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Tome second. C - I.
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C H A S T E L.

ï 50

(îV) Apo-logie pourJ. Chastel.il Part . pan,«4 » * 5 -

(25) Là mt-me,pag. 85 ,86 .

(ï6) Là-mé-inc 9 P art. III,Chap t l 9 p S g.

117.

(27) Vunsu,f Jehande J a nreguy ,Biscain denation,nagéde 1 3 ans ,tjui lui donnaeCstn- Pifhillttdans Us mâ-choires 5 en la ,ville d*An-vers t le iS

dc Mars

15 82 : àr

Pautre Bat-thafar Gé-rard , Gentil-homme Bour-guignon ,aagéde 3 4 ans f tjuid'un autrePistolet , char-gé de trokhalles , /s rí«-dit roidemorten la ville deDelphi , enHollande , le10 de Juillet*584, Apo-logie pourJ. Chastel,pag, u 9.

fz8) Là-mê-me 9 pag. 120.

(29) Là-mé-meypag, 143.

(?o) Jean

{31) JeawGuignard.Votez, son>.Article .

donna pour Confefleur à Jean Chastel, asin d’aprendre par là tout le secret de'l'afaire; mais quece prétendu Confesseur ne íçut pas joiierson personnage (E). On a lieu de s’étonner que les Re-lations

„ dire de Cicéron, cy-dejfuS allégué en ses livres des Offices.„ Adjoustant four raison,ope d’autant que le Tyran a Guer-„ re injuste contre un chacun du Peuple, en général & en„ particulier, & que tous au contraire ont juste Guerre con-„ tre luy, pourtant peuvent contre fa personne, ce que le„ droict de Guerre permet, contre un vray ennerny. Et li„ ainiì 011 le tue, que cela est par aut’norité, non privée,„ mais publique (14). Les Hérétiques mesmes ”, conti-. nue-t-il (25), „ quoy qu’ils changent de discours, selon la„ marée de leurs affaires, 8c selon qu’ils ont un Prince, ou„ contraire ou favorable, en ont remply leurs livres. Tes-„ moin l’Autheur de questions, foubs le nom de Junius Bru-,, tus. George Bucchanan en son livre, de jure regni cyc.,, Oii il m est le Tyran au nombre des bestes cruelles, ey qui„ doibt eftre traifíé de mesme. Bodin aussi en sa Répub. qui„ condamne le Tyran usant de violence, à passer par la Loy„ Valeria, qui ordonne telles gens estre exécutez,fans forme„ ne figure de procès. Et en conséquence, les exécutions,„ que fur ce discours ils ont faictes, fur la pluspart des no-„ blés, en France, en Eí'cosse, Angleterre, 8c Allemaigne,„ par le conseil des Ministres, foubs couleur de les dire Ty-„ rans, pour ce qu’ils estoient Catholiques. Et fur la person-„ ne mesme des Roys, comme de Charles 9. Et fur tout„ le panégyrique dc Bcze, qui canonise Poltrot, & en faict„ un sainct, pour le meurtre par luy commis en la personne„ du grand François de Lorraine, Duc de Guyse, que sur„ tons ils qualifioient tyran. N’y ayant pour cest égard,„ difference d'cntre eux & nous, sinon pour la particulière„ détermination du tyran, pont sçavoir qui lest ost ne F est» pas II finit cette seconde Partie par un long dénombre-ment des militez particulières de Fentreprise de Jehan Chas-tel, 8c là-dessus il étale les injures les plus satiriques & lesplus outrées contre Henri IV.

11 soutient dans la troisième Partie, que l'acîe de Chastel esthéroïque. II l'éleve au dessus d’Aiod, 8c de Phinées, 8c deMatathias ( 16 ) ; & il n’oublie point de comparer son coura-ge à celui des deux Assassins du Prince d’Orange (27 ), 8c àcelui de Jaques Clement. II n’oublie point non plus le dévotPoète Cornélius Mufius (28), martyrisé en Hollande,' -àrajoute-t-il, le bourreau de Lumay fust après payé comme il mé-ritoit, deschiré qu il fust cy mangé de ses propres chiens. NotreApologiste décrit en détail la constance de Chastel en sa con-fession, en l’interrogatoire, en la question, enl’amende ho-norable , 8c au suplice. On le preste de dire , lors de l’amendehonorable, qu il serepent, cy demande pardon à Dieu-, maistout estropié qu il est de la question endurée, il dit ,, qu’il cric„ à Dieu mercy des péchez qu’il a commis en tout le dis-„ cours de fa vie, 8c notamment de n’avoir mis à chef ce„ qu’i! a essayé de faire pour délivrer le monde de F ennemi„ le plus funeste que F Eglise eust aujourd’huy fur la ter-„ re ( 29 ) ”. Chose déplorable, que des Assassins de cettenature témoignent autant de fermeté que les Martyrs les plusillustres de la primitive Eglise !

