C I M O N.
(d) Us ne pu-rent point leprendre ; its*évada se-crètement.Tlutarcli. inVita Cuno-nis,pag. 483,C. Voiez.
V ArticleClEONlCE,TUmarque{ú).
(í) NomméeEtone. Voiez.la Remarque( B ) de C .Ar-ticle Age*SIPOLIS,
(65) Confé-rez. la Re-marque (E)de F.ArticleM A R CIO-N ITES,
(66) Habe-bat in matri-monio foro-rem germa -nam fuam ,mmine Elpi-nicen : nonmagis amore ,quam patriomore , dttffus.Nam Athé-nien f bus liceteodem pâtrenatas uxoresducere.
Coinel, Ne-pos , in VitaCimonts,Cap. I.
{67) Voiez.Wowerus inMinuciumPelicem,pa%. m. 304 j<èr Rutger-íìus, Var.liCction.Libr. I , Cap .lX,paj. 41.
f<î8) Athen.Libr. V, Cap.XX,pa$. 22.0.
(69) Muret.Var. Lect.Libr. XV,Cap. V, pag.m. IIZS.
ISO
trop accrédité depuis long - tems ( E ), pour ne point faire souhaiter qu’un autre se mît en train dele suplanter. L’honnéteté de Cimon, Lc le bon ordre qu’il établit parmi les troupes Athéniennesqu’il commandoit fous Pausanias Général de tous les Grecs, homme fier & rude, contribuèrentbeaucoup à ôter à Lacedemone la supériorité qu’elle avoir sur toute la Grece, & à la donner auxAthéniens. Tous les Alliez se mirent sous fa conduite pour assiéger dans Byzance Pausanias (r/),dont ils ne pouvoient plus soufrir les mauvais déportemens, & ensuite pour attaquer les Perses dansune Ville de Thrace (e) fur la riviere de Strymon. 11s les bâtirent fur cette rivière, après quoiils firent une descente dans le pais, & bloquèrent tellement la Ville que le Gouverneur désespé-rant de la sauver y mit le feu. Cimon se rendit maître quelque tems après de Plie de Scyros (F) jd'ou il fit porter à Athènes les os de Thésée. Les exploits qu’il fit depuis ce tems - là font bienplus considérables. 11 ne se contenta point d'ôter aux Perses tout ce qu’ils avoient dans le paisGrec, il les poursuivit à la chaude dans leur pais, Sc íàns leur donner le tems de se reconoître»Quand il faloit se servir des armes, il les emploioit à subjuguer ; mais, si les intrigues lui parois-soient plus à propos, il se servoit de cette voie pour gagner des Villes en les portant à la rébellion.
qui ne peuvent obtenir de leur vanité, la confession ingé-nue d’être redevables de quelques lumières à leurs Cen-seurs (65) , soit qu’on leur ait cette obligation à cause dece qu’on a pris dans leurs Ouvrages, soit à cause que l’ony a vu dés choses qui ont fait faire des recherches que fanscela l’on n’auroit pas entreprises. Ce qui me confirme danscette pensée est que s’il eût sçu alors ce que disent ces deuxEcrivains , il eût vu la fausseté de fa Critique ; car il neponvoit pas ignorer que l’Historien qu’il censure suposetrès - clairement qu’Elpinice étoit la sœur non utérine deson mari (66). On n’auroit donc pu l’accuser que d’unmot impropre, en soutenant que foror germante lignifie unesœur de pere 8c de mere. II. Muret n’a pas oublié cetteNote de Grammaire, quand il a répondu à l’Apologiste ;mais qui croira qu’un Auteur poli au tems d’Auguste aitignoré que germana foror peut lignifier une sœur de pere ?On a montré à Muret que sa Critique est mal fondée ( 67 ).III. II a tort de s’imaginer , que fous prétexte qu’il étoitpermis d’épouser sa sœur non utérine, ce ne fût point unattentat punissable que de se souiller avec elle hors du ma-riage. II faut fupofer que les Loix en permettant certaineschoses ne délivrent point du blâme ceux qui les commet-tent. Je fuis sûr que peu de gens parmi les Athéniens enont usé comme Cimon, 8c que le public étoit choqué decette espece de Mariage. On y trouvoit, fi je ne metrompe , quelque objet odieux 8c scandaleux. On regar-doit donc comme un fait horrible Faction d’un homme quidébauchoit sa propre sœur, Lc qui la pouvant épouser, ai-moit mieux vivre avec elle dans le commerce du concubi-nage. IV. L’Argument tiré du mot rrapayíueoí pouvoirêtre mieux réfuté ; on auroit pu alléguer Athenée même,qui dit quelque part qu’Aldbiade fut accusé de n’observerpoint les Loix dans ses amours pour les femmes, veu qu’ilcouchoit avec fit mere, avec fia fille, 8c avec fa sœur. n«-
