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Tome second. C - I.
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CHASTE L. CHASTELAIN.

(41) Apo-logie pourJ- Chastel,

J1! Partie,cha f. Ul,f‘î’ U«,I29.

(4l) Là'tne-

m ',Cbap. I //,

t“í- 130.

(43) La-nté-r»e 9 Chap» l V 9

izr .

( 44 ) Lk-rnt-**‘>P*l' 133 .

Í 45 ) 'Mjfitjfindu Princed'Orangc.

(46) Mr, derhou, Livr,

CAj/, p.tp.w -6S2, ditceux quifurent en-veiez. chez. lel'ere de JeanChaste’ trou -

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Q)t.aCroix"H -Maine,t/S- US .

(1) Valer.■Andréas ,E 'bl. Bele,P"S- 163.

(j ) La Croixnu Maine,

P/g. n 8.

U) vu Ver-5*'er> Bi-blioth.Hançoisc,P“S- 447.

f) V. Andt.nid!. Belg.t»g- 262.

f 6 ) MutasHetiterus ,R Wutn Bur-ÇUnd. Libr.». r;r.

í;ï

lations de cet horrible Assaísinat aient été si différentes (F) , & ce n’est point la particularité lamoins scandaleuse de cet accident. Dupleix.a eu tort de dire que Jean Chastel répondit aux Ju-ges que le Diable l’avoic poussé a cet attentat (/).

»> abusoit alors, 8c fur le soupçon qu’il eut, que le Chirur--- gien, quil’estoit venu penser leans, l’eust prise. Auquel» après avoir à celle occasion serré les poulces, 8c après avec» plusieurs oultrages lavoir mené de nuict,les yeux bandez,» à la riviere, pour le jetter dedans, finallement, comme le-> pauvre affligé demandoit confession, luy en usa de mesme» l’aultre, se supposent pour un prebstre. Et le lendemain» fui! la bague rapportée à la Dame, par un de ses aultres

« amoureux, qui par passetemps s'en eíloit seisy (41).

» Mais si cela est digne d’un ribleur, d’un volleur j 8c d’un" hérétique, (comme cela est une invention de bordel 8c», d’hérétique, pour abuser les femmes, 8c se rire de l’Eglise)», pourquoy d’un homme de justice, d’un Lieutenant de Pre-»» vost d’Hostel, Le de robbe longue, 8e d’un qui avec se»» soutane & son chapelet, contre salés le Jésuite? Si l’héré-»> ne joinéte aux armes, 8e la témérité 8e furie de Mars au», bordel de Venus , ont lâché bride à ce secrilege, pour-„ quoy se discrétion 8e la sagesse de ceux qu’on appelle», Dieux, 8e qui se disent Catholiques, sc portera ce mes-»» nie crime ? 8e à Une impiété si grande ? Quelle convenan-»» ce, de la Guerre, qui n’efcoutte point les Loix, 8e de la,» gravité de l’estat, de ceux qui parlent des Loix ? De la bar-,» barie 8e licence des armes , 8e de la majesté de justice?>> Supposer une personne sacrée, Lee (41) ”. 11 réfute aussiceux qui eussent voulu dire qu’on avoit suivi les erres despremiers de ce Parlement , qui nommèrent atix grans jours dePoicliers,les prebflres qui devoyent confesser, avec deffences d’al-ler à d'aultres , ey exigeoyent d'eux , qu ils eujjent à reveler lesconfessons , fur peine de la vie, ce qu ils ont depuis continue ,gysemblent vouloir auiourd’huy continuer a Paris , par la mesmefaçon, de nommer les Confesseurs, dont encore ils usent , soubscouleur de dire , que c'est pour une borna fin, à ce qu’ils n er-rent en la justice, C? que le coulpable neschappe, zy l'innocentne pâtisse , ey le passent ainjì doucement en coustume ,soustenantque c est bien saiéí .- ô ridicule hypocrisie, (y damnable impié-té (43 )• H soutient que ies Prêtres ne doivent jamais révélerla Confession, pour quelque subjeíî ou commandement de quique ce soit, & qu’ils font tenus d’endurer plutôt la mort quileur fera un juste martyre (44). Et là-dessus, il loue le Ja-cobin Antoine Antonin Temermans, natif de Dunkerkè, quifut étranglé à Anvers l’an i;8z, pour n’avoir pas voulu ré-véler la Confession de JaUreguy ( 4$ ).

La Relation, dont je parlerai dans la Remarque suivante,ne raporte point le fait de la maniéré que nous lavons vu ci-dessus. Elle lupofe que Jean Chastel aiant été pris, quelques-uns des principaux de la Cour se servirent de tous les moiensimaginables pour lui faire déclarer ses instigateurs, 8c qu’ils lejetterent par terre, 8c lui mirent un poignard fur la poitrine,en le manaçant de lui percer le cœur tout à l’heure, s’il nerévélois la vérité; qu’il répondit que personne ne l’avoit pous-sé à cette action, 8e qu’il demanda un Prêtre à qui il sc putconfesser ; qu’on lui permit cette grâce, mais qu’on subornaun laïque, qui se déguisent en Prêtre s’aprocha de lui pour1 ouïr en confession ; que Chastel représenta à ce faux PrêtreJe trouble d esprit qui 1 cmpêchoìt de fe souvenir de ses pé-chez,8c le pria de faire en forte qu’il put avoir un papier où ilavoit mis par écrit se Confession générale peu de jours aupa-ravant; que l’on trouva le papier dans le logis de son pere,& qu’on n’y trouva quoi que ce soit qui marquât la sugges-tion de personne. Voiez la marge: vous y trouverez uneNarration bien différente de celle-là quant au papier où l’as-sessin avoit écrit se Confession générale (46).

