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Tome premier. A - B.
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Çí>) Ou Ver-dict , ìn Sup-

Bibi.Oeírï, 33^

ft 7 j Sorei,de la Per-fection del’Homme,238,dr fniv.

f X S ) La—mê-me, pag. 241 .

( 19 ) Là—mê-me, pag. 242 .

(a) Brul-chins, i nToëtnacìis,t*lr 336.

(b) Mclch,Adam. h,Uris Philo-

lopli. pag.

1SJ.

fr'.lìtllsch. in

ïoematiis,

vhìm.ìa,ti)Uem, ihii,

P*S- 314.

f.s) Uem,;b;L.t“î-3 38, 306.

( s) Ibidem ,P“g. 31 s,

(?) Ibidem,P’S- ZI 6 .

(b) Ibidem,P-%- 3! J.

(-> Meleh.Adami vit*Thiloso-phoi, pag.1*3.

B R U N U S. B R U S C H I U S. 6 ÛÈ

il publia à Paris , en isSz , une Comédie Italienne intitulée Cmdeìaio (/-). II s’y donna le titré 'à'Jcademico dï nulb Jcaàema , detto il Faftiditi. H y a d’habiks gens, qui prétendent que Mr.Descartes a pris de lui quelques-unes de ses idées (E).

norà malnel orecchio lafentenza di Heradito , che disse tutte hnoie effere uno , il quale fer la M u T A B1 L I T a' ba in se tuttele co se ; (7- perche tutte le forme sono in esso , confeguentementetutte le disfinitioni gìi convegnono : ct" fer tanto le contradittorietnunciationi son vere. Et qtitllo che fa la moltitudìne ne le coftnçn e lo ente , non e la cosa : ma quel che afpítre , che si ra-fresenta alsenso , er e nella superficie délia cosa. Un Péri-patéticien lui avouerait presque toùt cela , dès que l'on su-roît levé les équivoques. Notez , je vods prie , une absur-dité: il dit que cen’est point l'être qui faitqu’il y a beaucoupde choses, mais que cette multitude consiste dans ce qui pa-roit fur la superficie de la substance. Qu’il me réponde,s il lui plait : ces aparences qui frapent nos sens existent-elles, ou n’èxistent-elles pas ? Si elles existent, elles fontun etre, c’est donc par des êtres qu’il y a une multitudede choses. Si elles n'existent pas, il s'ensuit que le néantagit fur nous, 8c se fait sentir; ce qui est absurde 8c impos-sible. On ne se peut évader qu a la fureur dune équivo-que, Le Spinozìsme est sujet à ces mêmes inconvénìens.

Le Sieur Sorel a raporté 8c combatu quelques opinionsde notre Bruno , 8c il a même tâché de l'excuser ; mais ilne s’y est pas bien pris (17). Lisez ces paroles : „ Quoy,, que Jordan Brun ayt pû estre dans serrent auflî bien que„ quelques autres, il faut considérer la qualité de son Li->> vie qui est un Poëme , 8c que comme il a toulìours esté,, permis d’employer des Fables 8c des Songes en ce genre,, d’escrire , on ne doit pas trouver estrange qu’il l’ayt fait;,, Lc cela semble d’autant plus divertissent, que par une agréa-,, ble industrie, il a fait la description de l’infinité des Mon-„ des , 8c nous a fait sçavoir de quelle façon Metrodore,,, Leucippe , Epicure , 8c quelques autres Philosophes ont,, pù concevoir ceCy. ... 11 asseme tousjours que Dieu,, est par tout , 8c remplit toutes choies, attribuant à la iu-„ preme Essence tout ce que nous luy devons ; 8c comme,, il ne touche aucun des poincts de la Foy > nonobstant„ quelques petits mots de ses Commentaires, qui parois-„ sent un peu libres à ceux qui les entendent , il aurait,, bien pû sauver le reste 8c se sauver soi-mesme , faisant,, passer tout cela pour des Hypothèses 8c des supolitions,, qu’il n’aprouvoit point , 8c qu’il avoir composées dans„ l’Allemagne où il avoir esté quelque temps, qui estait un,, païs où ces opinions là plaisaient, 8c où la liberté estait,, plus grande qu’en ltalie(i8)”. On peut répondre, I, quele Sieur Sorel avouant comme il a fait (19) , 8c comme ily a été obligé , que le Poëme de Bruno est semblable au

