C Y R U S.
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(rt) Tiré deXenophon,an 1 Livre de/’Histoirequ* il com-
posée del’Expedi-tion du jeu-ne Cyrus.Xí* Batailleentre les deuxpreres , dans
néanmoins cent difKcultez à esiuier avec ces troupes mercenaires } & ne laissa point dc puiser l’Eu- laqueiu cyraiphrate , Sc ti’avoir lieu de se promettre une victoire décisive. Artaxerxes averti d'assez bonne rl»heure par Tissapherne des préparatifs de Cyrus, n’avoit rien négligé pour être en état de lui ré- z * tqlïíler. II lui alla au devant avec une belle armée. La bataille se donna près de Babylone : onne doute point que Cyrus ne l’eût gagnée, s’il n’eût pas été tué en combatant avec trop d’ardeur& trop peu de ménagement (a) (B). Aspasie fa concubine tomba entre les mains d’Ar- clîviíiu/.taxcrxes, & fut considérée comme une des principales pieces du butin. Nous donnerons dansles Remarques un Abrégé de son Histoire (C). Ce fut une femme qui n’abufa point de la com-plaisance
de craindre, vu fa coutume de bien paier quand il le pou-voir , que l’on ne conclût que ses finances étoient déjà rou-tes épuisées. Une telle opinion étoit capable de faire avor-ter tous ses desseins. Epyaxa le délivra de ces inquiétudes ;car dès qu’elle fut arrivée il paia quatre mois de solde àson armée, 8c soit par reconoiísance, soit que cette Reine nelui voulût point faire faveur à demi, il coucha bravement(t) E’>J>eT# & bien avec elle. Ce fut du moins l’opinion commune (i).
an H dt pour l’amour d’elle la revue de toutes ses troupes en
vì?ìltKíaan. f a présence , 8c leur fit faire l’éxercice ; & parce que les
v'ulgo tjuidèm Grecs faisant semblant de vouloir charger les barbares,ferehamr cum les mirent en fuite ; cette Reine eut part à la peur 8cs’enfuit auíïï. Cyrus lui donna une bonne escorte quandelle s’en retourna en Cilicie. Elle arriva à Tarsis cinqjours avant Cyrus. C’étoit la Ville capitale du Roiau-me de Syennesis : elle fut pillée malgré les bienfaits 8cles courtoisies de toute nature dont la Reine avoir uséenvers Cyrus ; 8c ce qui est bien étrange, Syennesis nefe fia point à ce Prince , quoi qu’il lui eût fié son épou-se. II se lai fia enfin persuader à sa femme d’aller le voir:il en reçut des présens , mais qui lui coûtèrent bon ; car
il fut obligé de compter de bonnes sommes d’argent pour
la subsistance des troupes de Cyrus, 8c pour préserver du
pillage ses Etats (2).
(B) il fut tué en combatant avec trop d'ardeur e? trop peude ménagement .] Les Grecs qui étoient à fa solde avoienttellement mal mené les Perses qui leur avoient été opofez,que Cyrus rempli de joie fut salué Roi par ceux qui se te-noient autour de lui. II ne laissa pas d’aller bride en mainau milieu de six cens hommes qui l’environnoient pendantfaction : il attendoit ce que feroit le corps de bataille d’Ar-taxerxes ; & dès qu’il l’eut vu en mouvement , il fonditde ce côté-là avec fa troupe : il enfonça les premiers rangs,il mit en fuite six mille hommes du Régiment des Gardes,il tua leur chef, 8c aiant aperçu le Roi son frere il piqua vers
(ì) CteGas, lui, 8c le blessa d’un coup de lance ( 3 ). La mêlée fut ru-fai étoit dans de, 8c Cyrus accompagné de peu de gens fut accablé là Lc" ‘ ' wé (4).
