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Tome premier. A - B.
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B U C E R,

B R U T U S.

«on pas à en écrivant à des Seigneurs Polonois (/) N’oublions pas qú’il eut Beaucoup dftchagrin à essuier cn Pologne : il s’y fit des ennemi? qui lui renduent de mauvais offices, o. qui dechirérent fa réputation (r). Ses gages lui étoient si mal paies, quil ciaignoit d etre obligeacontracter de nouvelles dettes (s) : & cette peur-la ne pouvois pas etre petite pour un hom-me qui comme lui avoit éprouvé plus d’une fois les vigueurs ue-, créanciers. s etoit r c ur ^ aidtmidepuis long-tems à ne faire qu’une petite dépense , afin de soutenir son ciedit sans incômmo-de? personne (K) , & , par cette frugalité , il épargna iur ses gages de la pvemieve annee unesomme qui lui servit à paier les dettes les plus pressantes. II fe propofoit de fane dans la mente ^ ^vue une semblable épargne fur les gages de la seconde année (t). 302.

f 3 o) Brutus,ípist, Lib,lV >

pAg . 449,450»

Volez. aussi

f 4* 556 .

inexorable à l’égard d’une petite République qui demandoitla Sérénité. Depuis la mort de Jean Michel Brutus, leschoses font étrangement empirées. Tel titre , qui eût con-tenté en r^8z la vanité la plus excessive , est à présent unecharge insuportable , dont on s’efforce de se délivrer parl’aquisition de quelque terme plus pompeux., 8c plus su-blime. J’aurai sans doute une ocqasion favorable de don-ner fur ce sujet bien des Recueils.

(Z) Il ne voulut point s’assujettir au nouveau style , non pasmime en écrivant à des Seigneurs Polonois. J II n’y a guere depais où l’on soit plus délicat fur ce point-là qu’en Bolo-gne ; 8c néanmoins notre Brutus s’y dispensa des céré-monies qui eussent pu l’écarter de la pureté de l’ancien lan-gage de Rome. Ce fut son motif : I'orgueil n’eut aucunepart à fa conduite : il ne considéra ses intérêts qu’en qua-lité de bon Ecrivain Latin. Ha m en funt Litera ad te pri-ma , dit-ìl (30) dans une Lettre à Jean Ponetowski, quasut soleo ad regem etiam, Romano more. Alia pojsum à me om-nia impetrare , te colere , obfervare , serre in oculis , id quotlmeâ [ponte , tuo merito maxima faciam : cum Latine qmd aâtescribendum, patere me nullâ tua cum ossenstone ex usu Latì-

nïsermonis feribere- non enim ad amplìtudints nefeioquas tuas,

(A magnisteentias , cum ntills. fub orbe luna ftnt, fid ad te cumscribendum mihì esse intellïgo. Voiez les Nouvelles de la Ré- •publique des Lettres (zr). _ , sor ) Ma, sj

(K) ll ne saìsoit qu une petite dépense , afin de se soutenir Septembresans incommoder personne .] Voici comment il s’exprime : ' 5í +> -Hrt.Ut mihi liceret nullo cujusquam incommodo tueri medm fi-dem , hoc à me impetravi jam pridem , ut viSlu frugt ute-rer , menfâ tenut, parvo lare , uno aut altero pucro , LXannos natâ mulierculâ qus. domestica mtnifteria obiret (zzh ctr) Brunis,C’étoit déclares qu’il renonçoit à la bonne chere , qulil Epistoìar.fe cóntentoit d’un valet ou deux , & qu’il faìloit gou- í<lí ' ì0i '-

verner fori petit ménage pat une femme de soixanteans. II la choisit de cet âge-là fans doute , afin d’éloi»gner tous les soupçons à quoi bien des gens s’exposent;qui n’ont ni la prudence, ni peut-être la vertu avecquoi il faut choisir une gouvernante de son domestique.

Que if eussent point dit ses ennemis, s’ils eussent vu quele ménage d’un veuf Italien étoit gouverné par une jeu-ne servante ?

BRUTUS (Etienne Junius)' Auteur déguisé d’un Livre de Politique intitulé Fïndi-ciœ contra Tyrannos. Cherchez Languet.

(rf) Mdch.Adam. inVit. Theo-ìog.pag. 211 .Corrigez, domPrateolus,in ElenchoHxtetic,pag. 1063 leP. Gaultierin TabulisChronog,

756 , &plusieurs ait~'tres , qui lefont natif deStrasbourg.

