i§4
C I P ì E R R Ë.
ÏY) Le La-boureur ,Addir. àCastelnau»Tom, l f pag,526.
(b) Lct-mémc,tiré de Bran-tôme.
(e) Le La-boureur ,Additions àCastelnau »Tarn, ì, pAg.374 *
(d) TbuaniXX XVIIL
(e) Mr, LeLaboureuren ráperteejHelcfHes-uittì,
Additions àCastelnau,Tem, / 9 pág.374 -
(/) Meze-xai, AbrégéChronol.Tít». V, pAg,w, 19.
(e) ÏSeze,Hist. Eccl.JLìvr. III t
paç. 290 .
Thuan. Libr,XXVU
C IP I ERR E (Phúibert de Marcilli, Sei 6 nèur d e ) étoit du Mâcorì-nois (a). 11 donna tant de preuves de courage & de prudence au service du Roi Henri II, tant
en France qu’en Italie, que ce Prince le fit Gouverneur du Duc d’Orleans son second fils, qui árégné sous le nom de Charles IX. On prétend que si d’autres n’avoient point gâté l’excelìenteéducation qu’il avoit donnée à ce jeune Prince, il en auroit fait un très-grand Roi {xi). Lorsque Charles IX fut parvenu à la Couronne, on trouva que pour l’honorer davantage il faloitqu’un Prince du sang fût toujours auprès de lui, afin de veiller fur fa conduite, & l’on donna cet-te charge au Prince de la Roche-sur-Yon (b)-, mais Cipiefre ne laisia point de conserver sonemploi ( B ). Ces deux Gouverneurs s’entendirent bien: le Prince cédait beaucoup à Cipierre , co-noìjsant sa suffisance aussi grande que de Seigneur de France j Cipierre qui étoit très - sage portoitaussi grand honneur V rcverence au Prince, . & il saisoit très - bon voir ces deux Meffieurs
les Gouverneurs prez. la personne du Roi tenans leurs rangs comme il falloit , l'un haut £ 5 ? Vautreun petit bas. Cipierre fut créé Chevalier de l’Ordre par François II , Pan ifóo (c). On ditque sc voiant atteint d’une maladie mortelle, Lc sc préparant à aller boire les eaux d’Aix, il ex-horta fortement la Reine Mere à pacifier les dissensions des Guises & des Colignis , & à couperpar ce moién la racine des factions & des troubles qui seroient capables de perdre l’Etat (d). IImourut à Liege, au mois de Septembre if<5f, avant que d’avoir pu boire les eaux. Ceux de laReligion n’étoient pas contens de fa conduite (C) : ils firent des Vers assez piquans contre lui,8 í pendant fâ vie, & après fa mort (e). Ce fut de lui que le Prince de Coudé fut à Orléans,l’an ifdo, que le complot de la Renaudie avoit été découvert (/). Ce fut encore lui que l’onchargea quelques mois après de s’assûier de h ville d’Orleans (g) •, car on la soupçonnoit den’ëtre pas bien intentionnée. 11 commanda pendant quelques jours l’armée de France au sié-gé de la même ville, après que le Duc de Guise eut été tué (A), & il obtint du Légat duPape qu’il feroit permis aux soldats de manger de la viande pendant le Carême (D). II fut mariéavec Louïfe de Halluin ( r) dont il n’eut qu’une fille, qui fut femme de François de la Magdele-ne, Seigneur de Ragni, aieul de la Duchesse de Lesdiguieres (k). Son pere avoit épousé N. . . .de Saint Amour, Dame de Cipierre (/).
(t) Brantô-me , cité parLe Labou-reur, Addi-tions auxJVÍc'm. deCastelnau jTarn. I,pag.
374 -
(2)Le même,rite tÀ’tnême,
Toí W, //, pdg.
Sóo.
(l) Lemtmi,ciúik'tntmtyTam.I,pig.528.
