CÎNUS, G I O L È Ki
teur aimoit tendrementpassion (C).
(C) jfe citerai un Passage, qui sera conoitre qu il étoit sujet àl Amour. ] Julius Clarus aiant dit que si une femme coucheavec son valet, elle mérite punition ; mais qu’une servantequi couche avec son maitre n’est point punie , mais plutôtgratifiée dune récompense ; ajoute que cela fournit uneraison atl Jurisconsulte Cynus pour soutenir que les presensdoivent être faits par ceux qui aiment , & non pas par lespersonnes aimées. La fuite du Passage doit être ici en La-tin plutôt qu’en François : Unde fumìt argumentum Cynus ind. I. r. quod amatores debent donare amajúsfuis, non econtra,subdens : Et crede experto, quod donufn magis valet quàm fus-
se). Je citerai un Passage, qui fera conoitre qu’il croît sujet à cette
pirium , imo fuspirium nihil valet fine dom : serrum tamenprsponitur auro , nam fecundum Juven . Ferrum est quodamant : Quod (ut ipse ait) quidam exponunt, id est j serreummembrum, proptír cujus ferri fortitudinem infignes etiam servisviliffimis se exponunt (9). A ce sujet , Julius Clarus observeque le Docteur Cynus fut fort amoureux, & un très-bonPoète. Qu/t verba D. Cyni sunt notanda, quia licet effet ex-cellons Doílor, fuit etiam maximus Amator , e? 1 egregius Poè-ta , ut Franc. Petrarcha atteftatur in iis carminibus , in quibusìpfiits mortem déplorât. Et extant adhuc cantiones zy alia car-mina amátoria D. Cyni non ïnsulsa ( 10).
CIOLEK (a) (Erasmus) en Latin Vitdlius ( A ), Evêque de Ploczko en Pologne, étoitnatif de Cracovie, d’une vile & balle extraction (b ), fa race & son éducation n’aiant été connues depersonne (c). Toutefois ce qui lui manquoit par fa naissance (d’autant qu’il en étoit d’une très-basse)cela étoit largement récompensé par son Esprit pénétrant, par fa Sagesse, par son Erudition, ctpar son Eloquence (B). II étoit dans les bonnes grâces d’Alexandre Roi de Pologne. On croitaussi que ce Prince, déjà dans le rems qu’il fut fait Duc de Lithuanie l’avoit fait son intime,ct: fe fervoit principalement de ses Conseils (d). Alexandre étant donc monté fur le throne dePologne ( e ) après la mort de son Frere Jean Albert, il voulut aider son fìdelle Ministre Ciolek,ct lui donna l’Evêché de Ploczko l’an 1 f04, que Vincent I Przertebski possédoit avant lui. Plu-sieurs l’accufent d'avoir persuadé son Maître à la Tirannie (/). Mais au reste il a donné des mar-ss^es de là fidélité dans plusieurs Ambastades qu’il a faites auprès de l’Empereur Maximilien I,ct à la Cour de Rome par fes bons services ( g). Mais son Patron, par lequel il parvint, mourutdeux ans après (#) , 6e Sigismond I son Frere parvint au Gouvernement en la place , qui feservit aussi semblablement de lès services, dans lesquels aussi bien que son Frere il le trouva fìdeller“ucja ioca ct diligent. II l’envola aussi diverses fois à l’Empereur Sc au Pape, Sc sc trouva principalementÇr*cvu na- * an I f I ° a L grande & célébré Diete d’Augsbouig, comme Ambasiadeur du Roi de Pologneiaì'Lutins' âc Raphaël Castellan de Lenden Sc Bogullao Maréchal de Lituanie. Ce fut là (comme dans
ki Vîtx 8cSériés Epis-CoporumriocensiuniîVnOpeiibvrs*jtts Ant-
^4; excujìs,
P a £- 370.
Erasmum
(t) TÏré â eCieícimbe-ni, Ist. déliavolgar Poe-lîa, pag. 87.
(9) JulinsClarus » re-cepr. Sen-tentiarumLibr. V. Cap*de fornicatio-ns , mm. zo mfag, OT. 23.