(C) Nous donnerons . . . un abrégé de l'Histoire d' Aspa-sie.] Cette femme étoit de Phocée (5), 8c fille d’Her-motimus. Selon le portrait qu’Elien nous en a laissé , cedevoir être une períonne très-accomplie tant pour le corpsque pour Iesprit. Elle s’apelloit Milto avant qu’este fût àCyrus ; mais ce Prince lui fit changer de nom, 8c lui don-na celui de cette maîtresse de Pericles qui étoit devenue sicélébré (6). Hermotimus, qui avoit perdu fa femme quandelle accoucha de notre Aspasie, éleva fa fille selon la peti-tesse de ses moiens. Cette fille eut un grand chagrin pen-dant son enfance : c’étoit la plus belle enfant du monde ,mais st lui vint une tumeur au menton , qui l’enlaidissoithorriblement. Le Médecin, auquel son pere l’amena, eutla dureté de lui refuser son remede, parce qu’Hermotimusn’en pouvoit paier le prix. Elle s’en revint toute désolée,8c ne faisoit qu’entretenir sa douleur en se regardant au mi-roir. A’ Tts>\BScrx e|« \xXxvt ’í-j^UTx èv r o h yovxrt xxToorlçt»x.xì òpSaee ìxvrr.f i> xiricu tVoÌ'px f/r/st- A meàico digrejfa inacerbijfmo luttu versata est, CST spéculum in genibus tenens , fe-que in ipfo contemplata vehementer doluit ( 7 ). Elle aprit ensonge le remede qui la guérit ; après quoi elle devint la plusbelle fille de son siecle. Elle avoit les cheveux blons 8c fri-sez , de grans yeux, le nés un peu aquilin, les oreilles pe-tites , la peau délicate, un teint de lis 8c de roses, les lè-vres d’un rouge admirable, les dens plus blanches que laneige, les piez 8c les jambes dans la perfection, la voix sidouce qu’on eût dit quand elle parloir, qu’on entendoit lesSirenes. Este ne devoir qu’à la nature la supériorité de sa
(fì-RXrmxs, beauté ; car ni son humeur, ni la pauvreté de son pere,ne permettoient pas qu’este relevât ses charmes par des or-nemens empruntez. Celui qui commandoit dans ces quar-tiers-là fous Cyrus fils du Roi de Perse la prit malgré elle,8c malgré son pere, 8c l’amena avec quelques autres fillestrès-belles à Cyrus. Lors qu’on la présenta à ce Prince ,il sort.oit de table, 8c s’amusoit à boire selon la coutume dupals. Elle étoit avec trois autres filles Greques , qui n’é-toient pas de son humeur: elles se laissèrent farder 8c atti-fer fans répugnance , 8c retinrent admirablement toutes lesleçons de leurs nourrices fur le rôle qu’il faloit jouer, lorsque Cyrus s’aprocheroit d’elles , lors qu’il les caresserait,lors qu’il les patinerait, lors qu’il les voudrait baiser. HV«»
xx\ Ò7rò Tm» t otspím iïiê'iS'xy yúvai , oîraç T£ ùn-o^xptû■) XÇ’Òv©v KZpoy, ìcoíi Ttyot ifarros BanceZaxi, xxi urpotriov]x x-jto-
fpccepìpact , xxï x 7 r 7 oyévií y r ovryy , xxì tptÀnvToç ùsroy.eZ-vai , traipix a gì À ci yceBr.yxrx , r.x'i S'têí’y ytx^x yvsxíxasy.xrrrXtv.Sí^ rf Kcíaa £í yçvA art ’Ayci. Et à nutricibus accepe-rant documenta, quemadmodum erga Cyrum fe gerere deberent:quomodo inpnuare fe illi er adblandiri , er non refugere, fi ac-cederet, neque fi tangeret ,agre ferre ,v osculum admittere easeporteret, omnibus demque praceptis ty institutìs amatoriis ,qui-
d*Artaxer-xes j avoit ditdans son His-toire qu*ilavoit pansecette blessure.Xenophon?<îe Cyri Ex-peditione,Liír. l,pag.* 57 *
(4) Tiré deXenoph. ld-Tnême. Voie z,auff P lut ar-que j dans laVie d’Ar-taxerxes.