(rjVoffius,Epistol.CrcCLVlI,p-j- 4 ȓ ,

BUCER (Martin) Théologien Protestant, né à Schelestad (a), Pan 7491 mortà Cambrige , l’an ifs 1 (h) , étoit l’un des plus habiles Ministres de son siécle. Non seussment W àn;il savmt prêcher, Sc faire des Livres & des Leçons ; mais aussi il étoit très-propre à manier lesaffaires, Sc il n’y eut guere de Négociations Ecclésiastiques où il ne fut apellé. 11 rravailla avec W-» «Q-un grand zèle, Sc avec beaucoup de dextérité, à pacifier les Différais des., Luthériens Sc desZwingliens j mais il 11’en vint point à bout. II eût voulu que de part Sc d’autre l’on eûtété moins rigide ; Sc si tous les chefs eussent été comme lui des personnes Raccommodement cet-te grande affaire eût pu réussir. 11 ne s’amufa point en Angleterre à condamner la Hiérarchie -il ne fit rien moins que suivre en cela le goût de Calvin (A). Monsi. l’Evêque de Meaux s’ef-force de le faire passer pour un fourbe , Sc il allégué fur cela le témoignage de Calvin (c) {B) - 0 ) voien.ro»mais il vaut mieux croire , qu’en faveur de la concorde , Sc pár un désir ardent Sc sincère de la [ e **paix , Bucer inventait des expressions qui fussent capables de faire trouver son compte à chaque àv°na-Parti. II y a beaucoup d’apatence qu’il a toujours cru le mérite des bonnes œuvres (C). On Cl0stSl

a fort

( ‘Ç ll s amusa point en Angleterre à condamner la Hié-rarchie t il ne fit rien moins que suivre le go dp de Calvin 1 J’aìlu dans une Lettre de Vossius , que les amis de Calvin ac-cusaient Bucer d’introduire un nouveau Papisme, q U qj 3apelloient Bucérisme par opofition au Calvinisme. Ce Bu-cérisme consistait principalement dans l’aprobation de l’E-piscopat. Traâutebant Calvini amiti Bucermn quasi novumPapismum erigeret .... Bucerum negat à fe hoc nomme ac-eufari Calvims , fid optare t amen ut ne ansam fribeat calum-nìsL dum fie medtam .... infiftit vjam. Sjuod cum ex cunc-iis ejus patent feriptis , tum prttcipu'e , à formâ reformationis ,frstscrìpta Hermanno Archiepiscopo Colonienfi; C illis qus, An-glicans Reformationis ergo firipfit. Cum vero Bucerus fropiusad Romanam Ecclefiam auederet , quant Lutherus; Calvimslongtus ab eá abiret , quam idem Lutherus ; extra Lutherants-mtm, dus orts Appellations , Bucerismi, & Calvinisme : L?fatebatur Calvinus , Bucerismum esse magis tolerabilem , quàmCalvinismum , fi non ad obrujfam Scripturs rem exigi opor-teret. Nunc Bucerum paci nìmium dare , fe omnia metirì ve-ritate. Sed Calvini verba audiamus. ,, P ruftrà mihì excusas,

„ novo Papismo erigendo ... te non studere ; fid vellem aliis,, omnibus , fie exploratam ejfi puritatem tuam , ut ne fiuspi-,, cìonis locum relinqueres. frustra etiam id te dare operam ne,, quid Calvinismi admisceatur. Si a Scripturâ semel defleâlen-,, dum fit , non ignoro, quam fit tolerabilior Bucerìsmus, quàm„ Calvinìsmus, etc ” (r). Voici un Passage où Calvin ex-horte Bucer à faire enforte que la Réformation d’Angle-terre soit bien repurgée de tout reste de Papisme. On luireprésente , que s’il ne travaille fortement, il ne pourra ja-rriais effacer les mauvais soupçons que plusieurs personnesavànt conçus, qu’il pandioìt des deux côtez. ïïomìnumProteéíorem , ut volebas , conatus fium hortart , ut fiagitabatfrsfins rerum status : tuum quoque erit modis omnibus instare,fi moào detur audientia (quod te facere fum perfiuafus ) prsfier-tim vero, ut r'ttús qui superflitionibus aliquid redolent,tollanture média. Hoc tibì nomìnatim commendo, ut te invidiû libérés ,qnâ te falfi gravait apud multos non ignoras : nam medìis con-filiis vel auftorem > vel approbatorem fimper infiribunt, Sciohanc quoruniam animis fuspicionem altius infixam este, quàmut eani revellere facile fit , etiamfi nihil omittas. Et fum quite maligne nullo errore induéli calummantur, Denique fatalequoiammodo hoc tibì malum est , quod fugere vìx poffis. Ca-vendum t amen ne impetïtis detur malt fufpicandi occafio , im-