Poëmï de Lucrèce, n’a pas dû dire que l’on y pouvait im-punément débiter des Songes ; car il y a bien de la disé-rence entre cette espece de Poèmes, 8c ceux <lu Tasse, 8cde l’Arioste : ceux-là sont des Livres Dogmatiques, ceux-cifont pleins de fictions. On est aussi relponsable d’ùne im-piété, quand on la débite dogmatiquement dans tin Systèmecomposé en vers , que quand oni’avance dans un Systèmecomposé en prose. En II lieu, il faûtsavoirquelordano Bru-no a fait des Livres en prose, où il débite les mêmes opinionsque dans ses vers. Sorel ne l’ignoroit pas entièrement (losIII, L’immenfité de Dieu 8c le reste ne font pas undogme moins impie dans Jordanus Brunus , que dans Spi-noza : ces deux Ecrivains font unitaires outrez ; ils ne re-conoissent qu’nne feule substance dans h nature. Voilà ceque le Sieur Sorel n’est pas excusable d’avoir ignoré. J.V, IIest faux que les opinions d'tin Monde infini , & d’tin nom-bre innombrable de Terres 8c de Soleils fussent agréables auxAllemans en ce tems-là. fl est sascheux, conçlut-il(zil,g'»’«»Homme qui avait composé de fort belles choses soit fi malheureu-sement péry. Gela dépend de ce qu’il venoit de dire dansla page précédente : „ Le Pere Meifene a raporté quel-„ ques-unes des opinions de Jordan Brun dans son Livre,, contre les Déistes , où il parle de cet Autheitr comme,, d’un Athée 8c d’un Docteur d’ìmpiété , qui a esté bruflé,, à Rome par jugement de l’inquiíìtion : Toutefois, on,, peut croire que c’estoit pour autre chose que ce qui est„ compris dans ses Livres De Minime, z? de Immense (2.2.)”.

On parle d’un'certairi Brunus, qui a composé le Panégy-rique du Diable (23) : je ne doute point que ce ne soit leBrunus de Noie , dont il s'agit dans cet Article.

(fi) D'habiles gens prétendent que Mr, Descartes a pris delui quelques-unes de Jes idées.) Mr. Leibniz cite un lavantMathématicien , qui a observé que Mr. Descartes fuprimele nom des Auteurs qu’il pille ; 8c que c’est à Jordanus Bru-nus, 8c à Replet, qu’il est redevable de ses tourbillons.Voiez le Journal de Leipsic de 1682 , à la page 187. Lesavant Mr. Huët > Evêque d’Avranches, a donné un longdétail des pensées que ce Brunus a pu fournir à Descar-tes. ExtUtt inter novïtìos Philosophas stordaji sts quidam Bru-nus Nolanus , quem Cartefiant doSlrins. antefignanum jure di-cas : adeì accuratì omnem propemadum ejus compofitionem pra-fignavit in eo Libro quem de lmmenfo or Innnmerabilibus ìns -cripfit (24).

hannes s'est fourré là à la place de Jordanus, fi je ne me trempe.Censura rlulosoplus Cartesian*, Cap. Vill, pag . 21;. Edit. Paris. 1SÎ9.

(r») Brunie;PtoUnus . . 4

* composé deiPointes furlesquels il af a, t htì-rnémtdes Comnitn-laires en prose’ .• • Be pré-n !, tr Poi’meí st’ DeniiUoÍHÌte "est

ceint dçCensura &Ogura,.

douss‘ mr » « son> orme (J eÎmineiî] 0

Wibus s eu

& M mV I ífámême,2.38.

DO Sorel,de i a H , r _section dc

1 Hommel“i- - 42 .

( Zz ) O—vìÇ,

(j U Johannes

stuidam't du-

t’Sjprekàés

Jyct. iUiet.Specisî.L stk.i, c

;/ 47 , Ter*.

L\ 0 p‘f.

Ld ‘t- Cenev.