(5) Q#k*U.ïlut. in Pe-licle, pag.
1 6 $. Amiota mal traduitnative de laïhocide.
(6) Plutar-
chus, ibidem •uElianus,Vai.Histoi.Libr . XII ,Cap . I.
Cyro eam con -grejsam. Xe-nophon deCyri Expe-dit. Libr I,pag. m. 146.
(2) Tiré deXenophon,ai* I Livre deExpédi-tion du jeu-ne Cyrus*pag. 146,147 *
bus uù mulieres , quibus sua venalis eft forma , filent, infime-ta (8). Estes s’efforçoient de lui plaire à l’envi les unes desautres, mais Milto témoigna tant d’aversion pour l’ufageauquel on la destinoit, que si l’on n’eût point emploié lescoups, on ne l’auroit pas obligée à se laisser mettre les ha-bits qu’on donnoit aux filles dans ces sortes d’occasions : 8cpendant que ses compagnes joíioient à merveilles de la pru-nelle , 8c faisoient éclater par leurs souris l’envie qu’ellesavoient de charmer le Prince, elle ne faisoit que pleurer,
8c n’osoit lever les yeux, tant sa modestie naturelle la cou-vrait de honte de se voir en cet état. Quand Cyrus leurdit de venir s’asseoir auprès de lui, les autres ne sc le firentpas dire deux fois ; mais il salut y contraindre notre As-pasie : les autres sc laissèrent toucher à Cyrus tant qu’il vou-lut; la seule Aspasie ne soufrit rien, 8c menaça Cyrus dèsqu’il voulut la toucher du bout du doigt. II ne laissa pasde lui mettre la main au sein, ce qui fit quelle se leva, 8cquelle tâcha de s’enfuir. Cyrus lui rendit justice; il décla-ra que de toutes celles qu’on lui avoit amenées, il n’y avoitqu elle qui fût véritablement novice, 8c il conçut plus d’a-mour pour este que pour toutes les autres femmes dont ileut jamais joui. Kxptí. yàp rji X cl f l tov K ópu srpetrtí-fxuévu , ífjéc?,ri t s kui ëtpcíta aùròv oìy.àfy'rS-cct Tontura tpcé\~Ttt, borspsjirBt} rctsTotç o Kâ/poç. ix-avtS'ceptévíjç r s ctÙTtóç xoti 71-51-paftétr,<; Ipítsyin, ivre t r, cot rm pLct^Ss srp o crrfi stro , ÙKa inctoBa.yh ÒTrcpuyúrBì! rr,v céyhíicai où lUpnxSs b toï A xpetu, xyyàxx) XTrt^B^/ati rrptí roi ùyepxns' tsíutiíii ftbnv itp>i , ttevBipavxxi xb'ixtpBopey yyxysç. xì b'í >toi7rx'i xxrtTiMxcëc, rx) rtû
e’iS'm tri, xxì roi rpims y.d?éAov , ix St roúrm ó Kôpep rrÁstrìrxó'rtv xyumìtrts , «íç diptí?tytre trori âvBpt*)7rtiç. Sl enim ex tré-ma manu faltem Cyrus attingeret, exclamabat , dicebatque cumnon impune laturum, quod talia fecistet. Ea re supra modumdeleHatus est Cyrus , ey quum attreéiante mamillas , illa fur-geret , ey fe in pedes confteeret > contra Perfarum confuetudinemardente amore Cyrus erga ingenuitatem ejus flagrare cœpìt , res-piciensque ad emptorem : Hanc, inquit, folam ingenuam cy in-corruptam adduxistireliqua vero tum facie tum magis etiammoribus fucata funt. (Sjuamobrem Cyrus eam plus amavit om-nibus cum quibus unquam confuetudinem habuiffet ( 9 ). Plu-tarque dit à-peu-près k même chose. II est vrai qu’st nedit pas qu’Aspasie ait menacé Cyrus, mais seulementceux qui la voulurent faire aprocher. BuAoyêtav h 7 rpee-
«yeiv Tûsv KXTtmxçéSv , òittx^tTxi ysvr 01 tout us ( iiteìi j 0$
«v íyot Trpotrxyxyvt txç yeTpaç. Parantibus adducere ip-fam cubiculariìs , va et , inquit, mihi qui admoverit ma-nus ( 10 ).