Je n’ai garde de croire fur le témoignage de l’Apolo-giste, que l’on ait taché de découvrir le secret paf un pré-

tendu Confesseur : mais je ne sel si l’on feroit bien de lénier absolument ; car si dans un Procès ordinaire, 8c d’aiïèzpetite conséquence , les Juges se croient permis d’emploicrmille mensonges pour faire avouer la vérité ou aux accusez *ou aux témoins, pourquoi croirions-nous que s’agissant de lavie d’Henri IV, de laquelle dépendoit alors le íalut public,les Juges sc scroient fait un scrupule d’emploier la voie duConfeífional ? Ils sevoient que la foiblesse d’esprit qui exposeun hoirime à se laisser persuader un semblable Assassinat lerend susceptible d’une extrême force de courage. Ceux quipar le motif du bien de l’Eglise lui suggèrent le dessein detuer un Prince, lui suggèrent aussi par 1 espérance de la gloiredu martyre la ferme résolution de soufrir tous les tourmens,8clui persuadent qu’il perdra tout le mérite de son action, s ilrcvele les complices; mais que s’il a la force de se taire, seconstance lui procurera mille 8c mille bénédictions en cemonde, 8c un haut dégré de gloire dans le Paradis. Ils dé-voient donc croire que Jean Chastel resisteroit à la torture,8c qti’ainiì le seul moien de découvrir d’où venoient ces con-seils pernicieux 8c funestes qui exposoient la vie du Roi à tantde noirs attentats, étoit la subornation d’un prétendu Con-fesseur. Si le Papier que l’on trouva dans le logis de son pe-re eût contenu ce que l’on cherchoit, on eût pris cela sensdoute pour une de ces preuves convaincantes fur lesquelleson peut justement fonder un Arrêt de condamnation. LesJuges de la Dame de Brinvilliers en usèrent de la sorte ( 47 ),sans avoir égard aux raisons de son Avocat. Voiez le Factura,de Mr. Nivelle pour cette Dame ( 48 ).

( f) o» a lieu de s’étonner que les Relations de cet horriblé■Assassinat aient été fi différentes.'] On a vu dans la Remar-que précédente un Récit que j’ai tiré d’une Relation Lati-ne , qui fut imprimée à Strasbourg l’an 1595, ,8c dont Ja-ques Grctser donna un Extrait à la fin de fa TraductionLatine (49) de ìa Réponse de François des Montagnes (50)au Plaidoié d’Antoine Arnauld. Cet Extrait, à l’égarddu prétendu Confesseur , différé notablement du Narré del’Apologiste dc Jean Chastel, 8c ne s’accorde point du toutavec ce qu’on trouve dans Mr. de Thou touchant la Con-fession générale de cet Assassin trouvée fur un Papier. Voi-ci une autre différence. Celui qui publia cet Extrait n’ou-blia rien de ce qui sert à la décharge des Jésuites ; mais illùprime tout ce qui les peut charger. II insiste à tout mo-ment fur ce que Chastel ne nomma personne qui lui eûtmis dans l’csprit la résolution de tuer Henri quatrième ;8c il ne dit pas un mot de ce que j’ai raporté dans la Re-marque (A) , 8c qui fut trouvé si capable de rendre sus-pect les Jésuites. La bonne foi ne permet point ces fortesde fupressions : il y a là un artifice très-scandaleux. Ri-cheome ne put éviter la discussion des Réponses que JeanChastel fit aux Juges (51): ce fut un fort mauvais pas pourlui, quoi qu’au reste il ait fait valoir très-adroitement lescirconstances favorables à son Ordre qui fe trouvèrent dansce Procès (51). N’oublions pas qu’il s’infcrit en faux contrel’interrogatoire ( Jz ) que j’ai tiré de Cayet (54) , 8c queMonsieur de Thou 8c cent autres Ecrivains allèguent. Etnotez que cette Inscription en faux est dans un Livre où l’onréfute un Ecrivain qui s’étoit servi de ces paroles; „ Voicy„ les propres mots de l’Interrogatoire de Chastel, dont Votre„ Majesté peult veoir TOriginal qui vous sera tesmoigné très-,, véritable par plus de trente de Messieurs les Presidens ou„ Conseillers, plus croyables mille fois que tout ce que sçau-„ roient dire les parties en leur propre cause. Enquis ou il,, avoit apris ceste Théologie nouvelle, A diff que c’efioit par„ la Philosophie c ?c ”.