(A) St d’autres n’avoient feint gâté ïexcellente éducationqu il avoit donné à. Charles IX, il en auroit fait un grand Soi.]Brantôme met fur le compte des Mignons, & non fur ce-lui du Gouverneur , les deux mauvaises qualitez de CharlesIX , les juremens & la dissimulation. II soutient que Ci-pierre étoit le plus brave Seigneur qui fut jamais Gouverneur deRoi, légal , franc , ouvert ex du cœur ex de la bouche , pointmenteur ex dissimulateur, ex qu il l'avoit nourri très- bien ëxinstruit , ex ne l’avoit jamais fait étudier dans les chapitres dedissimulation ( 1 ). II ajoute qu’entre autres choses il ensei-gna à Charles IX à s exprimer éloquemment. Mr. de Ci-pierre, dit-il (z), pariait à mon gré François j Espagnol , exItalien mieux que Gentilhomme ex homme de guerre que j’ayejamais veu, èx pour ce le Roi se voulut façonner a son beau di-re , plutôt qu à celui, disoit-on * de Du Perron depuis Maréchalde Retz., qui parloit certes fort bien. II dit en un autre lieu (3),que Cipierre étoit l'homme du monde qui faifoit mieux un con-te ; le favoit mieux représenter avec la meilleure grâce ex les
CIPIER-
te.j Monfr. le Laboureur h’en donne point d’autre cau-se , que la commission qtï’eut Cipierre de désarmer Or-léans (6); mais les Vers qu’il raporte fuposent-que cetteville fut cruellement traitée , 8c que la rigueur de Cipierres’étendit & fur les murailles 8c sûr les hoínmes. Monfr.de Thou, qui d’ailleurs donne des éloges à ce Seigneur,remarque qu’il étoit dévoué à Meffieurs de Guise (7). Enun mot, quand les Protestans étaloient leurs plaintes aprèsla prémìere paix ; ils citoient non seulement la Bourgo-gne maltraitée par Tavannes , & la Guienne maltraitéepar Monluc , mais auffi ce qu’Orleans avoit foufeit deCipierre (8).
(D) Il obtint du Légat . . ; qu il feroit permis aux soldatsde manger de là viande pendant le Carême.'] Le Cardinal deFerrare, Légat du Pape, étoit alois à l’armée avec la Rei-ne Mere. II trouva odieuse la demande qu’on lui faifoit,dans le tems même qu’on étoit en guerre avec les héréti-ques ennemis du Caresme. Mais après avoir un feu songé , il
( h ) Brantô-me, Capit.Etrange! 5 ’Torr.. i,p“g.
132 .
(,') Le La-boureur ,Additions ,aux Mémoi-res de Cas"telnau,T«*'I,pag. 374 - .
( 4 ) Marti *Paris le 2Juillet 1656,selon le P •Anselme,Hist. desOfficiers,pag. 243-
(l) Le La-boureur ,Addit. àCasteln.Tarn. /, f'-i*374 -
(á) Addi-tions à Cas-telnau , T»*-I,pag. 5 - 7 ’
(7) Thuaa.Ltbr. XX VÍ 'pag. m. S
(s) Vrai*Hist. des
Troubles,folio 4 v*ffi *À l'Année156F,
plus belles paroles qu on eut fçu dire, tant il étoit bien accompli fist réponse que de chair il n en falloit point parler, comme de
en tout.
(B) Cipitrre ne laissa pas ste conserver son emploi.] Lesparoles de Brantôme que j’ai raportées en font une preu-ve , mais il faut pourtant croire qu’il le perdit pendant quebque tems, 8c qu’ensuite on le rapella ; car Languet afirmequ’on 1 ota d’auprès du Roi, 8c que l’interceffion du Roide Navarre pour obtenir son rapel fut inutile. II n’y avoitque deux jours que ces choses s’étoient passées, lors que Lan-guet en fit mention, dans une Lettre datée de Paris le 1de Février 1562. Ce qu’il dit de la cause de la disgrâce dece Gouverneur est si curieux, & si anecdote que je me sensobligé de le raporter. Le fait est que Charles IX s’offen-fa si vivement de ce que Cipierre lui avoit ôté un Livre deThéologie, qu’il déclara qu’il ne vouloir plus lavoir pourson Gouverneur. Les paroles, dont Languet s’étoit servipeu auparavant, iiie persuadent que le Livre qu’on avoitôté an jeune Monarque étoit hérétique au jugement deCipierre : car cet Auteur venoit de dire qu’il sembloit queCharles IX & ses. deux frétés se déclareraient bientôt Pro-testans; que le Duc d’Orleans avoit déjà fait assez conoi-tre qu'il étoit de ce parti, 8c que le Duc d’Anjou avoit de-mandé à la Reine Mere en présence de plusieurs personnes,que désormais on ne lui donnât pour domestiques que desLuthériens : Regina cautius fia administrai, nam accommodâtfetempori, ex oftendit fe nobis addìCiìorem quam antea. Rex
chose abominable , 8 c qu’il permettoit feulement de mangerda beurre, du fourmage, ex du laittage (9). Voici la répon-se de Cipierre : „ Monsieur, ne pensez pas regler nos gens» 6e guerre comme vos gens d’Eglise ; car autre chose est,, de servir Dieu, & servir la guerre : voulez-vous que je,, vous dise le vray, ce n’est point en ce tems ny en cette,, armée, composée de plusieurs sortes de gens, que vous„ devez faire tels scrupules : car quant à votre beurre,„ fourmage , & laittage , nos soldats François n’en veu-„ lent point, comme vos Italiens & Espagnols ; ils veu-„ lent manger de la chair & de bonne viande, pour mieux„ se sustenter. Ils en mangeront auffi bien deçà comme de,, là, & à couvert & en cachette , quelque deffence qui„ s’en fasse : parquoy faites mieux ordonnez leur d’en„ manger , & donnez leur ou une bonne dispence 8c ab-„ solution : que fl d’eux-mesmes ils s’en dispensent, vos-„ tre authorité en fera plus supprimée; 8c au contraire el-„ le en sera eslevée, fi vous leur permettez , 8c chacun di-„ ra , Monsieur le Légat, cet homme de bien , nous a„ donné dispence , 8c cela résonnera mieux par tout (10) ”.Le Légat goûta une remontrance si sensée , 8c accorda ceque Cipierre lui demandoit ( 11 ). Ce que Brantôme avoitraporté un peu auparavant, est si capable de confirmer ceque tous leá gens de bien, pieux, 8c sages jugent de la Guer-re , qu il faut que je le copie. Charles-Quint pour excuser
(9) Brantô-me , Capit-Etrange 15 *Tarn. I - K -IJ2.
