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Tome second. C - I.
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154
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CHATEL.

78) Thuan.Libr. XXV ,

SH-

(19) Votez*Ècaucaire,Livr* /, num*r z j & Va-tillas , His-toire de 'Louis XI,Livr. III,

M- r".

(20) Cccì nei* accorde gue-re avec ce cjueVon dira damla ‘I^emarquesuivante , encitant Aï-gcncre.

(21) Beau-cuire j Livr.JI,nnm. i2.VaiiUas,Hift. deLouis XI,L/»r. /r,Pag* 289 .

(22) Mat-thieu , Hist.de LouisXI, Livr.XI,fag. m* 747.

(23) Mcze-rai, Hist. deFrance, Tom,

737 .

(24) Matth.Hist. deLouis XI,•Livr, II »pstg. 87.

(25) Foica-tul. de Gal-lor. ImperioLc Philoso-phé, Libr .Vil , pag. ot.Iiri cr,/ê-qncnlib*

(26) L’an

1469.

(27) %emavque (C) , Cï-tatìon (lo).

(28) U avoirQuelque ré-pugnance

a acceptercç Gouver-nement :Qttkizans ne.)wiKijpaukdgens irape-rium [liumferre poffit ,aut ipfe rao -res ejus cr //-CfHtiam. Foi*de

GaU. iAip.

& i'hiios.

pag, IM2.Argenrré,Hist. deFret. Livr.X, Chap.XXX, s y ac-corde en di-verses. chosesavec Forca-tulus.

(29) 1 Atidk-

rat veto Vo-lé mus infu-lam cnbradqnwìorumn.uí,atio<neknpacatam& turbis de-ditapn. For-cátulus, deGall. Imp,&C. pag.

1120.

I n c E n T I-

tude QÙjjous lais-ígtit les His-toriens,

*54

nommé Tannegui d u Chatel (F), qui parut beaucoup à la Cour de France íòus Louisonzième. Quelques-uns par une insigne méprise l’ont confondu avec celui qui tua le Duc deBourgogne (G). Un Auteur Italien a fait ici de lourdes bévues (//), comme on le verra dansla derniere Remarque.

CHE-

cum domum relegatus effet , mortuo hero fiatim in aulam accur-rit , cy in funus regtum ab omnibus neglcélum de sua pecunia30 millia aureorum egregio grati anìmi exemplo défendit (18).Nous aurons recours ci-dessous au Sieur d'Argentré , pourmieux conoître les circonstances de tout ceci. Voiez laRemarque ( G ), à la fin.

(E) ll eut un neveu nommé Tannegui du Chatel.]Ce neveu a volt été élevé chez son oncle à la Cour de Fran-ce, & fut un homme de tête. 11 s’attacha au service duDuc de Bretagne , 8c devint Grand Maître de sa Maison.II lui donna un fort bon conseil fan 1464, dans une con-joncture délicate; car il s’agissoit d’éviter des piégés tenduspar le Roi Louis XI (19). C’étoit au reste un homme deprobité, & qui ne fia ta nullement son Maître sur le chapi-tre de la galanterie. Le Duc de Bretagne, à s âge d envi-ron trente ans, ne faisoit pas grand cas de fa femme filledu Roi d’Ecosse, & menoit par tout avec lui une maî-tresse dont il étoit passionnément amoureux. Elle s’apel-Ioit Antoinette de Maillczé , 8c étoit femme du Seigneurde Villequier. Tannegui représenta souvent 8c librementà ce Duc les châtimens que la justice divine déploie fur lesPrinces impudiques & adultérés; mais st ne fit que le ren-dre odieux. 8 étant aperçu de la colere de son Maître, ilne voulut point y demeurer exposé , 8c se retira dans famaison. La Dame de Villequier lui fit dire quelle le re-concilieroìt avec le Duc, s’il vouloir cesser de lui faire desremontrances. 11 rejetta ces propositions, 8c quoi que la Da-me se servît plutôt de son crédit pour avancer les personnesde mérite, que pour venger ses injures, il ne laissoit pas dela redouter (10). Louis XI, averti des dispositions où duChatel se trouvoit, lui offrit de belles charges. Ces offresfurent acceptées, & voilà comment notre Tannegui passa auservice de la Cour de France ( 2.1 ). On lui donna le Gou-vernement de Roussillon, 8c de Cerdagne. Nous verronsbientôt qu’un Jurisconsulte, qui ne manquait pas d’érudition,a pris ce pais de Cerdagne pour File de Sardaigne. Tanne-gui du Chatel fut emploie en 1475 à la treve de neufans (22). II fut tué au fiege de Bouchain Fan 1478 (23). Aureste, lï nous en croions Pierre Matthieu ( 24), celui quienterra Charles VII fut le même Tannegui qui exhortait sichrétiennement à la chasteté le Duc de Bretagne. II étoit ne-veu de Tannegui qui tua le Duc de Bourgogne. Le dépitde n’être pas remboursé des frais des obsèques de Charles VIIFobligea de fe retirer auprès du Duc de Bretagne. Cela mé-rite d’être éxaminé.