II critique dans la quatrième Partie l’Arrêt du Parlementde Paris contre Jeail Chastel, 8c il prétend y découvrir quel-ques fausserez notoires, 8c une Hérésie manifeste, 8c des im-pertinences en la censure du fait, & en la condamnation àl’amende honorable, 8c en ï inhibition de proférer les propos deJehan Chastel. II soutient qu’ils ne font, ni scandaleux, niséditieux, ni contraires à la Parole de Dieu.

La cinquième Partie est destinée à montrer les vices cy im-pertinences qu’il prétend être dans F Arrêt contre les Jésuites.C’elt là qu’il s’emporte brutalement contre Achille de Harlaipremier Président, & contre Servin Avocat Général au Par-lement de Paris. II soutient qu’il y a des calomnies 8c desimpostures dans cet Arrêt, il s’étend fur les louanges des Jé-suites , il répond au Plaidoìé d’Antoine Arnauld, il s’éforcede justifier les deux Jésuites dont l’un avoir été mis à la ques-tion (30), 8c l’autre pendu (31). II fait un Martyr de ce-lui-ci. II conclut son Livre par une forte Exhortation à ex- ■terminer Fennemi de Dieu 8c de son Eglise.

Cette Apologie de Jean Chastel fut imprimée Fan 1595.Quelqu’un la fit rimprimer Fan 1610, après la tragique mortde Henri le Grand, 8c y ajouta quatre autres petites Pieces.I. La prémieré avoit été imprimée à Paris, Fan 1589, chezNicolas Nivelle, rue S. Jaques, aux deux colomnes, 8c Ro-lin Thierry, rue des Anglois, près la Place Maubert, Librai-re 8c Imprimeur de la sainte Union, 8c a pour Titre EffePlsespouvantables de VExcommunication de Henry de Va-lois c T de Henry DE Navarre, où est contenue auvray l'Histoire de la Mort de Henry de Valois, cy que Henryde Navarre est incapable de la Couronne de France. II. La se-conde est une Lettre de l'illustrissime Cardinal Montalte ,escri-te par le commandement de nostre S. Pere le Pape au Conseilgénéral de la sainiïe Union. Elle avoit été imprimée à Paris,avec Privilège , Fan 1589, chez les mêmes Libraires que l’au-tre. III. La troisième a pour Titre Discours par lequel il estmonstre qu il n’est loisible au subjeét de medire de son Roy cyencor moins d'attenter k fa personne. IV. La quatrième estintitulée Les Souspirs de la France fur la mort du Roy Henrylv > cy la fidélité des François. Le Recueil de toutes cesPieces comprend 323 pages in 8, dont les 256 prémieres fontpour F Apologie de Jean Chastel. Cette seconde Editionn i ' a P as empêché que ce Livre ne soit devenu très-rare; 8cc est pourquoi j ai cru que mes Lecteurs seroient bien aisesd’en trouver ici une Analyse.

Celui qui le lit rimprimer Fan 1610 avoue, que la cause

principale qui l’y porta fut, entre plusieurs autres , afin que Lemonde vift clairement que c est de ï Ecole des Jésuiftes que lesAstastins comme Ravaillac s'avancent. II dit que ce Parri-cide s’étoit enhardy d’astastìner son Roy , suivant entr autres ladoâlrine damnée de cest Apologie de Jehan Chastel ,par laquel-le est nié impudemment qu’Henry IV, quand mesmes il fe-roit absoubz, pouroit estre Roy, ey en oultre enseigné en ter-mes exprès , que les Hérétiques 8c faulteurs d’iceux, dépu-tez à la mort par droict divin '8c humain, 8c principale-ment les relaps, peuvent être exécutez pat les particuliers jsi aultrement ne fe peult; comme cela se peult vecìr au chap. 8cy suivants de la seconde Partie ( 32 ). Notez qu’il observeque les Jésuiftes a voient trouvé expédient de couvrir cy suppri-mer la susdite Apologie-, non pour honte ou pénitence, qu'ilspourroient avoir des meschancetez cy Parricides fi abominables,mais seulement afin que ï horreur, que les Roys cy Princes s’enappercevants en pourroient prendre contreux, ne les empeschastd entrer en leurs Cours cy Conseils pour y exécuter les volontezdu Pape (33). L’Auteur de FAnticoton assura que F Apologiede Jehan Chastel étoit sortie de la boutique des Jésuites (34);mais ceux-ci soutinrent que c’étoit une imposture , cy queyamais Jésuite n y mit la main (35). Chascun scait, ce sontles paroles deRicheome (36) que les Jésuites ne font aucu-nement aufleurs du Livre de jufta Henrici terfti Abdìcatione,ni de F Apologie de Veron Constantin pour Jehan Chastel,cy le feu Roy (37), très-bien informé de la vérité de nostre in-nocence , renvoya loing tous les calomniateurs, qui nous en char-geaient devant fa Majesté.

11 y a beaucoup d’apparence que ces deux Livres furentcomposez par Jean Boucher, qui, comme on Fa vu dansson Article (38) , étoit le plu; séditieux 8c le plus enragéPrédicateur qui ait jamais inspiré F esprit de révolte contreles Puissances légitimes.

