BOUCHIN. BOUGI. BOUHOURS. BOULAI.
($) Conférez.,4 a T^emíiyqiee(B),dcf ..Ar-ticle Segea.
(S) LaBruyère,Caractères■de ce Siécle,rif< Chapitrede la Chai-se, pag. szzEdition de Pa-ris en 1699.
(7} Votez. ,filtre Us Let-tres Latinesde Balzac, laV & ta VI.
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trop de profusion (S) : car fans compter les Vers Grecs, & les Vers François, qu’il cite , ily a presque autant de Latin que de François dans ses Plaidoiés. II suivit la même méthode dansle Livre qu’il intitula Le parfait Magistrat.
cft , quo Faii, Pilraciì, Brifpmii, doEli profebfb 0 “ egreg'û vìrt,miferum in modum laboravère (8). J’ajouterai à ce Passage (*) ^" 0 .
celui où il censure du même défaut le célèbre Lóuïs Ser- j‘“ s ’f e iect.vin. Scis enim quo genere dicendi uteretur Ludovicus * * * pst.nEdit.( Servinus ) , er quàm exoticis deliciis gauderet , doôlrináque w folio.aliunde apportatâ , vir alias prifci morts retirtens , cr civts pa-trie amantifjìmus. Apud te sunt varia quas reliquit Oratie-nes. Vide ut niant de cloaca aut flillicidio verba fatturus,
Doctor ab Aurorse Populis & littore rubrojïlgyptum viresque Orientis & ultima secumBactra vehat.
{E) Selon V usage de te tems-là , il étale fa leclnre avec tropde profusion (5).] Cette mauvaise mode , qui régnoit nonseulement dans le Barreau, mais aussi dans la Chaire desPrédicateurs, s'est' peu-à-peu abolie. Mr. de la Bruyereexprime très-bien ce changement, ll y a moins d'un siécle,dit-il (si), qu un Livre François étoit un certain nombre de pa-ges Latines , ob Ion découvroit quelques lignes ZV quelques motsen notre Langue. Les passages , les traits , cr les citations,n en étoient pas demeuré là. Ovide ztr Catulle achevoient dedécider des mariages z? des teftamens, zsr venaient avec les Pan-démies au secours de la veuve ztr des pupilles : le sacré zz le pro-fane ne fe quittoient point ; ils s’étoient glissés ensemble jusquedans la Chaire. S. Cyrille , Horace , St. Cyprien , Lucrèce,parlaient alternativement : les Poètes^ étalent de l'avis de SaintAugustin zsr de tous les Peres; on parloit Latin zv long-tems de-vant des femmes zz des Marguilliers : on a parlé Grec. Il fu-ioit savoir prodigieusement pour prêcher fi mal. Autre tems,autre usage : le Texte ejl encore Latin, tout le Discours est Fran-çois c ? d'un beau François ; ïEvangile même n est pas cité. Ilfaut fçavoir aujourd'hui. tres-peu de chose pour bien prêcher.Les Avocats des parties n’étoient pas les seuls qui donnas-sent dans ce goût : les Avocats Généraux & les premiersPréíìdens y donnoient aussi. Cela paroit par les Recueilsdes Harangues prononcées à l’Ouverture des Audiances ,êc par les Arrêts prononcez en Robe rouge. Mr. de Bal-zac desaprouvoit fort cet usage (7), & il se moque d’unprémier Président, qui , au milieu de sa Harangue , apos-tropha les Procureurs, en leur disant qu’ils aprendroientleur devoir dans le Scholiaste d’Homere fur les dix ou dou-ze Vers qu’il leur récitoit. lllum ( Fori Princìpem ) certìms ipfì audivimus , in medio Orationis curfu compellantem bisverbis Procuratores , quos vocant , ZZ Pragmaticos : Docebitvos, ô Procuratores, officium vestrum Homerus Iliados X,& Eustathius, Scholiastes Homeri, in ill'os Versus, quos me-moriter ad decem aut duodecim recitabat , nullâ numerorum C?accentuum habita ratìone, ut [cires qui loqueretur verì Princi-pem zv legibus folutum esse. Vêtus hic Fori Parisiensis morbus
Raro ibì reperies Prudentum Refponfa , Paulos, Laíeones, Sci-volas. At pajsim occurrunt Rabbi Maimon in Hal. Beth Ha-becchira , cap. 4 , zv in’Hal. Celc Hammikdafch, cap. 10, ZVRabbi Abraham ben David , ZV Rabbi Zacuth in Libro Ju-chafin , zsr Talmud in Maffechta loma, zvc.
