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Tome second. C - I.
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G H

R Y S I P P E.

(/) Permùt-ta alia colli-git ChrysippMs,ut efi in omnihifioria ctt~riofas. Cice-io » Tufcul.Libr. I. Cap,XLV.

(98) Ci-des •Jus Citation(26) deV 'ArticleCarneade.

(íp) Cicero,<ie Orator.Libr. //, Cap.XXX VIII.

(joû) Quid

quod eademilla ars quasiPenelopes te-lam retexenstollit ad ex -trcmitm fa-periora. Ci-cero , Aca-dem. Quxst.Libr. IV,

Cap. XXIX .

(toi) Quin-til. inftit.Orator. Libr «I,Cap. X ,

55 -

(102) Idem ,ibidem, Cap.I , pag. 6.

(loz) Idem yibid. pag. 3 .NfffíîL qu? ille cite encoreau Chap. XIdu m c me Li-vre ,pag, 57.

(î 04) Idem ,•íéfWí Cap, lll,pag. 17.

fíoç) Vos-iìus, de Poë-tis Grcecís,pag. 87.

(106) Aí éi<r®v

ySo-á»? ftV'aíKcfla@ivxa.-tá<ruç evo-fxttÇovhtt.Nutricum lac-tantium can -tilena Cata-baticalcfesnuncupantur.Athen. Libr.XIVy Cap.lllypag'Ólt.

(107) -UnStoïcien 9 quiavoit logélong tems chez,Cicéron.

(lds) Cice-io,Epist. IV,Libri l X adïamiliar.

roit pas fort étrange, après que l’on a considéré attentivement quels font les effets d’uíre longueÔc ardente aplication aux subtilitez de la Dialeétique. 11 arrive presque toujours qu’un hommed’esprit Rattachant trop à cette étude devient chicaneur, & embrouille par ses fophistiqueries lesThèses mêmes qu’il avoit soutenues le plus chaudement. 11 ruinerait plutôt son propre ouvrage,que de s’abstenir de disputer, & il forme des dificultez contre fa propre doéhine qui mettent ionArt à bout. Les Scholastiques Espagnols font une preuve parlante de cela. Ils n’ont pas eul'avantage qu’avoit Chrysippe, ils ne joignoient pas comme lui la conoiíTance des belles Lettresavec celle de la Logique. C’étoit un homme universel, il possédoit la Mythologie, les Poètesanciens & modernes, l’Histoire, &c (f). 11 y eut bien peu de matières fur quoi il ne fît des

Livres, & il s’abaissa jusques aux petits préceptes de l’éducation des enfans (R). Comme c’eítune choie dans le fond très-importante au genre humain, nous devons le louer de l’avoir traitée.II ne mérite pas une semblable aprobation , ni pour ses Ouvrages de Grammaire (?), ni pourses Livres de Divinatìone , où il expliquoit jusqu’aux présages des songes (u). 11 n’avoit garde

d’oublier la très-fameuse dispute des choses possibles, 6c des choses impossibles (S): elle le con-

cernoit

(t) Vatron,de LinguaLatin a>L^ r ’VIL pag.

101, fait

mention dessix Livres de

ChryiippÇ

irisn £tvC ”

fjLsLhíaç. M

VaptUe hO“

mo acutis-simus.