Elle fut bonne à Cyrus, non seulement pour les plaisirsde l’amour, mais aussi pour le conseil. 11 la consulta dansses affaires les plus épineuses, 8 c ne fe repentit jamais d’a-voir suivi les conseils qu’elle lui donna. On peut donc di-re quelle n’avoit pas moins d’habileté que de beauté. Aveccela une maîtresse de Prince, va ordinairement bien loin;8 c si este n’a pas tout le solide du Gouvernement 8 c de laSouveraineté , il ne s’en faut guere. Cyrus en ufoit avecAspasie presque comme avec une femme légitime , pource qui concerne le rang 8 c la dignité; 8 c l’on croit mêmeque depuis qu’il l’eut conue, il n’eut plus à faire avec d’au-tres femmes. II ne faut donc pas s’étonner qu’une fi gran-de élévation dune petite bourgeoise Greque , ait fait dubruit jusqu a la Cour du grand Roi ( ii ). Cette réputationservit de beaucoup à Aspasie; car après que Cyrus eut ététué , on la fit chercher soigneusement par les ordres d’Ar-taxerxes. On la trouva désolée, 8 c on ne laissa pas endépit de fa résistance de lui mettre les habits que leRoi lui envoioit. II la trouva fi belle fous ces habits ^qu’il en devint éperdument amoureux , 8 c il sc fit unpoint d'honneur de lui faire oublier son frere. II n’envint à bout qu’à la longue. Elle feule fut capable de 1 econsoler de la mort de Teridate le plus beau de ses Eunu-ques ( 12).
Xenophon raporte une chose qui ne s’accorde pas tropbien avec ce que nous avons dit que Cyrus fe contentoitd Aspasie. 11 fait mention de deux concubines de ce Prin-ce , dont l’une étoit de Phocée , l’autre de Milet. Cel-le - ci étoit plus jeune que l’autre , 8 c s’échapa des mainsdes Perses le jour que Cyrus perdit_la vie. Celle de Pì-.o-cée demeura au pouvoir des ennemis : l’Historien dit qu’ellepassoit pour avoir de la beauté 8 c de la capacité (iz). C’estnotre Aspasie. II n’y a pas d’aparence que Cyrus amenâtavec lui deux concubines, pour laisser la plus jeune hors defonction. S’il en avoit amené un Régiment, on devrait di-re qu’elles ne fervoient la plupart que pour la montre ;mais on doit penser le contraire en les volant réduites àdeux. Outre cela , Xenophon ne dit-il pas qu’on croioitque Cyrus coucha avec la Reine ^ de Cilicie ? Cela réfutela tradition d’Elien, car Aspasie étoit alors avec Cyrus de-puis long-tems. Remarquez que le terme T-sSf» a été em-ploié par Xenophon autrement que par Plutarque : ce
der-
(*) jElïanus»Var. Histoi.Libro NU ,Cap. J, peg-rn. S 43 > 144 -
( 9 ) Idem,ibidem ,pag.Î 4 S.
(10) plurafchus, in A t*
taxeixe, pag.1024, I°z 5 -
(11) C’estatnjì qu*onqualifiait le'Roi de Pers»Voìez. ci-dfS 'fus la Renias'que deL* .ArticleAatabaîí
IV.
(12) Tiréd* Elien »Livr. Xlf >Chap. /.
(iz) Báíri;/.«o'f Jèci fuv a.u'ttst
57 -oA.Ast étaiTT'íÇxíri
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