Disons en passant, que lors même que ce mélange deLitérature étoit le plus à la mode dans le Barreau , il yavoir des Avocats qui citoient peu les Auteurs Classiques,soit qu’ils coulissent l’abus , soit qu’ils manquassent de l’artd’apliquer une érudition , soit enfin qu’ils ne fussent pasbons Humanistes. Leur méthode valoit mieux saps douteque l’autre ; car à quoi pouvoit servir cet attirail de Cita-tions, qu a dissiper l’attention des Juges, & à leur cacher Pé-tât dune cause ? Un Avocat, tel que notre Etienne Bou-chin, plaidoit plus pour lui, que pour les parties : il travail-lait plus à faire paroitre fa Science, qu’à bien préparer lesJuges à opiner comme il faloit. De quel secours pouvoientêtre aux Juges de Beaune les Vers d’Homere ? Savoit-onle Grec dans ces petites Juridictions ? II est à craindre-quel’extrémité opoféc , où l'on s’est jetté depuis quelque tems,n’engage les Avocats à trop mépriser Férudition , commeun meuble entièrement, inutile : mais que feroit-on ? C’estune fatalité, que le remede d’un abus soit l’introductiond’un autre abus.
(-r) Moìs<C :Awt 1702 ,p,tg. 3 28 Edit,de France , &a% mois deMars 1703 ,p. i6z. Edit.d'^Arnfl.
(b) Du mois$ sA&t 1702 ,pag. rzr.
(a) Votez. leMercureGalant dumois de No-vembre 1S7S
(t) Baillct,Jugem. desSavans, futles Criti-ques Histor.Nom.
(2 )Lk-même.
(2) Ménagé,Ami-Baillet,Chap.XXXIV)
BOUGI (le M a r qjbis de) Lieutenant Général dans les Armées de France au XVIIsiécle. Cherchez Reverend.
BOUHOURS (Dominiqjje) Jésuite célèbre , mourut à Paris, fa patrie, le 27 deMai 1702, dans fa soixante-quinziéme année. Je ne donne point son Article; car on lc trouve tout ■dressé dans des Ouvrages qui sont entre les mains dç tout le monde : savoir, dans les Mémoires de $jìïtutTrévoux (a) , dans les Nouvelles de la République des Lettres (b) , dans le Journal des Sa- n 01 -vans (c) , St dans le Mercure Historique (d). Je me contenterai donc de les indiquer , Sc d’obfer-ver, qu’entre ces différens Eloges, ceux qui se trouvent dans lc Journal des Savans St dans leMercure Historique sont ceux dont on peut fe servir le plus utilement. fff
BOULAI (César Egasse du) en Latin Buheus , Greffier St Historiographe de l’U-niversité de Paris, a professé plusieurs années la Rhétorique dans le College de Navarre. II pu-blia même un Traité de Rhétorique , sous le Titre de Spéculum Eloquentia :, dont on fit cas, Son‘Thréfor des Jntipuiiez Romaines , qu’il publia à Paris, l’an i6yo, in folio , est non feulement très-utile à ceux qui n’entendent que le François ; mais auísi à ceux qui entendent le Latin. On avu de lui plusieurs Factums fur les différais qui s’élevoient touchant VEkSìion d C s Officiers de VU-nvuerfitê , ou choses semblables. Ces Ecrits témoignent son zèle pour la Faculté des Arts , Sc la *grande conoissance qu’il avait des Us St Coutumes t’e l’Université. L’Ouvrage , qui doit prin-cipalement l’immortalifcr , est l 'Histoire de VUniversité de Paris , qu’il a publiée en six Volumes infolio (A). On arrêta pendant quelque tems le cours de cette impression (a) ; mais les Com- •mìsiaires que le Roi nomma pour- examiner ce qui étoit déjà imprimé , St le dessein de l’Autcur,raportérent que rien n’empêchoit que l’impression ne continuât. Dn Boulai n’étoit point deTours ( B ) , comme on l’a cru ordinairement. II mourut le 16 d’Octobre 1678.