(#) Votez*Cicéron »Libns de Di"vinationfiiv. g. I. t*fc 20. & 3?-&(•

plus grand perturbateur de toutes choses dans l’empìre dela Philosophie ; 8c quoi que de nom il fût Dogmatique, iltravailla en effet pour le Pyrrhonisme autant que les plusoutrez Sceptiques de profession. Car si dans le Syllogisme,comme on prétend qu’il l’affûroit, la conclusion tirée de lamajeure & de la mineure véritables, est tellement vraie ,quelle n empêche pas qu’une conclusion contraire ne soit vé-ritable aussi, c’est peine perdue que de raisonner, & il ne fautplus se promettre de parvenir à la certitude : les PropositionsJes plus évidentes font problématiques ; c’est autant ou plusque si l’on mettoit en doute avec Carneade, que les choseségales à une troisième soient égales entre elles (98). Voilà le. fort de ceux qui Rattachent excessivement aux subtilitez de laDialectique : ils tombent enfin dans leurs propres piégés, &ne s’en peuvent débarrasser ; ils découvrent des dificultez àquoi ils ne peuvent répondre > 8c qui ruinent même ce qu’ilsavoient établi auparavant. Cicéron a très-bien décrit leurcaractère: je raporte ses paroles, quoi que je m’en fois déjàservi ailleurs dans la prémìere Edition de cet Ouvrage.DialeCtici ai extremum ifs se compungunt suis acuminibus,V multa qu&rendo reperiunt non modo ea qua jam non fojsintifs dijsolvere , sed etiam quibus ante exorsa ct* potius detextaprose retexantur (99). C’est pour cela qu’il compare laDialectique à Pénélope qui défaisoit elle-même sa propre toi-le ( 100). Personne n’eût pu se mieux reconoitre que Chry-sippe dans le portrait que Cicéron nous a laissé des Dia-lecticiens.

(R) ll s'abaissa jusques aux petits préceptes de l'éducation des

enfans .] II avoit prescrit aux nourrices une certaine ma-niéré de chanson, 8c il conseilloit de les choisir les plus sa-ges qu’on pourroit trouver. 11 auroit même voulu que s’ileût été possible on n’eût fait nourrir les enfans que par desfemmes savantes. Et Chrysppus etiam nutricum qua ad-hibentur infantibus, alleâîationi suum quoddam carmen assig-nat (roi).- Ante omnia ne st vìtìosus sermo nutrìcibus :quas, f fieri pojjet, sapientes Chrysppus optavit : certe, quan-tum res pateretur, optimas eligi voluit ( 102 ). II vouloir queles enfans fussent pendant trois années fous le foin de leursnourrices, 8c que fans attendre qu’ils fussent plus âgez ellesleur donnassent de bonnes leçons. II n’aprouvoit pointqu’on ne commençât à les instruire que lors qu’ils avoientsept ans. Quintilien est de son avis. §luidam literis insti-tuendos qui minores septem annis estent non putavemnt ....melius autem, qui nullum tempus vacare cura volant, ut Chry-fippus, nam is quamvïs nutrìcibus triennium dederit, tamen abillis quoque jam informandam quàm optimis infiitutìs menteminfantium judicat (103). 11 avoit examiné la question s’ilfaut battre les Ecoliers > & s’étoit déclaré pour l’afirmative.C&di vero dtscentes, quanquam cr receptum ft , er Chrysppusnonìmprobet, minimévelim (104). Je voudrois bien savoirsur quoi Vossius se fonde ( 105 ) quand il dit que le StoïcienChrysippe est l’Auteur de ces chansons de nourrice qu’Athe-née nomme (106). Les paroles que j’ai

citées & qu’il cite aussi du X chapitre du I livre de Quinti-lien , ne font pas un bon fondement.

(S) ll n oublia pas la très-fameuse dispute des choses poffibles,

& des choses impojfibles.j Elle devoir fa naissance à la doc-trine des Stoïciens touchant le destin. II s’agissoit de sa-voir si parmi les choses qui n’ont jamais été & qui ne fe-ront jamais, il y en a de possibles ; ou si tout ce qui n’estpoint, tout ce qui n’a jamais été, tout ce qui ne fera ja-mais , étoit impossible ? Un fameux Dialecticien de la Sectede Megare, nommé Diodore, prit la négative far la prémie-re de ces questions, & Faffirmative fur la seconde; maisChrysippe le combatit fortement. Voici deux Passages de Ci-céron : TTtç) ìwaràt me scito jíoítos àioèafm xpíniv. Qua-propter , fi venturus es , scito necejse esse te venire. Sin autemnon es y toi y àèWázojv efi te ventre. Nunc vide , ut r a te xphriçmagis deleâlet Xçvrrzr-zreia ne an h&c , quam noftet Diodo-rus (107) non concoquebat (108). Ceci est tiré d’une Let-tre que Cicéron écrivit à Varron. II expose plus amplementtout l’état de la question dans le petit Livre de Fato. J’en vaisciter quelques morceaux. Vigila, Chrysippe, ne tuam cait-/â ,m aua tìbï cum Diodoro valente dialeélico magna luéîatio■j , /’ e í eras . . ergo quod falsum dicitur in futuro ,