(ïû) JdíOT>
(V) Article,mmmftnitfiASpar Mr.ïerih*
S AHQ,'Louis DeLresler,d 1 Afchem-bottrg , Tr A'
dutteftr &OntinuateKtdu Morctitn Alle-mand. Votez,ci - dessusV Article
Lillian-»er, Cita -
tien (/).
fi) Fit; &
plebeja loco
Ciolcum ho-m wem pl e -betum, <fuem-àdmodtim€r editumnppeílat
*fi
un lieu ou se trouvèrent tous les Grands d’Allemagne , plusieurs Ambasiadeurs ct Personnes demarque des Pais étrangers,) que fit paraître Ciolek fes belles qualités, & fit, un Vendredi 20d Août dans la plus considérable Assemblée,une Harangue si énergique à l’Empereur & aux Etatsde i’Empire, que plusieurs des Assistans en pleurèrent (C). C’est pourquoi Jacques Spiegel l’a-voit fait imprimer. Enfin Ciolek finit le cours dç, fa vie à son Ambaílade à la Cour de Ro-me (i). Car après avoir été envoie à Rome par le Roi Sigismond I, pour traiter de quelquesaffaires sécrétés avec le Pape Léon X , & avoir obtenu quelques Privilèges du dit Pape pourson Eglise, il y mourut dans la même année que le Pape décéda aussi l’an iyii & fut enterrédans l’Eglise de S. Maria del Popolo. Raphaël Lesczynski lui succéda à l’Evêché (k).
r 7 CIPIER-
Mart. Cromer. de Origine 8c Rébus gestis Pòlonorum, Libr. XXX, Cdp. ult. (c) Lubienski, Operum pag. 369. Quo gèneie quave stirpe<ri*nimc t? - unc je prodierit, qiiomodo creverit, 8c ílla ipía, qua vixit, ignoravit actas.
(d) Cromc-tus, de O-r'K. 8c Reb*gest. Polon.Libr . XXX?Cap, ult,
(e) Van-IS°I.
(f) Lubiens-ki, Opeiumpag. 370.
(^)
cfvdil me parroi jfe vrai -femblableyqueCromer L c,i*efl trompésa transpo-sé ici lesAmbassadesqu*il a faitesfous Sigis -mond l,
(h) Van1506.
(1) Voiez. la-Rcmorq. (C),fur la fin,
( k) Lu-bienski Ope»iumpaç.370.
(1) Mart.Cromeius ,de Origine8 c Rébusgestis îolo-notum, Libr.XXX,Cop.Kltimo.
L') SimonOkolski, <»Orbe Voto-no , T0 m. T,t*g. 10%. feq.
(ì) líid.pag.
"-i-
(4) Dons [a
Lettre à ï.-lasme. Force,‘ïlrmo.ríf.
(C).
(sj InCon-einna De-r. ■ •
genitus fuerit Erasmus Ciolek ,
(A) En Latin Vitellius.j L’art de métamorphoser íesNoms n’a pas aussi été inconnu aux Pollonois, & il fembloità ce Vitellius qu’il fe seroit bien confirmé, s’il faifoit Vitelliusdu mot ciolek, qui a quelque raport avec le mot qui s’appel-le en Pollonois un Veau. Martin Cromer qui décliné ce motPollonois par une terminaison Latine l’apelle Ciolcum ( r ).11 y a encore une très-considérable noble Famille en Polo-gne qui porté le nom de Ciolek 8 c s’apelloit en Latin Vitellì-na : elle y est venue d’italie l’an 971, du tems de Miecis-laus, par Robert Archevêque de Gnesne, de la race des Vi-tellins ; d’autant que Paulìn Frere de Robert a multiplié farace en Pologne. Dont il est sorti plusieurs Archevêques de
ne fît répandre des larmes à ceux qui la broient. Commeles paroles qui fe trouvent dans la Lettre qu’il écrit à Eras-me (10) font rares, 8c qu’il fait une ample description tantde cette circonstance, que de l’Eloquence de Ciolek, & defes principaus auditeurs, je les raporterai ici tout au long:Revercniifìmus Dominus Erasmus Vitellius Epifcopus PÍocen-fis , stnguìari integritate vit s., raraque doFtrìna , Romanaquefacundia infìgnis ; vel eo mihi nomine pracipue ctlendus, quiatognommis, de te perquam egregiam fréquenter facìt mentio-nem. Primam (ut aulicus aultco utar verbo) audientiam co-ram C/tfare , sacri Imperït Elebloribus omnibus , er cateris_ . Germaniarum Pr'mcipibus proceribusque obtinuit. Sic ornate ,
Gnésne & autres Personnes de distinction (1). U est bon fie graviter oravit, ut ad intima usque pr&cordìa auditorumd ajouter ici ce quOkolski raconte de quelqu un de cette vehementta fententtarum penetraverit , pluresque ad jletum
(10) ExAugustaVindelic.prid. Kal.Sept. an.1518.
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A !>gustensil d ’j a à Con.Ilu >o Adel-5 v î nn de A-
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Famille (3). Je veux raporter ici les mêmes paroles afiiïqu’on puisse d’autant mieux puiser de la source même leremede, qui s’accorde très-bien à un sujet Polonois. II ditdonc : Staniflaus Ciolek feu Vitellius , nobilìs Polonus, circasec. XV. clarus, fertur ante confuetmn tempus natus, quaprop-ter 4. feptimanas in adipe apri conservabatur, crevit in ma-ximum Virum , Castellanum Sendomir j Marefchallum Cu-r'u csrc.
