i88
CLARUS. CLAUDE.
(а) JuliusClatus, Pri-sât, Libri Vrecept, Sen-tentiarum.
(б) idem tibidem.
(c) Konig,trompé parcette Date quiest à l'Epìta-phe de JuliusClarus ,acnt
(1) JuliusClarus,Ep/*-tola Dedica-tona Tracta-tus de Testa-ments, 5 cc.
(2) C'est com-me qui diroitIntendant desVivres,
(») JuliusClarus, iniPrafutienetìilri V re-cept. Zen-tcntiarum.
(4) 1 iem %ibidem.
(ít) C est le41 de P EreChrétienne,
(î) Cì-defsusdans la l(e-marque (F)de P ^ArticleAttila.
{2) Sueton.in Claudio,Cap, XVI,
(?) v!o,Libr. LX,ad ann. 796,pag,m. 777-
(4) De le*atoLyciorumquodam ,onundo qui-dem è Lycia ,fed nato %o-raa, Caíaub.in Sueton.Claud. Cap,XVI,
(s) Xiphii.in Claudio,
f* 3 - m - 14S.
teurs suivent ordinairement. Les emplois publics dont on le chargea ( A) , ne lui laiíîànt pointle loisir qui lui était nécessaire pour achever ce travail, il en détacha quelques parties qu'il fitimprimer à part (£), 8 c enfin il déclara qu’il abandonnait le reste (s), vu que les voiages qu’ilfaisoit à la suite du Roi d’Espagne ne lui permettaient point de vaquer à la revision de ses Ecrits,
qui demandait une infinité'de Livres qu’il ne pouvait point traîner avec foi. (b). 11 était parti
de Madrid pour faire un voiage en Italie, & il était déjà arrivé à Carthagene, lors qu’une mala-die ie saisit qui l’ôta du monde le i z d’Avril 177s. U sut enterré à Milan , dans l’Eglife de la
Paix, au sepulchre qu’il s’étoit fait faire l’an iy<5<5 (r). 11 était né le 6 de Janvier iyzy (d).
(Aj ll entreprit un grand- Ouvrage . . . qu'il n eut point leloisir d'achever , k cause . . . des emplois publics dont on le char-gea. ] La guerre l’aiant obligé à se retirer à Mantoue , ilne s’occupoit qu’à la revision de son Ouvrage, afin de le met-tre en état d'être donné au public ; mais aiant reçu lanouvelle que le Roi d’Espagne lui avoit donné la chargede Conseiller au Sénat de Milan , il discontinua cette revi-sion ( i). II fut élevé quelques années après à la dignitéde Président des Questeurs extraordinaires , & à la chargede Préfect de l’Annone (z) , & à celle de Maître des Eaux.Pendant qu’il s’aquitoit de ces emplois avec toute l’atten-tion possible, on le fit venir en Espagne , où le Roi Phi-lippe II lui avoit donné le caractère de Conseiller au Con-seil suprême d’Italie. II quitta donc son païs 8c fa femme,& ses enfans, & fut obligé de voíager en Espagne, en Fran-ce, 8c en Flandres, 8c de laister imparfaits la plupart de
ses Ecrits (z). . ......
(B) .. . ll en détacha quelques parties qu il fit imprimer apart.~\ Son dessein étoit de publier un Ouvrage receptarumSententiarum divisé en VII livres. Dans le I, il traitoit deLegibus cr Constitutionibus ; dans le II, de Jure Personarum ;dans le III, de materia Succestionum v ultimarurti Volunta-tum ; dans le IV, de Contraâîibus ; dans le V , de Malefi-cìis ; dans le VI, de civilibus Judicìis. Le VII devoir con-tenir de bons Indices de. tout l’Ouvrage , avec quelquesTraitez qui n’avoient pu s’ajuster à la matière des six livresprécédens. Voici les portions qu’il a publiées.
