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Tome second. C - I.
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CYRUS. CLARUS.

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plaisance de Cyrus, & qui se conduisit avec tant d’adresie, qu’eile se sit fort aimer de Parysa»tis (D). Comme elle crut que fa faveur étoit un présent du ciel, elle donna publiquement beau-coup de marques de fa gratitude pour la Déesse Venus ( E ). Si tout ce qu’on a dit d’elle étoitvéritable , il faudroit que fa beauté eût eu une prodigieuse durée ( F). Au relie , la Let-tre de Cyrus aux Lacedemoniens ne doit pas nous persuader, qu’il ne fit point quand il le fa-loit les protestations ordinaires (G).

(' 4 l Tlutar-à's, i n Ar-

'ois. A

sis) -Elia-»us, Var.Bistor. LibroXll,Cap. 1,S 4 ».

( 16 ) Idem,t a Z- 547 -

(' 7 ) Idem,t“S- 54 °.

(iS) Idem,P a S- 54 '.

(> 9 ) Idem.t a X- S 47 .

(:o) Plutar-chus, in Ar-'axerxe , infine.

fil) Idem,^'dem , p aI'024. &

ibidem,

(*o.

pa'rem ceâcreJìbt (icuti reg-nnm Dariuspostulavcrat :

py» indu!-genttit sùa inlìbcros primosafturum sedìxerat : maxpœuìtentiaduílus ut ho »nefle negarct

quod lemcre

froniistra£ ,Solis tam fa-ceràotio fyte-ftch,cju.o pcï-

£etu* illi sbomnibus vìrispudieitùt ivt-ftrabatur.

X,

Cap, II.

dernier sen est servi d’un air qui fait plus d’honneur àAspafíe ; il ne dit pas comme Xenophon qu’on disditqu'Aspafíe étoit sage ; il dit que Cyrus la surnomma lasage (14).

(D) Elle se fit sort aimer de Parysatis.] On envola unjour à Cyrus un très-beau collier: il le montra à Aspafie,& lui dit qu’il étoit digne ou de la fille ou de la rnere d’unRoi. Elle en tomba d’accord, fur quoi il lui dit de le pren-dre & de s’en parer ; elle s’en défendit adroitement par cet-te raison > que ce présent étoit plus digne de la Reine me-re, 8c qu’il faloit le lui envoler; car , ajoûta-t-elle, je vousferai trouver assez beau mon cou fans cette parure. Cyrusécrivit à fa mere toute cette conversation en lui envoiantle collier. Parysatis eut autant de joie du contenu de laLettre, que du présent. Ce fut un plaisir extrême pour el-le de voir qu’Aspafie ne vouloir point la surpasser dans lecœur de Cyrus. Elle lui envola des présens très-magnifi-ques. Aspafie les remit à Cyrus, 8c lui dit qu’il en avoirplus de besoin quelle. Cette conduite est fort louable, 8cil y a peu de femmes-qui usent de leur fortune avec cettemodération. ’Ag-tsxjicì yâv èv tisya&?.oipf)<niùiç , Kceí oTrep r ces

yvvcitKccç fii&TihiKaç t ct iveevrla eSpetrev r.Trsp ûáitarl yvvcu-y.Êç ê'pctv. tÁciceç-tet i yctp etrrt Sitvcoç. -A s p a,fi d îtdque aïll-mi màgnitudinc pr&stans , contrariant reliquis regum uxori-bus faciens , eas longe fuperavit. Sunt enim ills. rerum aâornatum nntndumque pertinentium plus &quo studiofr ( ij).Aspafie se contenta du cœur de Cyrus, & ne se servit desa faveur que pour enrichir Hermotime son pere (16) ,

( ce qui ne demanda pas de grandes sommes, ) & que pourtémoigner fa reconoifíance à Venus. C’est ce que nous al-lons voir.

(E) Elle donna publiquement beaucoup de marques de fagratitude pour la peeste Venus.'] Elle songea souvent pendantson enfance qu’elle seroit un jour dans une haute fortu-ne (17 ). Après le réfus que le Médecin eut fait de la gué-rir , elle songea quelle voioit un pigeon qui s’étant con-verti en femme , lui aprìt que le véritable remede de sonmal étoit de prendre des bouquets de roses consacrez à Ve-nus, & de les apliquer fur fa tumeur quand ils feraientsecs. Elle le fit, & dissipa la tumeur ( 18). Se volant tou-te puiílánte auprès de Cyrus , elle crut que Venus l’avoithonorée depuis long-tems de fa protection. C’est pour-quoi elle fit des sacrifices à cette Déesse , elle lui con-sacra une statue de fin or, elle mit auprès un pigeon toutbrillant de pierreries , 8c tous les jours elle s’alloit re-commander à cette idole par des offrandes 8c par des priè-res (19).

