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Tome second. C - I.
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( 7 ) Bibliot.ïeig. pag.

ZZ}.

(i) Rusceî-. ìi, Lettre àPhilippe 11,parmi tesLettres desPrinces,Tarn. lll,

sel. 219

t») C'ejt cel-te etc Ruscel-li que j'ai ci-te r.

(i»j Bran-tôme , Capit. Etran-gers, Te;». /,pag- +;•

(u) Ghili-ni, Teatro,Parte II,t*g- SI.

(f) Perro-niana, (auMer Lan-gue).

H) Strada,de í'.clioBelgico »Libr. /.

fti) Bou-hours , En-tretien ild’Arifìc Scd’Eugene,fag. m. 8 r.

^ £ 13 > Bran-tôme, Ca-pit. Etrapg.Tom. l,p&g*

19.

( 14 ) Bou-hours , En-tretien Iid’Arifte Scd’Eusene,pag, si.

(15) C 9 étoitJean Lanitts ,%.Amb<ilf dettrde Ferdinanden Pologne ,

(r*‘) Melch.

Adam. inVitis Juris-çonC.pag. Si.

t'*) 7n Men-fa Theophi-lo£ fag. r.

134 CHARLES-Q^UINT.

prés Annales (C). On prétend néanmoins qu’il estimoit plus l’Espagnole (D). II a haran-gué en certaines occasions ; mais il s’oublia d’unc terrible maniéré dans la Harangue qu’il pro-nonça en Espagnol devant le sape, l’an isZ6 (E). On n’eut pas sujet en France d’être con-tent des Ambassadeurs de la Nation qui assistèrent à cet Acte (F). Bien des gens l’ont accusé d’a-

voir

(C) Il avoit la Langue Françoise tellement en main, qu ilìen servit pour composer ses propres Annales. ] Je n’ai lu quedans Jérôme Ruscelli que Charles-Quint ait composé enFrançois les Mémoires de son Régné , 8t c’est aussi Tuni-que Auteur que Valere André allégué (7), quand il parlede cet Ouvrage de Charles-Quint. Je m'étonne que cesMémoires n’aient jamais vu le jour, puis qu’on en avoitdes Copies, & que Guillaume Marindo les avoit traduitsen Latin , à dessein de les publier incessamment. C’estRuscelli qui Tassùre. Egli steffo H predetto Imperator CarloQuinto era venuto scrivendo in lingu-a Framese gran parte dél-ié cose sue principalì , corne gia di moite delle sue proprte sece ilprimo Ce/are, zsr °he s’aspetta di hora d'haverle in luce fatteLatine da Guglielmo Marindo (8). Brantôme a raison de di-re que cet Ouvrage se fût bien vendu 1 mais il ne faloit pasdouter comme il a fait de la Version de Marindo, fous pré-texte quelle étoit demeurée dans Tobscurité. II a cru queT Auteur qu’il cite parloit de cette Version comme d’unOuvrage qui étoit déjà public, 8c c’est cc qu’il n’a pas dû.croire. Voion’s maintenant ce qu’il dit : J’ai vu uneLettre (9) imprimée parmi celles de Belleforeji, qu il a tra-duite d'Italien en François, qui certifie que Charles - Quintécrivit un Livre comme celui de César, zsr avoit été tournéen Latin à Venise par Guillaume Marindre : ce que je ne puispas bien-croire-, car tout le monde y fût accourru pour en ache-ter , comme du pain en un marché en un tems de famine : vcertes la cupidité d’avoir un tel Livre fi beau zsr fi rare, y eûtbien mis autre cherté qu on ne Va vue,zsr chacun eût voulu avoirle fien ( ïo). Le Ghilini a mis ce Prince parmi les Auteurs,8c a prétendu que l’Ouvrage dont j’ai fait mention avoitété imprimé. Opéré sue , dit-il ( 11 ), che publicate, accres-cono non poca fama al suo per altro celebratijfimo nome, e sono ,Istoria delle cofe da lui fatte, la quai scrijfe in lingua Fran-cese ad imitazione di C. Giulio Cesare. Puis il donne le Titrede quelques Lettres, 8c de quelques Manifestes de cet Em-pereur. Nouvelle faute ; car il faifoit faire ces Ecrits-làpar ses Secrétaires. Je m'imagine que si le P. Bouhours sefût souvenu de ce "que Ruscelli raporte, il en eût parlé dansTendrait de ses Entretiens où il a dit, que Charles-Quintavoit une grande idée de notre Langue: il la croyois propre pourles grandes affaires z? il l’appelloit Langue d’Etat, selon le té-moignage du Cardinal du Perron (J). C'efi peut-être pour celaqu il lui-fit l'honneur de se servir d'elle dans la plus célébré ac-tion de fa vie. L’Histoire des Guerres de Flandres (|) ntusaprend qu il parla François aux Etats de Bruxelles , en remet-tant tous ses Royaumes entre les mains de Philippes II (iz).Joignez à cela ces paroles de Brantôme : Entre toutes Langues,il entendait la Françoise tenir plus de la Majefié que toute au-tre ,. Z? se plaisoit de la parler, bien qu il en eût plu-