Prémiérement, il publia le Traité de Feudis, trois ans (4)après fa promotion à la charge de Conseiller de Milan. C’é-toit un Fragment du IV livre. Au bout de quelque tems,
il publia le Traité de Tejìamentis , portion du III livre , Lele dédia à Antoine Perrenot Évêque d’Arras. L’EpitreDédicatoire est datée de Milan le r de Mai r 559. Celafut suivi du Traité de Donationíbus gt de Jure Emphyteutico ,portions du IV livre. Enfin , il publia tout entier le Vlivre qui regarde les Matières Criminelles. On réunit en-semble tous ces Traitez dans l’Edition de Francfort 157a,in folio , procurée par les foins du Jurisconsulte Jean Fi-châtd Syndic de la ville. Cette Edition a été suivie de plu-sieurs autres ( 5 ), faites eh dissérens lieux , 8c quelquefoisavec des .Augmentations empruntées d'autres Ecrivains.Mr. Moreri, copiant Ghilini qu’il ne cite pas, expose très-mal le Titre des Ouvrages de Julius Clarus. Voici ses pa-roles: „ Il a composé divers Traitez. Opéra Juridica. Re--, ceptarum Sententiarum Opéra omnia. Volumen in quo om-,, nium Criminum materia sub acceptis sententiis copiofistìme„ traíîatur ”. C’est ne rien dire en détail, mais répétertrois ou quatre fois la même chose en différens termes. Lepis est que l’on a cru que tohs les Ouvrages qu’on articu-loit diíféroient les uns des autres : grande bévue. Leslouanges que Jean Fichard a données à notre Julius Clarusfont légitimes (6), 8c ne doivent pas être suspectes d’adu-lation , fous prétexte qu’il avoit conseillé à son très-chercompere Sigismond Feyrabend de rìmprimer les Oeuvresde cet Ecrivain. Le prétexte est quelquefois très-valable;car, lors qu’on fe trouve intéressé à louer pour l’honneurde son propre discernement, 8c pour le profit d’un Librai-re que l'on favorise 8c que l’on dirige, on ne proportion-ne pas toujours au mérite des personnes les expressions d’untémoignage qu’on leur prête.
CLAUDE, en Latin Tìberius Claudius Drufus , Empereur Romain, monta fur le thrô-ne après la mort de Caligula son neveu , l’an de Rome 794 («). Monfr. Moreri en parle fortamplement. Je renvoie à une autre fois l’éxamen de ce qu’il en dit , 8 c les Additions que j’ypourrois faire. Je me contenterai de dire présentement que cet Empereur ne soufrait pas dansles charges ceux qui ignoraient la Langue Latine. Ce fut pour cette raison qu’il cassa un Ma-gistrat issu de l’une des plus illustres Familles de la Grece, 8 c qu’il le réduisit à la conditiond'étranger. II y avoit long-tems que Rome faisoit paraître cette jalousie pour la majesté de ù.Langue, 8 c l’on a vu la même passion dans d’autres païs (A). Quant au reste, cet Empereur
faisoit
( A ) ll ne foufroit point dans les charges ceux qui ignoroientla Langue Latine .... Rome faisoit paraître cette jalouse pourla majesté de sa Langue , c? l'on a vu la même pastion dansd'autres pais. ] J’ai préparé (1) mes Lecteurs à trouver iciquelques faits concernant le zèle des peuples pour leur Lan-gue. Commençons par la preuve de ce que nous avonsdit de l’Empereur Claude. Splendidum virum , Graciaque pro-■vincis. principem , verts m Latini fermants ignamm non modoalbo judicum erafit, fed etiam in peregrinìtatem redegit (l).Jugeant une affaire d’importance qui concernoit les Lyciens,il demanda quelque chose à l’un de leurs Députez qui étoitné dans la Lycie, 8c qui avoit aquis la bourgeoisie de Rome.II l’interrogea en Latin, 8c voiant que le Député ne l’en-tendoit pas, il lui ôta la bourgeoisie; car, ajoûta-t-il ,ceux qui ignorent la Langue de Rome ne doivent pas êtreRomains. £i~àv fil Sels F'a fiai os eitui -ros fiy xcù Tiji SixAegtso-tpSs hrWáfiem. Dicens Romanum eum este non debere qui ser-monem eum nesciret (z). Notons en passant une erreur deCasaubon: il supose que ce Député étoit né à Rome (4),8c aparemment il consulta la Version Latine avec plus defoin que le Texte Grec ; car s’il eût bien éxaminé la for-ce de ces paroles: Avmu se, 70 àçystios Ïvtoí , Vu net’Xyeyovároç, il eût conu, en considérant sur tout ce qui lesfuit , qu’elles ont été jnal traduites , Lycium quidem origine ,Romanum t amen natum. Le Traducteur de Xiphiíin amieux réussi: il les a tournées, olim Lycius , tum civisRomanus erat ( 5 ).