(F) Si tout ce qfion dit d’elle étoit 'véritable, il faudroit quefit beauté eût eu une prodigieuse durée. ] Artaxerxes vécutquatre-vingt-quatorze ans, & en régna soixante-deux (2.0).Peu d’années avant fa mort, il avoir choisi son fils Dariuspour Successeur (21 ). Darius avoir alors cinquante ans. 11y avoir une Loi parmi les Perses, que celui qui étoit dési-gné Roi demandât un présent, & que celui qui savoir dé-signé Roi, le lui accordât íì cela étoit possible. Darius de-manda Aspafie : le Roi son pere fut très-fàché de cette de-mande , quoi qu’outre sa femme il eut z60 concubines très-belles. II répondit qu’Aspafíe étoit libre, que si elle se vou-loir donner à Darius, elle le pouvoir; mais qu’il n’enten-doit pas qu on lui fit nulle violence. On fit venir Aspafiepont savoir ses intentions ; elle déclara qu’elle vouloir êtreà Darius : elle lui fut donc livrée ; mais après qu’Ar-taxerxes eut accordé à son fils ce présent, il le lui ôta parcette ruse. II voulut que cette femme fût Prêtresse de Dia-ne , ce qui étoit un engagement à la continence & au céli-bat. Darius en fut si outré, qu’il conspira contre son pere >& se perdit fans ressource. Voilà ce que Plutarque nousen aprend ( 22 )- Justin raporte la même chose en substan-ce; si ce n’est qu’il ne dit pas comme Plutarque qu’on fitAspafie Prêtresse de la Diane Anitìs qui étoit honorée àEcbatane : il dit qu’elle fut créée Prêtresse du Soleil , 8cque par là le devoir de continence lui étoit imposé (2.3).Ceci est tres-surprenant ; car Aspafíe , comme Plutarquel’obferve, avoit été la concubine favorite de Cyrus, avantqne d’avoir la même place auprès, d’Artaxerxes. Tous lesHistoriens conviennent que l’expédition de Cyrus tombefur les prémieres années du Régné d’Artaxerxes. Supo-sons avec Calvifms que la bataille où Cyrus perdit la vie fedonna la 3 année de ce Régné ; fupofons qu’Artaxerxeschoisit Darius pour son successeur fan 58 de son Régné; ilne parait point par le Narré de Plutarque qne ce Princeait vécu plus de deux ou trois années depuis sélection deDarius à la Roiauté. II y avoit donc alors cinquante-cinq

ans qu’Aspafie étoit concubine d’Artaxerxes. On ne sau^roit lui donner moins de vingt ans à la mort de Cyrus : elleavoit donc soixante-quinze ans lors qu’un nouveau Roi lademande comme une grâce particulière, & lors qu’un Roià qui elle avoit apartenu cinquante-cinq ans ne put fe ré-soudre à la céder ; il faloit donc qu’à cet âge-là elle eûtencore beaucoup de charmes. Cela n’est-il pas extraordi-naire? Peut-on s’imaginer fans rire qu’une femme de prèsde quatre-vingts ans soit faite Prêtresse, afin qu’aucun hom-me n’en puisse jouir? A-t-on besoin alors detre engagée àla continence par vœu de Religion ? Une vieillesse commecelle-là n’est-efle pas un asyle, Sc un rempart beaucoup plussûr contre les désirs, 8c les recherches d’un homme , quela qualité vénérable de Prêtresse? Je ne me souviens pointd’avoir lu qji’aucun Critique propose ces difficultez contrePlutarque, ou qu’il dise qu’il faloit que cette femme eûtconservé long-tems fa beauté. C’est dans le Livre d’unhomme de Cour que je trouve cette Remarque. Il se lit,dit-il (24), qu Artaxerxes entre toutes les femmes, qu il eut,celle qu il aima le plus fut Aspafia, qui eftoìt fort âgée,Zi? tou-tessois tres-belle, qui avoit esté putain de son feu frere. Dariusson fils en devint fi fort amoureux, tant elle efioit belle, nonobs-tant l âge, qu’il la demanda à son pere en partage , auffì bienque la part du Royaume. Le pere, pour la jalousie qu il en eut,C V qu il participât avec lui de ce bon boucon, la fit Prêtresse duSoleil ; d’autant qu en Perse celles qui ont tel estât , fe vouentdu tout à la chasteté. L’intérêt de Brantôme ne demandoitpas qu’il fit le Critique de Plutarque , au contraire c’étoitun avantage pour lui que de trouver dans cet Auteur lachronologie que j’ai cottée. II faut savoir que Brantômenomme plusieurs Dames qui avoient été très-belles jusquesà l’arriere-saifon, 8c même jusques au cœur de leur hiver,jusqu a l’âge de soixante Sc dix ans. C’est ce qu’il dit de laDuchesse de Valentinois. Nous avons vu ci-dessus (15).qu’il en nomme encore une autre. Au reste, cette sages-se st merveilleuse dont on a loué Aspafie ne parait pas dansle choix qu’elle voulut faire de Darius. Elle aime mieuxle fils que le pere , le soleil levant que le soleil couchant;elle oublie l’amitié constante qu’Artaxerxes a eu pour ellependant un fi grand nombre d’années.. Cela fait penserque la Maxime Espagnolle étoit véritable en fa personne,§pe ningunas damas lindas , 0 a lo menos pocas, fie hafenvicias de la cinta hafta à bacco, c’est-à-dire, que nulles Da-mes belles, ou au moins peu, font vieilles de la ceinture jusquesau bas. Brantôme dit (2.6), qu’aiant ouï débiter cette Ma-xime à une Dame, il lui demanda comment elle Ventendait,fì c étoit au regard de la beauté du corps depuis cette ceinturejusques en bas , qu elle n en diminuât par la vieillesse, ou pourVenvie e T Vappétit de la concupiscence, qui ne vinssent à ne s’é-teìndre, ni à se refroidir aucunement par le bas? Elle répon-dit , qu’elle ïentendait z? pour l’un z? pour l’autre ; car pource qui est de la piqueure de la chair , difoit-elle, ne faut paspenser qu on s en guérisse jusques à la mort, quoi que t âge yvueille répugner. J