ex fratres videntur brevi tranfituri ad nostras partes. Hac fi les braves ex galands hommes, comme luy, difoit qu estantnon fiunt maire impellente, fiunt faltem ipfa non nolente , nam courageux, ambitieux, ex grand guerrier , il ne pouvoit ejire
fl .11., ,. . /F.. 1. . , 1^.. u. , W a Uj fíVsl/í /. . A . f U J., f\ a» . /"* * • » , /1 ,, - '
me,pag.
(u)Branj 0 'me, CaP'tain.£ tia .Tarn. I,
134 -
si vellet poffet hoc impedire. Aurelianenfis jam satis oftendit fieeste à nostris partibus. Andegavenfis plane puer, nufer peti'tt àmatre coram plurimìs, ne deinceps daret eì Mintftros, qui noneffent Luthcranì. Hat verba mater excepit rifií. Rex habuit gu-bernatorem nobilem virum (nomine Sipierre) natum in Burgun-dia, ex tenui fottuna sua inâustria pervenit ad magnas opes, exfuit admodum charus Régi Henriço. Is cum nuper Régi LibrumTheologicum eripuìffet, ita offendit eum, ut diceret matrì, fer.olle amplius habere eum gubernatorem. Mater itaque eum re-movit à fitii gubernatione , ex ei fuffeút Principem de la Rochefur Ton, Cum Navarrus pro remoto apud Reginam deprecare-
'eligieux ex consciencieux. Et c est ce que dit une fois ce grandMarquis de Pefcayre és guerres de Lombardie à Monfieur leLégat, qui fut après Pape Clement, fur le reglement des dés-ordres ex debordemens de ses Soldats. Mon Sefior Lega-do, no ay cola mas difficultofa à los que exercen la guetta,tjue con igual disciplina servir en un mísmo tiempo à Mars yà Christo, porque el uso de la guetta en esta corruption demilitia parece fer todo contrario à la Justifia y Religion.C’est-à-dire, Monsieur le Légat, il n’y a point de chose plusdifficile à ceux qui exercent la Guerre, que de servir en un mes-me temps , ex avec esgale discipline à Mars ex à Christ, farce
tur, illa réfpondit hoc non sua, sed filìì voluntate este fastlum que l’usage de la Guerre en cette corruption de Milice est duqui noltt eum habere gubernatorem. Hoc mdiuftertius prìmum tout contraire à la Justice ex à la Religion (12). Voilà leacct  lt ' ca -usas, quare fit remotu; : nam fuit jugement que font de la Guerre ceux qui la conòissent le
valíle addictus Gui fus (4I. Si l’on consulte le Passage des Mé- mieux, 8c puis que unicuique ìn sua drte credendum est, ilmoires oe la Reine de Navarre raporté dans son Article (5), faut conclure qu’une armée conduite selon les Loix de laon ie figurera que Languet n’étoit pas un Nouvelliste mal Religion Chrétienne est une idée Platonique, une Utopie deinformé de 1 a Cour de France. Thomas Morus, une Pierre Philosophai-, qu’on ne trouvera'
(C) Ceux de la Religion n etóient pas Contens de fa condui- jamais. -
(r í)Bí*i't°'me, ca P '
Etranger 5 'ToTO. li P’Elit-