., r e s 1 f on fosefl- At hoc , Chrysippe , minime vis, maximequettbl de hoc tpso cum Diodoro certamen efi. Ille enim id solumfiert pofie dmt , quod aut fit verum , aut suturum sit verum^ quicqmd suturum fit, id dìcìt fieri neceffe efie : CA quicquidnon st suturum, id negat fieri pojfe. Tu etiam qm non snt

sutura pojfe fieri dicis , ut frangi hanc gem'mám, etiams idnunquam suturum st : nequé necejse fmjje Cypselum regnareCorìnthì, quanquam id millesmo ante anno Apollinis oraculo

editum ejfet . Places Diodoro , id solum fieri pojfe,

quod aut verum fit, aut verum suturum fit : qui locus attingithanc qiMstionem, nihïl fieri quod non necejse fuerit : C? quic-quid fieri pojjit, id aut ejfe jam, aut suturum ejje : nec magiscommutari ex veris in falsa ea pojfe qua sutura sunt quam eaqua faEla sunt : sed in saíìis immutabilitatem apparere, in fu-turis quibusdam, quia non apparent, ne ìnejfe quidem viderìut in eo qui mortifère motbo urgeatur, verum fit, hic morieturhoc morbo : at hoc idem f vert dìcatur in eo in quo tanta vismorbi non apparent, nihilominus suturum fit. Ita fit ut com-mutatio ex vero in falsum, ne in futuro quidem ulla fieri pos-fit (109). Cicéron fait assez comprendre que Chrysippe fetrouvoit souvent embarrassé dans cette dispute , & il nes’en faut pas étonner , car le parti qu’il avoit pris n’étoitpoint lié avec son dogme de la destinée; & s’il eût fçu ; ous’il eût osé raisonner conséquemment > il eût adopté debon cœur toute l’Hypothese de Diodore. On a pû voirci-dessus (no) que la liberté qu’il donnoit à Famé - & Fàcomparaison du cylindre , n’empêchoient pas qu’au fondtous les actes de la volonté humaine ne fussent des suitesinévitables du destin , d’où il résulte que tout ce qui n’ar-rive pas est impossible, & qu’il n’y a rien de possible quece qui se fait actuellement. Plutarque le bat en ruine tantsur cela, que ssir sa Dispute avec Diodore, & lui soutientque son opinion de la possibilité est tout-à-sait oposée à ladoctrine du Fatum ( n 1 ). Remarquez que les plus illustresStoïciens avoient écrit fur cette matière fans suivre la mê-me route. Arrien en a nommé quatre, qui sont Chrysip-pe, Cleanthe , Archedeme , & Antipater (1,12). II té-moigne un grand mépris pour cette dispute, & il ne faloitpas que Mr. Ménagé le citât comme un Ecrivain qui âvoitparlé honorablement de l’Ouvrage de Chrysippe mpì ìwa-riìh (113); car sûrement ces paroles, yíypa.<Pe Se Xoó-o-rzrsraç zac , de his rébus mira firìpjit Chryfip-