(GJ Sjuelques-uns . . . . l’ont confondu avec celui qui tua.le Duc de Bourgogne. ] J’ai trouvé cette faute dans Forca-tulus, avec quelques faits qui concernent Tannegui duChatel le neveu, 8c qui méritent d’ctre raportez ici. For-catulus (z;) dit que Tannegui fút l’un des 36 Chevaliersde F Ordre de St. Michel, à la prémiere institution qui enfut faite par Louis XI (z 6 ). 11 en étoit bien digne, con-tinue Forcatulus > puis que fous le Régné de Charles VI stavoir exercé le Gouvernement de Paris avec tant de bon-heur, 8c tant de prudence. Voilà où est la méprise. Tan-negui du Chatel, Chevalier de FOrdre de St. Michel, 8cGouverneur de Rouffillon Fan 1469, négocia une treveFan 1475: st n’est donc point le même que celui qui futPrévôt de Paris fous Charles fixieme ; car celui-ci com-mandoit une armée en Italie Fan 1409, ce qui marque qu'ilavoir pour le moins trente ans. II étoit donc né environFan 1380. Auroit-il été Plénipotentiaire à l’âgc de quatre-vint quinze, ans, fans qu’aucun Historien eût parlé d’unesprit de si longue vie , chose beaucoup plus rare qu’unhomme âgé de cent ans? Nous avons vu ci-dessus (27),qu’en 14Z5, Tannegui le Prévôt de Paris fe confídéroitcomme un vieillard : il avoir donc plus de trente ans, &pour le moins quarante ou quarante-cinq, lors qu’il com-mandent en Italie. Forcatulus remarque que Tannegui futun des Juges du Cardinal Balue, 8c que le Roi lui donnales meubles, & les belles tapisseries de ce Cardinal. II faitune description avantageuse du bon ordre que Tanneguiétablit dans la Province de Ronflìllon (z8). On n’oubliepoint son volage au Monastère de Roncevaux, ni les bel-les exhortations qu’il fit aux Moines , ni la demande qu’illeur fir après avoir vu leur Bibliothèque, s’ils avoient quel-que morceau de la lyre ou de la tête d’Orphée. Si l’on medemande pourquoi ce Jurisconsulte parle amplement duvolage de Tannegui du Chatel , je répondrai que c’est àcause que son bisaieul eut beaucoup de part aux bonnesgrâces de ce Gouverneur de Rouffillon; mais non pas tantqu’un Gentilhomme nommé Polerme, issu de la Maisonde Grammont, lequel fut Lieutenant de Tannegui en Cer-dagne. A propos de quoi Forcatulus nous débite quelquesVers de Claudien 8c de Martial, qui décrient le mauvaisair de Sardaigne, 8c assure que Polerme bien informé desdésordres de cette Ile, n’en accepta le Gouvernement qu afon grand regret (2,9). Voilà ce que j’avois promis fur lafin de la Remarque précédente.

Les variations que l’on vient de lire peuvent faire com-prendre à tous mes Lecteurs la négligence avec laquelleles Historiens circonstancient les choses. Le peu de con-formité qui est entre eux va tout droit à nous empêcherde savoir au juste, quand Tannegui du Chatel se retira de

la Cour de Charles VII ; s’il y revint avant la mort de cePrince; s’il étoit grand Feuler ou grand Chambellan; quel-le somme, il dépensa pour les funérailles de son Maître; flcelui qui tua le Duc de Bourgogne est le même que celuiqui fit enterrer Charles septième; si celui qui censura lesamourettes du Duc de Bretagne setoit retiré de la Courde France, à cause qu’on ne lui restituait pas ce qu’st avoitdéboursé pour les funérailles de ce Monarque. On trouveune infinité de semblables variations fur la vie de tous lesgrans hommes ; 8c cela est surprenant, veu qu’il seroit très-facile de caractériser de teste forte les faits dont on parle dansune Histoire, que même un Lecteur peu pénétrant pourroítéviter de les confondre les uns avec les autres.

