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Tome second. C - I.
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CHARLES-Q_UINT. xjf

voir fait une grande faute, lors qu’il fe livra a la bonne foi de François I (G). ^ êue biensatirique, pour apeller cela une faute (H)- Les Hiitoriens Flamans ont ete, ou o 1 f Lfort nias honnêtes, en raportant ce qii fe passa en cette rencontre (i) La ievee du frege dâtfut une des rudes mortifications qu’il eût efluiées en toute fa vie, & on lui fait mie un ™ otl’afcendant que l’étoile de Henri 11 prenoit fur lui (10, Qlje que grans succèsses entreprîtes, il est néanmoins certain que son Histoire n est qu un me a g ,

malheur (L). Son abdication est quelque choie de fort singulier: ce ut n a occuna-

faiteurs de Réflexions j ils dirent des choses bien différentes íur les mous ( Prts

rions de fa solitude [N)-, 6c quelques-uns prétendirent qu’il le repentit bientôt davou cede tes Euts

(30) Mé-moires deGuillaumedu Bellai,

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Brantôme,Hommes il-lustres, Tom*J, pag. m.246,

( 31 ) Lkmt-me.

krr) Médi-Histori-ées, Vol %

, Livr.

» Chap.

J J l t ParU«- U Tra .^notion Fran-f oise publiéeP a ? SimonOvulait.

(33) Spon-««nus, adann. 1540.num. i.

(*) Locri,ho c an.

(34} Qjiinvulgo

tredebatnr,Crcfiris for-fasti-dio ac iaùe-tate jamca ptam re-îrocedere

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Livre dis

Lettres desPrinces , f 0 -». 212Verso ; il Uc 't' j dìi-jc ,four la pré-rniere partiede ce P(ijs‘ge.

( 3 s) Infam.F ì Strad.P*&‘ ™. z 6.

tion auprès de Sa Majesté Impériale, furent présens à laHarangue. Le premier ne put répondre que peu de cho-se > à cause qu’il n’entendoit pas l’Êspagnol ; 8c ni l’un nil’autre n’eurent le tems de parler beaucoup. Le pis estqu’ils ne rendirent pas à leur Maître un fidelle compte detout ce que Charles-Quint avoir proposé. Ils en íuprimé-rent l’offre du duel, les louanges qu’il avoir données à sessoldats, 8c le mépris qu’il témoigna pour ceux de France.Ils suprimérent tout cela à la priere du Pape , 8c afin den éloigner p 3S ] e t ra jté de paix en aigrissant f esprit de leurMaître (30). Brantôme est plaisant, lors qu’il décrit lespostures qu’un Ambassadeur homme depée avoir faitespendant la Harangue , 8c celles que fit le Sieur de Vellihomme de robe (31).

(G) Bien des gens l’ont accusé d’avoir fait une grande faute,lors qu H Jc livra à la bonne foi de François I. ] La ville deGand se souleva fan 1539 , 8c oftrit de fe donner à la Fran-ce. Le Roi , non seulement n’accepta point de telles of-fres , mais auíîi il en avertit l’Empereur , qui ne trouvantpoint de meilleur remede a un mal dont les luîtes étoientà craindre , que d’y accourir en personne, demanda passa-ge par la France, toute autre voie lui paraissant longue 8cpérilleuse. II obtint ce qu’il demandoit, 8c reçût des hon-neurs extraordinaires pari tout le Roiaume , 8c à la Courprincipalement. Cette conduite de François I lût lans dou-te _ fort belle 8c fort généreuse : mais c’est une grande il-lusion que de lui donner des louanges de ce qu’il n’attentapoint à la liberté de l’Empereur. Est-on louable, quandon ne commet pas une insigne perfidie ?

(H) . Il faut être bien satirique , pour apeller cela

une faute .] La plupart de ceux qui ont blâmé Charles-Quintde la confiance qu’il eut en la générosité de François I nesongeoient point à médire de cet Empereur , mais à don-ner une idée affreuse de ce Roi ; car si son choque les ré-glés de la prudence en fe fiant à la parole de François I,c’est un signe qu’il est très-probabie qu’il fera une action delâcheté 8c de trahison dès qu’il le pourra. J’avoue quequelques Auteurs fe fondent fur les , fourberies continuellesqu’ils imputent à Charles-Quint à l’égard du Roi de Fran-ce , 8c voici comment ils raisonnent : cet Empereur devoircraindre que François I ne trouvât beaucoup d excuses spé-cieuses , de ce qu’après tant d’injures souffertes , il viole-rait les droits d’hospitalité ; donc la prudence ne souf-frait pas que l’on se fiât à. ce Monarque. Ils diront toutce qu’ils voudront , leurs pensées feront en effet plus dés-obligeantes pour François I que pour Charles - Quint ; 8c1 on ne peut dire fans flétrir l’honneur de ce Roi, qu’ilait mis en délibération dans son Conseil s’il ferait prison-nier ou non Charles-Quint. Camerarius, Auteur Allemand,ne trouve nulle vraisemblance à cela (3a).