Valere Maxime remarque comme une preuve de l’an-cienne gravité Romaine , que les Magistrats répondoienttoujours en Latin aux Grecs, 8c les obligeoient à se servir. d’un Interprète. Ils en usoient de la sorte, non seulementà Rome , mais aussi dans la Grece 8c dans l’Aíie. Afinqu’on voie toute l’étendue de leur Politique, je reporteraile Passage de cet Auteur : on y remarquera l’ambition deRome, par report à la propogation de fa Langue. Magistra-tusyero prifeì quantopere suam populique Romani majeflatemretìnentes fi gesterint, hinc cognofei potefl,quod inter cetera ob-tmenda gravitatis indicia, illud quoque magna eum perfeveran-tta custodiebant , ne Gruis unquam , nist Latine responsa da-rent. Quinetïam ipsa l'mguit volubilisate , qua plurimum va-lent , excusa, per interpretem loqui cogebant ; non in urbe tan-tum nostra , sed etiam m Gracia , cs 1 Afia : quo scilicet Latìnavocis honos per omnes gentes venerabilior diffunderetur. Necillis deerant studta dotlrim, fed nulla non in r, pallium toga
fubjici debere arbitrabantur : indignum este existìmantes , illece-bris , er fuavitate literarum imperii pondus z? auíioritatem do-mari (6). Un peu après, il observe que le Rhéteur Molon,qui enseigna l’éloquence à Cicéron, fut le prémier à qui l’onpermit de parler en Grec dans le Sénat ., ce qui depuis passaen coutume. §uis ergo huic confuetudini , qua nune Gracìsaéíionibus aures curia exfurdantur , januam patefecit î ut opi-ner, Molorhetor, qui studìa M. Ciceronis acuit. Eum nam-que ante omnes exteraru.m gentium in fenatu fine interprète au-ditum constat. §uem honorem non immerito cepit , quonìamsummum vim Romane, eloquentie adjuverat ( 7 J. Dion con-firme ce que dit là Valere Maxime, c’est que l’on plaidoitdes causes en Grec dans Rome fous l’Empire de Tibere (8) •néanmoins, cet Empereur ne souffrit pas qu’um homme deGuerre Grec de nation , rendît témoignage en fa Languematernelle devant les Juges (9). Dion nous l’aprend. Sue-tone aussi parle de cela, mais il n’y a point d’aparence qu’ilait dit ce que l’on trouve dans les Editions : Militem quoqueGrâce testimonium ìnterrogatum nist Latine respondere ve-tuit ( 10). U vaut mieux lire Gracum que Grece; car il n’é-tcut pas moins indigne de la majesté de Rome d’interroger enGrec les témoins, que de souffrir qu’ils répondissent en Grec :c est pourquoi nous devons juger que si Tibere eût permis1 un il n’eût pas défendu l’autre , 8c que puis qu’il empê-cha qu’on ne répondît en Grec, il ne soufrit pas qu’on in-terrogeât en la même Langue. Ses scrupules, quand ilse voioit réduit à user d’un terme Grec dans le Sénat, fontreportez par Suetone (11). II aimoit mieux qu’on íe ser-vît dune circonlocution dans les Arrêts, que d’y mettreun mot étranger (iz). 11 ne faut pas qu’on attende ici uneréglé si générale quelle ne souffre aucune exception : l’u-niformité parfaite ne se voit jamais dans la conduite desEtats les mieux policez. Qu’on ne s’étonne donc pointde ce que l’Ambassadeur de Rome harangua en Grec lesTarentins. II prononça mal cette • Langue , ils s’en mo-quèrent, 8c ce fut l’une des indigmtez qu’il eut à foufrir,’8c dont la République Romaine se ressentit fort à leurdam (13). Les Romains n’etoient pas encore d’aussi gransSeigneurs, que lors que l’on reprocha à Cicéron , commeune faute inexcusable, d’avoir parle Grec dans un Sénat Grec.llle negatetr ait indignum facinus este quod ego in Senatu Gracoverba fecistem ,quod qutdem apud Grecos Grâce loquutus effemid ferri nullo modo poste ( 14). C’étoit le sujet de la plainteí8c non pas qu st eut parlé Grec dans la maison avec Car-
neade,
fastffefttsnt
qrfil
í y an 1166 Jmais ce » 0que U D^îe •**la constrf* c ~tim du M 9 'miment,
(i) Tiré d»Ghilini,Perte I, FW
IZI, -zr.
mestrsde TEditie*de Francfort
1582 inf»d , ‘
(d) Inter id * 1jam récitâtH
( Jurifperi-tos) cum htcJulius Clarisvir muittscerte nomitiì*bus instants ,stve generostsnatales, . • •stve
nem (inj #* 9fot’Jstmumci'vilt) planeraram ,stvi
dexTentaten*
denique in ht f
qii4C trattandfi
stbì sumitfcli"ajstmantspt^rem us facileprineeps stt m&c, jo.chard. Ep ts *tola Dédia*toria OpC'ium JuliiClaii.
(6) Valérie
MaximumLibr, //,
II, num. 2,pag. m. 14 c?141.
(7) Idem tibid . num- 3 >
pag. 142-(r) Dio*
Libr.LVUtpag. 702 , í ®ann. 769 -
( 9 ) Idem,ibidem .
(10) Xu-co»'in Tibet 1 ®’Cap. LX*- 1,
(n)
ibid,
(xz) [dent*ibid.