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point que Bucer ait eu égard à ces remontrances. Néan-moins Calvin témoigne qu’il avoit espéré de lui de grandes < ì eium - c ’ e fichoses, si la mort ne l’eût emporté trop tôt. Dum mecUmreputo , quantam in unius hominis morte jaBuram feceritIlçj EcclefiA , fierï non pótejl quïn ìiovo subìnde mœrore extrader •

Anglis multum profuijfct. Plus aliquanto in posterum fperabamex ejus Scriptis , quàm haélentis prsfiìterat (3).

(B) Mr. de Meaux le traite de fourbe , er allégué fur cela ktémoignage de Calvin.^ Voici les paroles de Monsr. deMeaux (4). „ Sçavoir maintenant si Bucer avoit un des-„ sein formel d’amuser le monde par des équivoques af-„ fectées, ou si quelque idée confuse de réalité luy fit croi-„ re qu’il pouvoit de bonne foy souscrire à deS expressions„ si évidemment contraires au sens figuré , j’en laisse le ju-„ gement aux Protestans. Ce qui est certain, c’est que Cal-„ vin , son ami, 8c en quelque façon son disciple , quand„ il vouloir exprimer une obscurité blasmable dans une Pro-„ session de Foy , difoit qu’il n’y avoit rien de st embaraffê ,

„ de fi obscur , de fi ambigu, de fi tortueux, dans Bucer mes-„ me (*) Voici les paroles de Calvin : Tu Buceri obficurì-tatetn vitupéras, & merito. At nihil est in Bucero adeo per-plèxum , obscurum , flexiloqmm , atque , ut fie loquar , tor-tuosum (;). Je ne me fie pas au jugement désavantageuxque fit de Bucer un Théologien de Saxe , après les Confé-rences de Marpourg , l’an 1519. In Zuinglio , dit-il (6),agreste quoidam est & arrogantulum in Oecolampadio mirabonitas natui's & clementia : in Hedtone non mìnor humanisasac liberalitas mgenii : i» Eucîito calliâitas vulpina, perver-se imitata acumen & prudentiatn.

(C) Il y a beaucoup d’aparence quil a toujours cru h mérite " ldt P UI gen-des bonnes Oeuvres.] „ II ne fera pas inutile , pendant que kéndorf SeC 'i, nous sommes fur cette matière , de considérer ce qu’en Histoo lu-„ a pensé ce Docteur, un des Chefs du second parti de la tlieran. Libr,„ nouvelle Réforme , dans une Conférence solennelle, où,, il parla en ces termes : Puisque Dieu jugera chacun selon„ ses œuvres , il fie faut pas nier que les bonnes œuvres faites„ par la grâce de Jesus-Christ , & quil opéré luy-mesnie dans„ ses serviteurs, ne m e'r i t e n t la vie éternelle : non point,, à la vérité par kur propre dignité ; mais par Vacceptation„ ©■ la promesse de Dieu , c? le poêle fait avec luy .- car c est,, à de telles œuvres que ïEcriture promet la récompense de la„ vie éternelle, qui pour cela n en est pas moins me grâce à urt

Ssss „9tttrp

i-'M'-'rt.ivinus,Epist. ad Bu -cerum. c'est

la XC11I ,dons monLs.il ion, ejuiest celle deHcmaw, en*597 ,

19 ».

(3) IdemJEpistol.cxxiii,p«g. 24 5 .

(+) Histoiredes Varia-tions, Livr^

IV, num.ifç

í a g- r «7Edit. deHollande , ’

Q) Epist;Calvini,

fag. 50.

(5) Calvin;Epist. XLiy 0

t*g- 94.

(s) JustusJonas , inRelatíonede ConVentiïMarpurgen-

II, pog. 140 ,’