(B) Et par son Eloquence .1 Jacques Spiegeí (4) en faittrès-bien le portrait, & le dépeint dans fa Lettre à Erasme,comme un des plus savants & des plus éloquents hommes deson tems, en lui donnant outre cela cette louange, Singula-ris integritatis vit a. Richard Bartholin (3) le confirma endisant : Epifcopus Plocenfis vir lìteratus ex gravis orationemhabuit latinam plane esr rei fatis accommodatam, in qua fa-pienter er érudit e de expeditione contra Turcas fufcìpienda dis-putavït : Et dans un autre endroit ( 6 ) : H/tc mihi Reveren-dìffîmus Epifcopus Plocenfis, apud Cafarem Polon'tét Régis Ora-torem agens recitavit, vir gravifstmus <& literatus, (V cui finecontroverfta fides adhibenda. Mais Staniflaus Lubienski (7)lui donne à la vérité le Caractère d’un homme savant 8c pru-dent; puis qu’il dit qu’il avoir obtenu par son addresse l’Eve-ché de Plocsko. Toutefois il semble que Lubienski n’ait pasAjouté foi à ce que Spiegel dit de son intégrité ; puisqu ildit (8), Vafrum fuisse hominem V calhdum, cv qui Régi,cujus gratiaflorebat , (Alexandre) tyranmdem suaderet , ple-rique credidere.
.(G) Que plusieurs des Assistans en pleurèrent.] _ C’est unecirconstance toute singulière , que Jacques Spiegel Con-ieuler & Secretaire de l’Empereur remarque (9) > J ecroi que pesi d’Orateurs aient pu faire par leurs paroles ,ce que fit Ciolek par les fienes, principalement en _ pre-íence d un tel auditoire. Jacques Spiegel a tant de croiancea la force de cette Harangue, qu’il ne doute pas qu elle
concttaverit, ei vero doSlo fimul zv facundo omnes doeíi zyéloquentes palmam tribuunt. Aderant enim viri non pauci ,tum exquifite doíli , tum in judicando naris emunSlifsima.Anttftes Torgeftinus , Peutingerus , Huttenus , Bartholinus ,Spalatinus , zsr Statius ille in nullo doâlrina généré non ver sta-tus. Henricus Stromer Medicus , zy Laurentius Zochius suris-confultus, Cardinalis Maguntini, florentiffîmi Principis, Can-cellarius. Igitur fafla mihi prìmum pr/t cateris elegantifsim/chujus orationis copia. Quia digna multorum leííione visa fuitéruditorum calcula , zy ab omnibus defiderata , imprimen-dam curavì fub augusto tuo nomine-, non dubito quin ut au-dientïbus lachrimas commovit , ita hac eadem legentibus magiscopiosas excutiet , zy in rem christianam propenfìores eorumanimos reddet. Au reste , pour amplifier le récit de lamagnificence de l’Assemblée de la Diete , dans laquelleCiolek parla , je raporterai encore ici ce que Jean Mullercélébré Imprimeur a Augsbourg , qui a imprimé la Ha-rangue de Ciolek, a ajouté au lieu d Appendix. Aderant ,dit-il, in hoc conventu tres reverendifsimi Domi'ni Cardinales ,Cajetanus, Guranfis, zy Maguntinus,pluresque Regum Oratores,zy omnes fere Germants. Duces, cum magna parte Epifcoporumzy nobilitatis fus primaris; qual'ts in Impeno supra 30. annosvifus non est. Pour ce qui est de (Edition de cette Ha-rangue , Jacques Spiegel, comme il a déjà été dit, la fitimprimer in 4 à Augsbourg l’an 1518 sous le titre de: Oratioper R. P. Dominum Erasmum Vitelltum Epifcopum Plocenfemin celeberrimo Augustenfi Conventu ad Cssarem Maximil. no-mme vittoriosijpmi Régis Polonis Sigìsmundi habita , coramomnibus S. Imp. Eleíloribusplurimisque Germanìs Pr'mcipibus,die veneris, io Aug. A. Dom. 1318. Après, cela elle a éténmprimée ex Btbkocheca f oh. Pistorït in Cerpore Fissio-ns Polontcs (ìi) Tomo nI. p. s ._ 7 . Marquard Fre-her (iz) dit auffi quelle fe trouve dans Reusneri Anti-Turcico.
(,il) ASáUfAn 1582in folio,
( 12 ) ln In-dice Auto-rum, Tomo11. Rer.German.Scriprorumfr'Vmijfo»