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strénom f„,Dí) tluaii

BRUSCHIUS (Gasvar ) naquit à E.gra dans ia Bohctne , le 19 d’Août iyi 8 (a),II euc , & beaucoup d’inclination, & beàucoup de facilité , à faire des Vers. 11 en pouvoit fairefur le champ un très-grand nombre qui n’étoient pas mauvais (b). Rien n’est plus coulant, nid un caractère plus aisé & plus naturel, que fes Vers Latins. Il íè mit de tròs-bonne heure

a en

publier fur diverses sortes de matière. II se fit par là un nom , & il paivmt a la Couionne koetique , à la dignité de Poeta Laureatus , & de Comte Palatin. Ce lut de Ferdinand d Autuche,Roi des Romains, qu’il reçut cet honneur-là á Vienne l’an 1 f fi (c). II y étoit allé pour pré-senter à Maximilien , Roi de Hongrie , un Ouvrage qu’il lui avoit dédié (d). C’étoit la prémìereCenturie des Monastères cV Allemagne. En revenant de Vienne , il s’arrêta à Paslau, & y trouva unProtecteur & un Bienfaiteur en la personne de Wolfgang de Salms Evêque du lieu. II résolut des’v fixer , & d’y transporter fa Bibliothèque & fa famille (<) * & U espéra de pouvoir y travailler^LrrwhWnt à un crand Ouvrage qu’il avoit entrepris. C’etoit l 'Histoire des Evcches , C? des

II avoit feit plusieurs voìagfâ (/) , & fouillé dam beaucoup d’Ar-chives Lc dans beaucoup de Bibliothèques , afin d aslembler les matériaux qu il lui faloit. Je nect fr cc nouvel établissement dura beaucoup j car je trouve que Brufcluus etort a Baie au morsde Juin (?), & qu’U avoit regagné la citadelle d’Oponn JmmOpmmamm : c est amfi

ou’on aoelloit la maison de ce fameux Imprimeur (b) , située sur une eminence (*). Ce rut ence temsstà qu’il fit voir le jour à quelques Ecrits qu’il avoit faits a Passau les Uns cn proie lesautres cn vers. Il y parlent fort librement de la corruption des mœurs qu d avoit vue dans Vien-ne , & des ravages que les Troupes de Maurice Electeur de Saxe , envoiees au secours de la Hoivgrie contre les Turcs, avoient faits fur les Terres memes du Roi des Romains (A) II etoit ma-rié (*) ; mais il n’avoit point encore d’enfans, lors qu’au mois de Janvier i ssZ il recommandaGafpar Brufchius son neveu au principal du College de Passau (/). II n étoit lien moins que ri-che,

Paschata àmn semper célébrant , jtjunia nunquam ,Dum semper Baccho , dum Cereriqtte vacant.

Nullus ibi aut rarus timor ejl Dominique DeiqueR arus honos legum , rara pudicìtia.

Et quia vtílgus ibi var'ûs ex partibus orbisColleélum est difeors nil nifi colluvies,ìfitinc Hïspanorum succumbunt enfe Croata ;

Nunc Germant etiam Pannoniique vìri.

Vidi Germant) stìllantes sanguine fétvos

Hìspanorum enfes non equidem ipfe femèl :

Imo impuni etiam fieri htte , nec rurfus acl ullumSupplicium hâc adeo noxia monftrd rapt (i).

Voilà ponr ce qni regardé les déréglemens de Vienne,& l’ìmpunité que l’audace des Espagnols y troiwoit. Voi-ci la description de la bonne discipline des Troupes au-xiliaires ; .

R r r r Descendit

(si) ll parla librement de la corruption des mœurs qu il avoitvue dans Vienne, er des ravages que les Troupes de l’Elefíettr deSaxe . . . avoient faits fur les Terres du Roi des Romains.) Jevai copier plusieurs de fes Vers •• cela servira à deux cho-ses , à commenter mon Texte, 8c à donner un échantillonde la Muse de cet Auteur :

Luxuriat tanquam tut a omni parte ViennastLuxuriat miris Aufiria tota modis.

Et cum copia nunc fit Bacchi , ita vivitur illieAc fi Turca fierox nullus in orbe foret :

■Aut proctú aâ Tanaim à nojìris àiffnus orisNon noftras raperet barbaries hostis opes.

'Tantum indulgetur genie , mereantur ut omnes-Aufiriaci recte hoc nomtn agreste vìri :

- Bascbalêri populo dicunwr ab omni

late nomen Rbetws , C? Ijler habent ;

X-0 m, I,

(k) BriiíihJin Foëmat.pag. ) 66.

(l) Htm, ilii jfag. 38J.

OlBfíiscIiius.in Poëmatiis«fwTractatnde Lanreaca& PatavioOermanice

lYHpreíJis ,pag. } í 9 i