(A) L’Ouvrage , qui doit principalement l'immortaliser,estson Histoire de PUniversité de Paris , en six Volumes in fo-lio.] Voici ce qu’en dit Mr. Bailler : ,, Les raisons qu’on„ a eues de censurer ce grand Ouvrage semblent dimi-„ nuer peu à peu , elles pourront bien disparaître à la„ fin , pour donner lieu au public de reprendre le goût,, qu’on lui avoir voulu ôter d’un traviil, qui est mêlé de„ bien & de mal à la vérité, mais qui est d’ailleurs très-,, utile, pour avoir la connoissance des actions & des Ecrits„ des Savans de France, & même de ceux des païs étran-,, gérs qui ont paru dans cette prémiere Université du„ Royaume. Et de fait, on commence de dire aujour-„ d’hui que c’est un bon Livre généralement parlant, &„ qu’il est rempli de quantité de Pièces importantes , qu’il„ serait difficile de trouver ailleurs fi bien ramassées (1)”.
(B) Du Boulai ri [toit point de Tours.) Mr. Basset , quiTa fait natif de cette Ville (z) ,' en a été censuré par Mr.Ménage , dont voici les paroles : ,, César Egasse du Bou-•„ lai ... . étoit du village de S. Ellier, dans le Bas-Mai-„ -ne , qui est la derniere Paroisse du Maine du côté de la„ Bretagne. Ce qui a fait faire cette faute à Mr. Basset,,, c’est que ce du Boulay étoit Doyen de la Tribu de Tours,, dans PUniversité de Paris (3) Là-dessus, Mr. Ména-
ge nous dit que dans cette Université la Nation de Franceest divisée en cinq Tribus, qui portent chacune le nomd’un Archevêché. Ces 5 Tribus font la Tribr de Paris , cel- ■le de Sens , celle de Reims , celle de Tours, zv celle de Bourges.
.... . Les suppôts des Nations font de la Tribu qui porte lenom de f Archevêché d'ob ils font , ou de l'Evêchí ob ils fontnez. relevant de cet Archevêché. Et ainsi, César Egasse du Bou-lai , qui étoit du Diocèse de l’Evêque de Mans , qui est le pré- ■mier Suffragant de ï Archevêque di Tours , étoit de la Tribu deTours. Mr. Patin fe trompe donc, lors qu’il dit que du Bou-lai étoit de la Province d’Anjou. Je vais citer tout le Passa-ge, parce qu’on y apprendra à-peu-près en quel tems l’His-toire de PUniversité de Paris fut commencée d’iwprimer.
& ce que l’on en dlsoit alors. „'Messieurs de l’Université de» Paris ont fait travailler un habile homme nommé Mon-», four Boulay , Angevin , qui a fait par plusieurs années .
,, la Prémiere dans le College de Navarre, à FHistoire (U„ de leur Corps , Studii Parisiensis , il y aura plusieurs L " ttrC„ Volumes in folio. On s’en va mettre sous la presse le ccX VI f',, prémier d’iceux , lequel contiendra P état des études de 1
„ Paris avant PUniversité , & après expliquera & prouve-,, ra la fondation qu’en fit le bon Roi Charlemagne dans 1 6S °f-, le, VIII siécle , & la continuation d’icelle (4) ”. 15 '
BOU-