Voici encore un Passage d’Argentré (30), qui nous feravoir un peu plus clair dans cette affaire. Vtyans les Officiersla fin du dit Roi Charles s'aprocher,cy conoiffans qu ils venoientà tomber entre les mains d'un Prince fort soupçonneux, tousabandonnèrent le Roi Charles dis son vivant V.un après l’autre,tellement qu à grand peine, il en demeura pour son service or-dinaire , ne lut en restant qu un seul fidèle , loyal cy ferme , quifut Meffire Tanegui du Chatel grand Ecuyer de France , lequelau péril de ce qui en pouvoit advenir se tint seul à son servi-ce , cy Vaccompagna jusques à la fin, ne fe trouvant hommeen France , qui voulus frayer pour les frais, ni faire un paspour les obsèques du Roy. Du Chatel s’y voulut engager , fai-sant tous les préparatifs du service en la forme accoutumée aux.Rois , cy en advanca les frais , eftans les choses en tel estât qu'iln'y avoit esperance d’en rien recouvrer , en quoi il lui convintdependre plus de cinquante mille livres du fien, dont il ne futremboursé que dix ans après , cy par fortune lui estant ajfignex.en payement les châteaux cy Seigneuries de Chatillon fur Ande-ly, Pacy, Oyfy, cy Nonancourt en Normandie, qui depuis fu-rent retirez, de ses héritiers pour efire parcelles du domaine duRoi. Et après la mort de son maistre ne trouvant place en lamaison du Roi successeur , ni de grâces de ce Roi, fe retira enBretagne, ou il fut recueilli très-volontters du Duc qui le fitgrand Maistre de son hostel cy Capitaine de Nantes, cy le ma-ria à la seconde fille de la maison de Maletroit, ayant le Ma-réchal de Rieux espousé Vaînée, mais cette faveur ne dura long-tems encor qu'il l'eufi très-bien méritée, comme nous dirons ci-après. Ces dernieres paroles se raportent à l’Histoire de ladisgrâce de Tannegui. L’Auteur en parle dans la page603, 8c dans la page 608 , 8c paroit fe contredire. 11 ditdans la page 603, que Tannegui, pendant le voiage quele Duc de Bretagne fit en Normandie contre le conseil deTannegui, obtint permission d’aster voir fa femme, 8c quece Duc aiant éprouvé que les défiances que Tannegui avoittâché de lui inspirer n’étoient que trop bien fondées , lecrut complice du complot; desortc que jamais, il ne le vou-lut voir. Mais dans la page 608, il nous aprend que Tan-negui ne put fuporter la vie que le Duc menoit avec laDame de Villequier, ce qui fut cause quelle commença à lehaïr de mort, 8c qu’il passa en France à grande hase pourmettre sa personne en fureté. 11 fut le très-bien venu au-près de Louis XI, 8c avancé à de grans honneurs, 8c nom-mément au Gouvernement de Rouffillon (31). Notez quela Dame de Villequier fut débauchée par le Duc après levoiage de Normandie Fan 1465, (zz). II salut donc qu'aprèsce volage Tannegui parût à la Cour; car s’st eût été en plei-ne disgrâce, qu’eut-il pu faire auprès du Duc contre la Damede Villequier?

Quoi qu’il en soit, nous pouvons être assurez, grâces àBertrand d’Argentré, I, Que Tannegui du Chatel, quienterra Charles VII, n’est point le même que celui quitua le Duc de Bourgogne. II. Qu’il est le même quecelui qui fe retira de Bretagne en France fous le Régnéde Louis XI, 8c qui fut Gouverneur de Rouffillon.III. Qu’st ne revint point de fa masson pour prendre lefoin des funérailles, mais qu’st fe trouvoit actuellementen possession de la charge de grand Feuler, 8c qu’stjouissait de l’affection de Charles septième lors que ce Prin-ce mourut.

II n’y a guere d’Articles dans ce Dictionaire, qui pour falongueur soit un centon d’autant de Pieces différentes quecelui-ci; mais il ne laissera pas, je m’assûre, de faire conoî-tre aisément à mes Lecteurs comment st faut distinguer lesdeux Tannegui du Chatel.

(H) Tsn Auteur Italien a sait ici de lourdes bévues. ]Voiez un Livre imprimé à Rome Fan 1646, intitulé,Rimií-ti cy Elogù di Capìtanì illustri: vous y trouverez (33) queTannegui du Chatel Prévôt de Paris, 8c ensuite Lieutenantdu Dauphin, fut orné magnifiquement de récompenses mi-litaires par Louis XI 8c par Charles VIII, 8c Fuir des pre-miers Chevaliers de FOrdre de St. Michel, 8c qu’st mou-rut Fan 1468. La I faute est de confondre Fonde avec leneveu ; car le Lieutenant du Dauphin , & Je Prévôt deParis, n’est point le même que le Chevalier de St. Mi-chel. II. Celui qui fut Chevalier de St. Michel ne mourutpas Fan 1468, veu qu’en 1475 il fut emploie à négocierune treve de neuf ans (34) , 8c qu’st fe trouva en 1478à un siégé (35). III. S’st étoit mort Fan 1468, st n’auroitpu recevoir de Charles VIII aucune charge, ni aucunerécompense; car ce Prince ne commença de régner qu’en1483.

(30) Histoi-re de Breta-gne , Livr.XII, Chap.III,pag. 5> z -

(31) Lìt-nd'me, pag. 6t r-

( 31 ) Là-nu"me,pag. iot*

(33) M-144, I 4 S-

( 34 ) «"fl;thieu > , Hl1de I.OM-