CO, • • • Les Historiens Flamans ont été simples , ou mal-honnêtes , en raportant ce qui fe pajfa en cette rencontre. ] Lacandeur Belgique , Germanique , 8cc. des Historiens , gé-néralement parlant, est une chimere : il n ’y a peut-êtrepoint de Nations, où il y ait ni plus de plumes équita-bles , ni plus d’Ecrivains passionnez, que dans celles-là.Leur médisance est aussi aigre 8c pénétrante que celle dedélà les Monts , 8c outre cela elle est quelquefois bâtie furdes tables très-groíïìeres. Je ne taporte point toutes cellesqu’ils ont produites touchant le passage de Charles-Quintpar la France , je me contente de citer ces paroles d’unAnnaliste, François de nation (33) : Nec ullo modo audien-dus infipidus quidam Belgicus chronologus (*) àum feribit, Ca-strent pasquillis quibusdam totam per urbem Lutetìam diffemi-natis prafentijjimum fui periculum cum vitajjet,perniciJ]ìmo cur-fu pnmum Cameracum , bine Gandavum concejfijje. Infulfioranamque flint sta quam ab homine mente fobrìo proferantur. Atfie lubet plerisque Belgis cum de Francis agitur,fatuarì CT inep-tire > quaha permitlta apud Maierum , Majf&um , esr altos ejusgeneris hommes repertre liceat. Les longues guerres de Franceavec la Maison de Bourgogne avoient tellement aigri les Fla-mans , que ceux qui ne pou voient pas exercer des hostili-tez f épée à la main en exerçoìent à coups de plumé , oua coups de langue. Or dans ces diverses fortes de guerreil y a beaucoup de personnes qui se servent également dela Maxime, Dolus an virtus quis m hsste requirat ? Un His-torien qui ose dire que Charles-Quint se sauva cn poste , 8cqui ne sait pas, ou qui feint de ne savoir pas, q lle ce p r j n _ce fut accompagné jusqu’à la frontière par deux "fils de Fran-ce , 8c reçu par toutes les villes comme le Roi même, quel-le forte d’homme doìt-il être?

(K) On lui fait dire un bon mot fur l’ascendant que VétoileAe Henri 11 prenoit fur lui.'] Je vol bien, disoit-fl , q ue ] afortune ressemble aux femmes, elle prèfete les jeunes gensaux vieillars. Strada raportc en gros cette pensée de Char-I e - U À nt ’H) : c’est à tort que Scioppiussen censure (3; j;8c c est par un esprit de contradiction qu’il doute que cet

Empereur ait dit cela. II fait le Théologien mal-à-propos,8c il se trompe de croire que ce mot de Charles-Quint don-ne tout au cas fortuit, ltst-ce le hazard aveugle qui faitque les femmes aiment mieux un jeune mari qu’un vieux ?II n’y a rien de plus oposé à la fortune, que saffectation,quelle quelle soit, de favoriser une chose plutôt qu’une au-tre. Si la Maxime de Charles-Quint étoit vraie > elle prou-verait infiniment mieux le dogme de la Providence géné-ralement parlant, quelle ne prouverait le sentiment oposé.Scioppius a plus de raison lors qu’il dit que cette Maximese trouve dans Machiavel ; car voici ce que l’on trouvedans le Prince de cet Auteur Florentin , au Chapitre XXV.Io giudico ben questo > che fia meglio ejjere impetuofo che rifpet-tivo, perche la Fortuna ê donna : cr e neceffdrio volendola te-ner fotto , batterla CJ' urtarla. Et fi vede che la fi lafeia pinvincere da quefti , che da quelli che freddamente procedano. Etpero fempre ( corne donna ) t arnica de’ giovani, perche son me-no rifpettivì , piìt feroci e con piu audacia la commandano.

(Z.) Son Histoire n est qu un mélange de bonheur &“ de mal-heur.] II avoua lui-même dans la Harangue qu’il fit en fedépouillant de tous ses Ktats, que les plus grandes prospérité*,qu tl avoit jamais eu dans le monde , avoient été mêlées dc tantd adversité £, qu il pouvoit dire n avoir jamais eu aucun conten-tement (36). On prétend que depuis son abdication ilavoir accoutumé de dire qu’un seul jour dc fa solitude luifaisoit goûter plus de plaisir, que tous ses triomphés rte luien avoient donné (37).