Çáiroptav citai Aéy&iv y.y.ì tìç yvvxtxaç xat e.'ç tî]v «AAíjv Viat-tccv. trmeìyat yúp tpvttriy ùvrov xat pcrysi xaì Hvyarpì xaì àVcA-Çr> Ucçirr.f. Dicens contra leges eum zy fttminarum con-grejfii abuti,zy reliquam vit a partem agere : ejfe namqjje illtcum matre , filia , sorore , more Persarnm, ftupri consuetudi-nem (68). V. Ce qui regarde St. Cyrille est foible. Voiciles paroles de Muret: Poftremo sanâlijpmus cy eruditiffimusvir Cyrillus Alexandrinus l'tbro sexto adversus Julianum, nonfurtivos concubitus, sed nuptias cum sorore Cimoni, ut scelusnefarium objieit : non faSiurus , Ji id. apud Athenienfes legiti-mum zy ufitatum stiijjet. Tune enirn accusari Solonem oportue-rat , qui id permififfet, non civem , qui patritt sua legibus pa-rrnjset ( 69 ). Si Saint Cyrille n’a parlé que du Mariage, cen’ëst pas à dire que Cimon n’eût abusé de sa sœur avantque de lepouser. D’ailleurs, il y a des permissions fi op-posées à l’honnêteté, que ceux qui s’en servent sont très-blâ-mables; & puis, n’est-il pas visible que ce Pere s’est pro-posé principalement de faire honte au Paganisme fur lesdésordres publics qui s’y co’mmettoient ? N’est-il pas visi-ble qu’il vouloir percer par les flancs de Solon la Républiqued’Athènes ?
Je ne puis finir fans dire un mot fur le contrepied queprirent Solon 8c Lycurgue. Celui-là permit d’épouser lessœurs de pere, 8c défendit d’épouser les utérines. Lycur-gue au contraire permit de se marier avec celles-ci, 8c dé-fendit d’épouser les autres. 11 y a du ridicule de chaquecôté, & je voudrois bien savoir fur quelles raisons ils son-dèrent leur distinction : il _ me semble qu’elles ne peuventêtre que frivoles ; car qu’y auroit-il de plus fade que dedire pour disculper le Législateur Athénien, que la parentéest toujours certaine par raport aux sœurs utérines, au lieuque les filles du second Mariage d’un homme ne sont quel-quefois rien aux enfans du premier lit ? Cela diminue-t-ill'inceste ? Ne fufit-il pas que l’on croie que l’on épouse sasœur? Le Législateur d’Egypte se moqua très-juftement duscrupule de ces deux Grecs, & quoi qu’au fond il eût très-grand tort de réunir ce qu’ils avoient divisé , st avoir lieud’apeller leur division une chimere. Lisez ces paroles deEhilon : O sty gy A B'r.valyç XûAívv opiozrc&rpi&ç ttpiEiç aye-
y òtaofirrptetc íxáAvrsy' ò cil Aaxeè'atp-oyioty yotzo.^é-
tíjç £pcsrxAiv , T òv ItïÌ tuíç òpioyxvpUtç yáuoìi Eorcrptsaç ,TÛV orpoç Tccç 'OfA.ûnrclTpígç tí.7C£Ìor£1. Ò cil TCÚV A tyV7T7t£0V ,rr,v exarepan ívXeï(isteiti , àç r.pcícpya diX 7 XTT 0 uí',r:v,ev$opy(r£V stç xrsï.yEtecv , êvo-B'epxTrsvrov
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fíí»ov , ci'AAcr. xeti irpEsjìvrlpaç y.at îrrjuxxç xx) Síovpol yàpyroAAccy.lç syevvyÔJjrxit , aç y faiy cpéu-iç, úfuoe ttÍ ytnitru êiìrp-itit£ xaì vj ìt ày.oAaaia. xaì cptAysoyta Etç xortmlay
£xaAeo-£v àxonmr,Tt'> > xaì apfíwíav àyápfxoc-n. Athenienfìs So-lon hoc observât in uterinis tantum germanis, eodem pâtre prog-natis relinquit liberum : contra Lacedttmoniorum legistator ute-rinis non interdicit connubio , sed solis eodem pâtre genitìsaiJEgyptius ridens utriusque simplicitatem zy semiperseila placita,laxavit libidinem , zy auxit in corporibus animisque insanabilemalum intemperaniu ,permijsa licentia ducendi sorores ,five peralterutrum parentem Jive per utrumque cognât as, majores pa-riter zy minores aqualesve , ne gemellis quidem exceptis, quasnatura ipso natali sejunxit , intemperantia vero societate copula-vit insociabili, zy maie comparata junllura (70). Voilà troissortes de Législateurs que Philon condamne ; mais qu’auroit-il pu répondre à ceux qui lui auroient dit, Solon n'autorisequ’une Loi qui étoit en vogue au tems de vos Patriarches, &qu’Abraham le pere & la souche de vos croians mit en prati-que (71)? II est fur que Clement d’Alexandrie (72-) a infé-ré des paroles de ce Patriarche, que pourvu qu’on n’époufàtpas fa sœur utérine, on ne péchoit point en ce tems-là lorsqu’on époufoit fa sœur.