sieurs autres familières (13).

{D) .... On prétend néanmoins qu il estimoit plus 1 Espa-gnole. 1 Citons encore le Pere Bouhours. „ Si Charles-„ Quint revenoit au monde, il ne trouverait pas bon que„ vous missiez le François au dessus du Castillan , lui qui„ difoit, que s’il vouloir parler aux Dames, il parlerait Ita-„ lien ; que s’il vouloir parler aux hommes, il parlerait» François; que s’il vouloir parler à son cheval, il parle-„ roit Allemand ; mais que s’il vouloir parler à Dieu , il„ parlerait Espagnol. II devoir dire fans façon, reprit Eu-„ gene , que le Castillan estait la Langue naturelle de„ Dieu, comme le dit un jour un fçavant Cavalier de ce„ païs-là , qui soutint hautement dans une bonne compa-„ gnie , qii’au Paradis terrestre le serpent parloit Anglais;,, que la femme parloit Italien ; que l’homme parloit Fran-„ çois; mais que Dieu parloit Espagnol (14) ”. Ceci di-fere beaucoup de ce qui fut dit par un Espagnol à un Al-lemand: les Allemans ne parlent pas , lui dit-il , mais ilsfoudroient; & je croi que Dieu emploia leur Langue, lorsqu’il fulmina fur Adam T Arrêt de condamnation. On luirépondit que le serpent s’étoit servi des afféteries de la Lan-gue Castillane pour tromper Eve. Petrus Royzius Mauraus,Hispanus , Poèta illo seculo celeberrimus , Confiliarius regius , zsrob eruditionem Lango (15) acceptiffìmus ; etmm in quotidianoconviBu: fed qui velut «>«24 ,Germanicam linguam ri-dere soleret. Itaque fivnulos Langi Oratoris, mensa aliquandoadstantes, atque durâ pronunciatione zsr accentu affeBat'e votesGermanicas exaspérantes, ifio ficommate jocove illufit : Germa-it!, inquit, non loquuntur, fed fulminant. Et credo ego,mi Lange orator, Deum ex indignatione hoc fermonis ful-mine usum, cum primos parentes extraderas Paradifo. CuiLangus, Ego rurfus, inquit, verisimile cenfeo , serpententfuavi 8c blando vocis Hispanicœ fuco usum, cum impofuitEvre. Hoc argutulo Royzium zsr convivis zsr adstantibus pro-pinavit derìdendum : quod zsr ipsum regem hoc audientem miredeleBavit (16). J’ai allongé cette Citation, afin qu’on vîtque le Roi même de Pologne fut régalé de ces railleries.Mais voici un autre partage qui ne s’accorde pas tout - à-fait avec Charles-Quint', & qui plaît beaucoup à un Doc-teur Espagnol : la Langue Allemande y est pour les soldats,la Françoise pour les femmes, TItalienne pour les Princes,