CHASTELAIN (George) en Latin CastellamtSy Gentilhomme Flamand (s) , enten-doit fort bien la Langue Françoise, & composa quelques Traitez {A) qui n'ont pas eu la destinéequ’Olívier dc îa Marche leur avoit promise {B). II mourut l’an 147 s (£). 11 avoit été élevé

dans la maison des Ducs de Bourgogne (r).

se ) Fjtm GanUcnsis. Valcrius . Andréas , Bibliothecx Belgîcxà . 262 .(i ) Okit co ,pfo tasser, quo Carolus ^Audax A ’o-oesium obsidtbat. Vt.se-

(A) ll composa quelques Traitez. ... J II écrivit ( 1 ) enVers François un. Recueil des choses merveilleuses advenues deson temps,imprime avec ,es Oeuvres de Jean Moulinet son Dis-ciple (z). Le Temple de la mine d'aucuns Nobles malheureux,tant de France que d autres nations esirangeres,à limitation deBocace,imprime à Paris ,par Galiot du p r é, lan í 517. L’Ins-trullion du jeune Prince contenant % chapitres,imprimée avec lesautres Oeuvres (z). Les Epitaphcs d'Heélor cr Achilles ,avec lejugement d’Alexandre le Grand, impr. à Paris -1515, in 8 (4).Il Histoire de Jaques de Lalain Chevalier de la Toison d'or im-primée à Bruxelles , in 4, lan 1634, 8c plusieurs autres Ouvra-ges qui so trouvent en manuscrit dans l’Abbaie de St. VastssArras (5). II fit en François se Vie de Philippe le BonDuc de Bourgogne. Je ne croi pas qu’elle ait été imprimée.Pontus Heuterus l’avoit lue, 8c en a tiré quelque chose (6).

( R ) • . . qui n ont puis eu la destinée qu Olivier de la Mar-che leur avoit promise.] Voici ses paroles: Je plain ct- re-grette . . . que je ne puis avoir le ftile er subtil parler de Mes-sire George Chaflelain, trépassé, Chevalier de ma congnoissan-ce, nans Flamand, toutessois mettant par escript en language

íà 11s Andréas , Bibiiotliecx Bclgicx pag. 263 . ( c ) ia Croix du

Maine , Bibliothèque Françoise , pag. ní .

François , V qui tant a fait de belles & de frullueuses chosesde mon temps, que ses oeuvres, set faiits^ev la subtilité de sonparler lui donneront plus de gloire CV de recommandation a.cent ans à venir que du joitrd hui ( 7 )* Cette Prédiction aété fausse: la mémoire de cet Ecrivain s’est avancée de jouren jour vers le tombeau de 1 oubli, 8c peu de personnes leconoissoient par ses Ecrits cinquante ans après se mort. Oli-vier de la Marche le nomme la perle a- l’estoile de tous lesHiftoriografes qui de son tems ni de pieça ayent mis plume, en-cre , ne papier en labeur ou en oeuvre (8). Jean le FevreSeigneur de St. Rémi avoit sens doute beaucoup d’espéranceque les Ecrits de cet Auteur scroient immortels. U déclarequ’aiant rédigé (V mis par escrit aucunes petites recordationsmémoires, il les a envolées au noble Orateur Georges Chas-tellain , pour aucunement à son bon plaisir ey selon sa discrétionles emploier és nobles Histoires ey Croniques par lui faites, jaçoifce que la chose soit de petit fruiâl au regard de son œuvre . . ,je parlerai des hauts ey loables fais du Duc c y des Chevaliersde son Ordre: non mye fi au long à la centiesme partie que ena defcrìpt notable Orateur George le Chastellain ( 9).

(/)Du PîeïîGHist.d’HCu-n IV, />§§.

m, 16 . 4 .

f 47 ) Máiìtnotez, qu'ilsavaient beau -coup d'autrdPreuves quecelles qui fu-rent prises déP Ecrit otí elleavoit marquéses Péchez,pour s'en con -Mer.

) Impriméa Paris+l'aû1676 .

( 49 ) Impri-mée k Ingols-tadj'an ì$9<>3in 8.

(s o) C est unMasque >souslequel le Jé-suite Ri -clieome sccacha , Voiez;Alegambe ,

pag, Z08 .

( s I ) Votez.fiéPlainte A -pologéti -que , nura,41 , pag. ms

157 ér suiv-is i) Votez, lemérne Livre »num. zS ,suivansjé? fi*Réponsefous le Nomde René dtíla Fon , auPlaidoié duSieur Ma -rron , Chap*XIV.

( î3 ) Richeo «me , Répon -se Apologct *à l ’ Antico -ton , num. 389M * 149 .

( 54 ) Dans lóTsgnarqM

(7) OliWeide la Mar -che , dans laPréfacé de setMémoires,

( 8 ) Lk-mé-me , dans laPréface du ILivre y p. 74 .

( 9 ) Jean le •Fevre Sei-gneur de St m7 \emi , auPrologue de^Histoire deCharles VI ,

publsee parMr. Le La -boureur , k Idfin de celledu Moinede St . 0 s -ny»,