( E ) Il trouva ... un puisant apuï dans Venvie que l'onportoit à .. . Themistocle. j Citons Plutarque selon la Ver-sion d’Amiot. „ Aussi tost qu’il commença de s’entremet-„ tre du gouvernement des afaires, le peuple le receut &„ recueillit à grand’ joye , estant défia las & ennuyé de„ Themistocles, à l’oeasion dequoi Cimon fut incontinent„ elevé & avancé aux plus grandes charges & aux plus„ grands honneurs de la Ville , estant agréable à la com-,, mune, à cause de fit douceur 8c de fa simplicité: joint„ aussi qu’Aristides lui servit de beaucoup à son avance-„ ment, tant pource qu’il voyoit en lui une adroite &c„ gentile nature , que pource qu’il en vouloir faire un„ contrepoids à rencontre de la ruse & hardiesse de The-„ mistocles (73) ”. Voilà les deux causes de l’avance-ment de Cimon très-nettement expliquées ; son mérite ,& le plaisir qu’on se fit de chagriner Themistocle. Nousvoions là l’inconstance humaine , 8c les effets de l’envie.On se lasse d’admirer long-tems les mêmes personnes, 8cpar cette lassitude on cherche de nouveaux sujets d’admi-ration , on se tourne vers le premier soleil levant qui seprésente. La République des Lettres n’est point éxemptede cet esprit de légéreté 8c de jalousie (74). On y favo-rise quelquefois un jeune Auteur, parce qu’on ttouvequ’un autre jouît des louanges depuis trop long - tems.Aristide, <)ui passoit pour si équitable, n’eût peut-être riencontribué a la fortune de Cimon, fous une autre conjonc-ture ; mais parce qu’il s’agissoit de contrequarrer Themis-tocle, il se rendit le grand promoteur de ce jeune hommesi décrié pour ses débauches (7f)- Si l’on conoissoit lesmotifs de la plupart dés services que les hommes s’entre-rendent, l’on sauroit que le dessein de faire plaisir y amoins de part que le dessein de chagriner. Vous recom-mandez un tel avec ardeur , vous le protégez , vous l’a-vancez à grans pas ; n est-ce point à cause que vous Tai-lliez , &c que fou mérite vous enleve ? II y a deux réponsesà cette demande; celle de la bouche , & celle du cœur.La prémiere prend l’affirmative , mais le cœur répond ce-ci: j’éleve autant que je puis un tel, afin d’abaisser un tel;ce que je procure à l'un est autant de pris fur la fortune del’autre. La Maxime des Physiciens se peut étendre sur lesactions politiques, Generatio unius est corruptio alterius ; maisau lieu que la nature se propose directement la génération,& qu’elle ne tend à la destruction que par accident, il sem-ble que dans les offices de la vie civile l’on se propose ladestruction directement : c’est la fin ; la génération n’est quele moien.
(F) Il se rendit maître quelque tems âpres de l'ile de Scyros.']Cornélius Nepos a mal observé ici l’ordre des tems; car ilsupose que la conquête de cette Ile fut postérieure aux deuxbatailles que Cimon gagna fur les Perses dans un mêmejour ( 76). Je le réfute , non pas en citant Plutarque qui faitprécéder ces deux victoires par la réduction de File de Scy-ros , mais en citant un Auteur qui observe mieux que Plu-tarque l’éxactitude chronologique. Cet Auteur est Thucy-dide: lisez-le; vous trouverez que cette Ile fut subjuguéeimmédiatement après ce qui se passa sur la riviere de Stry-mon (77 )- Cette faute de Cornélius Nepos est dans More-ri, 8c n’a point été observée par les Commentateurs que i’aiconsultez (78).
(70) rhiJ?>
de fpeciali-bus LegiluSqua: ad icX'tu m & st?)timum l't*'ceptum 0 e 'calogi test"runtur, P“I-779,780. E'dit. Franc»)’1691.
(71) Vsitz
la prémiereTlemarijue »
P Article
Sara.
(7z) Cleití-Alexandr.Stromat.Libr. II,pag. 4ZI. S-
(73) Plu 1 -,in Vita Ct"lEonis, p*S’4S1.
(74) r»*la PréjaceNouvelles
Lettres coj’tre l’Hist°! rCdu Calvin> s 'me de M 1 'Maim-bourg.
( 75 ) Vet*Plutarque,an scni ut
gerendatcespublies^
C.