( E ) . , . . . L’Auteur de ce Livre raconte qu on fit déguiseren Prêtre un laïque, cy qu on le donna pour Confesseur k Je-han Chastel ... ; mais que ce prétendu Confesseur ne sçut pasjouer son personnage.'] Voici les propres paroles de F Auteurde F Apologie : ,, Et pour parler des artifices, le bon Lieu-„ tenant Lugoly , qui y a si bien joué son roullet , sçait,, bien en conscience qu’en dire. Et ceux qui ont eu par-,, ticipation au facrilege par lui commis , fe déguisant en„ habit de Prestre , 8c supposant la personne d’un Confes-,, seur, pour tirer, ou pouvoir dire avoir tiré du pénitent,„ en guise de confession sacramentale > chose dont on peust„ se prévaloir , tant contre luy, que contre ceux qui ont

„ leur part au martyre (39) . Quel maintien au

„ pénitent, en une fourbe si infâme ? Cest ameçon est trop„ fossile, pour lever un si gros poisson. Ce font traicts de„ petits enfans, 8c subtilisez trop grossières. A telles toil-„ les d’araignée , ne se prent une si forte mousche. Tels„ lievres ne fe prennent à ce tabourin, ny tels oyfeaux à„ la vue du rets. II fault pour jouer un roullet, appren--, dre mieux les contenances. Et le pauvre animal, qui„ ne fçavoit les traicts du mestier de confesser, comme ce-„ luy qui ne fréquente ce Sacrement, qu en forme commu-„ ne, tous les ans une fois ( comme respondit FAngloix de„ luy mesme, après la trahyfon de Paris) 8c partant n’es-„ tant rusé à cela, comme il est aux tours du Palais, 8s„ à tromper filles 8c femmes, quelque bonne morgue qu’il„ feist lors, 8c quelque obscurité qu’il y eust, ne laissa„ d’estre descouvert du prémier coup, par celuy qui l’en-„ tendoit mieux, 8c en estoit plus practic que luy. Pour„ avoir ce révérend pere en Dieu , nouveau imprimé ,,, failly à dire l’oraison , 8c bénédiction ordinaire , que le„ Confesseur dict au pénitent, avant la confession. D’oìi„ conneu par Chastel, pour n’estre Prebstre , comme le„ rat a son bruict , 8c comme l’asne a son ramage , aussi,, propre à ce mestier, comme un enfant à faire FHercu-•„ le, ou un fol le Philosophe > 8c ayant besoing de proto-„ colle , comme les joueurs de l’hostel de Bourgogne , la„ mine estant éventée , avant qu’avoir peu prendre feu ,

„ l’invention est mile au néant, 8c le misérable autant„ confus, que son impie ignorance, 8c ignorante impiété„ le requeroit.' Sauf neantmoins son recours, à faire cou-„ rir impudemment, les bruicts 8c ordures que dessus, con-„ tre celuy , de qui il n’avoit ouy aultre propos, que d'u-„ ne fevere reprimende, 8c detestation de son facrile-„ g e (40) ”• L’Apologiste déclame de toute fa force con-tre cet abus du Sacrement de Pénitence, 8c le traite d’im-piété 8c de íàcrilege, 8c ne prétend point que l’on fe puis-se excuser sur ssis éxemples précédens. „ Bien est il que„ par cy devant ”, dit-il, „ le semblable avoit esté faict,

„ par deux aultres de la mesme faction , l’un ouvert enne-„ my 8c hérétique, 8c l’autre trahystre 8c hypocrite. Dont>' le prémier fust Sautour Champenois, en la personne duI, Docteur 8c Prédicateur Mauclerc, qu’il prit sur le che-» min de T roys, où il avoir prefché le Quaresme, com-» Me il s'en retournoit à Paris, Fan 1589. Auquel il usa» de ce traict , après luy avoir donné toutes les frayeurs-„ de la mort, 8c estant requis de luy, qu’il peust avoir un„ Confesseur. L’aultre a esté Marins Gascon, nepveu du„ Sieur de Belin, l’un des Ministres de la trahyfon de Pa-„ ris, 8c laissé à cest essect dans la Ville , en la personne,, d’un Chirurgien , domestique du Sieur le Bailleur , Fan. „ 1594. peu auparavant la trahyfon , pour une bague éga-„ rée, à la maison dune misérable trop connue , 8c de„ laquelle , comme d’aultres, 8c de lès plus proches, st

„ abu-

(}z) Apo-logie pouíJ. Chastel J

salit .A Z

me, folio 2

( 34 ) Anti-coton j pag*

IS.

(35) Ré- ,ponte Apo-logétique àl’Anticoton,P“g- 41 *

(3í)Richeo-me, Exa-men Caté-gorique del’Anticoton,pag. 18,.

(37) Cest-àr

dire Henri •IV.

(3 S) Voiez.lt*Tìemarejfte{B) de 1 * Ar-ticle Bou-cher.

(39) Apolo-gie pour J.Chaftel,Part. III ,Chap. III ptig*127,128,

Uo) Là-trf'*me, Chas - vI *P 4 Í.I 37 > UÍ '