& T Espagnole pour Dieu. De pr&flantia . illarum

(linguarutnj quœ Europais frequentiores sunt, fie Tympius (*)diftinguendum putat, ut fi quispiam cum Deo locuturus effet A

Hispanice deberet loqui, ob lingua majestatem; fi cum aliquoPrincipe, Italice propter hujus eíegantiam; fi cum foeminis ,Gal-lice ob suavitatem ; fi cum militibus, Gtrmamce quod fit om-nium robustijfima ; ac fie omnes suo encomto evexit ,sed Hispani-cam cateris superiorem merito extollít ( 17). On fait encoreun autre partage, selon lequel la Langue Espagnole est pro-pre pour le commandement, TItalienne pour persuader ,& la Françoise pour ssexcuser. De là vint, difoit un Espa-gnol , que Dieu se servit du Castillan pour défendre au pre-mier homme de manger d’un certain fruit, que le serpentse servit de Tltalien pour tromper Eve, Sc qu’Adam parlaFrançois pour justifier fa faute (18).

(£) ll s’oublia d'une terrible maniéré dans la Harangue qu ilprononça . . . devant le Pape l'an 1536.] Ce fut une caused’aparat qu’il voulut plaider lui-même à Rome devant lePape , les Cardinaux, les Ambassadeurs de Princes , plu-sieurs Prélats, 8c grands Seigneurs. II exposa adroitementtout ce qu’il jugea de plus propre à justifier fa conduite, 8cà condamner celle de François I. II déclara les conditionsfous lesquelles il étoit prêt de conclure un traité de paixavec la France. II dit que si ce parti ne plaisoit pas à Fran-çois I, il lui en offroit un autre fur quoi il attendoit répon-se dans vingt jours; c’est que pour éviter T effusion du sanghumain, Ils vuidaffent entre-eux deux leurs différends , de per-sonne k personne ... en combatant en une Iste ou sur un pont,ou basteau en quelque riviere, zsr que quant aux armes euxdeux se pourraient aisément accorder à les prendre quelles fus-sent esgalts , c? que luy de fa part les trouverait toutes bennes ,fufi-ce de l’espée ou du poignard en chemise ( 19 ). Si ce partine plaisoit pas, il en offrit encore un autre, ce fut la Guerre.II déclara que si Ton en venoit là, il prendrait les armes detelle heure que chose du monde ne l'en destourneroit , jusques àce que l’un ou Vautre des deux en demeuras le plus pauvreGentilhomme de son pais. Lequel malheur il esperoit zsr se te-nait seur zsr certain qu il tomberoit fur le Roy : zsr qu à luyDieu ferait aydant , ainfi qu il avoit esté par le paffé (zo).Volez la marge (zi). II ajouta que son assûrance de vaincreétoit fondée sur trois raisons. 1. Sur son bon droit. z. Surce que les conjonctures du tems lui étoient les plus favorablesqu’on sc pût imaginer. 3. Sur ce qu’il trouvoit ses sujets ,capitaines, zsr soldats fi bien disposez en fi bonne amour, affec-tion , zsr volonté vers lut , zsr fi bien expérimentez en Vart mili-taire, qu il fie pouvoit entierement reposer du tout sur eux. Cho-se qu il sçavoit certainement estre du tout au contraire envers leRoy de France : duquel les subjeéls, capitaines, zsr soldats estaienttels zsr de telle forte, que fi les siens de luy eftoient semblables,ilse voudrait lier les mains, mettre la corde au col, zsr aller versle Roy de France en cefi estât luy demander miséricorde (zz).C’est ici que Ton peut se servir de la demande que fit Ulysseà Agamemnon :

A'rçtiSn, -rdiíi trt k 17--; Qiytv òí/nrw,

Atrida, quale verbum fugit ex sept o dentium (z.3)?

