEgyptiorum, z? Chemicorum, Sapientiâ. IIexpliqua deux fois en public un Cours entier de Chymie. CetOuvrage n’est pas enaore imprimé. Son Traité Latin Do-' cìmastice Metttllica a été traduit en Allemand, & en Danois.II y a plusieurs Mémoires Chymiques zv Botaniques de fa façondans les Abla Medica Hasmenfia. 11 a publié auffi un LivredeUfu indigenarum Plantarum in Medicina, un Traité de Som-no z? Somniferis<, un autre de Cabala charapìerali, un autrede Causis diverfitatis Linguarum. Ajoutons à cela Oratio j «•(î) Tirído”, bilea Evangelica . & Memoria B». Oligeri vindìi (j,), & r> eu .f < vie, pag. 'singius heautontimorumenos. Ce dernier Ouvrage contient37s irsAv. quelques Lettres Satiriques contre Deusingius, où il fe don-

na le faux nom de BenediSlus Blotesandaus , qui est la mêmechose que BenediSlus Nudiverius (3) ; cal' blot figmfie en Da-nois nud , &sande signifie la vérité , comme Mr. PJacdusl’observe à la page 10; de ses Pseudonymes. Je laisse lesTitres de quelques autres Ecrits de Borrichius, que je pour-vois copier dans l’Ouvrage de Mr. Mollerus que j’ai cité (4),Sc où il promet de traiter fort amplement de cet Auteurdans fa Cimbria Literata. Je donnerai seulement le Titred’un Livre posthume, qui fut imprimé à Coppenhagen fan1697 : Olai Borrichìi Conspeplus Scriptorum Chemicorum illus-trìorum.

(C) ìl fit un usage trés-Chrét'ten des richesses qu’il avoit aqui-ses.] II en consacra beaucoup au bien des pauvres, & àl’avantage des étudians. Lisez cela en détail dans le Passa-ge Latin que je vais copier. Instimìt ut zv sujsiccret juven-tuti Académie* necejsariisdefiituti adminiculisprasidium aliquodin uberiora studiorum incrementa , zv famelicis affailisque sola-men obtingeret. ïllìs quippe àomum plané laterìtiam magnificen-tijfm& firuííura reliquit,ubi omnia cernuntur splendide appara-ta, cubicula 06I0 cum suis conclaviis, fedecim destinata ftudiofis,modefiia, virtute, ac dotdrina conspicitis ; amplum auditoriumvarié exornatum, ut in hac paUstra commodius lacertos moveantjuniores sacris Apollineis devott ; stipellex libraria exquifit* ele-gantia diverso studiorum generi inserviens, cui adhèrent manu -scripta rariora; cernitur tb 't quoque laboratorium Chemicum me-dicinam excolentibus profuturum ; cernitur hortus flortbus arbo-ribusque confittus, oculis recreandis, anima pascendo dtcatus.HoCtamsumtuofr structura domicilium vocari malu'tt CollegiumMediceum , quam ut a suo nomme appellat'tonem haberet ,nihil entm arroganti *, nihil fafiuofì ostentabat toto vtu cursu,sed fortuna ac selicitate sua summa ususest modefiia. Utrisquetum hujus Collegii incolis, tum aliis egestate, urumnis ZV imbe-cilli valetudine opprejfis , nec non alumnis schole Rtpenfis ingen-tem pecunitt summum attribuit, qm refignatis post obìtum tefia-mentï tabulis , tu Collegìo Confistorìali annuo spatio refervatis ,explevìt numerum vigintisex mille ev trecentorum jseachimico-rum (3). Afin qu’on sache à quoi se montoit son bien , jedirai que dans le partage qu’il en fit entre ses parens , & lesétudians, 8cc, il emploia pour ceux-ci 16300 écus, & qu’illaissa à ceux-là 50 mille écus (6). Dieu veuille que celaserve d’exempîe à ceux qui en pourroient faire autant.

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