(G) La Lettre de Cyrus aux Lacedemoniens ne doit pointnous persuader qu il ne fit pas quand il le faloit les protestatiensordinaires. ] II leur écrivit pour leur demander des troupes.Sa Lettre promettoit tant d’avantages à tous ceux qui leviendraient joindre , que chacun se pouvoit flater de voirsa fortune faite en se mettant au service de ce Prince. Onne comptera pas la solde, disoit Cyrus, on la mesurera (27).II ne fit point un mystère de son dessein, il se vanta detreplus digne du throne que son frere ne l’étoit : f’ai plus decœur que lui, dit-il (2.8), je fuis meilleur Philosophe, j’entensmieux la Magie , je bois mieux que lut, cv je porte mieux levin que lui (29). C’est un efféminé, c est un poltron, il ne mon-te pas à cheval lors mime qu il va à la chaste, ZV il ri ose passeulement s’asteoir fur le throne en tems de péril. L ingénuitéde Cyrus est singulière : il ne cache point à ceux de Lacé-démone qn’il veut déthrôner Artaxerxes ; il ne leur ditpas comme l’on fait dans toutes les Guerres civiles qu’iln’en veut point à la Couronne, qu’il veut seulement éloignerd’auprès du Prince les mauvais Conseillers qui abusent de sonnom pour oprimer les sujets, 8c pour abolir les Loix. II sa-voir bien que ceux de Lacedemone croient ravis que la cou-ronne de Perse fût fur la tête d’un Prince qui leur aurait degrandes obligations. Voilà pourquoi il ne leur cacha pointson dessein. Ii fit sans doute les protestations ordinaires,où 8c quand son intérêt le demanda : 8c je pense qu’au-jourd’hui on ne seroit pas scrupule de confier un tel secretaux Princes voisins qui espéreraient de profiter du change-ment,

c L A R U S (J ulitjs) l’un des bons Jurisconsultes du XVI siécle étoit d’Alexardrie dansle Milanez, & d’une Famille Patricienne. II entreprit un grand Ouvrage fur ce que l’on nommeen style de Jurisprudence Opinions reçues, receptœ Sententics: ce font celles que la plupart des Doc-TOME If A a z teurs

(24) Bran-tôme, Da*mes Galan-tes, Tom, lly

(25) DansP^Artide {déJh'ANNÊ d 9Arragon,)Remarque(G).

(26) DamesGalantes,Tome ll,pa£,198 , W.

(27) Míssv : ïtroïç r**-trivsfAsvoiitsR ctg‘ 9 ( <Aoy

/btírpavÏTÍT&tt. Stì-pendium mili*ttbus non an-nttmerattcrumfed admenfu -ram. Plutar-chus, in Az-taxerxe,loi?, f;

(28) Idem %ibidem.

(29) O/l-oy

ìs irteícrctyrívètv yj$(piçtiv. VinuTTfpot are ó*ferse lartsUSmIdem, pag*

1614»