C’est ici que Ton peut s’étonner avec justice qu’un discoursbeaucoup plus digne d’un Capitan de Théâtre , ou d’unChevalier Espagnol, que d’un Empereur d’Allemagne, soitéchapé à ce sage Prince devant une si auguste Assemblée.Sane mirati fumus vehementiffime cum hanc orationem legimusapud Bellaium zsr altos,potuiffe ejusmodi verba zsr alla quamplu-rima nec minus ferocia ,qua iidem auBores récitant ,excidere intali conventu adeo sapienti ac prudenti ab omnibus habito Prin-cipi , que magis Pyrgopolinìci Militi glorioso Plautino convenì-re videntur. Mais, comme le remarque un Historien moder-ne , la bonne fortune, les Panégyristes, Sc les Prophètes,avoient concouru à remplir de vastes desseins Tesprit de cetEmpereur. Depuis qu’il s’étoit vu à la tête de deux grandesarmées faire reculer Solyman , zsr fuir Barberouffe, U ne respi-roit plus que la guerre. Les fiateurs,qut perdent l esprit des Prin-ces les plus sages par leurs louanges excessives,ne lui promettoientpas moins que VEmpire de toute, l Europe : les Poètes zsr les Pa-négyristes l’en assuraient effrontément , ZST les Devins zsr les As-trologues, qui ne font pas moins hardis menteurs, avoient telle-ment répandu cette croyance par leurs Prédirions,qu tls avoientfait impression sur les esprits foibles (25). Ce fut en ce mê-me tems que TEmpereur enflé des victoires qu’il venoit deremporter, & de celles qu’il tenoit déjà pour certaines, dità Paul Jove, Faites bonne provision de papier zsr d'ancre, jevous ai taillé bien de la besogne (z 6 ). Mais jamais on ne vitla Providence de Dieu mortifier plus visiblement la présomp-tion de la créature. Charles-Quint, à la tête de dix millechevaux, & de plus de quarante milse hommes d’Infanterie,soutenu dune bonne flote commandée par le fameux AndréDoria, fondit sur la Provence, & fit entrer en même temsune autre armée de trente mille hommes dans la Picar-die ( 27 ). Ce.sot Tenfantement de la montagne, Parturiuntmontes, nafeetur ridiculus mus (28). L’armée de Provenceéchoua devant Marseille, 8e fut réduite en un état pitoiablesans avoir livré combat. Celle de Picardie échoua devantPeronne (29).

(F) ... On n eut pas sujet en France d’être content des Am-bassadeurs ... qui assistèrent à cet ABe. J L’Evêque de Ma-çon, qui étoit alors à Rome en qualité d’Ambassadeur deFrançois 1, 8c îe Sieur de Velli qui faifoit la même fonc-tion

(17) Gispità Reies, E-lysio jucund.Quact.Cam-po, Sjt.fi.LV,fui fia .

69$.

(18) Voue.

La Mochele Vayei,ProblèmesSceptiques,Chap. XV,à la page 2$ 9d .» Xlìt

( 19 ) Mé-moires deGuillaumedu Sellai,Livr. V,pag.

(20) Li-mê-nee,pag. J07.

(zj) Zent-carus i n c*-rcli vira »tiam magni-ficentius scri-bit Car o lamad daellumGallum fra~vocAjse feptemtblíitis iptif-nibtts, ut m*rivel terrty veLfiumine , eau*vel pedibuSycolle vel pla~nitie, inter ftdecertdrent.Spondanus,

ad *rtn. izzL,

(22) Me-moires dc

Guillaumedu Sellai,fag. m. joí.

(23) lliad.Libr. IV,y ers. 3 jo.

(24) Spon-danus, adann. 153 S,

(25) Meze7rai, AbrègeChronol.For». IV,pag. S9I.

(2 S) F» iraBrantôme,Discours furCatherinede Medicis »au cvmmence-ment.

(27) Meze-rai, AbrégéChronol.Ter». IV,pag. S9S-

(28) Horat.de ArreFoët. Vers.139.

(19) M« e :

rai, AbrégéChronol.Tarn. 1F 1p. S9St S**'