fus zac, ne font point en ce lieu-Ià un Eloge. Cela paroitpar ce qui précede & par ce qui fuit. Denys d’Halicar-nasse fait mention (114) de deux Traitez de Chrysippeoù fous un Titre qui promettoit d’autres choses on avoitbatu bien du païs fur les terres des Logiciens. L’Ouvrageétoit intitulé TTíp) TÎç 0-vná^iuc zgjv T S Xíya /J.epav, de par-tium orationis collocatione, & ne traitait que des propositionsvraies & fausses , possibles & impossibles , contingentes ,ambiguës , &c ; matière que nos Scholastiques ont bienrebatue 8c bien quintessentiée. Notez que Chrysippe reco-nut que les choses passées étoient nécessairement véritables,ce que Cleanthe n’avoit point voulu admettre (11;). oó

srav St oruçeàqhvéòç aAîj.9ïç ùìiccyKxiÁv ici xxD-xcreç oì orspiKxeúìfo? (plpso-êxi iïcxëo-i. Non omne pr&teritum ex nécessitaitverum est, utilli, qui Cleanthem sequuntur, sentiunt (I16).Nous avons vu ci-dessus ( 117) , qu’on a prétendu qu’A-belard enfeignoit une doctrine qui ressemble à celle deDiodore. Je croi que les Stoïciens s’engagérent à donnerplus d'étendue aux choses possibles qu’aux choses futures ,afin d’adoucir les conséquences odieuses 8c afreuses que l’ontiroit de leur dogme de la fatalité. C’est aujourd’hui ungrand embarras pour les Spinozistes, que de voir que selonleur Hypothèse il a été aussi impossible de toute éternitéque Spinoza > par exemple, ne mourut pas à k Haïe, qu’ilest impossible que deux 8c deux soient six. Us sentent bienque c’est une conséquence nécessaire de leur doctrine, 8c uneconféquence qui rebute, qui effarouche, qui soulevé les es-prits par l’absurdité quelle renferme diamétralement oposée ausens commun. Ils ne font pas bien aises que l’on sache qu’ilsrenversent une Maxime aussi universelle, aussi évidente quecelle-ci, Tout ce qui implique contradiction est impossible, csftout ce qui n implique point contradiction est possible. Or quel-le contradiction y auroit-il en ce que Spinoza seroit mort àLeide ? La nature auroit-elle été moisis parfaite, moins sage,moins puissante ?

Ne finissons pas fans remarquer que Chrysippe a mis par-mi les événemens possibles la résurrection des hommes, 8cleur rétablissement au même état où chacun deux auroitparu. C’est Lactance qui nous l’aprend, 8c qui cite même

ses paroles ( 1 r 8 )_. Melius Chryfippus . qui in librìs,

quos de providentia scripjìt, cum de innovatione mundi loque-retur , h te intultt. Tarx Pi ënap jxonec , Sïfo, àq ëbhâSósurot , nui >í/««S paru 70 TtÀevtr.za:, srúl.n vreptiba» n-

(10 9) este'10, áe Fato»Cap VI. &fecjij.

( 1 îo) Dors

D

(H).

(iit) Kur-de Stoicoi-Kepugn.pag. 105 J »1054.

(riz) AI-rian. ín E-pictet. Libr.n, Cap. Xld.pag. m. 166-

(113) Cita-îur bomrtp u ' !apudnum.nag. inLaertiustî »Libr. Vllipag. 34I.

(it 4 ) DÍ0 'ny!. Hasi-carn. de

CoIlocatíO'

ne Verb°'m m, Cap-XVII, pag.

(us) omv*

cnìm vtra ,rtprateritisctjsaria s<*”‘’m Chryfiff"placet dijf cn ^tientì ì r ’" 1 'gistro Citât-the, y»"*smt intraVsbilia, necfalsum è s‘ro prattr’t*

vertt. C- ce

ro, de FíU 0 ’Cap. VIL

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ll, Cap.*- 1 -■ ’pag. r». * 6 >'

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(ris) Es-tant.

Institut.

Libr. l ,l, sCaP. X- Xlihpas S oí -