(AI) On a dit des choses bien différentes fur les motifs de sonabdication. ] Strada remarque que l’abdication de cet Em-pereur est devenue un sujet de déclamation dans les E-côles. Non ignoro eam rem vario tune hominum fermonesuisse difeeptatam .- hodieque declamatorum in fcholis (38), po-líticorum in aulis , argumentum esse Cìsíhïm A b d i c a n-t e m ( 39 ). Quelques-uns ont dit que ne se sentant pluscapable , a cause de ses maladies , de soutenir le poids defa.gloire, il prévint habilement la honte d’une plus grandedécadence de réputation. On a dit aussi que le dépit devoir fa fortune inférieure à celle d’un aussi jeune Princeque l’étoit Henri II; fa fortune, dis-je , qui avoir triom-phe en tant de rencontres de celle de François I , l’obligeaa quitter le monde. Je dirai dans les Remarques suivantes,que le dépit de n’avoir pu devenir Pape, 8c l’envie de ser-s 11 4 1Ê - U ^ on .l e r ss e fies Protestants , ont passé pour la cau-se de la retraite. Mais tout le monde n’a point envisagéd un esprit critique cette grande action. 11 y a eu des gensqui ont dit qu’un désir sincere de méditer fur le néant dece monde , & fur les bien* solides du Paradis , le porta àchercher une solitude, afin d’expier pat des exercices depénitence les maux qu’il avoir causez à la Chrétienté , &pour se préparer de bonne heure 8c utilement à la mort,pat une entiere aplication à lassasse du salut. Voiez dansStrada (40) la plupart de toutes ces choses, & plusieurs au-tres noblement représentées.

(N] . . . ejr fur les occupations de fa folitudn ] 11 la choi-sit dans le Monastère de Saint Juste («), situé fur les frontièresde Castille 8c de Portugal proche de Placentia. Les Reli-gieux de ce Monastère s’apellent Hiéronymites. II fit bâ-tir une petite maison joignant ce Couvent composée delix ou sept chambres , 8c s’y enferma au mois de Février1557. II ne retint auprès de lui qu’une douzaine de do-mestiques 8c un cheval. II ne s’occupoit pas tellement auxexercices de dévotion , qu’il 11e s’amusàt à bien d’autreschoses; à la promenade fur son cheval, à la culture de sortjardin, à faire des horloges , & à des expériences de Mé-chanique avec un fameux Ingénieur (41 1 . Quelques joursavant fa mort, il fit célébrer ses funérailles, 8c y assista enpersonne (42.). Quelques-uns ont. dit qu’il tâcha d’accor-der ensemble plusieurs horloges, avec une si grande jus-tesse quelles sonnassent l’heure au même moment ; & quece dessein n’étoit pas aussi dìficile à exécuter, que l’accorddes Religions qu’il fe mit en tête du tems de Y Intérim. I]n’avoit pas si absolument renoncé au monde , qu’il ne s’in-formât des nouvelles de la guerre , 8c qu il n en dît sonsentiment. Témoin ce qu’on veut ffuil ait dit 8c fait,après avoir fçu que son fils victorieux a Saint Quentin n’a-voit point fçu profiter de ses avantages. Voici de quellemaniéré on le raconte. ,, Encor tout Religieux , demi„ saint qu’il étoit > si ne se put engarder ( ce disoit on lors,„ que la commune voix en courait par tout) que quand„ le Roi son fils eut gagne la bataille de Saint Quentin , de„ demander auffi-tôt que le courrier lui apporta les nou-„ velles, s’il avoir bien poursuivi la victoire, 6e jusques„ aux portes de Paris ? Et quand il fçut que non , il dit,, qu’en son âge 8c en cette fortune de victoire, il ne se soft„ arr.sté en fi beau chemin, 8c cust bien mieux couru:8c de„ dépit qu’il en eut-, il ne voulut voir la dépêché oue le cour--> rier apporta (43) ”. N’oublions point ce qui lui fut dit par

un

(36) Mé-moires dcBeauvais-

N an gis ,pagm

(37) Came-rarius , Mé-ditât. His-tor. Vol. /,Livr. III,Chap* K

(38) Cela mefait souvenirdes parole < dtJuvénal,‘Sat.i » Vt ri. 1 z »

témoi-gnent que lesEcoliers deson tems dé -clamoient furl 1 ^Abdicationde Sylla. Etnos ergomanum fe-ru!L lubdu*ximus, &nos Confí-Jium dedi-mus Sullaîprivatus utaltum Dot-*mirer.

(39) Strada»de lìclloBelgic. Libr.i, Dec. Jipagm16.

(4°) Idem,

ibidem.

(it) JL'STL'S

110m deSaint, faiten FrançoisJ u fi mono-syllabeRem. Crut*

(41) Strada,

là'mêmejpagm

IZ , 34 > t*

nomme Jatl-nelJus Tur-rianus > <árcn conte deschoses très-sìngtíliercs •

(42) Ex

Strada, Liír./, Dec. I 7 pagi

i 4 -

(43) Bran-tôme, Mé-moires desCapitainesEtrangersTo'fi. l ,ir.